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 La roulotte d'une plume.

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Oblivius
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MessageSujet: La roulotte d'une plume.   Mer 15 Sep 2010 - 21:00

Les matinées se faisaient de plus en plus fraîches. Kirea n'aimait pas trop cela, mais au moins, on viendrait un peu plus dans la boutique. Les rhumes et autres maladies se faisaient plus pressantes en cette saison, et s'il n'était pas très bon de prier pour le malheur des gens, la jeune femme le faisait pourtant bien volontiers. Si son père commençait à perdre la tête, les remèdes pour cela coûtaient très chers -sans aucune certitude pour qu'ils fonctionnent en plus de cela. Laissant s'échapper un soupir, elle continua de marcher.

Le marché, comme toujours, était bondé, et le panier rempli de légumes qu'elle tenait à bout de bras commençait à se faire lourd. Il fallait jouer des coudes et des mains pour pouvoir se frayer un chemin parmi ceux qui cherchaient les pommes les plus appétissantes pour leurs enfants, et ceux qui en voulaient le meilleur prix. Mais le répit n'était pas trop loin. Le répit était une roulotte, tout près du marché, juste avant que ne commence la Grande Rue, celle où réside la femme qu'à Forbach on appelle Plume. Etrange nom, n'est-il pas ? Un sentiment d'éphémérité s'en échappait, et de légèreté, aussi... Néanmoins, Kirea n'était pas là pour juger. Certes, elle ne comprenait pas, et dédaignait presque ceux qui choisissaient de vivre ainsi, en troubadours, puisque son éducation à elle ne les incluaient pas, mais en ce cas précis, elle avait besoin de quelqu'un qui savait écrire, et garder un secret. Ce qui, en ces temps, se faisait bien rare.

Cela l'ennuyait quand même, mais les temps étaient difficiles. Depuis que son père n'apparaissait plus dans la boutique, les clients se faisaient plus rares. Après tout, que pouvait savoir une femme sur l'art de guérir ? Humpf, elle leur aurait craché au visage, à ces gens ! Que pouvait-elle savoir, hein ?... Pourtant, c'était bien ce qu'elle faisait depuis des années. Aucune reconnaissance pour avoir guérit la fille de madame Tabari dont le mari avait gentiment stipulé que c'était « un coup de chance qu'elle ne l'ait pas empoisonnée ». Et encore, cette histoire là ne faisait qu'un minuscule point dans le roman que Kirea aurait pu écrire sur l'ingratitude des villageois. A croire qu'ils préféraient mourir que de se fier au jugement d'une femme. Mais Kirea était une fille bien élevée, et Kirea ne disait donc rien. C'était aujourd'hui une grande fille fatiguée qui savait qu'elle n'avait pas fini de se battre. Pourtant, un sourire agréable se dessinait sur son visage, et ses yeux, perçants, regardaient de tous côtés pour voir si personne qu'elle connaissait trop bien était dans les parages.
Si on apprenait qu'elle était venue ici, quelles seraient les conséquences ?... Peut-être pas trop grave. La dénommée Plume n'avait pas trop mauvaise réputation parmi les gens les plus humbles. Mais lorsque l'on tenait un commerce, fallait-il fréquenter les gens qui vivaient dans des roulottes ?...

La vie n'était parfois qu'un honteux mensonge que l'on revêtait tel un manteau pour se protéger du froid. Et ce matin, Kirea venait le rapiécer. Si son père s'enfermait dans les chiffres, la boutique, elle se vidait de ses produits, doucement. C'était donc pour cela qu'elle était ici.
Posant son panier sur le sol, la jeune femme frappa quelques coups à la porte de la roulotte, réajustant sa coiffure composée de plusieurs tresses qu'elle sentait tomber, assemblées à l'arrière de son crane. La jeune femme se sentait aussi terrifiée qu'une gamine à l'idée de rencontrer cette femme. Pourtant, personne ne le ferait à sa place. A elle de trouver le moyen de régler ses problèmes. En l'occurrence, la solution trouvée à ce jour se nommait Plume.
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MessageSujet: Re: La roulotte d'une plume.   Jeu 16 Sep 2010 - 2:19

Comme à l'habitude, Plume était debout depuis l'aurore, installée devant une pile de parchemin et de palimpsestes, elle grattait de sa plume les idées qui lui passaient par la tête. Cela faisait 4 années qu'elles était revenue d'un épique voyage à travers trois pays qui avait duré 6 ans. ces quatre années durant, elle les avait consacrée à l'écriture d'un manuscrit qu'elle savait ne pouvoir faire lire, pourtant, cela la démangeait de le faire. Plume n'était pas une sorcière, elle ne savait pas qui étaient les vraies sorcières et elle n'en avait que faire. Tout ce qu'elle savait était que 4 années plus tôt, elle était revenue dans le comté de Forbach ce jour même où un grand bûcher avait emporté ce que l'écrivaine appelait des enfants de la terre. On avait accusé ces personnes de sorcellerie. Pour beaucoup d'entre elles, il s'agissait d'une fausse accusation. Pour les autres, même si c'eut été vrai, qu'est-ce qui nous donnait le droit de disposer de leur vie? Plume qui ne voyait habituellement que la bonté dont l'homme était capable avait été bouleversée pour la deuxième fois de sa vie. Elle qui s'était spécialisée dans l'écriture de poésie, n'avait pu garder en elle les émotions qu'elle avait vécues ce jour là. Il en était résulté un roman qu'elle avait terminé en cette année 1644.

