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 Retour au foyer

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MessageSujet: Retour au foyer    Ven 10 Sep 2010 - 12:39

Avant ça
*29 juin 1643*

Juin, tirait enfin sa révérence, et Louisa Zimmerman l’imitait avec soulagement. Elle avait eu depuis longtemps eut le désir de se retourner à la capitale, dans le grand fief de France. Mais même, ces dix petits jours, loin de Moselle avaient été trop longs. C’était amusant, et paradoxal aussi. Elle qui -vingt ans en arrière- ne rêvait que de voyage et de contrées exotiques. Voilà qu’à l’approche de la quarantaine elle devenait une casanière comblée, ou ce qui s’en rapprochait.
Ce n’était pas grâce à Forbach, ou pas entièrement. La boutique marchait à merveille c’est vrai. Ces quatre recrues travaillaient bien. Elle les avait formées avec patience. (Beaucoup de soirées arrachées à sa vie de famille.) C’est pour cela, que Lou avait pu quitter son poste, en pleine préparation des commandes estivales. Partir pour Paris pendant le revirement politique. Retourner voir cette grande dame, qui fût séduite par la robe d’une provinciale. Eclaircissons une chose, Louisa n’était pas une femme d’intrigue, mais -tout comme son époux- une adepte des affaires. Une régente ma foi peut être une très bonne cliente.


Le « Fil Blanc » allait encore gagner en renommée grâce à cela. Dix ans plus tôt, les travaux avaient réussi à donner une nouvelle image à la bâtisse. (Les investissements de Romain et de quelqu’un de ses amis avaient portés leurs fruits.) Et petit à petit ce nom avait été colporté ! De Russie sa grand-mère lui donnait toujours des conseils, pour garder le contrôle sur l’affaire. Elle n’avait pas la connaissance de Romain, mais l’intuition des fileuses éternelles. Dama Silvianov s’éteindrait pourtant bientôt. Elle avait une longue vie derrière elle. Et cette peine à venir rendait sa petite fille un peu nostalgique.
Ces deux femmes se connaissaient, mais si peu. Un voyage ne suffit pas à rattraper l’absence d’une vie toute entière. Alors elles avaient continué à s’écrire. Roza l’avait encouragée dans ce voyage. Elle lui disait d’oser plus. D’ouvrir une autre boutique à Rosbruck, puisqu’elle en était la baronne. Détail que notre couturière n’évoquait que rarement. Ce titre lui était bénéfique, par le seul fait qu’il la protégeait des goujats du métier. Quelques fois. Et, sans aucun doute, parce qu’il le liait un peu plus à son mari.


Romain. Qu’elle avait si hâte de retrouver. C’était la même chose à chaque départ. Que ce soit lui ou elle. Ces séparations découpaient son âme en trois morceaux. Un pour chacun d’eux. Elle qui avait crut mourir en perdant frère et père. Aujourd’hui elle se damnerait pour ces trois piliers de son existence. La vie était ainsi faite. On lui avait arraché sa famille, pour lui en offrir une nouvelle. Souvent elle songeait à Michael. A ses grands yeux bleus. Elle se disait, rassurée, qu’il était avec Mélanie quelque part. Que Romain lui aurait plu. Et que leurs enfants l’auraient charmé au premier regard. Anna qui ressemblait tant aux Silvianov. Et Dimitri, tendre Dimitri, qui était le plus beau des Zimmerman.
Elle les retrouverait dans quelques heures. Juste après avoir vérifié que tout allait bien à la boutique. Depuis qu’une nouvelle génération d’Inquisiteur avait mit pied en Moselle, elle restait sur ses gardes. Ils étaient trop « efficaces ». Trop convaincus de leurs droits sur le monde. Fort heureusement mademoiselle Maulne avait mûri depuis la première vague. Espérons que monsieur Maestriani ne répéterait pas sa plus grosse erreur. Cette fois la baronne avait des êtres à protéger. En presque trois années ils avaient fait ravage, éveillés des peurs, recommencé la terreur. Elle n’avait aucune confiance en eux. D’ailleurs, elle était très tentée de demander à Gabrielle de venir habiter avec eux au Manoir. C’est ce qui la poussa jusqu’à la demeure bourgeoise où elle passait régulièrement.

Dans son habit de voyage Louisa était un peu poussiéreuse. Pourtant rien ne parvenait à lui faire abandonner son élégance de tzigane. La différence ? Elle s’était débarrassée de son obsession pour le blanc. En fait, non, elle acceptait –parfois- de changer de couleur. Comme en cette fin d’après midi dont la chaleur était agréable. Sa cape couleur de coquelicot lui donnait un air andalou. On permit à son fiacre de se garer dans la petite cour des Roquebourg. Gabrielle, malgré son âge, se déplaça pour la cueillir sur le pavé. Un air de malice au visage elle réussit à faire sourire son invitée impromptue. Louisa se laissa guider en glissant affectueusement un bras sous le sien.


-« Ma chérie, je ne sais pas comment vous faite tous les deux, mais Romain est arrivé il y a une demi heure avec les petits. J’aimerais avoir votre intuition parfois. »


Dernière édition par Louisa Zimmerman le Sam 2 Oct 2010 - 18:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Ven 10 Sep 2010 - 12:43

Dix jours… La séparation avait été longue pour Romain, voir insoutenable. Bien entendu, il y avait eu ces lettres, comme à chaque fois que l’un de deux partait pour plus d’une journée. Leur relation avait commencé par une rencontre et s’était développée avec des lettres. Chaque jour, elle fleurissait par leur proximité et grandissait avec les lettres qu’ils échangeaient lorsqu’ils ne pouvaient s’enlacer. Romain avait besoin de ce contact avec son épouse. Il ne pouvait concevoir de ne pas se sentir proche d’elle, il n’arrivait pas à s’imaginer sans elle. Chaque nuit, il lui était difficile de s’endormir lorsqu’il ne la, ou lorsqu’elle ne le, serrait pas dans ses bras. Après douze années de mariage, leur amour n’avait jamais été aussi fort, et cela continuerait surement chaque jour que la vie leur offrirait à vivre ensemble. Et cela sans compter leurs deux enfants, Anna et Dimitri, leurs trésors à tous les deux, leur source de bonheur intarissable. Heureusement pour lui, pendant ces dix jours, ils avaient été avec lui, et il savait combien cela avait été dur pour Louisa, il lui avait suffit de relire, relire et encore relire ses lettres en attendant la suivante.

Heureusement, les dix jours s’achevaient enfin. Louisa devait rentrer aujourd’hui, si elle n’avait pas eu de problèmes durant le voyage. Mais bien sûr qu’il n’y en aurait pas ! Les enfants étaient déjà trop impatients de revoir leur mère qu’un seul retard finirait sans doute d’achever la patience de Romain. Lui aussi était pressé de la revoir, mais avec le temps, il avait su cacher parfaitement ce désir, cette impatience. Pour Anna et Dimitri, c’était bien entendu plus difficile, ces enfants aimaient leur mère et la voir partir était un déchirement. Romain se demandait d’ailleurs comment il avait fait pour les occuper pendant dix jours. Les endormir ne fut pas évident, et même si Anna avait treize ans maintenant, lorsqu’elle était loin de sa mère, elle n’était pas aussi joyeuse que d’habitude. C’était pareil pour Dimitri, mais le cadet des Zimmerman était plus sensible aux histoires lyriques que son père lui raconter pour l’endormir. Romain rivalisait d’imagination pour ses histoires, mais généralement ses enfants préféraient entendre l’histoire de leurs parents. Ils devaient surement la connaître par cœur, et pouvoir la raconter aussi bien que leur père, mais ils ne semblaient pas se lasser. Romain lui ne se laissait pas de la raconter, même s’il faisait semblant de rechigner à chaque fois que ses enfants la lui demandaient.

Aujourd’hui, le baron avait décidé d’aller voir sa tante. Ces derniers temps, il passait beaucoup de temps avec elle, lorsqu’il en avait l’occasion, pour qu’elle puisse profiter des enfants. Il devait admettre qu’elle était une excellente cuisinière et lui aussi était conquis par ses goûters. Qui plus est, cela lui permettait de pouvoir travailler et de savoir que ses enfants s’amusaient avec sa tante. La mort de son mari en avait fait une veuve assez solitaire, et il savait combien la présence de ses petits-neveux lui faisait plaisir. Mais ce jour était légèrement différent, le travail de Romain lui avait prit pas mal de temps, et il n’avait cédé que sous les insistances de son cadet. Accusant le coup, il les avait emmenés chez « Tata Gabrielle » en fin d’après-midi. Celle-ci habitait maintenant dans une maison dans les quartiers de la ville, légèrement à l'écart. Depuis la mort de son époux, elle n'avait pas voulu rester davantage au Château, un lieu qu'elle n'appréciait pas beaucoup. Cela ne dérangeait pas Romain, bien au contraire, et au moins les enfants - et lui aussi - pouvaient jouer tranquillement. Après tout, le travail attendrait bien quelques heures, voir un peu plus, après tout Louisa et lui auraient également des choses à rattraper. Pourtant, s’il avait prévu de rentrer à Rosbruck dans la soirée, il n’aurait pas pensé que sa femme, en rentrant, passerait directement par la maison de sa tante. Bien entendu, c’était une heureuse surprise et lorsque le bruit d’un fiacre se fit entendre au-dehors, le regard de Romain s’illumina de ce qu’il vit au travers de la fenêtre. Sans même y réfléchir une seconde, il se tourna vers ses enfants et leur annonça la nouvelle. Bien entendu, ils réagirent au quart de tour et s’engouffrèrent en courant vers la sortie. Ainsi Louisa pu voir arriver en courant ses deux enfants qui ne voulaient qu’une chose, la serrer tendrement dans leurs petits bras. Romain aussi aurait voulu courir comme ça, mais au moins il laissait une longueur d’avance à ses enfants. Aussi il n’apparut que plus tard à l’encadrement de la porte, son sempiternel sourire « spécial Louisa » sur le visage. Il s’approcha d’elle en marchant, résistant à l’envie de courir de la prendre dans ses bras tout en tournant. Non pas qu’ils avaient passés l’âge – il n’y avait pas d’âge pour ça – mais qu’il préférait garder cela pour leurs moments à eux seuls.

Arrivé devant elle, il la prit délicatement dans ses bras et l’embrassa d’un baiser d’un amour de dix jours, l’équivalent de toute la passion qu’il n’avait pu exprimer que par des mots, toujours trop faibles lorsqu’ils parlaient de la passion qu’il vouait à sa femme. Se rappelant qu’ils étaient quand même en « public », il s’écarta un peu et dans ce sourire qu’il ne réservait qu’à elle, il dit :


« - Bienvenue à la maison, Lou. »

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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Ven 10 Sep 2010 - 14:54

Il lui avait fallu quatre secondes pour que les paroles de son aînée prennent leur véritable sens. Romain et les enfants étaient ici. Une douce chaleur s’en déposa instantanément sur son cœur, en même temps que naissait une impatience puérile et presque incontrôlable. Naguère elle se croyait indépendante et donc libre. Puis une vie de famille s’était développée sous ses yeux, sans qu’elle n’ait put la prévoir, ni la fantasmer. Allant de surprise en surprise, pour découvrir, que l’amour était la plus belle des récompenses. Dans ce dur passage entre le deuil et l’acceptation, tout s’était dessiné. Certes, même amoureuse, elle avait mit la patience de son amant à l’épreuve. Ce n’étaient pas pour leur faire du mal. Louisa n’avait jamais été quelqu’un de naturellement sadique. C’était cette volonté farouche de ne plus jamais pleurer un être aimé. Quelle idiotie. Les larmes que Lou avait versées pour Romain étaient les plus précieuses de son existence.


Tout comme celles qui remontaient timidement dans ses prunelles noires et lumineuses. Quand elle voyait Anna courir sur le gravier pour la rejoindre. Et comme poussée par des ailes, Lou abandonnait Gabrielle, pour répondre à ce besoin inouïe de les sentir contre elle. De serrer le corps de cette adolescente qui s’exclamait dans un russe excité par la joie. Puis Dimitri qui venait se nicher entre elles, avec une possessivité presque viscérale. La mère les embrassait avec effusion, caressait leurs visages, sentait leurs peaux, pareilles à la louve qui retrouve ses petits. Ses lèvres rouges murmurant les mots secrets de leur langue afflictive. Montrant la face la plus aimante et la plus attendrissante de sa personnalité.
Ils lui posaient chacun des questions curieuses avec cet entrain qui la charmait. Elle riait presque de les retrouver aussi spontanés. Ils lui avaient tant manqué. Elle répondait en les détaillants avec amour. Avec cette voix amusée et patiente qu’elle leur réservait.


