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 Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]

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MessageSujet: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Sam 2 Oct 2010 - 2:17


L’une de ces soirées où la chaleur pèse sur chaque grain de poussière. Dans cette maison plus qu’ailleurs l’air et lourd. Ses murs supportent mal un silence trop grand. Madame Maulne a plié bagage et s’en ai allée ce matin même. Celle qui était tombée amoureuse de la France rentrait au pays natal. C’était alors comme si ce foyer cherchait le souvenir de ses habitants. Il n’y avait plus que la brise du balcon pour briser un calme trop parfait.
Les adieux entre mère et fille avaient été difficiles. Car bien qu’étant l’instigatrice de ce départ Louisa le regrettait. Avec cette femme, c’est sa famille, qu’elle laissait partir. La mort du patriarche était trop ressente et sa peine trop grande, pour que ce nouveau revirement ne l’atteigne pas. Mais comme à chaque fois la fille avait fait bonne figure devant sa mère. Voulant épargner cette femme qui l’avait mise au monde et qui avait mis en terre bien trop d’êtres chers.
Au fond toutes deux savaient que Nastasia ne pouvait plus vivre à Forbach. Cette ville lui avait fait beaucoup de mal. C’était jouer avec le diable que de vouloir y finir sa pauvre vie. Alors elle quittait sa seule fille. Leur dernière conversation lui ayant fait comprendre que sa Lou ne changerait pas d’avis. La fermeté des Silvanov n’y ferait rien. La jeune femme ne connaissait pas la Russie. Elle ne se souvenait presque plus de ces grands-parents. Ici il y avait le Fil Blanc, il y avait Romain, il y avait toute son existence.


Désormais -malgré sa condition de jeune fille- Mademoiselle Lou était la gérante officielle de cette boutique de couture de la Grande rue. L’encre du notaire était encore fraîche sur ce papier. Louisa avait toujours sut qu’elle serait la troisième propriétaire de ce commerce. Il y avait plusieurs années déjà -cinq ans peut être-, que son frère lui avait assuré, qu’il ne voulait pas de cet héritage là. La naissance des jumelles avait achevée de le détourner des affaires familiales. Enfin, d’une certaine manière, puisque après ses études, il était devenu le comptable attitré.
Jusqu’à il y a trois ans et ce jour fatidique.
La disparition brutale, trop soudaine, du jeune homme avait dévasté le clan Maulne. En quelques mois la boutique perdit gros. Personne ne se sentait plus capable de fournir un travail. Il avait fallut à la petite sœur toute l’énergie de ses jeunes années, pour convaincre ses parents de remonter. A force de courage et de disputes, elle avait convaincu Jean. Il avait donc finit par reprendre les rênes.
Mais le mal était fait. Ces quelques mois de délaissement avaient posé sa marque sur le Fil Blanc. Plusieurs dettes accumulées que le deuil n’excusait pas. Le réseau tissé par Dama Roza s’était fortement fragilisé par leur absence. On ne faisait plus confiance aux russes de Moselle. Il fallut donc revenir au point de départ, renoué, apprivoisé, charmer. Jean fit de son mieux. Cependant la tristesse de sa femme, et sa propre indifférence, malmenait tout. La vitrine ne cacherait plus longtemps le déclin de l’empire des robes.
Déjà monsieur Maulne s’était séparé d’une des couturières cet hiver. Il avait restreint les commandes. Il avait même était question de vendre cette maison. Mais Louisa avait protesté avec véhémence. Ils ne se sépareraient pas de ce lieu où avait grandit son aîné. Jamais. Qu’ils se servent donc de sa dote ! Ils s’étaient débrouillés autrement. Nastasia s’était réfugiée dans la couture, bientôt rejoint par sa belle fille.


Et puis ce premier mai… ce premier mai tout avait fait sombrer, encore une fois. Cette fois elles n’étaient plus que deux femmes. Sans la prévoyance de monsieur Maulne elles auraient étaient dans pire situation. Pressentant peut être qu’un nouveau malheur allait arriver il avait tout réglé. Ces quelques années comme officié lui permettaient d’avoir une petite pension, dont son épouse pourrait se servir. Quant à Louisa il avait augmenté sa dote en secret.
Cela signifiait qu’elles pouvaient payer les taxes à l’Etat, mais pas celles de la boutique. Alors depuis trois jours mademoiselle Maulne se plongeait dans l’historique financier de son commerce. Depuis trois jours elle essayait de comprendre vingt-cinq ans de comptabilité. Du matin au soir elle griffonnait sur ses papiers des équations dans lesquelles elle se perdait. Elle avait toujours sut dessiner. Elle adorait écrire, en particulier à son beau baron. Mais elle ne savait pas mener des comptes. C’était un fait.
Son impuissance l’insupportait, la rendant irascible. Elle ne comprenait ni la fine écriture de sa grand-mère, ni celle de son grand frère et encore moins celle de son père. Chacun avait eu sa manière de codifier les informations. Il y avait du russe, du français, des abréviations et même du latin ! Ce déchiffrage l’épuisait et même la désespérait. Elle ne voulait pas que le Fil Blanc mette clé sous la porte.


Son entêtement la coupait du monde. Elle avait oublié un diner. Elle avait refusé quelques commendes. Mais le plus grave elle avait négligé son amant. Ce n’était pas volontaire bien sûr. Elle en était terriblement éprise de ce jeune homme. Ces quelques huit mois déposaient sur son cœur une douceur indispensable à sa survie. Pourtant elle ne pouvait se résoudre à concilier ses deux univers chéris. Par deux fois elle avait refusée l’aide de Romain Zimmerman.
Cela les avait froissé l’un et l’autre. Ils se boudaient depuis quelques jours. Ce qui était certain c’est que Louisa ne ferait pas le premier pas. La mort de Jean la rendait hypersensible. Elle était beaucoup moins patience que d’ordinaire. C’était mal, mais elle faisait moins d’effort pour préserver son entourage. Embourbée dans sa douleur et sa peur la belle se noyait doucement.
Ce soir plus encore à la lueur de ces chandelles. Proche d’une nouvelle crise de nerfs Lou libérait des reproches dans un russe fourni. Ils l’avaient tous abandonnés. Dans un geste de colère elle repoussait une masse de feuillet. Seule dans cette maison elle retenait un cri de rage. Son chignon était aussi fatigué qu’elle sa robe blanche ne demandait qu’à choir. Mais non, il fallait trouver une solution. Encore.
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Sam 2 Oct 2010 - 18:29


*Mademoiselle Louisa Maulne! Que vous pouvez être têtue comme une mule parfois ! Peut-être plus têtue que moi encore!*

