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 Un oiseau tombé du nid

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Vieille peau fripée à pustules
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MessageSujet: Un oiseau tombé du nid   Mer 29 Sep 2010 - 14:33

[Ce topic est la suit de celui-ci : Là où personne ne la trouverait]

Un oiseau tombé du nid… Voilà à quoi la jeune fille ressemblait. Viviane comprit d’instinct qu’elle aurait du mal à gagner la confiance de l’adolescente et pourtant, elle ne renonça pas. Pour commencer, il était nécessaire que la jeune fille la suive pour être à l’abri pour le soir. Quoi qu’elle en dise, elle était sûrement recherchée par ses parents. Si elle avait l’air d’avoir faim, elle ne semblait pas être à la rue depuis bien longtemps, les coups d’œil qu’elle jetait sans cesse sur les côtés et sa maladresse le prouvaient bien. Viviane imaginait facilement l’angoisse des parents de ne pas savoir où se trouvait leur fille, mais elle savait aussi qu’à cet âge-là, on peut facilement se braquer et les conséquences devenir catastrophiques. Aussi, à sa manière, elle souhaitait limiter les dégâts.

Comment réussir à apprivoiser ce petit animal sauvage ? Viviane avait derrière elle l’expérience de deux filleules pas toujours facile, entre Anna et Narcissa, elle avait parfois du mal à s’y retrouver. Narcissa, surtout, digne héritière du caractère de sa mère à certains points de vue, n’était qu’une bourrique entêtée à ses pires heures et pouvait se montrer intransigeante. Heureusement pour Viviane, la jeune fille qu’elle avait en face d’elle ne semblait pas être de cette trempe-là.

- Si tu n’as pas envie de me parler, ne t’inquiète pas, je ne te poserai pas de questions… Suis-moi, j’habite un peu plus loin par là-bas.

Tout en parlant, elle se mit en chemin et indiqua d’un geste du bras la direction dans laquelle se trouvait la maison. Pour mettre en confiance la jeune fille, elle avait décidé qu’il était sage de se confier un minimum. Sans exagérer pour autant, sinon, la demoiselle allait prendre la fuite devant une générosité qui lui paraîtrait suspecte.

- Tu as de la chance, j’ai fait quelques courses au marché tout à l’heure, j’aurai largement de quoi te faire un excellent repas. En temps habituels, j’ai une domestique qui fait la cuisine pour moi, mais elle commence à devenir très âgée et ne vient plus tous les jours, comme avant. Ce soir, nous serons seules toi et moi.

Étaient-ce là des paroles qui allaient rassurer la jeune fille ? Rien n’était moins sûr… Cependant, un silence pesant serait sans doute plus difficile à vivre, pour l’une comme pour l’autre. Viviane continua donc à parler de tout et de rien jusqu’à ce qu’elles arrivent à son domicile. Elle n’attendait aucune réponse, elle meublait juste, comme pour montrer que finalement accueillir chez elle une enfant inconnue d’une quinzaine d’années n’était qu’une formalité.

La maison familière se dressait devant elle, vieille et rassurante, le foyer qu’elle avait toujours eu et ce dont manquait celle qui l’accompagnait. Poussant la porte, elle invita cette dernière à entrer. De prime abord, elle avait songé à lui proposer de s’installer dans le salon et de se mettre à l’aise. Mais si la gamine pensait qu’elle profiterait de ce moment pour avertir quelqu’un de se présence, elle se carapaterait sans demander son rester. Viviane l’invita donc à faire la cuisine avec elle, à la fois pour garder un œil dessus mais aussi pour que la jeune fille sache que sa gentillesse n’était pas totalement gratuite. Puisqu’elle était là, autant qu’elle l’aide, non ?

- Viens avec moi, nous allons préparer le repas. J’espère que tu t’y connais un peu, parce que, je dois le reconnaître, je suis bien plus douée en calculs que pour préparer à manger. Sans être délicieux, ce que je cuisine se laisse manger. Voyons si tu peux m’aider à m’améliorer.

Elle sortit quelques légumes de son panier et invita l’adolescente à les nettoyer de la terre qui les recouvrait. Ensuite, elle pourrait les couper et les ajouter au ragout qu’elle allait faire mijoter dans le chaudron posé près de l’âtre. Viviane avait l’impression que si elle gardait le silence, la jeune fille se sentirait moins à l’aise.

- J’ai oublié de me présenter. Je m’appelle Viviane Valdemar, je suis négociante de draps. Je travaille en proche collaboration avec Louisa Zimmerman et la boutique du Fil Blanc. Je ne te ferai pas l’affront de te demander ton nom, mais si tu pouvais m’en donner un qui te convienne, ça m’aiderait beaucoup…

Oui, elle n’espérait que la fille accepte de donner son vrai nom, quoi qu’elle soit en train de fuir, elle verrait comme un danger de révéler sa véritable identité. Alors Viviane attendit, enfin, une réponse à sa demande.
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MessageSujet: Re: Un oiseau tombé du nid   Dim 17 Oct 2010 - 17:53

Garance était habituée à avoir plusieurs domestiques au Manoir. Des femmes de chambre, des valets, des maître d'hôtel... Plusieurs cuisinières, et Lison, qui était plus attachée à sa mère qu'à une autre tache dans la maison, lui servant presque de dame de compagnie. L'Adolescente trouva la demeure bien silencieuse, et surtout, si vide de personnel...