Et puis Romain était apparu sur le seuil et instinctivement sa femme l’avait cherchée. Écoutant ses enfants, en dévorant leur père du regard. Ignorante du sourire de madame Roquebourg qui observait la scène un peu en retrait. Mais dans ces instants Louisa se laisserait –toujours- emporter hors du monde. Les perles grises devenant deux phares magnifiques et envoutants. Une vague d’amour et de soulagement la perdit le temps d’une pensé. Il était devenu (non il avait été immédiatement) son repère. Un pouvoir qu’elle n’aurait jamais crut qu’on put avoir sur elle. Et pourtant il avait grandi, grandi, et s’était renforcé au fur et à mesure que leur relation s’épanouissait. Il l’avait changée. Prisonnière d’un lien qu’elle protégeait et adorait. Parce qu’il la rendait heureuse et peut être même meilleure.


Quand leurs corps se retrouvaient, s’était comme la Lune et le Soleil qui s’étreignaient. Un simple contact ouvrait la porte à toute leur connaissance charnelle de l’autre. Ils avaient été amants avant d’être époux. Ils avaient été amant avant d’être parents. Elle avait trouvé au creux de ses bras la sécurité, la tendresse et le plaisir qui l’avait rendu femme. Cela se lisait sur sa silhouette, en sa présence elle devenait plus sereine, plus belle, complète. Alors sa bouche provisoirement satisfaite du chaste baiser pouvait sourire d’une reconnaissance infinie. Romain était là, encore une fois, à chaque fois, pour elle, pour eux. Et pareille à chaque retrouvaille, elle murmurait son vœux le plus cher. Celui que ni l’un ni l’autre n’arrivait à tenir.


-« Je ne vous quitte plus. »


Lou aurait voulu rester contre lui. Le garder avec elle. Savourer sa seule présence. Mais Dimitri, qui avait neuf ans, était aussi possessif que sa maman. Il quémandait timidement son attention et Louisa cédait toujours aux suppliques de leurs enfants. Ils étaient devenus la priorité de toute son existence. Le rôle de mère l’avait capturée dés qu’ils avaient quitté son ventre. Ils avaient crée en elle un puit infinie de tendresse et d’inquiétude. Anna qui entrait doucement dans l’adolescence et son frère qui n’osait pas prendre sa place.
La revenante s’enivrait donc rapidement de l’odeur de son baron, pour ensuite glisser vers leur fils et lui prendre délicatement la main. Le petit garçon la guidait vivement vers l’intérieur en lui contant gaiment sa dernière anecdote. Il était revenu au français comprenant de lui-même qu’ici s’était de rigueur. Une employée la débarrassa gracieusement de son habit, révélant une robe au ton pêche d’un tissu léger, qui l’avait préservée de la chaleur du voyage. Sa coiffure était un peu défaite lui donnant un air vagabond. Elle s’installait au salon pendant que la tante réclamait une collation.


Anna allait prés de son père et écoutait son frère en levant gentiment les yeux au ciel. Il n’y avait qu’avec sa mère qu’il était aussi bavard. Louisa l’écoutait aussi, en laissant la paix de ce moment l’envahir. Les muscles endoloris par le trajet accueillaient le confort avec gratitude. Elle observait Gabrielle qui menait sa maison avec assurance. Son regard glissait à nouveau vers Romain pour l’interroger en silence. Comment allait la dame ?
Au dehors le coucher du soleil rougissait la luminosité de la pièce. La journée touchait à sa fin. Dans quelques jours la moisson commencerait. Tout allait bien. Qu’il était bon de rentrer chez soi. Quand le petit garçon en eu finit c’est à sa fille qu’elle s’adressa. Avec cette délicatesse dont elle usait toujours envers cette enfant.


-« Anna. Veux-tu accompagner ton frère au fiacre. Il y a l’arrière un paquet qui vous attend. »


Telle une nuée de papillons ses deux merveilles s’élancèrent de nouveau vers la cour. Gabrielle s’asseyait enfin avec eux. Louisa lui offrit un sourire de fille. Elle l’aimait cette femme. Elle était pour ainsi dire devenue une seconde mère. Une confiance s’était instaurée. Ils formaient un trio complice et protecteur autour des deux héritiers de la famille. C’est en partie pour cela que la dame se décida à parler. Ce n’était pas un sujet agréable mais il était essentiel. En particulier maintenant que les signes étaient aussi visibles.


-« J’ai vu sur le retour de nouvelles affiches, arrivant. On dirait que la chassa recommence. »
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Ven 10 Sep 2010 - 17:35

Romain s’était arrêté un instant dans l’encadrement de la porte, posant son épaule contre la pierre. Leurs enfants avaient passés dix jours sans leur mère et même si lui avait passé plus d’une semaine sans sa femme, la fin de la journée était proche et ils auraient sans doute le temps de partager davantage de moments en tête à tête, seul à seul avec leur passion. Lorsque son regard croisa les deux iris onyx qui le cherchaient, il ne put toutefois pas résoudre à faire attendre plus longtemps, son corps tout entier brûlait d’envie de la rejoindre et pestait contre le martyr que s’imposait l’homme pour le bonheur de ses enfants. En avançant paisiblement, il retardait encore un peu cet instant, pour pouvoir le savourer au maximum, pour vivre encore plus intensément le bonheur que serait l’étreinte avec sa bien-aimée. Il ne quitta pas un instant son regard, de peur de se perdre. Elle était son horizon, son seul et unique but, rien d’autres ne comptait vraiment, à par elle et ses enfants, ses proches. Le reste était secondaire. Mais s’il avait du choisir, il n’y aurait eu qu’elle, pour se désir égoïste qu’était son amour si insensé qu’il avait pour elle. Rien n’était plus fort, cet amour aurait englouti des continents, ravagé des hectares de forêts, déplacé des montagnes s’il avait été une force de la nature. Heureusement pour ce monde, il n’en était rien. Elle était si belle en cet instant, comme en tous les autres. Tour à tour femme, amante, mère et épouse, elle avait changé tandis que les jours filaient sous le rythme de leur passion qui se déversait telle un torrent éternellement impétueux. Elle avait changé, un peu, pour lui, leurs enfants, pourtant il la voyait comme il l’avait découverte au premier jour.

Enfin ce fut la libération, le soulagement d’un corps tout entier qui frissonnait d’amour sous le contact de celui de sa bien-aimée. Il sentait son cœur battre tout comme elle sentait le sien. Lorsqu’ils s’enlaçaient, ils ne faisaient qu’un. Lorsqu’ils s’aimaient, leurs flammes se mélangeaient et devenaient un brasier que rien ne pouvait éteindre. Lorsqu’ils s’embrassaient, il n’existait plus rien autour d’eux, il n’y avait qu’un monde, le leur. Plus rien ne comptait, rien n’était trop important pour interrompre ce moment. Romain avait l’impression de voyager vers le paradis emmenée par l’ange le plus merveilleux qu’il soit. Hélas, il fallait bien revenir sur Terre, car le départ n’était pas pour tout de suite. Leurs lèvres séparées, son regard se rouvrant sur la beauté dont il ne cessait de s’éblouir, il répondit au sourire amoureux de sa femme et fit semblant de croire à la promesse que l’un et l’autre formulait à leur retour. Non pas qu’il ne croyait pas sa femme, mais qu’ils savaient tous les deux qu’un autre voyage viendrait, cela ne pourrait être autrement. Il en était ainsi et tous les deux le savaient. Ils ne pouvaient qu’espérer que ce moment tarderait le plus possible, et qu’ils profiteraient de leur proximité le plus possible d’ici-là.

Cédant un peu à contrecœur la place à son fils, Dimitri, il caressa d’une main discrète et amoureuse le visage de sa femme avant de se tourner vers sa fille, tandis que sa femme et son fils partaient vers la maison. Anna vint se placer à ses côtés, et ils suivirent le mouvement d’un peu plus loin.


« - Elle t’a manquée, n’est-ce pas ? Je veux dire, elle nous a manqué à nous aussi, mais pour toi c’est un peu différent. »

Sans cesser de s’avancer, Romain se tourna vers sa fille, un peu surpris, et lui adressa un grand sourire.

« - Tu as raison ma chérie, mais ce serait pareil avec toi ou Dimitri. »

Elle s’arrêta alors et le fixa dans les yeux. Puis dit d’un ton malicieux :

« - Pas tout à fait pareil. »

« - Oh ! Toi… Tu es bien comme ta mère ! »Et, sans crier gare, il la prit dans ses bras. « Allez zou, on nous attends. »

Ils rejoignirent la maison et Romain reposait sa fille avant de prendre place dans le salon. Anna s’installa à ses côtés tandis que Dimitri continuait de lui conter ses aventures pendant toutes ses journées passées loin d’elle. Le regard d’interrogation que lui adressa Louisa à propos de sa tante ne lui échappa et il lui répondit d’un sourire et d’un très léger hochement de tête. Sa tante, malgré la vieillesse, se portait comme un charme, et était en parfaite santé. Il viendrait un jour où cela changerait, mais fort heureusement, ce n’était pas encore pour aujourd’hui.

Romain regarda filer les enfants à l’évocation d’un paquet qui les attendait et ne put s’empêcher de prendre la place de Dimitri aux côtés de Louisa. Qui va à la chasse… Et puis les genoux de son père étaient aussi confortables que le canapé lui-même… Lorsqu’elle évoqua les nouvelles affiches, sa mine s’assombrit un peu.


« - Je crains que tu aies raison… et j’ai bien peur que nous ne retombions dans la même folie que quelques années plus tôt. Enfin, je ne comprends toujours pas pourquoi ils courent après des chimères… »
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Ven 10 Sep 2010 - 19:19

S’il n’était pas venu à elle, Lou se serait levé pour aller le retrouver. Ils pouvaient avoir vingt ou quarante ans ça ne changeait rien à ce désir partagé. Les doigts féminins allaient directement se poser sur le genou gauche de son compagnon. Geste qui trahissait tout à la fois tendresse et possessivité. Il lui était devenu indispensable. Ce qui avait quelques conséquences, charmantes.
Pendant les premiers mois de leur relation ils avaient dû vivre leurs sentiments de façon épisodique, presque platonique. L’exploitation de Romain avait besoin de lui. Et la demoiselle, dans ces folles années, ne vivait que pour la boutique. Alors que l’un et l’autre appréciait l’étreinte amoureuse aussi surement que les mots d’amours. Il avait fallu faire avec des empêchements, des responsabilités, et des frustrations. Si mademoiselle Maulne, avait finalement accepté d’aller habiter au Manoir, c’était en parti pour ne plus vivre ce genre de chose. Mais même une bague n’avait rien changé à leur hyperactivité respective.
Cela avait au moins un avantage. Chaque réunion était plus appréciée que la précédente. La distance, qu’ils n’arrivaient pas à éliminer, avait finalement enrichi la saveur de l’autre. Bientôt dix-sept ans qu’ils s’étaient rencontré. Croyez-le ou non, la passion palpitait encore à chaque geste un peu farouche, chaque promesse murmurée, chaque regard déshabillant. Louisa se savait chanceuse. D’une chance qu’elle voulait garder jusqu’au tombeau et même après !


Dans ce salon ami, à ses côtés, elle se sentait sereine. L’Inquisition ne lui faisait pas aussi peur. L’avenir ne lui semblait pas autant en danger. Elle était mieux armée pour affronter tout cela. Grâce à Romain elle pouvait affronter la suite. L’affronter sans la sous-estimer. Deux décennies déjà à supporter ce fléau humain. Forbach ne semblait pas encore prêt à chasser ces hommes.
Louisa l’aurait voulu. Pourtant elle savait qu’ils n’étaient pas arrivés par la volonté du saint esprit, mais d’autres avides de contrôle. Peut être la régente allait-elle changer cet état de fait ? En attendant ils devaient tous faire avec. Pourvu que cela ne mette pas en danger l’harmonie de son foyer. C’était tout ce qui comptait à ses yeux. Qu’Anna puisse continuer ses leçons d’harpe sans avoir peur que ne surgisse un homme armé. Que Dimitri puisse courir dans les champs sans craindre d’être bousculé par leurs hordes.


-« Tu penses sincèrement que tout ça n’est qu’invention ? Si les gens croient aux miracles, pourquoi pas à la magie ? Je suis presque sure que la Nature peut donner quelques dons.
J’aimerais juste que ce ne soit pas une raison d’être… maltraités. »


Sa voix était devenue songeuse. Bien sur elle évoquait son frère à demi-mot. Lui qui était mort à cause du sort qui avait touché les rivières il y a des années de cela. Elle l’éloigna gentiment, en se serrant un peu plus contre son époux. Non. Il ne fallait pas regretter les morts mais prendre soin des vivants. Romain le lui avait apprit. Au court de ces longs mois de deuil, il avait été la voix de la paix. Ses bras fermes présents pour la relever au milieu des larmes et des cris. Liant à jamais leurs vies dans la générosité et le respect.
Alors même si ces femmes étaient en parti responsables de l’un des plus grand malheur de sa vie, Lou pouvait prendre du recul. Tout ce temps elle avait observé la ville, écouté les rues. En général les sorcières ne faisaient que répliquer. Répondre à une attaque contre les leurs. C’était l’instinct de préservation, pareil à celui de la biche. Elles étaient restées silencieuses lors de la dernière exécution. Prouvant peut être une volonté de paix.