Romain fulminait. Tournant en rond dans son bureau, ressassant encore et encore leur dernière « discussion » ou plutôt leur dernière dispute. Il semblait tel un lion en cage et parfois poussait un juron entre deux réflexions. La nuit commençait à tomber et on était déjà venu le chercher pour le souper mais il avait refusé, prétextant qu’il n’avait pas faim. Ce qui était le cas. Toute cette histoire lui avait coupé l’appétit. Après tout, comment pouvait-elle être aussi têtue ?! Il savait ce par quoi elle traversait, il la comprenait que trop, et au-delà de la douleur sentimentale, familiale, il y avait aussi les problèmes financiers de la boutique… Il s’y connaissait, c’était son domaine, les chiffres, les comptes. Pourquoi avait-il fallu qu’elle refuse son aide ? Il ne se serait occupé que de remettre les comptes de la boutique à flot, il le lui avait dit. Il aurait prit le temps de mettre tout à jour, de recommencer un nouveau livre de comptes avec elle et lui apprendre à gérer au mieux cette information capitale. Mais elle avait refusé, encore une fois. Romain savait que le Fil Blanc était un sujet sensible, mais il avait cru qu’après ces mois passionnés elle aurait été encline à le laisser l’aider malgré son indépendance exacerbée. Il la comprenait un peu, après tout c’était pour cela qu’il l’aimait, mais il ne supportait pas de ne pas pouvoir l’aider alors qu’elle avait besoin de son aide, il le savait.

*Bon sang Lou, si je ne t’aimais pas comme je t’aime, je crois que je serai déjà devenu fou.*

D’un mouvement rapide, il empoigna sa veste qui trônait sur le dossier de la chaise de son bureau et sortit de la pièce. Il prévint la maîtresse de maison qu’il partait à Forbach et qu’il fallait prévenir l’écuyer et faire seller son cheval. Elle acquiesça, mais n’obéit qu’à la condition expresse qu’il avale un encas avant de partir. Quoiqu’il ait en tête, elle refusait de le laisser partir sans rien dans l’estomac. Romain accepta à contrecœur et avala un délicieux sandwiche avant que son cheval ne soit avancé. Il laissa la maisonnée à la gouvernante et grimpa sur son étalon avant de le lancer au triple galop direction Forbach. La nuit était tombée et seule la lune éclairait le trajet de cet amoureux. La ville-cible fut rapidement en vue et le plus difficile fut de repérer la rue où se trouvait la boutique. Heureusement, quelqu’un lui indiqua le chemin et il parvint enfin devant la boutique. Sautant de son cheval, il frappa à la porte mais personne ne lui répondit. Insistant, il frappa à nouveau. Louisa devait être rentrée. Elle restait parfois tard à la boutique mais il savait qu’elle ramenait plus volontiers le travail encore à faire chez elle. Heureusement, il connaissait le chemin à partir de la boutique et il remonta sur son cheval avant de repartir au galop, direction le quartier résidentiel.

Il arriva rapidement devant la maison des Maulnes. Maison qui accueillait avant toute une famille et la vie qui l’accompagnait. Il ne restait maintenant plus qu’une seule Maulne, la mère de celle-ci ayant choisi de retourner en Russie, et le reste de la famille étant décédé. Romain attacha la bride de son cheval non loin et s’avança à l’intérieur de la petite cour devant la maison. Arrivé devant la porte, il hésita un instant. Lui ouvrirait-elle seulement ? Devant sa porte, il n’y avait qu’une raison de le savoir. Il frappa trois coups à la porte, suivi de deux autres.

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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Dim 3 Oct 2010 - 0:45

Le code de monsieur Romain Zimmerman Baron de Rosbruck. Ils l’avaient mit en place il y a un peu plus de trois mois. Lorsqu’elle l’avait enfin présenté à Jean et Nastasia. C’est cette dernière qui avait insistée pour une rencontre. Elle avait perçue les changements chez sa fille. Les changements qu’aucun autre jeune homme n’avait encore réussi à provoquer.
Puisse que mademoiselle Maulne ne se laissait plus approcher. Plus farouche que toutes les jeunes filles de Forbach. Depuis la mort de son frère elle avait clos son cœur. Volontaire au point de devenir effrayante pour la gente masculine. Alors que c’était-il passé à ce diner chez madame Caroline Montbourg ? Personne n’avait put le savoir et sans doute Louisa l’ignorait-elle aussi. En quelques mois elle était tombée littéralement amoureuse. Jusqu’à pouvoir envisager sa vie avec un semblant de paix.
Cependant… -car rien n’est jamais parfait trop longtemps- au bonheur s’était ajouté l’agacement. Parce qu’en se laissant aimer la tisseuse avait découvert des besoins et des contradictions nouvelles. Oui elle adorait Romain. Mais elle ne pouvait accepter qu’il envahisse toute sa vie. Ce qu’il ne comprenait pas. Depuis qu’il s’était mit en tête de lui porter secours Lou le brusquait. Il était déjà trop important à son équilibre pour qu’elle ne lui permette de prendre plus de pouvoir.


Décidée la belle se leva. Il s’en irait. Elle n’était ni en état, ni en humeur, de le recevoir ce soir. Ses chaussons frôlaient le parquet usé de sa maison. C’est ici qu’elle avait vu le jour dans la chambre de ses parents. Les domestiques s’en étaient allés durant le mois de juin. C’est elle qui gérait l’entretient des pièces où elle vivait encore un peu. Pourtant apparaissait déjà quelques signes d’abandon. Lou fuyait cette demeure tout en la chérissant.
Cordeline miaula prés de la porte d’entrée. La chatte de la famille qui approchait de la retraite. Son pelage d’un blanc de neige s’accordait très bien avec son ultime maîtresse. Comme toujours elle s’asseyait le nez levé vers la poignée. Elle avait comprit elle aussi qu’un jeune chevalier voulait franchir la frontière de leur territoire. La femme la regarda puis le bois de chêne. Peut être allait-il se décourager ? Elle rêvait.


La lanterne posée sur l’un des meubles de l’entrée. Ses yeux noirs couvaient un orage qu’il valait mieux éviter. Etant donné qu’il interrompait son travail –à une heure indue- il patienterait. La visitée prit son temps pour défaire le verrou. Ils ne s’étaient pas vus depuis presque une semaine. Elle l’évitait de son mieux. Malgré le manque cruel que ce comportement créait. Elle manquait de douceur et de raison pour leurs permettre d’incessantes confrontations. D’ailleurs elle le lui avait dit, de ne plus chercher à la voir pour quelques temps. Le temps que sa poitrine cesse de saigner, de pleurer, de détester la vie.
Il s’obstinait. Et en son fort intérieur Louisa savait que c’était l’amour qui le guidait. Mais c’était justement l’amour qui avait blessée la fileuse. Inutile de faire du mal à celui auquel elle tenait le plus sur cette terre. Mais Romain n’entendait pas. En grand chevalier il voulait la sauver. Le problème c’est qu’à ce jour Lou ne savait pas si elle voulait réellement l’être.
Il était là avec sa veste sur le dos. Son amante le jaugea sans rien montrer de ses émotions.