« Vous n'avez qu'une seule domestique ? » Garance ne put s'empêcher de poser la question, tant elle s'étonnait... Cette femme semblait de rang assez élevé, et la demeure bourgeoise, il était étonnant de vivre seule, n'avait-elle de fait pas de mari ? Ou d'enfants ?

La curiosité avait été un trait de caractère chez Constance, qu'elle avait transmis à sa fille. Pourtant, sachant, elle, tenir sa langue pour éviter de trop en dire à son tour, la jeune fille n'interrogea pas celle qui s'annonça comme Viviane.

Faire la cuisine n'était pas une activité qu'elle avait l'habitude de pratiquer : parce qu'il y avait des gens pour cela, mais aussi parce que la Duchesse avait pris soin toute son existence de la tenir hors de portée des endroits dits « dangereux ». Mais tout pouvait être risqué, dans la vision de Constance, lorsqu'il s'agissait de sa chère fille, et Garance avait vécu dans un cocon, avec interdiction d'aller à la Cuisine, aux écuries, ou de sortir sans Lison comme un toutou. Elle fut donc presque ravie de pouvoir enfin approcher les fourneaux, et bien qu'elle s'efforça de ne pas trépigner, ce fut un sourire sur son visage, qui répondit à la femme face à elle.

« Je n'ai jamais fait la cuisine... » Fit-elle avec une moue, alors que Viviane semblait compter sur elle pour cette affaire. « Nous avons des gens pour cela. » Avoua-t-elle prenant garde à ne point trop en dire. Il fallait avouer que Viviane savait la mettre à l'aise, et sa sympathie lui semblait sincère.

En nettoyant les légumes, Garance se prit à apprécier faire elle-même le repas qu'elle dégusterait. Bien sûr, elle ne ferait pas toute cette préparation tous les jours, mais ce loisir paraissait distrayant. Amusant. Avec discrétion, l'adolescente se permit de converser.

« Négociante ? Vous travaillez vous-même ? » C'était assez difficile à concevoir, qu'une femme puisse travailler pour elle-seule, sans compter sur son mari... Mais elle devait être Bourgeoise, et dans ce cas, ne pas pouvoir compter sur un nom et un revenu noble. Garance eut un sourire. Bien qu'elle n'aurait jamais aimé être pauvre, rencontrer des gens différents lui plaisait tout à coup...

« Si j'étais quelqu'un d'important, voudriez-vous me dénoncer, et demander une rançon ? » Fit-elle de but-en-blanc, sans savoir pourquoi elle pensait soudainement à cela. Car l'envie lui venait de lui dire son prénom, mais la crainte que cette femme, qui n'avait pas des dizaines de domestiques, et qui plus est devait travailler pour vivre, aurait peut-être l'envie de réclamer quelque fortune pour la ramener à ses chers parents... ?
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MessageSujet: Re: Un oiseau tombé du nid   Mer 20 Oct 2010 - 1:06

L’oiseau ne semblait pas prête à se laisser apprivoiser facilement, elle restait toujours sur la défensive. Cependant Viviane songea qu’elle avait fait un petit pas en avant quand la jeune fille se mit à poser des questions, révélant sans doute bien plus qu’elle ne se l’imaginait sur son milieu social. Comme Viviane l’avait pensé de prime abord, elle devait être d’un milieu riche. Sa question sur le nombre de domestiques que Viviane utilisait en était la preuve.

- Je n’ai effectivement qu’une seule domestique. Mais comme tu le vois, la maison n’est pas immense, et je vis seule… Je n’ai guère besoin de plus.

Tout en sortant les ustensiles nécessaires des armoires et préparant les ingrédients, Viviane expliqua à la jeune demoiselle ce qu’elles allaient tenter de cuisiner. Il fallait quelque chose de simple parce qu’elle n’était pas un cordon bleu et que son invitée surprise ne semblait pas en être une non plus. Une soupe pour commencer serait dans leurs cordes, il suffisait de quelques patates, des tomates et le potiron qu’elle avait dans sa réserve derrière la cuisine. Pour elle deux, ça suffirait largement. Elle essaierait après de cuisiner un morceau de la pièce d’agneau qu’elle avait. Le plus facile serait sans doute de la faire griller dans l’âtre en l’assaisonnant correctement avec ce qu’elle pourrait trouver parmi ses épices. Pour accompagner la viande, elle ferait une ratatouille avec les légumes qu’elle pourrait trouver et pas trop difficiles à cuisiner. L’expérience de la cuisine ne semblait pas rebuter la jeune fille, alors Viviane lui expliqua ce qu’elle avait en tête.

- Bien, ce n’est pas grave si tu ne sais pas cuisiner, c’est l’occasion d’apprendre. Tu vas commencer par nettoyer les légumes que j’ai acheté tout à l’heure, des tomates et des poireaux. Rien de bien compliqué, tu les trempes dans l’eau pour retirer la terre. Moi, pendant ce temps, je vais éplucher les patates.

D’elle-même, son invitée entama la conversation, et ses questions amenèrent un sourire sur le visage de Viviane. Elle devait avoir été élevée dans un cocon, à l’abri du monde extérieur pour s’étonner d’une femme qui subvenait à ses propres besoins. Viviane ne prit pas ombrage de ses questions naïves et y répondit avec beaucoup de simplicité, elle n’avait pas honte de ce qu’elle était.