-« Je ne veux pas que cela recommence. Les enfants n’ont pas à vivre tout ça. »


C’était injuste. Elle au moins avait été plus âgée. On lui avait laissé son enfance. On l’avait laissé être un peu innocente. La simple idée que ses deux trésors doivent vivres pareilles expériences lui déchirait le cœur et la révoltait. Détruire une génération ne leur avait donc pas suffit ? Inépuisable créateurs de malheurs. Bien malgré elle, les images affluaient à son esprit. Les souvenirs, qu’elle endormait dans un coin secret de son âme.

Dimitri, surgit juste à temps dans la pièce, pour avorter le ressentiment de sa mère. Il avait les yeux brillants d’excitation. Il tenait entre ses mains le livre d’illustration que Louisa lui avait rapporté de la capitale. Un ouvrage précieux avec de magnifiques enluminures. Mais c’était sans doute le sujet qui lui plaisait plus que le reste… les grands et courageux chevaliers.
L’aînée, un tout petit peu plus mesurée, entrait les mains chargées d’un splendide coffret à bijoux. Lou y avait fait graver son nom, moyennant un arrangement entre commerçant. Puis que sa fille devenait une jeune fille autant mettre en valeur sa féminité. Ils la remerciaient dans cette langue maternelle aux accents exotiques. Alors la mère oublia les soucis et se levait sans hésiter pour aller les embrasser. Vive comme toujours quand il s’agissait d’eux. Quittant la chaleur de son amour pour la douceur de leur fruits.

-« Au moins avez-vous été sages avec papa ? »
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Ven 10 Sep 2010 - 22:56

La chaleur de la main de son épouse se posant sur son genou le fit sourire. Il savait que Louisa pouvait être comparée à une louve, notamment en vertu de son caractère très possessif, que ce soit envers lui ou envers leurs enfants. Il lui avait toujours été fidèle, quelque soit le moment. Elle était et elle serait la seule femme avec qui il partagerait un lit, avec qui il partagerait un baiser, avec qui il partagerait un regard d’amoureux. Elle le savait, surement, mais comme lui, elle ne pouvait s’empêcher de montrer son attachement, son amour, sa volonté d’être sienne, pour toujours et à jamais. Avec un regard amoureux pour sa tante, il plaça sa main au-dessus de celle de son épouse et lui vola un baiser sans crier gare. Gabrielle en eu un petit rire amusée, puis elle servit les deux amants avant de ne prendre tout son sérieux lorsque Louisa évoqua la nouvelle activité de l’Inquisition à Forbach. Romain n’avait jamais voulu mentir à sa femme, et ils partageaient tout, ou presque. Pour la protéger, il n’avait pas dit à son épouse que sa tante était une Sorcière, et que, par conséquent, le fait de ne pas y croire ne constituait qu’une façade. Pis que cela, il aidait même les Sorcières à s’organiser et s’arrangeait souvent pour leur donner des coups de main à la hauteur de ses moyens. Gabrielle lui avait dit qu’il aurait du lui en parler, mais il n’avait pas voulu. A l’époque l’Inquisition était trop présente et le fait d’être dans l’ignorance pouvait sauver la vie à sa femme et ses enfants. Avec le temps passant, il s’était résigné. Il n’avait aucune raison de lui révéler cela, même si le fait de la « trahir », d’une certaine manière, pesait lourd dans son esprit. Il tentait de se consoler en arguant que c’était pour son bien, mais il n’y parvenait pas totalement.

Qu’il était dur de mentir à sa femme… Il se demandait même comment il y parvenait. Pourquoi ne voyait-elle pas clair dans son jeu ? Elle ne se doutait surement pas que c’était nécessaire… Après tout pourquoi lui mentirait-elle ? Il n’y avait aucune raison valable, et pourtant. Un jour surement il devrait tout lui dire. Comprendrait-elle seulement à ce moment ? Oh il l’espérait tant… Sa tante approuva les paroles de Louisa. Bien évidemment, comment en aurait-il pu être autrement. Il soupira, et finit par dire :


« - Il y a miracles et miracles, dons et dons. Bien sûr que je crois aux miracles, comment en pourrait-il être autrement, puisque tu es mon miracle. » Il la regarda tendrement, puis reprit un air plus sérieux. « Il y a aussi les dons, mais des dons cartésiens… Que des gens soient doués en telle ou telle chose, c’est normal, cela ne fait pas d’eux des parias. Je ne sais pas ce que recherche l’Inquisition, a-t-on seulement une preuve que celles qu’ils arrêtent possèdent de quelconque « dons magiques » ? Tout le monde sait comment ils obtiennent leurs aveux, c’est impensable. On arracherait n’importe quoi à n’importe qui de cette manière. Même le plus innocent des innocents avouerait le pire des péchés… Non, tant que je n’aurai pas des preuves, je ne pourrais pas croire qu’ils œuvrent pour notre bien. »

Ses paroles n’étaient pas dures. Tout avait été prononcés sur un ton très calme, comme toujours, mais il jouait une personne fermement accrochée à ses convictions concernant la magie, et il lui fallait jouer ce rôle jusqu’à ce que cela ne soit plus nécessaire. Lorsqu’elle se serra un peu plus contre lui, il l’enlaça de son bras encore libre et l’embrassa sur le front. Il savait que son passé ne devait pas être loin. Non leurs enfants ne devaient pas vivre cela, mais hélas, ils n’avaient que peu d’influence sur ces choses-là. Ils ne pourraient que trouver un moyen de protéger leurs enfants, si cela devait devenir dramatique. Heureusement Rosbruck était légèrement à l’écart de Forbach et il y régnait une tranquillité relative par rapport à cette ville. Après tout, qu’y aurait-il bien à chercher dans une petite ville constituée en majeure partie de champs ?

« - Ne t’en fais pas, nous n’y sommes pas encore, et peut-être que nous nous inquiétons pour rien. Le temps nous le dira, et je vous protégerai, toi et les enfants, quoiqu’il arrive. »

Les enfants revirent chacun avec un présent entre les bras. Dimitri portait un magnifique livre et Anna un sublime coffret à bijoux. Romain les écoutèrent remercier Louisa en un russe impeccable. Louisa le lui avait appris, et il s’en sortait bien, mais son accès laissait sérieusement à désirer, enfin sa femme pensait, peut-être à raison, qu’il le faisait exprès pour la faire rire, ainsi que les enfants. Il la libéra de son étreinte amoureuse pour la voir aller embrasser les petits. Lorsqu’elle leur demanda s’ils furent sages durant ces dix jours, Romain répondit :

« - Sages ?! Oh je ne suis pas sûr qu’ils méritent d’être gâtés comme cela. Je ne compte plus le nombre de fois qu’ils m’ont fait tourner en bourrique. Sans compter que, maintenant, ils ont Aurore et Balto de leur côté. Pauvre de moi… Et je n’oublie pas cette fameuse histoire du… »

Anna s’exclama :

« - Père, vous aviez promis ! »

Romain se ravisa, sembla réfléchir et finit par acquiescer.

« - C’est vrai. Vous avez honteusement acheté mon silence, et je tiendrai parole. En dehors de cela, ils ont été sages, ils sont tout le temps sages quand ils sont avec tante Gabrielle, du coup, j’en ai profité un peu en venant ici. »

Tante Gabrielle acquiesça malicieusement en rajoutant qu’elle était certaine qu’il n’y avait pas que cette raison à ses venues quotidiennes mais également sa gourmandise. Et là, il devait avouer qu’elle n’avait pas vraiment tort.
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Sam 11 Sep 2010 - 18:34

Un baiser fugace et c’est toute sa chaire qui quémandait de l’amour. De la façon la plus naturelle, qu’on put l’attendre d’une amante absente du lit conjugal, depuis des nuits et des nuits. Même si Romain n’avait pas été son premier homme. Il était et resterait celui de sa vie. Oui, elle avait vécu dans le péché jusqu’à ses vingt-six ans.
Mais qui résiste aux tentations de jeunesses ? Ces amourettes d’été qui vous offre l’odeur et les rires. Lou avait aimé très tôt. Au grand mécontentement de sa famille d’ailleurs. Mademoiselle Maulne n’avait jamais obéit aux coutumes prédatrices. Se moquant des règles de l’Eglise. Suivant avant tout le fil de sa vie. Découvrant la sexualité, comme elle découvrait le reste, avec liberté. Son initiateur avait su attiser ses réactions de jeune fille. Elle n’avait jamais regretté cette étreinte, dans la grange de son grand-père, au nez et à la barbe des adultes. Morbach ne se souvenait déjà plus de cette adolescente à la mine rieuse et au regard brillant.
Tandis que jeune femme elle avait été plus exigeante. Parce que le monde adulte ne plaisantait plus. Il fallait être quelqu’un de convenable. Ne serait-ce que pour éviter d’avoir à s’emprisonner elle-même. Jusqu’à ce qu’elle-même entraine son futur mari dans ses bras d’amante. Mettant à mal sa volonté de gentilhomme avec un délicieux sentiment d’abandon. Louisa ne concevait pas l’amour sans plaisir et cela quelque en soit l’aspect. Peu importe si le reste du temps elle devait être une femme d’affaire intransigeante ou une patronne intimidante. Ces visages lui offraient une protection en société.
L’amour avec Romain c’était comme parcourir un paradis de tendresse et de plaisir. Ils étaient tant à l’écoute l’un de l’autre que tout s’épanouissait vers la perfection. C’était donc beaucoup que d’attendre le coucher des enfants. Contrôler son envie d’être, égoïste et amoureuse, en plein salon. De compter sur le voile de la nuit pour leur permettre de rendre hommage à Aphrodite. Fort heureusement la patience était une vertu cultivée par ce tandem. Probablement un peu plus par son compagnon… enfin.


Comment envisager que l’homme qui partageait votre vie est le neveu d’une sorcière ? Elle lui faisait confiance les yeux fermés. Ils s’étaient juré de ne rien cacher. Jamais. A quoi bon dans un couple ? Cela faisait parti des risques. Vivre avec l’autre cela signifiait le considérer avec respect. Romain connaissait son point de vue. La dissimulation ne faisait tellement pas partie de ses propres habitudes. Quant aux mensonges, Lou les détestaient. Ils ne servaient que la vilénie. Les fomenteurs s’en faisaient une arme.
Plusieurs fois, la vérité avait franchie ses lèvres, au point de leur faire mal à tous les deux. Le peu de disputes qu’ils partageaient, s’étaient souvent elle qui en était l’instigatrice. Prouvant si nécessaire que son tempérament bien trempé ne venait pas du néant. Elle préférait le coup d’éclat au poison du non-dit. Même si chaque fois elle souffrait de mettre à mal leur équilibre. C’était pour l’aimer mieux, l’aimer sans ombre qu’elle le faisait.
Pourtant vouloir la vérité, ne veut pas dire, la voir. Il y avait peut être quelques indices qui aurait dû éveiller un soupçon. Quelques erreurs qui déclencheraient une réflexion inconsciente. Une piste à parcourir qu’elle laissait volontairement dans la brume. Durant toutes ces années de vie commune Louisa n’avait pas –et ne voulait toujours pas- envisagé que cet homme puisse lui faire des secrets.


Ainsi le compliment amoureux la fit sourire. Son cœur restant serein. Romain n’avait besoin de rien d’autre que sa parole pour la rassurer. Quand elle s’était donnée à lui s’était sans aucune rémission. Entière. Pareille à toutes les décisions de son existence. C’était sans aucun doute de la naïveté une chose que lui seul arrivait à provoquer chez cette femme.
Ceci dit depuis sa naissance Louisa n’avait jamais eu de preuve directe de sorcellerie. Pourtant elle y croyait. Elle n’avait jamais été en contact avec cet univers. Ou du moins jamais intentionnellement. Elle n’avait d’ailleurs jamais cherché ces femmes. Mais elle savait que l’histoire de Forbach donnait raison aux Inquisiteurs. Pour cette femme les sorcières n’était ni des ennemies, ni des alliées. Et tant que sa famille ne souffrait pas de leurs méfaits Lou ne leur ferait rien.
Les paroles de Romain ne pouvaient pas être démenties. Les dons germaient chez des individus très différents. De plus toutes ces femmes tuées n’avaient rien prouvées… Mais il n’avait pas vu l’été 1627. Gabrielle, si.