-« Que tu fais là ? Je t’ai bien dis que je voulais être tranquille. Rentres chez toi Romain. »


Il y avait dans ce ton l’écho de tout leur historique. Lou se montrait à la fois agacée et impatiente. Telle la jeune fille de vingt-quatre qu’elle pouvait parfois être. Elle n’avait aucune envie de se battre ce soir. Mais elle savait qu’il insisterait. Pour ne prendre aucun risque sa silhouette s’éloigna un peu. Elle ne quittait pas le palier pour lui faire comprendre qu’elle ne céderait pas de terrain. Il n’était pas le bienvenu. Elle lui en voulait de provoquer des disputes alors qu’elle était si malheureuse.


-« Je suis occupée. On se verra… un autre jour. D’accord ? »

Il y avait dans ce « d’accord » une insistance tout à fait intelligible. Ses yeux ne le quittaient pas. Il était beau avec son air butté. Un visage qui appelait des baisers. L’orgueil d’une Silvianov peut priver de beaucoup de chose. Sa main nue et parfois si tendre s’approchait de la poignée en signe d’au revoir.

*S'il te plait, ne nous complique pas les choses.*
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Dim 3 Oct 2010 - 12:48

Même en ce mois de Juillet, la nuit commençait à être fraiche. Peut-être à cause de tous ces nuages gris qui avaient recouvert le ciel durant toute la journée. Qu’importe, Romain n’était pas là pour songer ou parler du temps, des nuages et de la température. Pourtant, il n’avait que cela à faire en attendant sur le palier, car les minutes semblaient passer et rien ne bougeait… L’espace d’un moment, il songea à l’idée qu’elle désire ne pas répondre, car il savait qu’il avait instinctivement utilisé le code qu’ils avaient instauré un peu plus tôt. Elle savait donc que c’était lui, et avec ce qui s’était passé, elle ne désirait peut-être pas le voir… Son cœur se serra à cette idée, à l’idée qu’elle ne daigne même pas lui ouvrir. Qu’avait-il fait pour mériter un tel traitement ? Il était amoureux, d’une belle jeune femme indépendante, trop indépendante… Il savait que Louisa n’était pas du genre à se laisser faire, et il ne l’avait jamais complètement domptée, il ne l’avait jamais voulu. Il voulait l’aimer telle qu’elle était, mais pourquoi s’obstiner à refuser son aide ? Il ne désirait que l’aider, une fois, remettre les comptes de la boutique à jour, et ensuite il partirait, ensuite il ne l’aiderait plus, mais elle s’obstinait dans son abnégation alors que tout devenait plus difficile de jour en jour… S’en rendait-elle seulement compte ? Il ne désirait pas s’imposer dans sa vie, et même si elle représentait l’entièreté de la sienne, il savait qu’elle tenait à son indépendance. Mais cela ne justifiait pas de s’entêter à faire face seul à une crise dont elle n’avait aucun moyen de sortir victorieuse seule.

Enfin le verrou commençait à s’éveiller. Un instant l’espoir revint, celui de pouvoir revoir celle qu’il aimait et qu’il n’avait pas revu depuis maintenant plus d’une semaine. Il savait qu’elle l’évitait, et il s’était résolu à respecter son choix mais il ne pouvait continuer à la laisser s’enfoncer davantage dans les ennuis. Bon sang ! Il était là pour cela aussi, non ? A quoi bon aimer quelqu’un, si ce n’est pas pour le lui prouver dans les moments difficiles ? Pour l’aider à surmonter les obstacles en lui tendant une main secourable ? Quel était le mal ? Et où était le droit de refuser une telle aide à cause d’un égo mal placé ? Décidément, il aimait trop cette jeune femme… Beaucoup auraient déjà renoncés, il le savait, mais pas lui. Il savait qu’il s’agissait là de la femme de sa vie, et même si l’horreur avait jailli juste après cette nuit, elle restait la nuit la plus fantastique de son existence, et il espérait seulement qu’elle n’avait pas oublié la promesse qu’il lui avait faite cette nuit-là…

La porte s’ouvrit finalement et leurs regards se croisèrent… Une douche écossaise ne lui aurait pas l’effet qu’elle venait de lui faire. Elle semblait distante, rien ne transparaissait dans regard… L’espace d’un instant, il lui sembla être un parfait inconnu pour elle. Perdant pieds, il fut littéralement secoué par ses paroles. Rentrer chez lui ? Comme ça ? Rien de plus ? L’envoyait-elle vraiment sur les roses ? Il n’en crut pas ses oreilles, son regard exprima une détresse infinie. Il savait qu’elle devait encore lui en vouloir, c’était certain maintenant, mais il avait espéré que les jours qui s’étaient écoulés avaient entamé sa colère à son égard, mais il en n’était rien… Elle lui avoua être occupée, et qu’ils se reverraient un autre jour. Encore sonné, il ne trouva rien d’autres à dire, il était complètement perdu. Etait-ce face à l’absence de sentiments dans son regard ? Il avait l’impression de n’être plus rien, d’avoir perdu la seule chose qui valait le devoir de se sacrifier pour elle… Il ne put rien faire alors qu’elle fermait la porte. Il voulait crier pour la retenir, bouger pour l’empêcher de le faire, mais son corps resta figé là, dans une expression d’incompréhension totale…

Lorsque la porte claqua, il reprit un peu ses esprits. Il allait d’ailleurs frapper immédiatement à nouveau à la porte mais s’en empêcha… Son espoir ruiné, il allait remonter sur son cheval et rentrer, comme elle le lui avait demandé, ordonné peut-être. Tandis qu’il passait une main sur le museau de son étalon, il reprit enfin totalement ses esprits. Comment pouvait-il abandonner là ? Sans rien dire, sans rien faire ? N’était-il pas un Zimmerman ? N’était-il pas aussi têtu qu’elle, sinon plus ?! Il fit récupéra une pomme dans la sacoche de sa selle, la donna à son cheval, puis tourna les talons et rentra à nouveau dans la cour de la maison des Maulne. Sans se soucier du reste, il cria :


« - Louisa, je t’en prie, écoute-moi. Accepte mon aide, je t’en supplie. Je ne veux pas me rendre indispensable, je veux juste t’aider. Tu en as besoin, nous le savons tous les deux, ne te détourne pas de moi, je t’en supplie. »

Il ne savait pas si elle l’avait entendu ou non, mais il se doutait qu’il n’aurait pas de réponses. Il continua :