En cette journée de juin 1640, Plume était presque heureuse de retrouver sa place sur la grande rue. Un peu de routine ne ferait aucun mal après 6 années de voyage. Mais elle avait trouvé dans le village, une excitation peu commune. Quelqu'un d'important était mort? Ou avait-on fait l'annonce d'une mauvaise nouvelle? Les commerces étaient presque tous fermés. Des dizaines de personnes se massaient devant l'église pour écouter le sermon que le prêtre faisait en plein air. Lorsque Plume demanda à quelqu'un ce qui se passait, on lui demanda d'abord s'il elle ne vivait pas dans grotte et ensuite on lui expliqua l'énorme rafle qui avait mené à l'arrestation de dizaines de sorcières qui seraient brûlées aujourd'hui même. Le passant se montra heureux de cet évènement, il était fier de cette sainte inquisition que le pape avait envoyé à Forbach et qui donnait enfin des résultats. Les filles de Satan allaient périr par le feu, c'était tout ce qu'elles méritaient. Elles ne bénéficieraient même pas de la clémence qu'on accordait parfois aux suppliciés du feu qu'on étranglaient pour qu'elles ne ressentent pas les douleurs des flammes qui doivent être insupportables. En récoltant les impressions à droite et à gauche, Plume comprit que beaucoup de gens étaient d'accord avec cette exécution. Ils avaient besoin qu'on punisse quelqu'un pour leurs malheurs. Plume était rentrée dans sa roulotte sans aller voir le supplice, mais d'où elle était, elle pouvait même entendre les cris des condamnées. Elle gratta, ce soir là, les premiers mots de ce qui deviendrait son roman. L'histoire d'une jeune femme libre qui passait sa dernière nuit avant son exécution au matin. Ainsi débutait l'histoire «Hier, elle était vivante.».

Depuis la fin de sa rédaction, Plume ne cessait de trouver des détails à améliorer dans son oeuvre. Au sujet des sorcières de Forbach, on ne pouvait faire confiance à personne. Même des amis qu'on connaissait bien pouvait nous trahir car ils avaient une opinion différente sur les sorcières. C'était un sujet épineux. Ainsi, le manuscrit ne bougeait pas du coin de table où il était posé. Pour l'heure, l'écrivaine n'écrivait rien de bien substantiel, des notes, des pensées, des impressions, des rêves... Tout ce qui pourrait un jour faire l'objet d'un poème.

On frappa à sa porte.

Tient, la journée commençait tôt. Elle rangea son parchemin dans la boîte prévue pour les gribouillages et brassage d'idées, essuya ses mains sur lesquelles pourraient s'être retrouvé de l'encre et de leva pour ouvrir. De l'autre côté de la porte se trouvait une jeune femme d'une vingtaine d'années, grande et mince, elle avait ses cheveux noirs coiffés en nattes. Elle semblait troublée de se trouver là. Plume se demandait bien pourquoi d'ailleurs.


«Bonjour, belle enfant» dit Plume «Comment puis-je t'aider? Tu cherches quelques vers bien rimés pour impressionner quelqu'un ou tu souhaites que je t'écrive une lettre peut-être?! Quoi qu'il en soit, ma porte t'ai toute grande ouverte. Il ne fait pas chaud ce matin, entre donc.»

Devant la jeune femme, s'ouvrait la porte donnant sur l'intérieur de la roulotte. Une petite pièce accueillante et chaleureuse aux couleurs chatoyantes était décorée de rideaux et d'étoffes aux couleurs chaudes et froides aux reflets irisés. Il y avait un lit bordé de rideaux, un petit poêle dans un coin qui ne fonctionnait qu'en hiver, devant la porte se trouvait le bureau de travail sur lequel on pouvait voir un encrier et une plume, des parchemins... Sur un porte manteau se trouvait la garde-robe de Plume composée d'un manteau et de trois robes comptant celle qu'elle portait ce jour là, une robe d'un bleu profond composée de plusieurs couches de tissus translucides qui formait un tout opaque. Elle possédait également une robe d'un rose tendre et une plus sobre dans les teinte de gris et noir. Plume s'écarta d'un pas pour signifier à la jeune femme d'entrer. Elle la regardait d'un oeil bienfaisant, elle qui, à 34 ans aurait pu être mère plusieurs fois. Malgré la course des années, elle affichait toujours un air angélique avec sa cascade de cheveux blonds qui n'avait rien perdu de son éclat et qui tombait naturellement sur ses épaules.
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La roulotte d'une plume.

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