-« On ne peut être certains de rien sur elles, je suis d’accord. Mais… Romain, tu te souviens, je t’ai raconté, peu après la mort de Michael, Forbach a été envahi par des esprits. Gabrielle, vous vous souvenez, n’est-ce pas ? Je t’assure que ça n’avait rien de fictif Romain. Je les ai vus de mes yeux.
Qui d’autres pourraient faire de telles… choses ? »



Elle lui avait parlé de tout cela dans les quelques mois qui avaient suivis leur rencontre. Touts ces événements étranges elle les lui avait raconté avec ignorance. Telle la jeune fille perdue et triste qu’elle était alors. Il avait raisonné pour elle. Cela lui avait fait du bien. Mais la vérité.
Lou était peut être plus inquiète que les autres habitants. Après tout à cause de cette guerre elle avait perdue toute sa famille. Alors c’était un sujet sensible chez elle. en retenant un soupire son esprit cherchait réconfort dans l’assurance de son époux. C’était lui le plus fort des deux. Il était le plus sencé. Elle devait l’écouter et ne pas se laisser envahir pas d’anciennes angoisses. Et puis quelque soit l’avenir il y avait des certitudes.


-« Moi aussi. Même si je dois crever le cœur avec mes mains. »


Une menace qui n’était pas lancée sans raison. Mille fois elle avait eu envie de commettre des meurtres. L’âge n’avait en rien affectée son courage et son obstination, bien au contraire. En particulier depuis qu’elle était mère.


Mais tout ceci attendrait. Les enfants n’avaient pas à êtres les témoins de ses inquiétudes. Ils avaient cet effet magique –c’est le mot- sur elle. Son regard interrogea l’un et l’autre tour à tour suite aux informations livrées par leur père. Dés deux il était le plus permissif. Ce qui convenait très bien aux enfants étant donné que Romain travaillait beaucoup au Manoir. Dimitri regarda ses chaussures pour ne pas craquer. Anna elle lui faisait se grand sourire de cachotière. Bien sûr Romain lui ferait un compte rendu des derniers jours. Mais son regard répondit à la malice des jeunes par un avertissement amusé. L’affaire n’était que momentanément écartée. Lou se tourna alors vers l’ancienne.


-« Ma chère Gabrielle voilà que vous tenez le rôle de nourrice. Comment-vous remercier ? Acceptez-une invitation à venir passer quelques jours au Manoir. Je vous promets que tout le monde vous dorlotera pour une fois. Dites-oui. »


-« Ho, oui Tati dites-oui. Je vous ferez… votre thé ! Mère me l’a apprit. Et Anna sait presque faire des madeleines ! »


La mère ne put retenir un rire, que la mine boudeuse de sa fille transforma en chaleureux regard. Ainsi fût-il décidé que madame Roquebourg viendrait en invitée d’honneur chez les Zimmerman, avant la prochaine quinzaine. S’en suivie une nouvelle discussion, tournant principalement autour de Paris et de son étrangeté. Jusqu’à ce que l’heure avance et annonce le départ de la famille. Louisa aidait le plus jeune à revêtir son manteau, toujours attentive à ce que ses enfants soient présentables. Un souci de l’esthétique qui faisait diablement sourire Anna d’ailleurs. Mais c’était aussi le moyen de glisser quelques confidences au fur et à mesure de ces gestes maternels.
Gabrielle les mena jusqu’au fiacre encore présent sur les lieux. Elle embrassa chacun d’eux avec la même sincérité. S’attardant un peu plus auprès de l’homme, pendant que son épouse plaçait leur progéniture.


Le retour n’était guère long. Dimitri était déjà plongé dans son bouquin indifférent au chemin. Louisa regardait sa fille, émerveillée par la vitesse à laquelle elle évoluait. Elle accepta encore une fois de décrire les habitudes des dames de la Cour de France. Et promis de l’y emmener lorsqu’elle serait un peu plus grande.


-"Mais tout de même maman, ne suis-je pas allée avec vous en Russie alors que je savais à peine marcher ?"


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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Sam 11 Sep 2010 - 19:50

L’été 1627… Sa tante lui en avait longuement parlé lorsqu’elle était passée chez lui, à Rosbruck, pour l’avertir de ne pas mettre les pieds à Forbach pendant un petit moment. Elle lui avait expliqué dans les moindres détails ce qu’il s’y passé. Sa curiosité l’avait obligée à tenter de lui démontrer comment une telle atrocité pouvait être possible. Ils avaient continués longtemps, même pendant la nuit. Romain était bouleversé, il avait tenté de convaincre sa tante de rester elle aussi, qu’elle n’était pas en sécurité, qu’il ne voulait pas la perdre, pas comme ça. Elle avait refusée, arguant qu’Olrun avait besoin d’elle, que Forbach avait besoin d’elle. Il avait tout fait pour la convaincre, mais elle ne voulait rien entendre. Elle lui avait dépeint le portrait d’Adrien d’Hasbauer, qui envers et contre tout se battait pour les siens. Elle avait une famille, lui, et elle se battrait pour lui. Que vouliez-vous répondre à cela ? Romain s’était prit son argument en pleine figure et s’était contenté d’abandonner, sans pour autant la prier d’être la plus prudente possible. Elle s’était contentée de sourire, le même sourire qu’elle lui adressait quand il était enfant, un sourire qui disait « Ne t’en fais pas, tout ira bien ».

Il aurait voulu crier au monde entier qu’il abondait dans le sens de sa femme, mais il ne pouvait pas. Gabrielle n’appréciait pas l’idée non plus mais elle savait que Romain était têtu, plus têtu qu’une mule, aussi têtu qu’elle. Alors elle laissait le temps couler, non sans lui rappeler qu’un jour la vérité finirait par éclater, et qu’il valait mieux qu’elle provienne de sa bouche, et non d’une autre. Il le savait, et elle savait la douleur que cela lui procurait de mentir à son épouse. Et même en cet instant elle en était consciente, car, en connaissance de cause, elle lisait entre les lignes du livre qu’était, pour elle, Romain. Sans se démonter, il prit l’instant d’une réflexion, prit une inspiration et répondit à Louisa :


« - Tu sais Lou… On pensait que beaucoup de choses étaient magiques il n’y a pas quelques années que cela, jusqu’à ce que l’on trouve une explication rationnelle. Je… » Il sembla chercher ses mots. « Je sais que cela parait extrêmement bizarre, mais nous n’avons pas la preuve qu’il s’agit d’un phénomène magique, qui peut dire qu’il ne s’agit pas simplement d’une conséquence d’un fait que personne n’a simplement pas encore mis en lumière ? »

Qu’il était parfois dur de défendre l’antithèse de ce que l’on croyait… Mais Romain était habitué et s’il préférait imaginer des histoires aux enfants le soir, ce n’était pas que pour les divertir avant qu’ils ne s’endorment. Stimuler son imagination lui permettait de rester créatif, autant sur le plan des affaires, autant que sur celui, plus sombre, de son « mensonge ». Quelqu’un qui croyait fermement au caractère cartésien des choses et donc à la non-existence des Sorcières et de la magie ne pouvait décemment pas tomber à court d’argument pour soutenir sa thèse. Heureusement les enfants interrompirent le débat avec leur retour. L’heure n’était pas, du moins pas encore, à de sujets aussi sérieux et potentiellement dramatiques. L’heure était aux retrouvailles et à leur bonheur. Ils étaient ensembles, heureux, et c’était tout ce qui importait pour le moment.

Louisa sembla intriguée par les « révélations » de son mari et malgré ses regards interrogateurs, elle n’obtint aucun renseignement supplémentaire. Toutefois la perche avait été lancée et Romain se doutait qu’elle remettrait le sujet sur la table ce soir. Il ne savait pas encore s’il le lui dirait, après tout, ce n’était pas dramatique et il avait donné sa parole à ses enfants, même s’ils lui avaient honteusement achetée celle-ci. Romain fut content que les efforts conjugués de sa femme et de ses enfants enjoignent sa tante à accepter de venir passer quelques jours en tant qu’invitée chez eux. La mine boudeuse de sa fille ne lui échappa toutefois pas, et alors qu’elle venait s’installer sur ses genoux pendant que la discussion tournait autour du voyage de Louisa, il lui murmura :


« - Moi j’aime beaucoup tes madeleines Anna, elles sont très bonnes. »

Elle lui fit un grand sourire avant de le remercier et de l’embrasser tendrement. Ils échangèrent un dernier sourire avant de reprendre part à la discussion. Dimitri voulait surtout savoir si sa mère avait croisé des chevaliers, et Anna, elle, avait énormément de questions sur les dames de la Cour. Le jour finit néanmoins par décliner et il était temps que les Zimmerman rentrent chez eux. Romain ne put s’empêcher d’accepter de porter Dimitri, car un chevalier ne se déplaçait jamais sans sa monture disait-il, jusqu’au fiacre. Une fois le bambin redéposé par terre, ce fut le temps des au-revoir. Romain resta beaucoup de temps entre les bras de sa tante, puis il fallut se séparer et il monta dans le fiacre après avoir indiqué la destination au cocher qui venait de les rejoindre. Il s’installa à côté de sa femme et lui prit la main. Il l’écouta raconter à nouveau les habitudes à la Cour de France tout en regardant les illustrations du livre que parcourait Dimitri. Lorsqu’Anna s’étonna de ne pas avoir été du voyage, Romain répondit :

« - Il aurait été malvenu de se présenter à la Cour du Roi de France avec une fille plus belle que toutes ces tartes de Marquises, Comtesses et Duchesses. »

Il ne le pensait pas vraiment, non mais disons qu’il se doutait que cela lui vaudrait de se faire traiter de gros bêta par sa femme et, il devait admettre que… il aimait plutôt cela.
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Dim 12 Sep 2010 - 9:44


Les chevaux sortaient de Forbach d’un pas détendus. Le cocher chantonnait un air du pays. De ces mélodies que les troubadours adoraient égrainer sur les plaines. Les étoiles pointaient une à une dans le ciel comme pour les éclairer. En somme l’un de ces retours en terres promises. En été les routes étaient sèches et donc praticables. Ce qui encourageait le voyage, période favorable pour faire circuler les ballots de tissus. Louisa y songeait en voyant un vachetié la lanterne à la main épousseter sa chemise avant de rentrer.


En ce début de soirée le trajet n’était pas encombré et s’apparentait plus à une balade. De quoi donner à la Moselle un air d’oasis. A l’intérieur le badinage continuait invariable mélodie du bonheur. C’était si simple de le trouver avec ces trois là. Anna rayonnait de fierté au compliment de son père. Il avait toujours sut faire sourire cette enfant. Même lorsqu’elle était alitée par l’une de ces maladies enfantines. Cette rougeole qui avait terrassé ses cinq ans, donnant des angoisses sans nom à la maisonnée.
La femme elle bouscula tendrement le flatteur par jeux en murmurant :


-« Idiot va. »


Romain connaissait bien sa femme. Il la connaissait même très bien. Ces boutades entre eux ne s’achèveraient donc jamais ? Ils leurs faudraient encore quelques millénaires pour commencer à se lasser l’un de l’autre. Cette harmonie trouvée, entre jeunesse du cœur et maturité de l’âme. Ils n’en étaient pas même responsables. Il fallait bien croire aux envoutements face à un duo aussi… solide ?
Et plus Anna grandissait plus elle s’apercevait que ces deux êtres étaient complémentaires. Ce qui parfois pouvait être amusant. D’autres fois un peu agaçant. A-t-on jamais vu l’aînée de treize ans être la seule adulte à bord !


Le grand saule se dessina dans le ciel pour annoncer l’approche de leur domaine. Quelques ectars dont la première démarcation était un joli portail de fer forgé. Le fils, referma son livre et le plaqua contre lui, pour pouvoir bondir dès l’arrêt de l’habitacle. Il fonça droit jusqu’à la grande porte d’entrée –d’un bois d’orme récemment consolidé- de la bâtisse. Véritable petit démon aux cheveux couleur du miel. Miranda, qui s’avançait, pour les accueillir dût faire preuve de souplesse pour l’éviter. Elle était assignée à cette propriété depuis des années. Gardienne avisée embauchée par le prédécesseur du baron.
Louisa descendait les deux marches en souriant, consciente qu’il allait sur ses traces, en matière de discipline. Une fois à terre elle rappela ce danger public à l’ordre.


-« Ce n’est pas parce que vous courrez plus vite que vous vous coucherez plus tard jeune homme. »


Miranda regarda la maîtresse de maison les yeux un peu brillants. Louisa en fût, touchée après tout, personne n’avait prévue qu’une couturière deviendrait baronne. (Elle la première !) Ils avançaient vers le foyer et la dame sentait un sentiment de plénitude la gagner. Maintenant cette maison était la sienne, autant que celle de Forbach, si ce n’est plus. La cheffe des domestiques avoua son soulagement de voir madame de retour dans la modeste baronnie. Le monde ne tournait pas tout à fait rond quand ses trois petits fous étaient en liberté.
Lou savait que les deux plus jeunes profitaient toujours de son absence pour faire les autre-cent coups. A croire qu’elle était la tyran de cette famille. Tyran était hyperbolique, disons qu’elle était ferme.
Dans le corridor de l’entrée, David arriva pour la débarrasser de sa cape, avec un sourire de bienvenu. Ils ne s’étaient pas très bien entendus au début. Lou n’acceptait pas l’aide du serviteur et celui-ci s’en fâchait régulièrement. Vouloir faire oublier son éducation, à feu mademoiselle Maulne, était une mission impossible. Alors ils avaient travaillés à trouver des compromis. A la fois pour faire plaisir au chef de famille et pour se simplifier la vie. L’employé s’effaçait rapidement comme une ombre d’efficacité.