« - Louisa, te souviens-tu de cette promesse que je t’ai faite il y a trois mois ? Je ne compte pas manquer à ma parole. Je t’aime Louisa, et tu as besoin de moi. »

Il resta là, planté au milieu de la cour. Sans bouger, le souffle un peu court, et attendit. Même s’il devait attendre la nuit entière, il le ferait. Même s’il devait attendre des jours entiers, il le ferait. Qu’importe le temps, les jours, les heures, il attendrait. Et, comme en signe de défi, le ciel commença à faire tomber la pluie. Comme des cordes, elles s’abattaient sur Forbach, mais Romain n’en avait que faire. Son étalon était à l’abri, et lui, il attendrait, quoiqu’il arrive.
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Dim 3 Oct 2010 - 14:35


*Mon pauvre amour.*


Il était bien difficile de tenir tête à un être aimé. Lou ne craqua qu’une fois la porte repoussée. Sur ses jolis traits se dessina un peu de chagrin, le temps d’une pensée. Jean le lui avait dit. Mademoiselle était trop dure avec les siens. A s’obstiner ainsi, c’est seule et acariâtre, qu’elle finirait sa vie. Ils ne comprenaient pas. Ils ne comprenaient pas à quel point, elle avait peur de compter sur les autres. Avec son frère s’était une partie d’elle qui était partie. L’idée de souffrir à nouveau lui était insupportable.
Cette nuit là, dans ses bras, abandonnée. C’était comme si son âme avait frémie de bonheur. Un état qu’elle croyait ne jamais éprouver. Louisa aimait avec force. Une force qui la dépassait tout entière et dont elle ne savait que faire. Que faire si un coup du sort lui arrachait cet homme ? Après lui avoir prit son père. C’était trop dur de prendre le risque. C’était terriblement égoïste. En lui interdisant de l’aider elle imposait une distance qu’elle espérait secourable.
L’animal la guida jusqu’au salon où brulait un feu de cheminé. La propriétaire s’enfonça dans le fauteuil où sa mère aimait à se reposer après une longue journée. Comme tout lui paraissait détaché à présent. Il n’y avait que les réminiscences pour faire exister cet endroit. Qu’allait devenir cette jeune entêtée ?


La supplique de Romain la sortie de ses réflexions sans prévenir. Il continuait avec cette idée absurde. Se croyait-il « son » sauveur ? Elle ne lui avait rien demandé. Les sourcils froncés mademoiselle Maulne regardait la fenêtre. Depuis son adolescence elle ne comptait plus sur les héros de roman. C’était bien mieux ainsi. De quoi éviter de cuisantes déceptions.
Et puis se mêlait-elle des plantations, elle ? Non. Chacun son domaine baron ! Lou ne bougeait pas d’un cil. Il partirait, il se lasserait de l’attendre, elle le lui souhaitait quelque part. Qu’importe la sérénade de cartésien. Il fallait –juste- qu’il lui offre le temps de reprendre pied. Ce n’était pas trop demander. Si ?
Elle était fière oui. On lui avait apprit la débrouillardise. Louisa y arriverait un point c’est tout ! Elle survivrait au deuil et aux soucis. Il n’y avait pas d’autres choix. La pluie claqua contre les vitres pour achever le serment de l’amant. Bien sur que la belle se souvenait. Une promesse est une promesse. Ses yeux fixés sur la danse des flammes. Peut être étaient-ils allés trop vite tous les deux ? Comme deux enfants trop heureux. Elle ne savait plus vraiment.
C’est la chatte qui monta la garde sur le rebord de la fenêtre. Au bout de quelques minutes l’air implosa. Enfin toute la chaleur des derniers jours rendaient l’espace à l’eau. Une eau purificatrice. Peut être les muguets retrouveraient ainsi leur beauté d’avant ? La poitrine bloquée par une douleur. Pourquoi son mal ne s’apaisait-il pas ? C’était aussi cela qui la rendait moins efficace, n’est-ce pas ? Peut être que reprendre la couture lui ferait du bien. Cela avait aidée sa mère.


Lou rejoignit Cordeline en repoussant le rideau du salon. Son beau baron n’avait pas bougé d’un pouce. Impossible. En secouant la tête elle prit sa décision. Quelque soit sa rancœur elle ne permettrait pas que cet homme tombe malade. Jamais. Michael avait marqué sa vie, à jamais, par ses longs jours de souffrance. Jamais plus Louisa ne voulait revivre cela. Surtout pas avec cet amour passionné. Oui c’était bien le mot…
Sa main s’arrêta sur l’une des couvertures. Puis la demoiselle descendit et alla ouvrir la porte d’entrée. Son regard se posa sur lui avec un peu d’inquiétude. Sans un mot sa silhouette libéra l’encadrement pour lui montrer le hall de la maison. Dés qu’il fût au sec l’hôtesse forcée les enferma. Sans desserrer les dents elle posa sur ses épaules le tissu chaud. Sa voix n’était plus glaciale. Un semblant d’armistice où se cachait encore toute sa tendresse.


-« Le salon est chauffé. Je vais te faire un peu de vin chaud. »


Sur quoi Lou reprit sa lanterne et se dirigea vers la cuisine de la bâtisse. Le compagnon domestique sur les talons elle s’activa en silence. Depuis quand n’avait-elle plus jouée de piano d’ailleurs ? Le poêle fût rallumé par des actions presque automatiques. Il n’y avait plus d’entrain en cette femme depuis qu’elle avait assisté au quatre enterrements.
Le breuvage fût prêt en quelques minutes envahissant la pièce d’une délicieuse odeur de cannelle. La tasse apportée et tendue sans un mot. Elle le regarda debout face à lui. Devait-elle lui dire les choses encore une fois pour tenter de crever un abcès ? En essayant de retrouver de sa patience la demoiselle expliqua.