- Je travaille en effet moi-même pour gagner ma vie et me loger. Je ne manque cependant pas d’argent, mon commerce est prospère. Cependant, je songe à ralentir le rythme pour me reposer un peu… Je n’ai plus vingt ans et je me fatigue plus vite qu’auparavant. Si tu veux, tout à l’heure, je pourrai te montrer la boutique, pour que tu voies à quoi ça ressemble.

Tout en continuant la cuisine, passant à l’étape de couper les légumes, la conversation se poursuivit entre les deux femmes. Une complicité semblait naître peu à peu, mais Viviane fut violemment surprise par les propos de la demoiselle. La commerçante avait songé que la jeune fille chercherait à éviter le sujet qui l’avait amenée à trouver refuge chez elle, mais il n’en n’était rien. De manière spontanée et naïve, elle venait de formuler une étrange requête.

- Quelqu’un d’important ? Non, je ne suis pas dans le genre délatrice, j’ai eu des expériences peu heureuses dans ma vie à ce propos et je ne veux faire subir ça à personne. Je ne vis peut-être pas dans un luxe immense, mais je ne manque pas d’argent, loin de là. J’ai plus de vêtements que je n’en n’ai réellement besoin, je vis dans une maison bien grande pour moi seule, je n’ai donc pas besoin de demander de rançon à qui que ce soit. Que tu sois quelqu’un d’important ou non m’est égal, je n’aimerais pas te savoir seule à errer dans les rues la nuit. Je t’offre volontiers le gîte et le couvert et je n’ai pas la moindre intention de te dénoncer à qui que ce soit.

Viviane ne savait pas si c’était la bonne chose à dire mais elle ne voulait pas avancer dans une conversation de faux-semblants et de non-dits. Jamais elle ne dénoncerait la jeune fille, d’ailleurs, pour le moment, elle ne saurait chez qui se tourner, quand bien même elle aurait voulu le faire. Elle n’avait aucune confiance en l’Inquisition pas plus que dans les officiers de justice de la ville.

- Alors, tu as un nom ?


Elle avait dit cela d’un ton naturel, en toute simplicité, comme si ce n’était qu’une question sans importance.

[hrp] Tu m'excuseras pour les anachronismes culinaires, j'ai aucune idée de ce qu'ils bouffaient à l'époque XD[/hrp]
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MessageSujet: Re: Un oiseau tombé du nid   Jeu 21 Oct 2010 - 20:27

« Oui, j'en ai un. » Fit-elle machinalement, comme elle avait pris l'habitude de répondre à sa mère lorsqu'elle posait une question que Garance pensait assez stupide. Cette fois pourtant, son attitude n'était pas impolie, comme elle l'était de coutume avec sa mère. Car elle avait souri, face à la relance de cette femme, et avait plissé les yeux en lui tendant au fur et à mesure, les légumes qu'elle venait de nettoyer.

« Mais mon prénom est Garance. » Elle avait baissé d'un ton sans s'en rendre vraiment compte, comme si elle lui accordait une confidence, comme si elles étaient écoutées. Elle ignorait si les habitants de Forbach qui n'étaient pas Nobles connaissaient son prénom, en réalité. Car à part lorsqu'elle accompagnait ses parents, enfin, sa vraie mère et son faux père, à l'Eglise le dimanche, ou lors des soirées mondaines où Joachim était convié et où elle avait droit d'aller également, personne dans la têt de l'adolescente ne pouvait la connaître...

Elle était invisible, semblait-il, juste une enfant pour les vieilles femmes trop maquillées, et une jeune fille tout au plus pour les amis du Musicien. Rien d'intéressant... Elle soupira, mais finalement, rien n'était regretté, de cette vie qu'elle voulait ancienne. En relevant la tête, elle continua bientôt son labeur avec entrain, un entrain méfiant, certes.

« Moi aussi, je veux travailler, et gagner de l'argent pour moi. » Lança-t-elle soudain, avec un signe de tête décidé. Oui, c'était évident : elle devait suivre les pas de son Père, son Vrai père, et être indépendante ! Pas l'une de ces adolescentes qu'on marie rapidement, à un riche propriétaire terrien, qui de sa vie, jamais n'a eu un sous à elle.

« Pour ne pas avoir à dépendre d'un Mari. Comme vous ! »
Garance était fière de la décision qu'elle venait de prendre. Cependant, immédiatement, elle se rendit compte de sa maladresse. Elle venait de souligner l'absence d'homme dans cette maison, et ses tâches de rousseur s'accentuèrent sous la honte.

Peut-être Viviane avait-elle perdu son époux ? Le lui faire remarquer était très irrespectueux, même méchant, si tel était le cas. Elle ne sut plus quoi dire pour s'excuser, et resta muette, lavant avec plus de vigueur les légumes déjà propres.

Elle chercha un moyen de détourner ce sujet qu'elle pensait éventuellement douloureux, et ne trouva qu'un prétexte.