Miranda proposait à la première héritière de monter s’habiller pour la nuit. Anna obtempéra plutôt bien. A la grande surprise de sa mère elle fit la sage. Soit ! Ce n’était pas pour déplaire aux deux adultes. Les bougies illuminaient l’espace de cette aura apaisante. Le pas feutré des habitants créait une symphonie du quotidien.
Louisa mourrait d’envie d’imiter sa progéniture Aller à l’étage et se débarrasser de cette robe fatiguée et salie par le retour. A la place elle se dirigea vers le petit salon où crépitaient les premières braises d’un feu accueillant. Le corps de la voyageuse retrouva le moelleux de ce canapé drapé d’une housse fleurie. Cette fois sa silhouette allait vers la paresse se délectant de cette atmosphère retrouvée. Et comme toujours lors de ce processus de détente elle tendait une main vers son compagnon.


-« Romain. »


Ce prénom était ainsi celui dont ce Shakespeare s’inspira pour imaginer le fil des Montaigu. Mais aucune réplique n’avait besoin d’être répéter ici. Dés qu’il était là le silence devenait aussi cristallin que n’importe quelle sérénade. Tous les discours pouvaient bien se résumer en gestes intimes et passionnés. Lui dire qu’il lui avait manqué en se nichant contre épaule. Enfin passer de la mère à l’épouse pour voler un instant avec lui.


Dernière édition par Louisa Zimmerman le Dim 12 Sep 2010 - 13:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Dim 12 Sep 2010 - 11:57

[HRP]Attention lors de ton CTRL+C/CTRL+V apparemment tu oublies un petit bout au tout début. ^^[/HRP]

Cela n’avait pas manqué. Et bien qu’il pensait sincèrement le compliment fait à sa fille, il savait que le reste serait accueillit de la meilleure de manière par sa femme. Romain adorait qu’elle le traite d’idiot ou de gros bêta, déjà parce qu’elle le faisait toujours avec son sourire, si particulier, et parce qu’il y avait le ton de sa voix, qui le faisait toujours vibrer. Oui, sur ce terrain-là, il était un vrai gamin et rien n’y changerait probablement rien, après tout, il passait déjà suffisamment de temps à devoir être sérieux comme un adulte, ne pouvait-il pas un peu se détendre ? Surement. Il répondit doucement à la bousculade de sa femme simulant une crevasse sur laquelle était passée le fiacre. Bien entendu, personne ne l’avait cru et il avait prit à partie le cocher, un ami de longue date, qui lui avait forcément donné raison, ce qui n’avait pas plus convaincu sa famille. Il fit alors mine de bouder – sans toutefois lâcher la main de sa femme, signe évident qu’il ne boudait pas réellement -, décidément, des trois dans le fiacre, le plus terrible des enfants n’était pas forcément celui que les apparences désignaient…

Lorsque le fiacre fut arrêté, Romain n’eut qu’à peine le temps d’ouvrir la portière et de descendre que son fils filait déjà comme un cheval au triple galop vers la porte. Amusé par cette image, il le suivit jusqu’à l’entrée, après laquelle il disparut, puis reporta son attention vers Miranda tandis qu’il aidait sa femme à descendre, une attention galante qu’il savait inutile, mais il adorait le faire. Miranda avait été engagée par son père très jeune, elle était la fille de l’ancienne maîtresse de maison qui les avait quittés bien trop tôt, terrassée par une maladie foudroyante. Qui plus est, tout le monde dans la petite ville savait qu’elle et David étaient amoureux et, étant donné que le jeune homme venait d’être engagé quelques mois plus tôt, mon père n’avait pas hésité une seconde. Romain les appréciait beaucoup, et, au vu de leur travail remarquable, il ne lui était même pas venu à l’esprit une seconde de n’imaginer un autre scénario que des les garder à son service. Un service relatif, étant donné que Louisa aimait beaucoup faire elle-même, Romain ne parvenant qu’à gagner un peu de terrain en avançant qu’elle passait déjà beaucoup de temps à la boutique.

Lorsque sa femme rappela à l’ordre Dimitri, Romain ne put s’empêcher de sourire.


« - Ne t’en fais pas, il ne me bat pas encore tout à fait à la course. Je rattraperai notre poulain s’il fait la tête de mule ce soir. »

Une fois arrivé dans le grand hall, il se débarrassa de son manteau qu’il confia à David une fois qu’il eut fini avec sa femme. Cet homme était une perle, sans compter que ses talents culinaires n’étaient plus à faire. Et oui, le cuisinier c’était lui, et Romain désespérait d’avoir le temps un jour de devenir son apprenti le temps de quelques leçons, même si ce n’était pas « convenable ». De toute façon, les Zimmerman’s étaient connus pour ne pas être tout à fait « conventionnels » et ce n’était pas plus mal, cela faisait déjà un certain écrémage dans leurs relations, ne gardant bien souvent que le meilleur. Il regarda Miranda monter à l’étage avec Anna qui, une fois n’est pas coutume, semblait pressée d’aller au lit. Était-ce à cause des regards qu’ils avaient échangés pendant le trajet ? Et puis les mots qu’ils avaient échangés au retour de Louisa lui revinrent à l’esprit. Il sourit largement, se disant qu’il avait beaucoup de chance d’avoir une aînée aussi intelligente et complice, puis chercha sa femme du regard.

Il la retrouva dans le petit salon, déjà allongée se délectant d’une paresse enfin méritée. Lorsqu’il s’approcha, il ne manqua pas la main qui se tendait vers lui et frissonna lorsqu’elle murmura son prénom. Alors que le feu n’était plus que des braises dans l’âtre, la flamme de Romain, elle, venait de redevenir un brasier ardent, et cela se voyait dans ses yeux. Il s’installa à côté d’elle sur le canapé avant de l’enlacer amoureusement. Enfin ils n’étaient plus tout à fait des parents, enfin il pouvait redevenir l’époux, l’amant attentionné. Son regard se plongea dans celui de Louisa.


« - J’ai attendu cet instant depuis dix longues journées… Alors, raconte-moi, vas-tu encore créer pour la Reine ? Non, en fait, je n’en doute pas, la question qui se pose vraiment est, que vas-tu créer pour elle ? Raconte moi tout, je veux tout savoir. »
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Lun 13 Sep 2010 - 0:33

Son corps mince retrouvait sa place. C’était comme si cette longue journée s’effaçait pour laisser la nuit être reine. D’un simple mouvement des chevilles les chaussures furent abandonné sur le sol en pierre. A bat le protocole à cette heure indu. Il n’y avait personne à impressionner ici. Enfin ! Plus de courtisan devant lesquels s’incliner tout en ignorant leur identité. Fort heureusement la maison Rosbruck n’était pas assez importante pour avoir des obligations permanentes envers la couronne de France. En l’occurrence envers la Reine et Régente du royaume Anne d’Autriche. Lou repensait au visage de cette femme qui devait porter le deuil d’un homme qu’elle n’avait pas aimée.
A cette pensée son cœur se serra quelques secondes. L’indifférence de cette veuve pour le disparu avait blessé Lou. Elle qui avait vue sa belle-sœur anéantie par la mort de son frère. Puis sa mère déchirée par la disparition de son père. Et elle comment ferait-elle sans cet homme qui la tenait contre lui ? Bien sûr les circonstances étaient différentes. Ces trois Maulne avaient choisi leur compagnon. Chacune tissant les fils de leur destin amoureux.


L’entrevue avait eu lieu il y a quatre jours. C’est d’abord la première dame de compagnie qui l’avait reçue. Si Melle Lou était devenue un personnage à Forbach personne ne la connaissait là bas. Il avait fallu qu’elle donne son patronyme des dizaines de fois. Expliquer le motif de sa venue autant de fois. Aller de duchesses en comtesses jusqu’à ce qu’enfin quelqu’un la prenne en charge. C’était vraiment un autre monde que ce trône.
Beaucoup de femmes fantasmaient sur toutes ces habitudes, sur tous ces codes. Qui ne rêvait pas d’être une princesse espagnole à leur époque ? Louisa ne désirait pas de tout cela. Il y avait bien trop de faux semblant. Tout n’était que calcule, égoïsme… Un nid peut être pire même que celui de Rome. Alors qu’elle était la maitresse du plus magnifique des royaumes le leur. Inutile d’avoir plus dans cette vie. Qui pouvait se dire aussi comblée ?


Romain avait toujours été le plus patient des deux. Il lui disait l’avoir attendu ce moment elle le croyait. Ils vivaient la même impatience. Qu’il s’agisse de deux jours durant lesquelles elle restait à Forbach pour accueillir un chargement. Ou bien de d’une soirée quand il devait aller régler un litige sur les plantations. Peut être parce que chacun d’eux avaient conscience que demain n’est jamais certain.
Alors il ne fallait rien gaspiller.


-« Elle s’est souvenue de moi, tu te rend compte ? Elle m’a dit qu’elle avait toujours ma première robe et que les retouches avaient été faites pour qu’elle continue de la porter ! J’étais… sous le choc. Ce qui l’a fait sourire. Je lui ai dis, qu’elle était l’une des rares personnes à avoir pus me prendre au dépourvu, ce qui était bon signe. Il me semble, que ce que tes amis nommeraient impertinence a amusé cette femme. Elle ne doit pas avoir l’habitude de la franchise.
Elle m’a demandé une robe de bal. Une robe de bal Romain. Ce qui veut dire que… beaucoup de monde va la voir. Il faut qu’elle soit parfaite. Je vais écrire à maman. Je n’ai jamais sut par où commencer avec les bals… »



Plus elle racontait et plus l’excitation revenait dans sa voix. Elle avait eu beau se raisonner, à travers sa lettre écrite le soir même du rendez-vous, rien n’y faisait. C’était une toute nouvelle aventure professionnelle qui débutait. Ce qui la mettait en joie. Une joie presque puérile devant ce défi.
Les yeux brillants de cette passion infinie pour son travail. Voilà Lou ne changerait jamais. Et dans son emportement les gestes spontanés, qu’ils avaient retenu, s’exprimaient comme un millier de pétales libérés. Le nez allait s’abreuver du parfum de l’autre à la naissance de la gorge. Les doigts jouaient les félins pour retrouver un buste musclé. Le souffle caressait se visage d’apollon qu’elle aurait put dévorer sans remords de fou baisers.


-« Dimitri vous réclame. »


L’intrusion de Miranda suspendit la belle dans ses projets. La frustration fit bonne mesure face au devoir parental. Louisa se redressa dans un petit soupire et se tourna vers l’employée avec un sourire complice. Le dernier né était toujours le plus assoiffé de tendresse. Il était tout le portrait de ce bel amant qu’elle se résignait à délaisser encore un peu. Il y avait des rituels pour les quels une mère ne pouvait se dérober. D’un regard elle promit au père de faire vite.
La dame marcha de son pas vif, montant l’escalier, pieds nus. Un baiser pour chacun des enfants. Dans le couloir c’est la lune qui éclairait ses pas. Tout semblait au ralenti sous cette lueur. D’une main elle poussa lentement la porte. La chambre s’était glissée dans la pénombre des rêveries. Mais au milieu de son lit un petit garçon restait assit. Sa mère le rejoignit et l’incita à se coucher avec tous ces petits mots tendres qu’elle lui réservait à lui.
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Lun 13 Sep 2010 - 9:28

Entre ses bras, elle se faisait déesse de temps anciens, reine incontestée de son cœur. Dans un silence qui signifiait plus que mille mots, il la regarda se défaire avec sa grâce qui lui était propre de ses chaussures. L’espace d’un instant, il se demanda s’il n’était pas entrain de rêver. Les dix derniers jours avaient été emprunts d’un tel sentiment de manque qu’il songeait à l’éventualité de fantasmer le bonheur qu’il vivait en cette soirée. Bien entendu, il se ravisa rapidement, car même si le souvenir de sa femme était impérissable à ses yeux, il ne pouvait inventer si précisément sa douceur, sa chaleur, sa présence. Heureusement, ses enfants avaient été présents, sans compter Aurore et Balto, et ces jours d’absence étaient rapidement passés. Mais malgré tout, lorsque Anna et Dimitri dormait, que la maisonnée toute entière avait sombré paisiblement dans le sommeil, il avait souvent resté éveillé, ne parvenant pas toujours à trouver rapidement le sommeil, sans cesse à s’imaginer ce que pouvait bien faire sa femme, si elle allait bien, si elle pensait à lui… Des questions parfois complètement insensées, et elle le lui dirait s’il lui demandait, mais il n’avait pas besoin de cette confirmation, car à chaque fois qu’ils se revoyaient, leur tendresse, leur amour, leur passion lui enlevaient tous ces doutes qu’il n’aurait jamais du avoir. Mais c’était là le credo des séparations et il le supportait, car sans séparations, il n’y avait pas de retrouvailles.