-« J’ai besoin de toi, mais je n’ai pas besoin d’être « assistée » Romain.
Je t’aime.
Mais je veux me débrouiller. Il faut que j’apprenne, à être ma seule responsable, maintenant qu’ils ne sont plus là. Comprends-moi un peu.
Il faut que j’apprenne à survivre, sans eux, sans toi aussi. »


Ce n’était pas un a dieu ça non. C’était juste une tentative pour sortir la tête d’un cauchemar. Si ce tendre baron s’en allait un jour il fallait qu’elle s’en sorte, encore une fois. Son opinion ne changerait pas. Doucement elle alla s’assoir et le regarda avec sérieux. Entendait-il un peu ?
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Lun 4 Oct 2010 - 20:18

Il n’était pas sur qu’elle ouvrirait. Il n’était même pas sûr qu’elle l’avait ne serait-ce qu’entendu. Il s’en était remis à la providence. Même cartésien, il croyait au hasard et aux coïncidences, des évènements particuliers et assez rares, mais qui pouvaient arriver, de temps en temps. Là il avait compté sur la chance, mais, au-delà de la chance, c’était surtout son abnégation qui l’avait poussé à rester ici, même sous la pluie, alors qu’elle tombait drue sur la ville maintenant. Il n’avait pas fallu beaucoup de temps avant qu’il ne soit complètement trempé, car même les plus épais des vêtements finissaient toujours par être mouillés. La fraicheur de la nuit, renforcée par la pluie, commençait à le faire frissonner. Mais il se faisait une raison, et son amour pour Louisa le réchauffait amplement. Il lui suffisait de penser à cette nuit du premier mai. Cette nuit qu’ils avaient passé tous les deux, ensemble, seuls à seuls. Cette nuit avait été magique pour lui. Lorsqu’il fermait les yeux, il ressentait encore la chaleur de son corps contre le sien, la douceur de sa peau contre la sienne. Il revoyait son regard, et il aurait pu s’y perdre, encore et encore, sans que jamais cela ne lui importe véritablement. Il l’aimait, et alors que la pluie ruisselait sur son visage, c’était la seule chose qui importait maintenant. Et, quoiqu’elle puisse dire, elle avait besoin d’aide. Même pour une unique fois, même si cela devait être la dernière, il ne pouvait pas la laisser sombrer, ni s’entêter à sombrer seule. Il l’aimait, elle le savait, pourquoi ne pouvait-elle pas accepter l’idée qu’il l’aide quand les choses ne vont pas bien ?

Il ressassait mille questions quand la porte s’ouvrit. Sous la pluie, il ne manqua tout de même pas de distinguer Louisa, qui s’écarta sans un mot de la porte. Il prit cela comme une invitation à rentrer et se dirigea vers la maison d’un pas calme mais pressé. Dégoulinant d’eau de pluie, il se fit discret tandis que la jeune femme refermait le loquet. Il ne pipa mot alors qu’elle posait la couverture sur ses épaules. L’espace d’un instant, il se sentit extrêmement coupable de ce qu’il venait de faire mais en même temps il désirait tellement la voir qu’il aurait fait tout ce qu’il était imaginable de faire, et même plus, pour l’avoir aussi près de lui qu’en cet instant. Certes elle n’avait pas ce sourire qu’elle avait eu ce soir-là, mais elle était là, devant lui, et c’était déjà pas mal. Elle lui conseilla d’aller dans le salon, qui était chauffé, visiblement pour se sécher. Il n’était pas vraiment contre. Même s’il aurait pu lutter des heures contre le froid, son corps refusait, maintenant que l’esprit était « parvenu à ses fins », en bloc de continuer à servir de martyr. Romain s’exécuta sans dire un mot. Il arriva dans le salon et s’approcha de la cheminée. Il y rencontra Cordeline et lui accorda quelques caresses qu’elle accepta dans un ronronnement grave et câlin. Il continua ensuite à se sécher jusqu’à ce que Louisa revienne avec une tasse fumante de laquelle se dégageait une odeur plus qu’agréable. Il se saisit de la tasse non sans un regard légèrement éhonté et il se demandait comment il allait rompre ce silence.

Ce fut finalement elle qui le fit, même si ses propos étaient plus ou moins un résumé de ce qu’elle lui avait déjà dit quelques jours plus tôt. Il baissa la tête vers sa tasse et répondit, avec douceur, avec tout l’amour qu’il avait pour elle :


« - Louisa… Je sais que tu veux être indépendante, libre, et que tu veux te débrouiller par toi-même. Je suis surement le mieux placé pour le savoir, et je ne suis pas contre cette idée. J’aimerais juste que tu comprennes mon point de vue. »

Il marqua une petite pause puis reprit, plongeant son regard dans le sien.

« - Je ne peux qu’imaginer ta douleur, car même moi je n’ai pas vécu une telle situation. Ce que je sais, c’est que tu as des difficultés et que c’est difficile pour moi de te voir te débattre avec elle seule. Je t’aime Louisa, je t’aime plus que tout au monde. Tu es la femme de ma vie et je refuse de rester de côté à rien faire… J’aimerais t’aider, juste cette fois. Après c’est promis, je ne ferai plus rien si c’est ce que tu désires… »

Il sembla hésiter un instant…

« - Je veux juste t’aider à faire les comptes, remettre tout à plat et te laisser faire comme tu l’entends sur des bases saines. Peut-être t’apprendre à appréhender les petits détails exaspérants de la comptabilité… C’est tout. Louisa… Je t’en prie… Je ne supporte pas de te voir comme ça, et de ne pouvoir rien faire. »
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Mar 5 Oct 2010 - 16:27

Visage baissé il lui répondit de ce ton calme qu’on les parents. Les yeux noirs le regardaient, suivant le mouvement de ces lèvres. Parfois Lou se prenait à les observer sans vraiment écouter. Oui quelques fois elle voulait juste épier ce visage dont la beauté l’avait envoutée. Telle une enfant distraite par un tour de magie. Il était si apaisant d’ordinaire. Il s’était montré d’une patience à toute épreuve avec elle. Ce soir encore il voulait être doux.
Oui… il ne comprenait que trop bien, les aspirations de la jeune femme. Il avait perdu sa mère, beaucoup trop tôt. A moitié orphelin sans avoir réellement commencé sa vie d’adulte. Blessé à jamais par cette privation injuste. Céleste, Louisa, avait adoré ce prénom dés qu’elle l’avait entendu. Combien elle aurait aimé connaître madame Zimmerman. Connaître celle qui avait éduqué ce chevalier au cœur tendre. Mais ni mère, ni père ne pourrait un jour lui parler du petit garçon qu’il avait été.