« J'aimerais bien voir votre magasin. »
C'était semblait-il la seule issue que Garance ait trouvé pour ne pas bafouiller des excuses lamentables qui n'auraient fait qu’aggraver les choses. Eh puis, essaya-t-elle de se convaincre, peut-être était-ce par choix d'indépendance, si aucun époux n'était présent aujourd'hui ...
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MessageSujet: Re: Un oiseau tombé du nid   Ven 29 Oct 2010 - 1:11

Garance ? Un fort joli prénom songea Viviane en son fort intérieur. La dame prendrait cependant le soin de ne pas souligner la révélation qui avait été difficile à faire pour son hôte. Elle ferait comme si c’était là une révélation sans importance même si elle pourrait lui permettre de retrouver ses parents si jamais cela devenait nécessaire. En acceptant d’héberger la jeune fille, Viviane n’avait écouté que son cœur, mais tôt ou tard, Garance devrait retourner chez elle, auprès des siens. Mais il n’était pas encore question de ces difficiles discussions.

Alors que la préparation du repas poursuivait son cours, Garance semblait de plus en plus à l’aise. Elle surprit même Viviane avec ses remarques spontanées sur le fait d’être indépendante et le manque de présence masculine dans la maison. La jeune fille parut se rendre compte de l’indélicatesse de sa remarque, mais Viviane n’y accordait pas d’importance. Elle avait Narcissa et Anna, rien ne pouvait plus lui faire plaisir, et son mari était un passé depuis longtemps révolu.

- Je te comprends, tu sais. J’aime l’idée d’être indépendante et de ne rien devoir à personne. Je suis libre de mes allées et venues, et c’est très agréable. Cependant, je ne te cache pas qu’avoir un homme à ses côtés, quelqu’un en qui nous avons confiance et à qui nous pouvons tout raconter est également agréable. Mais tu as encore du temps devant toi avant de devoir songer à tout cela.

Viviane se tourna vers la marmite dans laquelle les légumes cuisaient. Tout semblait se passer pour le mieux, rien ne brûlait ou n’émettait des odeurs étranges, ce qui était plutôt bon signe. Jugeant qu’elle pouvait laisser les choses sans surveillance le temps de montrer sa boutique à Garance, elle se tourna à nouveau vers la jeune fille.

- Hé bien allons voir cela ensemble alors.

Invitant Garance à la suivre, elle l’entraîna vers une partie de la maison qu’elles avaient évitée jusqu’ici. On y accédait par une porte qui donnait dans la salle de séjour. Avant d’y entre, Viviane prit soin de se munir d’une lampe à huile et d’en donner une à Garance. Le soir était tombé et il ne faisait guère très clair dans la pièce, malgré les fenêtres. La pièce était pourtant resplendissante. Des tissus de toutes sortes s’entassaient par centaines dans des étagères, du rouge éclatant au jaune le plus vif, les couleurs se mélangeaient dans des ensembles chatoyants. Viviane inspira une grande bouffée d’air, les senteurs subtiles des draps neuf était quelque chose qu’elle adorait. Elle était fière de son domaine, de ce qu’elle avait continué à faire prospérer après le décès de ses parents.

- Voilà, c’est ici que je travaille. Tu vois là un échantillon des tissus que je vends dans mon commerce, je suis plutôt spécialisée dans les draps de luxe : soie, cachemire, velours, dentelle, etc. Je fais très attention à la qualité de la marchandise que je reçois, j’ai une réputation à tenir si je veux pouvoir garder mes clients. J’ai aussi des relations commerciales privilégiées avec Le Fil Blanc qui se fournit presqu’exclusivement chez moi.

Emportée par la passion de son métier, son débit se fit plus rapide. Viviane parlait avec chaleur de ce qui était devenu sa passion. Elle comprenait que Garance veuille s’établir à son propre compte même si c’était une tâche très ardue pour les femmes qui n’étaient généralement pas respectée, quelque que soit leur fonction. Viviane avait mis longtemps à gagner la confiance des habitants de Forbach après qu’elle eut repris la boutique au décès de son père.

- Au début, je ne m’occupais que de la gestion des comptes, j’ai toujours été douée avec les chiffres, bien plus que pour la lecture. Lors du décès de mon père, il y a quinze ans, j’ai repris la boutique toute seule.

Rarement l’occasion était donnée à Viviane de parler de son métier de cette façon alors elle se laissa aller, partageant avec sa jeune hôte des émotions qu’elle gardait pour elle la plupart du temps. La commerçante se dirigea vers une des étagères et prit une étoffe.

- Tu vois, Garance, ceci est une pièce de soie. Sa qualité est excellente, tu peux voir que c’est très doux au toucher, presque comme de l’eau. Sa couleur est l’un des plus belles qu’il m’ait été donné de voir, je n’ai aucune idée des pigments utilisés, mais ils sont parfaitement résistants au lavage et à la lumière. Cette étoffe provient des Indes, des contrées de l’est, loin par là-bas.

Ce-disant, elle indiqua de sa main une vague direction.

- Alors, ce que tu vois ici te plaît ?

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MessageSujet: Re: Un oiseau tombé du nid   Mar 2 Nov 2010 - 15:10

L'ensemble des explications de Viviane était accompagné de sourires sur le visage de l'Adolescente. En général, la curiosité de la jeune fille suffisait à l'intéresser lorsqu'elle avait l'occasion de découvrir quelque chose de nouveau. Cette fois pourtant, elle comprenait que tout ceci était terriblement important pour celle qui avait eu la gentillesse de l'inviter sous son toit. C'était après tout, le moyen pour elle d'être une femme libre, indépendante, sure de ses propres compétences, sans avoir à passer par qui que ce soit.