L’écouter lui parler de ses aventures à la Cour n’avait pas de prix. Elle semblait tellement heureuse. Parfois il jalousait son travail qui lui prenait tellement de temps, mais il savait qu’il ne pourrait en être autrement. Son travail de couturière la définissait, était une partie d’elle et jamais il ne pourrait lui demander d’arrêter. Jamais il ne pourrait entraver la femme conquérante et libre qu’elle était. S’il avait su qu’il croiserait Louisa, peut-être n’aurait-il pas investi autant dans ses affaires. Après tout n’auraient-ils pas été aussi heureux, lui ne s’occupant que des comptes du Fil Blanc, passant ses journées à contempler sa femme coudre ? Enfin, il ne se plaignait pas. Il avait une vie dont beaucoup ne pouvait que rêver, aussi, la seule chose qu’il demandait, c’était de pouvoir vivre encore longtemps pour pouvoir continuer à aimer sa femme et ses enfants. Pour pouvoir les voir devenir des adultes, se marier et peut-être même avoir des enfants. Il s’imagina l’espace d’un instant grand-père et il chassa cette idée alors que la tendresse de son épouse se faisait plus féline, que leur passion commençait doucement à s’embraser.


« - Je suis certain qu’elle sera parfaite, comme toujours. Tu donnes toujours le meilleur lorsque tu t’abandonnes entière à quelque chose… Ou a quelqu’un. »

Ses paroles n’avaient été que murmures et les sous-entendus étaient choisis, même si le sens premier de ces mots faisait référence à son travail d’exception qui avait rarement déçu ses clients. Mais déjà ces paroles n’étaient plus qu’un vague souvenir, ne restait que les tendres caresses, les discrètes et sensuelles invitations au brasier de la passion qui les consumerait. Romain aimait jouer ce jeu. Exacerber la passion, l’alimenter petit à petit pour la rendre insoutenable, encore et toujours plus loin, pour ne finalement céder que lorsqu’il n’est plus possible de tenir, que lorsque le barrage de la raison ne menace de s’effondrer sous la passion tumultueuse. Heureusement, Miranda vint les interrompre avant ce moment, leur permettant de refouler plus facilement leur frustration. Romain se leva à la suite de son épouse et répondit à son regard d’un sourire :

« - Tu es rentrée, à ton tour maintenant. Je vais souhaiter la bonne nuit à notre fille. »

Sur ces mots, il remercia Miranda, qui semblait apparemment un peu gênée de les avoir dérangés, gêne qu’il dissipa d’un sourire et l’enjoignit à rejoindre David et de profiter de cette soirée. Ils n’auraient plus besoin d’eux ce soir. Il quitta le petit salon un peu plus tard et monta à l’étage également. Il passa devant la chambre ouverte de Dimitri, non sans un regard à l’intérieur, puis il ouvrit la porte de la chambre de sa fille. Elle avait passé l’âge de quémander ses parents avant de dormir, mais Romain savait qu’elle aimait qu’il vienne lui dire bonne nuit. Il s’installa sur le bord du lit et à peine eut-il posé le regard vers elle qu’elle dit :

« - J’ai tenté de lui faire comprendre qu’il ne fallait pas vous déranger, mais il n’a rien voulu entendre. »

Romain eut un large sourire et répondit :

« - Allons, ce n’est pas grave, et puis, lui non plus n’a pas vu sa mère pendant dix jours. Je suis prêt à prendre mon mal en patience pour quelques minutes de plus. Allez… » Il se pencha vers elle et déposa un baiser sur son front. « Il est l’heure de dormir, bonne nuit ma puce. »

« - Bonne nuit, Папа. »

Il lui adressa un dernier sourire affectueux avant de fermer la porte de sa chambre. Puis, instinctivement, son regard coula vers la porte de celle de Dimitri. Elle était encore entrouverte. Il s’approcha un peu, puis il s’adossa au mur, attendant patiemment que sa femme ait fini de souhaiter une bonne nuit à leur fils. Rien ne pressait, non, comme il l’avait dit à sa fille, mais il devait admettre que la passion qu’ils avaient réveillée il y a quelques minutes menaçait de l’emporter, lui et sa patience…
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Lun 13 Sep 2010 - 14:10


La mine un peu boudeuse de son enfant était la parfaite reproduction de son géniteur. Dimitri ce petit enfant qu’elle avait ardemment désiré. Ce n’était pas une volonté de succession qui la motivait cette envie.
Il n’y avait plus de Maulne à Forbach depuis des années. Le patronyme avait donc regagné son point d’origine à quelques kilomètres de là. Quant aux Silvianov… le douanier –Peter- était mort depuis presque deux ans. La mère d’Irina en avait été affaiblie encore une fois. Perdre son père n’était pas l’épreuve la plus simple. A ceux qui lui avaient dit un jour, qu’il existait des drames plus douloureux, elle donnait pour preuve cette âme découragée. Nastasia avait trop souffert pour aimer la vie sans raison. Louisa avait conscience, que bientôt, elle serait définitivement orpheline. Fort heureusement les années d’expériences apaisait sa crainte. Personne n’était éternel. Que pouvait-elle éprouver si ce n’est de l’admiration pour celle qui avait enterré fils et époux ? Louisa en serait proprement incapable… Affronter de nouveau la mort briserait tout ce qu’elle avait réussi à sauver.


-« Maman, je n’aime pas les cours de Frère Philippe. Il dit de trop grosses bêtises… » L’adulte fit apparaitre les petites rides de contrariété sur son front penché.
-« Tu lui a encore tenu tête, c’est cela ? » Le petit garçon s’indigna avec toute la force de ses neuf ans.
-« Mais il m’a dit que la Dame du Lac était une sorcière, maman, c’est n’importe quoi ! » Louisa savait que l’enseignement était indispensable. Mais celui-ci ne devait pas être tronqué. De plus elle avait une confiance très fragile envers ces serviteurs de dieu. Avec un sourire où elle laissa deviner sa complicité elle étaya le point de vue de son fils. Achevant pourtant en donnant raison au modèle de sagesse que devait représenter ce jeune maître d’école.
-« Oui. Tout le monde sait qu’elle est une « fée » voyons. Frère Philippe voulait surement te mettre en garde contre la magie. Elle peut faire… de terribles choses. » Allez faire entendre raison à un petit passionné. Lou devait faire de son mieux pour rester objective. Ses assentiments ne devaient pas déteindre sur cette génération. Si Anna et lui pouvaient vivre en harmonie avec ses propres adversaires elle ne demandait pas plus.
-« Je suis sûre que non ! » Sa mère lui lisait ces légendes depuis des années et elle connaissait l’histoire presque aussi bien que lui. Aussi trouver le contre exemple ne fût pas très difficile. Avec un rien de malice elle glissa le prénom à son oreille.
-« Et Morgane ? » Il croisa les bras pour se protéger de cette attaque un peu trop fine et argua de tout son cœur.
- « Mais elle s’est la vilaine… elle n’a pas le choix. » Cette réplique eu le don de la faire rire. Petit esprit rusé qui avait déjà comprit beaucoup de choses sur les grandes personnes. Tout en caressant ses cheveux elle lui murmura dans leur russe le plus secret.
-« Il n’y aurait plus d’histoire sinon. Tu as raison mon ange. Endors-toi avec les jolies fées de Merlin. »


Un baiser sur chaque joue alors qu’elle le serrait dans ses bras. Elle ne permettrait jamais qu’une quelconque sorcière s’en prenne à ce jeune chevalier. Un « je t’aime » soufflé en échos de l’un et de l’autre. Un dernier baiser volé après avoir vérifié qu’il était bien installé. Le retour furtif vers la porte qu’elle referma sur son sourire bienveillant. Le bois souple de craquait plus. Le silence prit place dans le couloir. Instinctivement elle jeta un coup d’œil vers la chambre d’Anna. Close. Ce qui signifiait que sa jeune bohémienne se réservait à Morphée. Parfait. Puisque tout était en bonne ordre la belle revenue pouvait enfin se trahir.


Sa robe bruissa tandis qu’elle se tournait vers ce patient veilleur. Ses pas nus sur les dalles, développaient la partition de l’une de ses Nymphes amoureuses, qui rejoint la Fontaine. Romain. Il était là tout prés. En quelques secondes il vit l’amante prendre le pouvoir sur madame Zimmerman. Un sourire malicieux de jeune fille impatiente transformait déjà son visage. Louisa l’éternelle adolescente qui cultivait la gaminerie amoureuse avec entrain. Là maintenant, elle était face à lui, indifférente au lieu, l’heure, les risques d’être surpris. Sa silhouette fondant sur la sienne pour enfin lui voler l’un de ses baisers de fin du monde. Prenant le temps de retrouver la saveur de ses lèvres comme si elle constituait un ingrédient de jouvence.
Ses mains en profiteraient pour enlacer la taille de ce prisonnier marital. Devenant une deux lianes chaudes, possessives plus solide que n’importe qu’elle fil de nylon. Et doucement sa bouche le libéra pour murmurer son prénom comme un nouveau sort lancé contre sa poitrine. Il y avait dans ses onyx tous les mots intimes qu’elle n’avait put dire au creux de ces neuf longues nuits. Pour les lui chanter en toute liberté elle attrapa sa main gauche et marchant à reculons le guida jusqu’au bout du corridor.


Chaque pas devenait l’excuse pour se coller furtivement à lui. Ses formes d’homme que le temps ne réussissait pas à desservir. Louisa était comme un bijou qui réclame son écrin le plus beau. Arrêtée par la porte, elle céda quelques secondes pour le déshabiller des yeux. Se délectant de ce spectacle sans pudeur, sans aucune retenue, donnant à cet amant le rôle de modèle. Combien de nus n’avait-elle pas croqués, éclairée par un levé de soleil ? Laissant un fusain évoluer au gré de ses observations charnelles. Tous ces dessins, délicieusement érotiques, restaient cachés dans l’un des secrétaires de cette chambre à jamais nuptiale.
Enfin le mécanisme céda sous une main aveugle. La porte repoussée d’un coup de hanche vif et silencieux. Cet espace commun ils l’avaient élaborés ensembles. Une chambre chaleureuse où chaque instant était entouré de beauté. Des tons apaisants, des rideaux protecteurs. Il y avait quelques tapis au sol. Dans l’antre point de feu pour un mois d’été. Des tableaux aux murs, pas de visages pour les espionner, mais des paysages propres à l’Utopie de couple.

Et bien sur, il y avait ce lit, il était grand, massif, d’un bois sombre décoré. Louisa l’y menait lentement avec elle. Jusqu’à devoir s’y effondrer dans un éclat de bonne humeur. Les épingles dans ses cheveux rendraient bientôt les armes. Les boucles noires, parfois plus claires, faisaient d’ailleurs actes de désertion. Au prix d’un peu de concentration Lou se redressa sur ce matelas.
Ses doigts –experts il faut le dire- allaient vers son crane pour retirer une à une les prisonnières de sa chevelure. Pendant ce temps son pied droit, appuyé contre le torse ferme de Romain, l’arrêtait à quelques centimètres de son corps habillé. Avec une malice travaillée, il provoquait la peau encore couverte d’une chemise encombrante. Louisa regardait cet homme avec une gourmandise diabolique retenant les rires de ce jeu.

Les épingles furent abandonnées dans un bruit sourd au pied du lit. Les doigts de nouveau libres, remontaient doucement les jupons de sa robe, pour trouver le commencement de ces bas blancs.
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Lun 13 Sep 2010 - 16:17

Dans la pénombre du couloir, à peine troublée par la lueur blafarde de la lune, il l’avait regardée, admirée, elle, la mère tendre et douce. Quelques uns des mots échangés avec son fils avaient atterri au creux de son oreille et il n’avait pas pu s’empêcher de sourire. Mais… A peine la porte avait-elle été fermée qu’elle se métamorphosa. La femme qui se rapprochait n’était pas Louisa Zimmerman, épouse et mère de ses deux enfants, non, il s’agissait d’une amante impatiente et indomptée. Même le plus idiot des hommes aurait vu la différence, tout en elle criait la passion amoureuse, de son regard, son sourire, au moindre de ses gestes, parfaitement maîtrisés. Il connaissait cette Louisa, il l’aimait aussi, car elle était sa passion, son désir. Là où l’épouse avait son amour, sa tendresse, sa complicité, l’amante possédait la quintessence de ces possessions, la passion ardente et inextinguible, et elle ne le savait que trop bien. Elle était consciente du brasier qu’elle déclenchait dans ces moments-là, de l’incendie qu’elle attisait au creux de ses reins, et il la soupçonnait de le faire avec délectation. Ce qui n’était pas pour lui déplaire, et cela, elle le savait aussi.