-« Ho non Romain, ce n’est pas ce que je voulais dire, je sais combien tu souffres d’avoir perdu tes parents. »


Lou s’en voulu de l’amener à minimiser sa propre histoire. Il voulait la réconforter. Quelque part, au fond, elle éprouvait de la reconnaissance. Mais pourquoi fallait-il que ce soit à son propre détriment à lui ? Têtue, la fileuse voulait le rassurer. Leur faire entendre, à tous deux, que ses « difficultés » n’étaient pas grands choses. Qu’il n’avait pas à tout prendre à charge. Louisa n’accepterait jamais de devenir une impotente. Son orgueil mêlé à de la vanité réfuta avec véhémence.
–« Mais depuis que Michael n’était plus là, je m’occupais déjà de presque tout. Pourquoi ces maudis chiffres me résisteraient ? Je ne suis pas idiote. Je peux y arriver. »


Un sourire presque triste cueillit la déclaration du beau baron. Le quel des deux, était-il, le plus fou d’amour ? Louisa l‘ignorait. Mais son esprit raisonnable (et défaitiste) ne voulait surtout pas se poser cette question, encore moins se projeter. Leur histoire ne durait que depuis quelques mois. Ils ne se voyaient pas assez -aussi souvent qu’il l’aurait fallu- pour savoir, si le quotidien ne détruirait pas cette belle passion. Mademoiselle manquait cruellement d’espoir. Les miracles étaient pour les chanceux, les riches, les privilégiés.
Ils s’aimaient. A travers des lettres, des diners, des rencontres, une nuit. Romain supporterait-il toujours, le poids, posé sur le cœur de son amante ? Malgré lui, sa présence, sa loyauté, la demoiselle ne voyait qu’un long et pénible chemin jusqu’au paradis. Si elle n’avait plus à se battre, contre des choses concrètes, que lui restait-il pour remplir tout ce vide ? Une réflexion tapie au creux de son esprit qui l’angoissait depuis des semaines. Tout cela la maintenant dans un état d’esprit désagréable et destructeur. Pour quoi vivre ?
Puisque ni l’homme, ni la femme, ne savaient pour l’heure le bonheur qui les attendaient.
-« Mon amour, tu ne fais pas rien. Sans ta présence je serais déjà allée les rejoindre cent fois. J’ai peur Romain. J’ai peur de perdre l’envie de me battre. Je n’ai que de la colère à offrir et des larmes. Je déteste ce que je suis entrain de devenir.
Je déteste te faire du mal. »



L’aider. Il ne voulait que cela. Sauver une entreprise que toute la ville boudait. Cette discussion les menait vers les mêmes conclusions que la dernière fois. Il fallait saisir la main secourable et réinvestir l’existence. Pourquoi ? Pour que, dans deux ans, un nouveau cataclysme rase le Fil Blanc ? Non, c’était trop facile. Nastasia l’avait quittée. Louisa allait être isolée.
-« A quoi bon faire quoi que ce soit ? C’est vrai. A quoi bon, faire « comme avant » ? Je vais passer ma vie à faire semblant d’être heureuse ?
Je veux juste qu’ils reviennent, tu comprends ? Je veux juste, que tout soit comme avant.
Ils n’avaient pas le droit de faire ça. Ils n’avaient pas le droit de m’abandonner !"

La colère. Enfin. Celle qui germait depuis le départ du fiacre pour la Russie. Le ton était monté d’un coup. Incapable de pleurer elle accusait. Ses iris devenus des éclairs. L’image d’une démone qui retenait quelque malédiction. C’était au-dessus de ses forces tout cela. Son cœur se contractait sous les remords, les regrets, vils poisons de la paix. La pluie qui tambourinait donnait son rythme cardiaque.
Peut être son bel amour allait-il pensé qu’elle l’oubliait. C’était de son sang dont il était question à présent. C’était toute son histoire qui s’enfonçait dans un abîme. Sans qu’elle ne puisse la freiner cette ire se répercutait contre ce compagnon. Injustement c’est lui qui prenait les coups. Lou montrait les dents et ne s’en excusait pas. Comme si la douleur lui donnait toute liberté. Pouvait-on seulement raisonner une louve estropiée ? L’amadouée ? Impossible. Un éclair passa dans le ciel. La nuit l'entendait peut être.


-« Qu’est-ce que je vais faire ? « Dis-moi » quoi faire, Romain. »
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Sam 9 Oct 2010 - 22:24

Romain ne quitta pas des yeux la femme qui avait prit possession de son cœur. Il n’arrivait pas à se défaire d’elle, quoiqu’il fasse. Il la savait en détresse, il voulait l’aider, mais elle le rejetait. Ce qu’il disait, il le pensait. Il n’avait jamais pu lui mentir. Jamais. Le pourrait-il seulement ? Il n’en savait rien, mais il en doutait fortement. Il ressentit le sentiment d’excuse qu’il avait provoqué chez elle, mais ce n’était pas ce qu’il désirait. Non, loin de là.

« - Moi je disais ce que je voulais dire. Ma mère et mon père ont été très importants pour moi, mais mon père a eu une vie bien remplie, et même si ma mère m’a été arrachée brutalement, je n’ai pas souffert autant que toi. Ne culpabilise pas, je sais que ce n’est pas ce que tu voulais dire. »

Romain avait beaucoup souffert de la perte de sa mère et de son père, mais ce n’était pas le moment de discuter de cela. Il n’était pas question de faire du chantage sentimental. Et, qui plus est, il avait eu le temps de faire son deuil, et ne les avait pas perdus en même temps, comme Louisa. Il ne pouvait qu’imaginer sa peine, les sentiments qui étaient les siens en cet instant, mais s’il avait appris une chose, c’était qu’il fallait aller de l’avant, toujours.

« - Laisse moi t’aider, juste pour remettre de l’ordre dans ses chiffres. Nous savons toi et moi que tu es loin d’être idiote, mais tu as la tête ailleurs, et c’est compréhensible. »

Pourquoi désirait-elle ardemment tout faire toute seule ? Elle n’était pas une impotente, ni une idiote, et il ne comptait pas tout faire pour elle. Il voulait juste l’aider, pour cette fois, car il savait qu’elle en avait besoin. Même malgré cela, le Fil Blanc resterait l’entreprise de Louisa, car c’était elle qui faisait les robes, c’était elle qui offrait du bonheur en tissu à ses clients et surtout à ses clientes. Les comptes ne sont pas intéressants, et même s’il fallait les tenir pour que l’entreprise reste à flot, l’important c’était la valeur ajoutée que la jeune femme apportait, pas les petits livres remplis de chiffres.

Quand Louisa lui affirma qu’il ne faisait pas rien, il esquissa un sourire et voulu passer une main douce sur sa joue mais il réprima cette envie. Il était encore mouillé et la suite des paroles de la jeune femme le fit frissonner. Ses paroles étaient glacées, froide comme la colère qu’elle couvait et qui explosait petit à petit. Comment pouvait-elle dire cela en face de lui ? Comment pouvait-elle lui demander à quoi bon « vivre » alors qu’il l’aimait plus que tout et qu’il avait déjà secrètement imaginé passer le reste de sa vie avec elle. Un rêve qui l’avait frôlé cette fameuse nuit du premier mai… Lorsqu’elle lui demanda quoi faire, il parut légèrement désemparé. Il posa la tasse de vin chaud sur une table proche, et revint vers elle. Vérifiant que ses mains étaient sèches, il les posa sur ses épaules, son regard fermement posé dans le sien.


« - Rien ne sera comme avant, jamais. Moi aussi j’ai fait ce souhait un jour, mais cela ne sert à rien. Et même si je le déplore, on ne peut changer ce qui est fait. »

Il marqua une pause, mais n’en sembla pas moins déterminé.