Et, il fallait l'avouer, Garance restait une jeune fille, et de bonne éducation, et voir ainsi tous ces tissus, certains si précieux, la mettait en joie. Constance avait toujours été soigneuse et ne voulait pour sa fille que les meilleures choses au monde. Les toilettes qu'elle possédaient étaient en effet richement ouvragée, de très bonne facture. Mais toujours, elle demandait à un tailleur de se déplacer, ne voulant pas laisser sortir sa petite oie blanche.

Alors, voir ici tous les tissus qu'elle n'avait pas le droit de regarder dans une boutique d'habitude la rendait euphorique. C'était également presque une vengeance sur sa Mère.

[b]« C'est inimaginable tous ces tissus. »
Fit la jeune femme avec admiration. « Je n'ai jamais le droit de sortir, et d'aller chez un tailleur. » Malgré tout, le nom du Fil Blanc lui semblait familier. C'était certainement là bas que les Haarlich s'approvisionnaient...

A l'évocation des Indes, Garance resta rêveuse. Elle n'avait eu des images que dans les livres scolaires du Précepteur, mais l'exotisme que cela représentait pouvait faire rêver n'importe qui, en mal d'aventures !

« J'aimerais beaucoup aller aux Indes. Mais je ne parle pas Anglais. » Murmura-t-elle finalement, presque déçue, comme si la langue était la seule condition qui l'en empêche. « Mais j'aurais trop peur des gens là-bas. Ils ont l'air bizarres, non ? » Fit-elle finalement, en relevant la tête du tissus délicat qu'elle avait caressé avec attention.

Elle avait notamment entendu parler du folklore et des croyances étranges de ces gens, qui lui donnaient froid dans le dos. Et, ce sujet ne lui rappelait que trop bien les convictions de son Père, son vrai père, et la ramenait aux étrangetés de Forbach, si proches d'eux...
Cette pensée la laissa crispée, involontairement, et elle serra dans son poing la soie fragile.

L’étole s'en trouva froissée, et, lâchant derechef le tissus précieux comme un enfant venant de commettre une faute, Garance croisa le regard de Viviane, presque craintive. Elle voulut à nouveau parler d'autre chose.

« Êtes-vous déjà allée aux Indes ? Le Grand Oncle de mon... père, a fait le voyage, mais il n'est jamais revenu. » Aucune tristesse sur le visage de l'Adolescente : non seulement il s'agissait finalement de quelqu'un d'étranger, loin d'être sa réelle famille, mais surtout, elle ne l'avait jamais connu. Et, d'après ce que Constance avait pu dire de cet homme, c'était un coureur de jupons, partis en Orient pour apprendre des sciences malsaines. Elle n'avait pas bien compris ce passage-ci, mais n'avait pas demandé plus d'explications...
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MessageSujet: Re: Un oiseau tombé du nid   Mar 9 Nov 2010 - 19:28

Viviane lisait l’admiration et l’envie dans le regarde de Garance. L’idée de s’établir à son propre compte devait lui sembler très plaisante. La jeune fille était émerveillée par les tissus qu’elle avait devant elle et Viviane se sentit fière d’elle. Elle était parvenue non seulement à prendre la relève de son père même si tous ne croyaient pas en ses capacités, mais elle faisait son travail suffisamment bien que pour qu’il soit apprécié de tous. L’idée des foires qu’elle et Louisa avaient eue quelques années plus tôt avait porté ses fruits et leurs commerces se portaient mieux que jamais. Le simple fait que Garance apprécie ce qui l’entourait emplissait Viviane d’une joie sincère. Quand la jeune fille parla un peu de ce que sa vie avait été, Viviane sentit un élan de compassion lui traverser le corps.

- Jamais le droit de sortir de chez toi ? Je comprends mieux pourquoi tu es partie !

C’était sorti spontanément, sans qu’elle n’ait eu le temps de s’arrêter. Il restait à espérer que Garance ne prendrait pas cela comme une tentative de collecter des informations pour la ramener à ses parents. Viviane savait pourtant qu’à un moment ou à un autre, il faudrait aborder le sujet. Garance ne pourrait pas rester chez elle sans que la rumeur ne se propage dans la ville qu’elle avait accueilli une jeune fille chez elle, qu’on ne savait qui elle était ni d’où elle venait.

- Il ne faut pas spécialement parler anglais pour aller là-bas, si tu as quelqu’un qui peut traduire pour toi, tu sauras te débrouiller.

La commerçante se rendit compte que ses paroles étaient un peu malheureuses, en aucun cas, elle ne voulait conseiller à Garance de se rendre seule aux Indes, le voyage était beaucoup trop long et risqué pour une femme seule. Elle reprit immédiatement la parole, au risque d’effrayer un peu Garance et de lui faire sortir à nouveau ses griffes.

- Mais c’est un voyage beaucoup trop long hélas pour une femme seule… Moi-même, je ne m’y suis jamais risquée. Je n’ai jamais été aux Indes, je ne peux pas m’absenter aussi longtemps d’ici… C’est pour le commerce, je le dirige, je dois être là en permanence. Les rares fois où je m’octroie des voyages, c’est pour aller voir ma sœur qui habite dans le sud. Cependant, il y a peu, elle est revenue s’installer, ici, à Forbach.