Il la laissa s’approcher, féline, telle l’une des nymphes d’Aphrodite elle-même, et il ne résista pas lorsque leurs lèvres purent enfin, après dix jours qui avaient semblés interminables, se rejoindre en un ardent baiser. Le monde aurait bien pu s’écrouler autour d’eux que cela n’aurait rien changé. Tandis qu’elle l’enlaçait avec passion, il répondit par la tendresse de caresses alors que ses mains se posaient sur ses hanches. Romain avait toujours était le tendre des deux, Louisa la féline, la farouche passionnée face au tendre amoureux transi. Ce n’était pas plus mal. Romain n’avait pas connu de femme avant elle, le travail l’en ayant surtout empêché, et aussi parce que cela ne constituait pas son occupation première. Et l’expérience de Louisa avait été un facteur primordial du développement de leur passion. Certes, depuis quelques temps il n’était plus en reste, mais il aimait laisser sa femme s’exprimer car son inspiration ne semblait pas avoir de limites. Chaque fois il la découvrait différente, il la redécouvrait sous un autre jour, une autre lumière, chaque fois plus belle encore que la précédente, plus amoureuse, plus amante…

Son regard plongé dans le sien, il frissonna lorsqu’elle murmura son nom. Chaque fois que sa passion l’effleurait, il ne pouvait s’en empêcher, c’était plus fort que lui. Comme une caresse amoureuse, tendre et complice effleurant sa peau, elle créait ce frisson plus agréable que nul autre. Il l’abandonna à contrecœur lorsqu’elle s’éloigna, pour se saisir de sa main et l’entrainer vers le fond du couloir. Chaque pas, plus lent que le précédent. A chaque fois qu’il avançait, leurs corps se frôlaient et elle reculait d’un nouveau pas. Son cœur battait déjà la chamade au plus profond de sa poitrine, et sa raison commençait déjà à se lézarder face au désir et à la passion qu’elle suscitait chez lui. Il aurait été de ses arbres secs comme il en existe en Italie, il se serait consumé à la moindre étincelle, comme la garigue aride qui s’embrase d’un rien lorsque l’été frappe les côtes méditerranéennes. Puis enfin arriva la porte, fermée. Louisa s’adossa contre elle, Romain en profitant pour se rapprocher davantage, mais une main posée délicatement sur son torse l’en empêcha. Elle l’observait, de haut en bas, de bas en haut, semblant se satisfaire de ce qu’elle avait sous les yeux.

Elle poussa ensuite la poignée, de son autre main, sans cesser de le regarder. Romain, lui, ne cessait de se perdre dans ses perles onyx. Il s’y noyait dans un tourbillon de passion, dans lequel il parvenait parfois à reprendre pied avant de replonger à nouveau. Sans cesser de se faire guider, il ferma la porte après l’avoir passée puis suivi Louisa vers le grand lit. Ils étaient dans leur antre, l’écrin de leur amour. Si les murs avaient des oreilles et des yeux, voilà longtemps qu’ils auraient rougis de ce qu’ils avaient vu et entendu. Mais n’était-ce pas là juste de l’amour ? Pourquoi rougir du plaisir, de l’abandon à l’autre ? Certaines questions restaient parfois sans réponses… Lorsqu’elle s’abandonna sur le lit, Romain l’observa, toute nymphe qu’elle était, à la beauté sans équivoque. Il resta un moment béat d’admiration, mais quand il voulut s’approcher de la belle, il fut une nouvelle fois stoppé, condamné à observer. Louisa rivalisait de malice lorsqu’il s’agissait de torturer amoureusement son amant et lui-même n’en revenait pas des doux châtiments qu’elle lui infligeait. Car s’il était patient, sa passion elle, se déchainait déjà contre sa plus grande vertu, comme une tempête s’écrase contre des falaises, menaçant de les emporter. Aussi, c’est fébrilement qu’il la regardait s’effeuiller face à lui, tandis qu’il la dévorait d’un regard littéralement embrasé de passion.

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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Lun 13 Sep 2010 - 23:40

Lou n’était plus de ces innocentes jeunes filles des champs. En quatre décennies trop de choses se passent pour espérer garder la pureté des vierges. Et quand la mort se montre en pleine jeunesse, il est quasiment impossible de rester innocente. Pourtant la coure que Romain lui avait faite avait réussi à la reconstruire. Toute sa patience amoureuse avait réparé un à un son âme abimée. Ce fût avec une ferveur de conquérante qu’elle avait donc développer pour eux le monde de la luxure.
L’intuition féminine d’abord, la découverte des réactions, l’apprivoisement des pensées s’étaient fait au fur et à mesure des nuits. Enfin nuit voilà un mot bien réducteur. C’était aussi tout l’art de l’amour que de laisser le présent happer la raison. De nombreuses fois elle l’avait capturé. Indifférente à l’urgence d’une missive, ou d’un rendez-vous. Pareille à une délicieuse reine blanche provocatrice d’étreintes. Si la maternité l’avait rendu –un peu- plus prudente, elle refusait d’être sage.


Chaque bas avait chus sur le sol. Seconde peau de coton épuisée par la longue journée. Ils libéraient ainsi des jambes longues aux mollets affermis par une vie actives. Louisa sentaient ses cheveux s’abandonner enfin le long de son dos y cherchant la chaleur. Ils étaient longs, cascadant presque jusqu’à ses reins vibrants.
Une autre femme aurait probablement luttée avec les lacets d’un corset. En digne Maulne on lui avait apprit à s’habiller avant d’écrire. En quelques gestes précis elle pouvait se dénuder. Chaque soir elle apparaissait, à la lueur des bougies, dans une longue chemise qui s’avérait inutile. Que ce soit pour savourer un ébats ou quelques heures de sommeil avec lui. Y avait-il meilleur barrière contre le froid que la peau de son amant ?


Louisa se glissa sur le bord, assise comme une dame sur son siège. Trouvant la posture altière d’une princesse slave désirable, et désirante. Le tout tourné de trois quart pour que son dos soit le seul point de mire de son spectateur. Créant l’esquisse d’un de ces tableaux de maître aux objectifs inavouables. La naissance de ses épaules était déjà visible trahissant le doux frisson qui s’installait.
Elle réclama son aide, son concours, pareil au chevalier, sauveur de sa silhouette étouffée par un costume de trop. C’était un exercice qui réclamait de la patience. C’était un jeu qui allait vers une sensualité qu’elle savait délectable. Vil tourmenteuse de leurs désirs, pour que chaque effleurement devienne unique. Plus le tissu devenait lâche et plus sa poitrine inspirait des goulées de leur air. A vouloir attiser un feu on s’y brulait la chaire. Diabolique petite phénix de glace qui savait qu’avant les douze coups de minuit il serait perdu.


Il n’y avait plus que cette seconde couche de tissu qui dissimulait son corps de femme mûre. Les bretelles tenaient à peine sur sa peau brûlante. La belle se tourna vers son amant ne résistant pas à l’odeur de sa peau. Ses mains en profitaient pour aller se noyer dans ses cheveux clairs. Glissants le long d’un visage connu par cœur et toujours redécouvert. La forme d’une mâchoire d’homme ferme et qui pourtant passait sa vie à lui sourire.
Ils repoussaient tranquillement le col de la chemise. S’attardant sur une gorge où son visage allait souvent trouver réconfort. C’était comme si ces doigts lents modelaient la forme d’une chimère angélique, son Romain. Sa respiration en était un peu perturbée. Il était si beau. Il était magnifique. Toutes les Reines se seraient battues pour l’avoir. Un a un les boutons cédèrent sous ses ordres fins et délicats. Pendant quelques secondes ses révolutions vacillèrent au point que son buste rejoignit le sien. Tout ce qu’elle voulait était à porter.

-« Tu m’a manqué. »
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Mar 14 Sep 2010 - 18:51

Romain avait beau connaître par cœur les méthodes de « torture » de son épouse, elle semblait à chaque fois trouver un nouveau stratagème pour mettre sa patience à rude épreuve, et rude était l’épreuve de devoir résister davantage à la passion, de devoir rester lucide et ne pas céder ouvertement au désir. Bien entendu, il avait acquis l’expérience, mais Louisa était retorse, et toutes ses stratégies prenaient toujours de court celui qu’elle voulait mettre à mal. Ce n’était pas méchant, bien entendu, et ce n’était qu’un jeu qui animait leur passion, le moyen le plus sensuel de ne jamais tomber dans l’habitude, et, à fortiori, dans la lassitude. Ses techniques, parfois perverses dans leur machiavélique douceur – et Romain se demandait beaucoup où sa femme trouvait toutes ces idées – ne pouvaient que révéler à quel point elle l’aimait, il ne pouvait en être autrement, car on ne déployait pas des trésors d’ingéniosité pour surprendre et ravir son amant lorsqu’on ne l’aimait pas passionnément. Et là encore, il devait faire preuve de patience et de maitrise de soi pour pouvoir se montrer à la hauteur. Plus cette tentation durerait, plus le désir d’y succomber serait important, et plus y succomber serait d’un plaisir inégalable.

Ainsi, il s’était résolu à la regarder se défaire délicatement de ses effets. Essayant de calmer sa respiration, son être, tandis que le spectacle qu’elle lui offrait faisait bouillir son sang. Qu’il était difficile de rester insensible à de tels charmes. Alors que le corps de son aimée se découvrait lentement, sensuellement, inexorablement, il redécouvrait ses courbes, si belles. Privé du toucher, il se contenter de caresser du regard, le plus tendrement possible, la moindre parcelle de son corps. Quelque soit l’angle, elle était parfaite. Beaucoup auraient tué pour pouvoir se l’approprier. Mais on ne s’appropriait pas une Maulne, pas Louisa non. On ne pouvait que tenter de l’apprivoiser, pas de la faire sienne. Elle n’était elle que dans sa liberté, l’indépendance qui était sienne. Elle s’était un peu assagie, de ce côté-là, et leur mariage en était une preuve, mais, lorsqu’ils étaient seuls, elle restait la jeune femme indomptable qu’il connaissait et, chaque nuit qu’ils passaient ensemble, il devait la reconquérir, comme la première fois. C’était exaltant, c’était passionnant, c’était… un plaisir comme il n’en existe aucun autre.

Les bas tombés, Romain était encore loin d’être au bout de ses peines. Alors que le pied qui l’empêchait d’avancer plus en avant se retira, il vit la belle glisser vers le bord du lit tout en ne s’offrant qu’à moitié à son regard, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus qu’admirer son dos. L’espace d’un instant, il s’installa sur l’extrême bord du lit, calmant ses ardeurs en parcourant du regard le tableau qu’elle lui avait offert. Joueuse, elle voulait qu’il défasse son corset. Il la savait en mesure de le faire d’elle-même, mais cela n’aurait pas été aussi amusant. Romain n’était pas aussi adroit qu’elle et cela prendrait un peu plus de temps, un temps qu’elle mettrait à profit pour le tenter, encore et encore. Subtilement, il profitait de cette « position de force » pour tenter d’apaiser sa passion enivrante par quelques caresses furtives, douces et sensuelles, mais il savait qu’il n’y avait qu’une seule tentatrice, elle, et malgré ce qu’il faisait, elle restait indéniablement maîtresse du jeu, pour son plus grand plaisir, il le savait, elle aussi.

Enfin, il parvint à défaire le dernier nœud, délicatement, doucement. Il savait qu’il venait d’ouvrir le dernier verrou qui protégeait la beauté sans limite de Louisa. Mais alors que les ficelles glissaient entre ses doigts, elle se releva, et, en se retournant, plongea ses mains dans ses cheveux. Jamais attachés lorsqu’il n’était pas en affaire, il savait qu’elle adorait les désordonner encore plus – si cela était réellement possible. Sans cesser de la contempler, il frissonnait plus encore lorsque les mains de sa dulcinée coururent le long de son visage, pour descendre, petit à petit. Il aimait ce contact chaleureux, passionnel, sensuel. La passion se déversait déjà au-dessus de son barrage de raison, il cèderait bientôt, il le savait, encore une fois elle gagnerait, mais dans ce jeu-là, il n’y avait jamais de perdant… Jamais. Alors que sa chemise battait en retraite face à cette inexpugnable conquérante, soudain elle montra un signe de faiblesse, infime, mais une réaction qu’il n’attendait pas. Alors qu’elle se colla à lui, elle lui murmura des mots dont il connaissait la profondeur. Pour toute réaction, il l’enlaça tendrement, se pencha en avant, reposant ainsi sa dulcinée contre le lit, puis s’écarta un peu. La surplombant, son regard ancré dans ces iris onyx, il ne lui suffisait que d’un regard, d’un sourire pour lui faire comprendre ses sentiments, ses manques partagés. Et sans un mot de plus, sans un mot de trop, il l’embrassa passionnément.