« - Si je dois te dire de faire une chose, c’est de ne pas abandonner. A quoi bon vivre me demandes-tu ? Ne suis-je pas une bonne raison pour cela ? Je ne veux pas te paraître égoïste, mais je t’aime, je t’aime à en devenir fou. Pourquoi ne vivrais-tu pas pour cela ? Je sais que tu n’as pas que de la colère et des larmes à offrir, je le sais, car tu me l’as montré. Tu m’as montré que tu étais une femme merveilleuse et il ne tient qu’à toi de vivre pour toi, pour l’avenir, pour nous. »
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Lun 11 Oct 2010 - 14:11

Le trouble que mademoiselle Maulne provoque chez son interlocuteur ne l’atteint pas. Puisqu’elle n’attend aucune solution. Enfermée dans un malheur qu’elle ne veut pas réellement quitter. Cette force tragique qui la maintient dans une sorte de folie. Regretter chacun d’eux, c’est un peu, les faire exister. Alors Louisa veut penser à son frère, son père, sa belle-sœur et même ses nièces. Elle veut que dans ces imprécations ils deviennent tangibles. Qu’elle puisse les serrer dans ses bras.
Comme Romain qui, à l’instant, lui saisissait les épaules avec fermeté. Il est un roc. Ce geste la secoue toute entière. Les mains de Romain. Celles qui lui étaient si belles et si fortes. Celles qui l’avaient supportée, maintenue, parcourue, aimée. Lou essaya de s’accrocher à cette chaleur qu’elles lui donnaient. Dans ces yeux gris elle cherchait son salue.
Pourtant… L’inéluctable vérité qui accompagna ce geste lui fit l’effet d’un coup de couteau. En plein poumon, lui coupant le souffle, avec méchanceté. Quelle violence. Non ! Il ne pouvait pas renoncer aussi facilement. Il ne pouvait pas chercher à LA faire renoncer. C’était impossible. Pourquoi ? Lui qui était normalement si optimiste. Comment pouvait-il lui asséner ce coup là ? Il voulait la faire mourir de chagrin…


Toute son âme se souleva contre ces quelques mots. Le cerveau en effervescence. Il cherchait un recourt. Il y avait une autre fin possible. Louisa ne pouvait pas vivre sans eux. Dans sa tristesse elle pensa aux recours les plus absurdes. Un instant se dirigeant vers ce Dieu qui les lui avait arrachés. Prête à n’importe quoi, pour contredire, ce verdict affreux.
Luttant, de toutes ses forces, contre la réalité.


-« Je ne veux pas entendre ça. Je ne veux pas !
Je veux… je…trouverai un moyen. Je demanderai aux sorcières. Oui ! Elles ont puent. Te souviens-tu ? Elles ont pu ramener les morts une fois ! C’est ça ! Romain, Romain elles pourraient recommencer !
Si je les supplie. Je pourrai trouver de l’argent. Ce qu’elles voudront. Romain elles doivent pouvoir faire « cela ». Je leur donnerai tout ce qu’elles veulent.
Violaine, et Vera, elles sont si petites, si innocentes… je m’occuperai d’elles s’il le faut.
C’est injuste.



Un délire grandissant. Une flamme s’allumait dans ses yeux noirs. Il lui suffisait d’en trouver une. Une seule. Et de lui demander, de supplier, d’exiger, de menacer. Une Silvianov obtient toujours ce qu’elle désir. Un nom en premier lui venait : Laura. Laura de Monfort, cette belle noble, qui venait depuis quelques mois à la boutique. Oui. Il y avait quelque chose de mystérieux chez cette dame. Quelque chose de secret. C’était bien assez pour nourrir l’espoir de la couturière. D’ailleurs elle connaissait son adresse puisqu’elle avait fait livré un chapeau il n’y a pas longtemps. Avant que tout ne commence…


La voix du jeune homme… Il voulait passer pour l’égoïste. Il inversait les rôles. Sa douceur n’y ferait rien. Lou savait.


-« Non. Non, je ne suis pas « merveilleuse ». Je suis la pire des égoïstes. J’ai... Je n’étais pas là, avec eux. Je n’ai fais qu’écouter mon amour de toi. Je n’ai pensé qu’à toi. Je les ai délaissés.
Ils sont morts sans moi. Ils sont morts loin de moi. En souffrant. Je n’étais pas là Romain !
J’aurais dû. J’aurais dû être avec eux.



Enfin. La culpabilité. Le sentiment le plus fort. Il lui dévorait les entrailles depuis plus d’un mois.
Il y eu une fêlure en elle. C’était « cela » le plus dur. Savoir qu’elle était en vie, en vie sans eux. Comment se résoudre à cette idée ? Louisa ne comprenait pas. Petit à petit elle se détestait de simplement pouvoir respirer. De simplement pouvoir penser à eux. De désirer aimer l’homme qui était face à elle. De garder de cette nuit le souvenir d’un paradis. De leur amour un inébranlable sentiment d’amour. Elle n’avait pas le droit à tout cela.
Un miaulement dans la nuit. Cordeline acquiesçait avec sérénité. Louisa Maulne avait l’âme en sang. Les murs de la demeure en paraissaient miséreux. Plus de mère pour lui offrir la possibilité de se racheter. Son baron qui lui offrait l’amour et la paix. Il était bon avec elle. Si bon qu’il la mettait en colère. On ne donnait pas la rédemption à une femme comme elle. Une gamine qui résistait à la mort. Voilà ce que Lou était. Des chaines diaboliques étaient entrain de se nouer.


La belle essaya de se dégager. Sa confession faite. Elle ne se sentait plus que vide.
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Sam 23 Oct 2010 - 19:01

Elle devenait complètement folle. Son délire était visible pourtant elle semblait y croire dur comme fer. Romain n’y croyait pas. Louisa semblait tellement accrochée au passé qu’elle était prête à supplier les sorcières pour replonger Forbach dans une époque sombre et malsaine rien que pour retrouver sa famille. Bien entendu, il la comprenait un peu, mais comment pouvoir souhaiter la fin du monde rien que pour retrouver des êtres perdus. L’espace d’un instant il essaya d’imaginer la chose, mais son esprit rationnel le refusait ardemment. Il était impossible de laisser faire une telle chose, on ne pouvait pas sacrifier le futur pour revivre une partie du passé. Ce qui était fait était fait, on ne pouvait pas revenir en arrière. Lui aussi aurait voulu redonner vie à sa mère, redonner vie à son père, mais sa tante avait raison, il fallait avancer, pour eux, et surtout pour lui. On ne pouvait pas vivre dans le passé, ou alors on devenait fou, et l’on finissait par vivre hors du monde, hors du temps, hors de tout. Heureusement qu’elle avait réussi à lui faire comprendre cela, sinon il ne serait surement pas devenu ce qu’il était devenu aujourd’hui. Mais c’était loin d’être aussi ancré dans son esprit comme cela semblait être le cas dans celui de Louisa. Elle avait l’air complètement désespérée, prête à tout pour remonter dans le temps, convaincue de son égoïsme, rendue coupable de ne pas être morte le même jour que sa famille. S’écoutait-elle seulement parler ? Se rendait-elle compte à quel point ce qu’elle disait était un pur non-sens ? Romain n’aurait su le dire pourtant cela ne semblait pas être le cas. Lorsqu’elle tenta de se dégager, il la retint, à la fois tendrement et fortement. Non, non il ne pouvait pas la laisser comme cela. Même si tout ce qui comptait c’était sa famille disparue et non lui, il ne pouvait pas la laisser continuer en ce sens…