Ne plus avoir l’occasion de faire ces voyages avait été une déception pour elle dans la mesure où elle ne partirait sans doute plus jamais aussi loin. Mais la contrepartie était inégalable, elle avait Cassandra et Narcissa à deux pas de chez elle maintenant, et il ne faudrait plus des semaines d’attente avant d’avoir des nouvelles de l’une et de l’autre. L’exotisme des contrées étrangères comme les Indes ne l’avait jamais plus attirée que cela, elle était curieuse de nature, mais pas ce type de curiosité. Elle préférait tout savoir sur les siens, sur l’histoire de son pays plutôt que de partir à la découverte de contrées lointaines et sauvages.

- Je n’ai jamais rencontré d’Indien de ma vie, je ne peux donc pas dire à quoi ils ressemblent ni comment ils sont. Si on doit faire confiance aux gravures qui les représentent, ils ont une couleur de peau plus foncée que la nôtre, comme s’ils étaient sales en permanence, mais je ne sais pas si c’est de la crasse ou non. Je reconnais que je n’ai pas plus envie que cela de rencontrer des indigènes, on les dit primitifs et peu éduqués !

Jugeant que le repas devait être prêt maintenant, elle repartit en direction de la cuisine tout en continuant la conversation. Garance était une jeune fille curieuse que tout intéressait et l’impossibilité qu’elle semblait avoir de sortir de chez elle devait la ronger. Viviane ne reconnaissait que trop bien les sentiments qui devaient envahir son hôte, si semblable à Cassandra à tant de niveaux.

- Le repas doit être cuit maintenant, j’espère que le résultat te donnera satisfaction.

Tout en poursuivant leur discussion, Viviane installa la table, des bols, des couverts et posa la casserole sur la table. Elle renifla un peu, ça avait l’air mangeable.

- Tu aimerais voyager ou l’expérience de ton grand-oncle t’a-t-elle refroidie ? Pour ma part, je pense que voyager de temps à autre ne peut faire de mal à personne, mais on n’est pas obligé d’aller aussi loin que les Indes.

Enfin, elle mit la première cuillerée en bouche. C’était potable, sans être extraordinaire, c’était nourrissant et ça avait du goût.
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MessageSujet: Re: Un oiseau tombé du nid   Lun 22 Nov 2010 - 22:01

Garance se tourna immédiatement vers Viviane. Elle venait de la féliciter, clairement, d'avoir fugué de chez elle ! Cette simple phrase avait mis sur le visage de l'adolescente un énorme sourire, comme si elle trouvait enfin une adulte qui la comprenait, dans ce monde où elle paraissait n'avoir aucun allié. Ah, elle aussi pouvait donc comprendre qu'on n'en puisse plus d'être autant couvée !? C'était un sentiment réellement agréable, comme un soulagement, d'avoir quelqu'un qui puisse vous comprendre.

Et Garance ignorait qu'il s'était agit d'un simple réflexe, et que Viviane aurait préféré réfléchir avant de parler. Ce qui était fait, était fait !

Et les mots qu'ensuite prononçaient la Commerçante étaient encore plus encourageant. Elle semblait sincèrement lui parler comme à une grande personne, lui expliquant qu'il n'était pas nécessaire de pouvoir parler anglais pour se rendre aux Indes, qu'il suffisait d'avoir un interprète... Si seulement Constance pouvait avoir les mêmes réflexions !

« Ne vous inquiétez pas, je ne pense pas à partir en Pays Etranger. » Fit-elle avec un léger sourire, presque complice, comme si elle présageait que la femme serait soulagée qu'elle lui avoue sa volonté de rester en France, du moins, de ne pas s'enfuir encore plus loin de chez elle. Elle avait trop à faire à Forbach, l'Inquisition avait besoin d'elle !

Elles allèrent s'installer à table, et le fumet de la marmite fit gargouiller à nouveau le petit ventre affamé. Ca sentait presque meilleur que ce que cuisinait les domestiques, car cette fois, elle avait préparé aussi le repas. Assurément, tout devait être meilleur lorsqu'on les fait soit-même... En tendant le bol pour se faire servir avec impatience et gourmandise, Garance prit soin de prolonger cette conversation, et de répondre à Viviane.

« En réalité, je n'ai pas envie de quitter Forbach. Il y a tant de choses à accomplir ici, par les temps qui courent, qu'il serait indigne de la quitter. » Surtout après qu'un Enquêteur ait été mandaté par la Reine... Elle avait entendu ses … parents en parler, la veille au soir. Une fois son bol rempli, elle ne put attendre que cela refroidisse et goba une lampée.

C'était totalement différent de ce qu'elle avait l'habitude de manger au Manoir Edelgard, ça avait une saveur presque robuste, pittoresque... Le goût était agréable, et elle était très fière d'y avoir participé.

« C'est très bon ! » S'enthousiasma-t-elle, bien que les premières fatigues se fassent sentir, à mesure qu'elle réduisait la famine de son estomac.
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MessageSujet: Re: Un oiseau tombé du nid   Ven 3 Déc 2010 - 1:54

Viviane fut amusée par la réaction de Garance quand celle-ci goûta au repas qu’elles venaient de préparer ensemble. Elle semblait le trouver délicieux alors que Viviane l’aurait plutôt qualifié de passable : pas mauvais, mais pas excellent non plus. Mais Garance ressentait sans doute pour l’une des premières fois de sa vie la satisfaction du travail accompli. S’il était vrai qu’elle n’avait jamais pu faire grand-chose par elle-même auparavant, alors ce repas devait lui sembler une pure merveille, savoir qu’elle avait contribué de manière concrète à sa réalisation devait lui procurer un émerveillement naïf.