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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Jeu 16 Sep 2010 - 10:51

Pendant qu’il la guidait vers les oreillers, le corset fût distraitement lancé loin de son corps. Volant telle la chrysalide loin du papillon. Enfin ! Quelle contrainte que ce vêtement. Les femmes en souffraient depuis des décennies. Une servitude esthétique qui transformait les morphologies. Allié d’un fantasme collectif de mâle dominant. Poitrine mise en valeur, ventre plat et taille fine le carcan de l’occident.
Débarrassée de cet atout, une dame redevenait elle-même, naturelle. En l’occurrence Lou redevenait une femme de presque quarante ans. Une femme mûre avec tout son charme et ses défauts. Une cerise d’un rouge, presque noire, enflée par le soleil, affermit par la pousse, prête à tomber de sa branche à la moindre tempête. Les hanches arrondies par les grossesses. Le ventre marqué par les stigmates de celles-ci qui reste si tendre et mince. Les petites taches de vieillesse commençaient à affleurer de ci de là. Là où l’astre solaire l’avait approchée trop souvent. Comme ces jours d’été durant lesquels elle aimait faire quelques infidélités à sa boutique, pour aller distrait un surveillant d’exploitation. Et la poitrine douce et sensible à la moindre brise. Ces jolis seins blancs légèrement plus petits que ceux des françaises. Ils ont allaités. Ils ont surtout vécus.


Ainsi vibrait la silhouette qu’un ange surplombait déjà. Les jambes tranquillement remontées sur le lit. Louisa acceptait le rôle de pantin amoureux. Profitant de ce mouvement comme de tous les autres. Romain, son patiente Romain, ne parlerait pas elle le savait pourtant. C’était trop tard pourtant son aveu avait été fait. Il ne s’y était pas attendu. Il se laissait toujours surprendre par ses preuves d’amour. En faisait-elle si peu ?
Lou le regardait, la regarder ? Que voyait-il ? La fleur de l’âge disait-on. Cet entre-deux. Ni naissante, ni mourante, au potentiel de la féminité. Louisa avait conscience qu’elle vieillissait. Que bientôt ce serait Anna la belle. La roue ne s’arrête jamais de tourner. C’est mieux ainsi. La seule chose qui effraie cette femme, c’est de voir un jour, une nuit, qu’elle ne fera plus briller ses yeux à lui.
Pendant quelques secondes cette pensée la terrorisa. Au point qu’un frisson s’épanouie le long de sa colonne. Pour ne pas abimer ce moment l’amante sourit. Un sourire de survie contre elle-même. Parce que sa passion pour cet homme a dévoré toute sa solitude. Une vie sans lui c’est impossible. Tout simplement. Et simplement elle le lui dit dans ce baiser qu’il a débuté. Capturant ses joues de ses deux mains blanches. Comme pour lui faire écouter son silence fou.


Leurs ventres se frôlent. Celui de la neige et celui du blé. Chacun fertile et animé par la luxure des saints. Le sien vrille sous un courant qu’elle n’a jamais contrôlé. Ses mains vagabondes vont à la chute de rein de son époux, comme à une gourmandise encore emballée. A présent la jupe de ses robes qu’elle chérie tant et plus la gêne. Leurs peaux rien que leurs peaux. Lui le soleil blond et elle la brune lune. Pourtant pour ne rien brusquer elle en prend partie. Ses pieds de dame cherchant les siens. Tout ce qui est lui est un aimant.


Doucement elle le repoussa sur le côté, à ses côtés. Et puis sous ses yeux gris, ses doigts lentement vont vers cette jupe emprisonnant. Prenant sur elle-même d’en faire la partie d’un spectacle improvisée. Assumant avec lui la place d’une provocatrice sans scrupule. Devenant avec orgueil la cousine d’une fille de joie. La jolie métisse se mordait la lèvre inférieure pour ne pas céder sous son propre empressement, pour ne pas rire aussi de son comportement.
Enfin quelques mouvements de hanches font tomber la corole de tissu. Elle l’éjecte d’un coup de pied énergique. Il n’y a presque plus rien pour couvrir son grain de peau. Ses yeux se posent sur lui avec une envie redoublée. Là, comme les tigresses des déserts blancs, se tourne. Avec un sourire presque carnivore elle se glisse au-dessus de lui et cherche son âme dans un regard. Ça ne dure pas assez longtemps pour être plus romantique que sauvage. Puisque ses baisers prennent des airs de vampirisme. La carotide, la clavicule, le buste. Suivant un parcours que tous les couples ont un jour esquissé. Peut être. Laissant à ses cheveux le soin de caresser son passage doux labeur d’exacerbation des sens. Amoureux préliminaires de cette réunion d’été.
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Dim 19 Sep 2010 - 14:49

C’était peut-être une femme de quarante ans, mais cela ne changeait rien pour son époux. Lorsqu’il posait les yeux sur elle, il voyait encore cette jeune femme d’une vingtaine d’années, fleur de la jeunesse à peine éclose. Bien entendu le temps passait, fanait les corps, mais il n’avait pas d’influence directe sur l’esprit, et ils étaient résolument restés jeunes. Depuis qu’il avait rencontré Louisa, Romain n’avait pas grandi. Il était resté le jeune homme aventureux, amoureux, têtu, obstiné, borné, imprévisible, qu’il avait toujours été. Pour lui, sa femme était restée tout ce qu’elle avait été, et cela serait toujours le cas, dans un an, deux ans, dix ans… Lui non plus n’était plus le fringuant jeune homme qu’il avait été, et même si les hommes se conservaient plus facilement que les femmes, la vieillesse ne l’épargnait pas non plus, ce qui n’empêchait pas Louisa de le désirer ardemment, peut-être même plus maintenant que le premier jour. Chaque fois qu’elle le regardait, il pouvait sentir cette flamme qui l’animait, pour lui, c’était pareil, ce serait toujours pareil, et rien ne changerait. Non, toujours il la désirerait comme au premier jour. Elle, ses yeux onyx, sa passion, son corps de flammes sous cette apparente glace. Un mélange des plus désirables, qu’au-dessus d’elle, il ne cessait d’admirer.

Dans cet échange de passion, la parole n’avait plus sa place, elle était simplement superflue. Pour échanger, on écoutait le corps de l’autre, les battements de son cœur, son regard, on partageait la chaleur de caresses, le sourire, la douceur des baisers. Il n’y avait pas de langage plus universel que celui de l’amour et de la passion. Et c’est de cette façon que Romain exprimait le mieux ses sentiments pour sa femme. Certes il y avait les lettres, les rendez-vous, les imprévus – souvent lorsqu’une gérante de boutique avait décidé de jouer, pour son plus grand plaisir, les trouble-fêtes, d’autant qu’il ne s’en privait pas non plus – mais tout ceci n’était rien face à la pureté de la communion qu’il pouvait y avoir entre deux amants, infiniment proche l’un de l’autre, si bien qu’ils ne faisaient presque plus qu’un. C’était cela que Romain aimait, cette sensation de n’être que l’autre face d’une seule et même pièce, de ne pouvoir exister sans l’autre face. Une complémentarité fusionnelle qui allait au-delà des mots, passait par les caresses d’un amant tendrement passionné, et les baisers d’un homme passionnément tendre.

Romain frissonnait sous les contacts passionnels, non pas de froid, mais de plaisir. Et, bien qu’en position de force, il se sentait infiniment faible face à celle qui représentait indubitablement la seule maitresse de son corps, de son cœur et de son âme. A présent, le barrage commençait déjà à s’ébranler, des blocs entiers de raisons se détachaient de la structure et la passion en fouettait le reste avec une vigueur renouvelée. Ses gestes étaient lents et doux, amoureux. Il ne voulait pas céder tout de suite. C’était inévitable, mais résister était tellement bon… C’était pour lui ce qui donnait corps à ce que certains appelaient des « préliminaires », mais pour lui, c’était davantage que cela. A vrai dire, c’était peut-être le plus important. Quand d’autres ne voyaient l’accomplissement de l’acte qu’au travers de la suite, Romain, lui, voyait, au contraire, l’accomplissement au travers de l’ensemble. Les préliminaires étaient une étape primordiale, c’était le moment d’amour raisonnable, là où l’un se faisait tentateur, l’autre tenté. Un jeu dans lequel la passion emportait petit à petit leurs gestes vers une sauvagerie contenue, d’Hommes, ils devenaient peu à peu animaux, dans la mesure où ils n’agissaient que suivant un sentiment extrêmement puissant, la passion.

Elle le repoussa soudain, et tandis qu’il glissait à ses côtés, il se débarrassa de sa chemise, désormais encombrante. Elle jouait, encore et toujours, et il aimait cela. Chaque geste simple était mué en une arme au service de la sensualité. En quelques mouvements, elle s’était mise à nue, et, telle une amazone, elle avait repris l’ascendant sur son époux. Petit à petit, le romantisme laissait place à une sauvagerie tendre et le corps tout entier de l’homme frémissait sous les baisers de son épouse. Ses mains, remontant le long des courbes féminines de son épouse, finirent leurs courses dans la chevelure soyeuse de la plus désirable des tigresses slave qu’il ne lui ait été donné de connaître. Bientôt, il ne resterait plus rien, le barrage cèderait complètement, la passion l’emportant dans un raz-de-marée torride qui durerait peut-être jusqu’à l’aube…
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MessageSujet: Re: Retour au foyer    Ven 24 Sep 2010 - 0:29

Jusqu’à l’aube oui. Une aube qui les recueilli, vulnérables, comme au premier jour. Nus et éclairés par des rayons un peu voyeurs. Le coq avait beau eu chanté Morphée l’avait ignoré. Offrant à ses deux protégés un repos bercé par la plénitude. Si les étoiles, avaient entendus des cris d’amour, c’était maintenant le souffle repus qu’elles manquaient de peu.
Personne ne viendrait frapper à la porte avant le début de l’après midi. A chaque foyer ses règles. C’était entré dans les habitudes de la maisonnée. Chacun connaissait les conséquences des retrouvailles entre les époux Zimmerman. D’aucun pouvait faire les offusquer face à ce « laisser aller » à la luxure. Dans le royaume de droit divin la Croix tyrannise le plaisir. D’afficher à la face de Dieu le plaisir de la chaire. Il faut du courage et un peu de folie. Cependant le critique, aurait bien mal choisi son auditoire, puisque à Rosbruck on ne rougissait plus (depuis des années) de ces barons là. On s’en amusait de leur liberté.
C’était probablement pour leurs enfants que la rumeur était la plus gênante. Et c’est pour eux que Louisa prenait garde, à ne pas rire trop fort, à ne pas faire de sa jouissance une poésie publique. Son bonheur ne devait pas empiéter sur la tranquillité de ses petits. Pourtant de nombreuses fois ses fous rires perçaient la pierre. Exactement avec la même vie que les jours d’accouchements. Lou ne savait pas être muette sans rage au ventre pour la contenir.


D’ailleurs souvent elle se réveillait la première. Poussée par la vie. Ce réveil était entier de corps et d’esprit. Créature dont les yeux s’accommode d’un rien, d’un tout. Activant les souvenirs un peu fiévreux de son bonheur. Et pendant quelques minutes elle ne peut rien faire d’autre que savourer. Telle la sage qui a trouvé la paix. Le regarder. Comme la jeune fille à la sortie de sa nuit de noce. Réalisant que l’être au prés d’elle n’était pas un fantasme. Que tous les fantasmes appartenaient au passé le plus récents. Que personne, non personne, ne pouvait lui voler cela. Ce morceau de perfection sur une terre d’imperfection.
Alors il lui fallait mettre à l’épreuve sa félicité. Pour la renforcer et lui rendre hommage. Pareille à une sculptrice Ina’ redessinait les courbes de son apollon. C’était à chaque fois au risque de l’extraire du pays des songes. Ses doigts de fileuse devenaient les ailes d’un papillon. Jusqu’à ce que sa bouche se pose sur le coin d’une épaule.


Jusqu’à ce qu’il la rejoigne au présent. Encore un peu rêveur assoupi. La belle se contente d’une place contre lui. Sa voix douce tendre et pleine de vie lui murmure des choses insignifiantes. A quel point il sent bon. La date du jour. Les bruits de la maison. Le programme. Au milieu de tout cela elle glisse l’idée d’un pique nique avec les enfants pour le repas du soir. Comme ils le font parfois en grands originaux qu’ils sont. C’est un peu comme s’ils étaient un dimanche. Mais en plein milieu de semaine c’est un peu plus enchanteur. Le travail peut attendre encore quelques heures.
Enfin elle quitte les draps. Les cheveux sans ordres, le regard brillant de tranquillités, les mains encore câlines. Tout est plus lent dans ces moments là. Louisa trouve sur une chaise une robe de chambre de sa confection. Un tissu couleur de perle grise qu’elle glisse sur son dos comme un vêtement de détente. Et puis elle revient un peu vers lui. Volant les derniers bouts de leur nuit. Il faut alors résister à l’attraction d’une nouvelle paresse. L’épouse lui demande doucement de l’encourager. Une mère ne peut faire la grève bien longtemps. C’est en chantonnant qu’elle se dirige vers la grande armoire.


*Fin*
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