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 La vérité sur le mensonge

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MessageSujet: La vérité sur le mensonge   Dim 12 Sep 2010 - 3:08

Chapitre quatrième : Le reflet du mal

11 septembre 1644

Il peut sembler un rêve que de pouvoir inventer sa vie à guise comme un écrivain écrit un roman. Ajouter les détails qu'on souhaite, biffer ceux qu'on veut oublier... Mais le problème est justement là. On ne peut que biffer certains passages. On raye et on raye tous ces mots et ces maux qui nous font souffrir, jusqu'à vider l'encrier... Et tout ce qu'on obtient est une énorme tache. Certes, on ne peut plus lire ce qu'il y a en dessous, mais tout le monde peut voir qu'on voulait cacher quelque chose. Et même si on découpe tout, on est face à cette vérité qui vient corrompre notre mensonge : on est incomplet. Comme si il ne suffisait pas que d'inventer quelque chose dont on a manqué pour en ressentir les conséquences. Je n'ai jamais connu l'amour. Je n'ai jamais aimé. Je n'ai jamais été aimé. Je suis le seul à voir que ce n'est pas parce que je raconte que mes parents m'aimaient et s'aimaient que je peux enfin savoir ce qu'est l'amour. Comment connaître quelque chose sans qu'on me l'ait appris. Un illettré peut bien faire croire à qui que soit qu'il sait lire, le jour où on lui demandera des preuves, il ne sera pas moins illettré. On m'a apprit ce qu'on appelle l'amour physique, l'amour charnel, qui en fait ne sont que des gestes associés à l'amour. Les geste mentent aussi. Mais quand on me demandera une vraie preuve que je sais de quoi je parle, tout ce que j'aurai sera cette cicatrice sur mon cou. Voilà l'amour. Voilà la seule preuve d'amour qu'on m'ai jamais faite. On aimait tellement me détester, qu'on a consenti à me faire souffrir la mort que je méritais.

Si au moins ma vie inventée ne faisait souffrir que moi. Si je savais vivre reclus comme un incompris et ne pas me mêler à la population. Je devrais être enfermé. Mais je cherche sans cesse et sans cesse les contacts charnels, comme si un jour j'allais être rassasié. Comme si un jour j'allais trouver ce que je cherche. Mais à chaque fois que c'est fini. À chaque fois qu'il se rhabille, que je me rhabille, je ne me sens que plus vide. Je sais que ce sera ainsi à chaque fois, mais je continu, sous prétexte qu'il faut vivre et que je ne sais faire rien d'autre. Pourrais-je un jour m'en passer? Me passer de cette recherche, si ce n'est d'amour, au moins d'affection? Ce jour sera le même que celui où je pourrai me passer de mentir. Dans cette vie, le mensonge et la vérité s'unissent pour créer des opportunités qui sont difficiles à repousser. Les confidences qu'on me fait entrent par mon oreille et ne ressortent de ma bouche qu'après avoir subi une légère transformation en échange de quelque argent. Je ne sais trop si ces informations ont déjà fait du tort à des gens. Je serais bien optimiste de croire que non. Mais je préfère fermer les yeux. Je ne fais que parler. On n'a qu'à ne pas écouter ce que je dis. Je n'ai jamais prétendu dire la vérité. J'ose espérer que mes dires doivent être corroborés pour qu'on leur accorde une crédibilité. Je ne suis qu'un prostitué après tout. J'ai beau inventer milles histoires, la vérité ne sera jamais aussi crue que celle là.

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Scénario 12: Enquête criminelle

16 octobre 1644

Comme il est merveilleux d'être amoureux. Non pas moi... Toujours pas, cela ne change pas. Mon ami Adal est amoureux et il est mignon à regarder. Quand il dit son nom, Alexandrine, ses yeux prennent une autre couleur, ils sont plus grands et on peut lire à l'intérieur comme dans un livre ouvert. J'aime le voir dans cet état, même s'il est difficile pour moi de prononcer le nom d'Alexandrine. Je l'écris à l'instant et je me demande si je ne reviendrai pas le biffer. Je ne connais pas cette femme. Pour moi, elle n'est qu'un spectre diaphane qui viens m'embrouiller la vue quand j'essaie de regarder Adal.

Jalousie... Je n'ai jamais aimé ce mot. Il n'est pas beau ce mot. Il ne sonne pas bien et sa signification est étrange. Vouloir garder quelque chose que l'on a et avoir peur de se le faire subtiliser... Qu'y a-t-il de mal à cela quand on a manqué de tout. Je veux tout avoir, tout garder de ce que j'ai pu amasser, parce que c'est à moi. Suivant cette logique, est-ce que tous les pauvres sont jaloux? C'est bien injuste de leur affubler un péché de plus. Ah et puis, après tout, les pauvres sont jaloux et les riches avares.

Je ne suis pas jaloux. Je tiens à ce que j'ai. J'ai Adal. Je n'ai jamais eu d'ami avant. Et c'est peut-être seulement parce qu'une ombre se dresse entre nous que je m'imagine l'entendre prononcer mon nom comme il prononce celui de la fille de ses rêves. Pourtant ce n'est qu'un leurre. Adal est le plus près de ce que j'ai connu de l'amour. Il est amoureux d'une femme et j'essai d'apprendre ce que c'est en l'observant, en prenant une place dans ce sentiment qui ne m'est pas destiné.

J'ai beaucoup de désir en moi, mais de l'amour jamais.
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