- Je suis contente que cela te plaise, j’avais vraiment peur que nous n’arrivions pas à grand-chose.

Mais cet amusement ne dura guère quand Garance fit allusion aux choses qu’il y avait à faire à Forbach. Trop longtemps, elle avait vécu dans des périodes de troubles pour ne plus se méfier de ce genre de propos. Garance la rebelle était-elle de celles qui telles des moutons, suivaient sans se poser de questions les Inquisiteurs qui déclaraient les sorcières hérétiques ? Un frisson d’effroi la parcourut et la Prêtresse songea qu’il allait lui falloir se montrer très prudente tant que la jeune fille logeait chez elle. Cependant, elle ne put résister à l’envie d’en savoir plus, et elle était habituée à feindre un ressentiment contre les sorcières même si elle détestait le faire.

- Qu’y a-t-il de si important à Forbach ? La ville est plutôt calme ces temps-ci si on excepte l’arrivée de cet enquêteur royal. Rien de bien spécial ne se passe en ces lieux.

Et d’une certaine manière, c’était vrai, depuis longtemps, l’Inquisition n’avait plus fait de coup d’éclat en attrapant des sorcières. Ces dernières s’étaient d’ailleurs faites tellement discrète qu’un ordre de démobilisation venait d’être donné de la part du Vatican. De quoi pouvait donc bien parler Garance. Viviane était curieuse de savoir ce que la jeune fille avait derrière la tête. Si dans un premier temps, elle avait pensé à l’envie de Garance à participer à la chasse aux sorcières, elle se demandait maintenant si c’était bien là son objectif. Heureusement, la sorcière n’avait pas fait allusion aux siens et ne s’était donc pas compromise de manière stupide. Instantanément, elle songea que les mesures d’Europe en vue de protéger la Tribu avaient jusque là été efficaces. Peut-être étaient-elles moins actives, mais plus rien n’était venu troubler leur paix depuis un bout de temps déjà.

- Tu sembles fatiguée... Tu veux aller dormir un peu ?

En effet, Garance, l’estomac maintenant plein semblait avoir plus de mal à garder les yeux ouverts. La journée avait dû être éprouvante pour elle, et demain, il faudrait aborder des sujets bien plus délicats que le commerce ou les dernières nouvelles de Forbach. Garance ne pouvait éternellement rester chez elle, même si Viviane était toute prête à l’accueillir. Ses parents devaient réellement être inquiets et Viviane n’enviait pas leur vie en ce moment même. Garance ne se rendait sans doute pas compte de la peine qu’elle leur causait, sinon, elle ne serait pas partie. Si Cassandra, quinze ans plus tôt, avait su ce qui allait se passer, jamais elle n’aurait quitté la maison, ou au moins, elle n’aurait pas été provoquer le courroux de la Grande Prêtresse et des autres membres de la Tribu.

Mais ce n’était pas Cassandra qu’elle avait en face d’elle, et Garance n’était pas dans la même situation. Son départ de chez elle n’impliquerait aucun rituel pour effacer sa mémoire. Viviane cependant envisageait de « l’aider » un peu à dormir afin d’être sûre de pouvoir s’absenter dans la soirée sans rien risquer. Il ne fallait pas que Garance fouille son domicile en son absence et Viviane avait ce soir une réunion à laquelle il fallait qu’elle se rende.
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MessageSujet: Re: Un oiseau tombé du nid   Lun 20 Déc 2010 - 20:35

Garance leva les yeux. Mais comment se faisait-il qu'elle ne considère pas ses mots comme justes ? Ses parents vivaient eux aussi dans la crainte, le plus souvent sourde, certes, mais présente, des Sorcières, des Choses Surnaturelles qui s'étaient déroulées à sa naissance, et les années d'avant, d'après. De ce climat qui faisait froid dans le dos ... Pour l'Adolescente, tous les habitants de Forbach auraient dû ressentir cette même crainte latente, mais bien là, au plus profond d'eux même.

Car, tant que le Malin pouvait sévir, il ne fallait pas s'endormir. Caché, traqué ou repoussé, masqué, invisible, même, il était présent à tout moment. Elle le savait, elle. Pourquoi pas Viviane ? Loin d'imaginer un quelconque complot, une explication plus sournoise, et toute fraiche de sa jeune naïveté peut-être, Garance conclut rapidement que son Hôte était bien candide. Ironie, elle la pensa peut-être trop optimiste, ou ... "simple" ? Les jeunes adultes pensent avoir toujours raison après tout, et réfléchissent assez promptement.

« Rien de bien spécial ? » Elle essuya sa bouche de façon élégante, sa mère serait fière de ses bonnes manières... Elle fronça les sourcils en songeant cela. « Je ne souhaite pas vous alarmer, mais si la Reine ordonne la venue d'un Enquêteur de sa Proximité, je doute que l'on puisse prendre cela à la légère. » On n'envoyait pas un Mandat Royal pour quelques broutilles.

Garance se sentit prise d'une légère colère enfantine, lorsqu'elle repensa à ce fameux ordre de démobilisation. C'était un scandale de renvoyer tous ces Soldats de Dieu, après les loyaux services qu'ils avaient accompli ici ! Leur travail n'était pas fini ! NON ! Il résidait toujours la Souche, le Mal, certes caché, elle, elle le savait, pourquoi pas le Pape ?! Pourquoi pas la Reine ? N'était-elle pas clairvoyante ?

« Rien pour l'instant, ou rien que nous ne puissions voir de nos yeux. Mais il s'est passé des choses par le passé, et lorsque l'Ombre passe sur un lieu, il ne la quitte jamais totalement. » Elle avait le sentiment que son Père sera fière d'elle... Pourtant, malgré l'envie d'envolée lyrique tardive, Garance se sentait fatiguée. La dispute avec Constance était fraiche. Elle avait couru, avait eu peur, c'était cachée ... Le sommeil remplissait ses yeux.

« Mais, oui, je suis fatiguée. Je vous remercie encore pour votre hospitalité. Pourtant, demain, je dois partir tôt. J'ai beaucoup de choses à faire. » Elle se sentait l'enthousiasme d'une grande journée d'aventure, pour le lendemain. Mais l'attrait d'un lit, et d'une nuit pleine l'appelaient...
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MessageSujet: Re: Un oiseau tombé du nid   Mar 4 Jan 2011 - 18:41

[hrp, désolée, j'avais un peu oublié ce rp, faut pas hésiter à me rappeler à l'ordre hein !]

Viviane était étonnée de l'aplomb avec lequel son hôte s'exprimait, toute peur avait quitté ses yeux maintenant enflammés à la mention des récents événements qui secouaient la ville. La sorcière ne savait trop comment gérer cette situation qui commençait à échapper à son contrôle. Garance était peut-être encore très jeune, elle n'en n'avait pas moins un sens aigu de l'observation. Il se tramait quelque chose à Forbach, cet Enquêteur Royal n'était effectivement pas une simple visite de courtoisie.

- Tu sais, Garance, je pense que tu as en partie raison, mais je ne peux me résoudre à croire qu'encore une fois, la ville va se retrouver à feu à sang. De tout mon coeur, j'espère que tout ceci n'est qu'une fausse alerte, que cet Enquêteur va repartir bien vite, et que nous serons en paix à nouveau.

Viviane ne pouvait évidemment pas encore savoir à quel point elle se trompait, à quel point elle allait souffrir d'ici peu, au point même qu'elle se donnerait consentante à l'Agent du Diable. Pour l'instant, ses plus grandes inquiétudes allaient à cet Enquêteur, il ne fallait pas qu'il mette le nez dans les affaires d'Olrun ou du Lys, sinon, les choses tourneraient mal pour la énième fois. Que Garance parle d'une Ombre qui n'avait jamais quitté la ville n'était pas rassurant. Les habitants, bien que peu réceptifs aux voix de la nature semblaient pourtant percevoir d'une certaine manière que les sorcières seraient toujours là. Mais ce n'était pas les sorcières qui avaient amené cette Ombre, Viviane était convaincue que l'Inquisition était responsable de cet atmosphère viciée qui pourrissait Forbach de l'intérieur. Avant l'arrivée de l'Inquisition, la Tribu d'Olrun avait vécu des années dans rencontrer le moindre soucis avec les habitants. Il était temps que tout cela cesse, une bonne fois pour toutes !

- Tu ne devrais pas parler des choses que tu ne connais pas... Forbach était différente avant tu sais, tu n'étais pas née, mais il faisait bon y vivre. L'Ombre dont tu parles quittera la ville, j'en suis sûre, et tout redeviendra aussi paisible qu'avant. Mais pour cela, il faut laisser au temps la possibilité d'effacer peu à peu les cicatrices.

Viviane, tout en parlant, débarrassait la table. Il ne restait plus grand chose de leur repas, mais cela suffirait pour la nourrir le lendemain. Peut-être qu'elle tenterait d'améliorer la chose, ou de laisser sa domestique s'en occuper. La perspective de retrouver son lit lui parut soudain bien agréable, elle se sentait très fatiguée. Garance ne semblait pas vouloir rester plus qu'une nuit ici, mais Viviane ne voyait chez qui d'autre elle pourrait être accueillie sans être dénoncée à ses parents. Dans une dernière tentative, Viviane voulut lui faire comprendre qu'elle était la bienvenue ici.

- Tu dois aller où demain matin ? Tu sais, tu peux vraiment rester ici plus longtemps si tu le désires. Je te promets que je ne parlerai de toi à personne si c'est ce que tu préfères. Je n'aime pas te savoir en train d'errer dans la ville, sans le sou et sans logement.

Invitant la jeune fille à la suivre, elle lui montra sa chambre. C'était l'ancienne chambre de ses parents, elle ne pouvait se résoudre à lui laisser la chambre de Cassandra, qui était devenue celle de Narcissa pour les rares fois où elle venait loger ici. Les draps étaient propres et un bouquet de fleur séchées décorait sobrement le lieu. Viviane n'aimait pas trop y rester, trop de souvenirs douloureux y étaient attachés.

- Voilà, tu peux t'installer ici. J'ai sorti une robe de chambre pour toi, elle est sans doute un peu trop grande mais elle te tiendra au chaud. Demain matin, je petit déjeunerai à 8 heures probablement, tu es la bienvenue.


C'était Garance qui avait les cartes en main, elle devrait savoir désormais que la porte lui était ouverte en cas de problèmes.

[hrp topic clos en ce qui me concerne^^, sauf si tu as des idées pour poursuivre Very Happy]
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Un oiseau tombé du nid

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