« - Te rends-tu compte de l’absurdité de ce que tu dis ? Te rends-tu seulement compte du non-sens de tes dires ? Ne vois-tu pas à quel point ce que tu dis est stupide et vain ? »

Il s’emportait. Cela lui arrivait rarement, mais il commençait à bouillir, à bouillir de voir ce qu’elle devenait, ce qu’il ne voulait pas qu’elle devienne. Il l’aimait, il ne pouvait pas la laisser comme ça, sans rien faire, sans se battre.

« - Souhaiterais-tu donc l’Apocalypse rien que pour revoir tes proches disparus ? Sacrifierais-tu le présent et l’avenir du monde entier pour revivre quelques instants de ton passé ? »

Il marqua une pause mais ne lui laissa pas le temps de répondre. D’un ton plus doux il reprit.

« - Je ne les ai connus que trop peu, je le sais. Je me doute à quel point ils étaient importants pour toi, mais tu ne peux pas vivre dans le passé. Personne ne le peut. »

Il plongea son regard dans le sien.

« - Ressaisis-toi, ouvre les yeux. Trouve la volonté de te tourner vers l’avenir, même si je ne suis pas un motif suffisant pour cela, il faut que tu regardes vers l’avant. Ne te laisse pas abattre. Comment peux-tu souhaiter mourir ? Comment peut-on préférer la mort à la vie ? Explique-moi comment tu peux justifier une pareille absurdité ? Tu crois sincèrement que ton père aurait souhaité que tu meures avec lui ? Ne crois-tu pas qu’il préfère que tu sois en vie, que tu puisses vivre ta vie ? Ne songes donc tu pas qu’il puisse préférer que sa fille vive sa vie plutôt que de la voir morte à ses côtés ? Tu n’as pas été égoïste, et personne ne te blâmera pour la décision que tu as prises ce jour-là. »
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Sam 23 Oct 2010 - 21:09

La poigne de Romain la prit par surprise. La fermeté était une chose dont il n’usait presque jamais envers mademoiselle Maulne. Parce que ce n’était pas dans son tempérament d’abord. Parce que sa force physique était de fait supérieure à celle de sa compagne ensuite. Même en plein délire Louisa savait qu’il ne lui ferait jamais intentionnellement du mal. Jamais.
Elle vit dans les prunelles perles venir de la colère. Cette réaction plus que toutes les autres faisait son effet. C’était elle la coléreuse de ce couple. Son bel amant le patient conseillé. La manière dont il qualifia son idée la déstabilisa aussi rapidement qu’une tornade. Absurdité, non-sens, stupide, vain, autant de mot qu’elle prenait pour des attaques. Lou était sonnée.

Sacrifier l’univers des hommes pour des morts. Parfaitement. C’est bien ce qu’elle avait dit. Et, pourquoi pas, hein ? Tout ces hommes d’Eglise avait bien sacrifié la paix de Forbach. Combien d’hommes avaient sacrifié des armées entières par simple désir de conquête ? Combien ! Sa motivation au moins était humaine. Elle lui paraissait même juste.
Elle voulait le lui dire. Elle vouait le lui hurler à la figure. Mais il lui parlait encore. Avec plus de douceur et cela la retient un peu. Parce que la douceur de cet homme était son ultime repère. Il voulait lui faire croire que c’était impossible. Si. Bien sur que si elle le pourrait. Elle était Louisa Maulne. Elle était Irina Silvanov. La folie la rendait terriblement orgueilleuse. Mais pourquoi la contredire ? Pourquoi ne pas la soutenir comme toutes ces autres fois ? Il devait y croire avec elle. Il était l’homme de sa vie après tout !


La jeune femme se sentait désolée. Si désolée de ne pas être assez forte pour lui.
Il faisait appelle à Jean Maulne à présent. La seule autorité que Louisa n’avait jamais au grand jamais remise en cause. L’homme qu’elle admirerait jusqu’à la fin des temps. Son père. Avec entêtement elle secoua la tête lorsque le visage de celui-ci s’imposa à elle. Des larmes de rages et de désespoir lui brouillaient la vue. Non ! Romain ne pouvait pas faire cela.
Mais Lou sentait déjà l’impact de cet argument agir. Elle se souvenait de leur dernière conversation. Il lui avait demandé des nouvelles de cet homme qui voulait la sauver. Il lui avait parlé du mariage et d’enfant. Il avait eu l’air si heureux pour elle.


Ce jour là. Ce jour là elle s’était faite la promesse, d’aimer un baron à en perdre la raison.


Louisa pleura. Elle pleura. Son corps se laissa aller contre celui de son amant. Il était secoué par des sanglots incontrôlables. Elle les pleura tous. Libérant son âme de leur emprise viscérale. Ce fût long. Long et épuisant pour chacun d’eux. Quand elle n’eut plus d’eau pour pleurer, elle pleura encore. Jusqu’à ce que son corps n’en puisse plus. Jusqu’à ce que les forces l’abandonnent. Véritable poupée de chiffon que la tristesse avait achevée.
Dans ses bras le calme revint. Elle n’avait plus la force de faire un geste.


-« Restes avec moi. »


Un murmure. Un tout petit murmure pour la dernière heure de la nuit. Une supplique enfin. La tête lourde, les yeux gonflés, la poitrine douloureuse, mais enfin apaisée. Elle n’osait pas quitter le creux chaud de ce cou. Malgré l’épuisement elle avait conscience d’avoir dit des choses affreuses. Des mots méchants. Tout contre lui elle respira sa peau. Il était toujours là.


-« Un avenir avec, tous les deux… Je… je n’y arriverais pas sans toi. »


Nous y voilà ! Une jolie chatte aux yeux verts sembla lever les yeux au ciel d’amusement. Une jeune femme venait d’apprendre quelque chose indispensable.
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Sam 23 Oct 2010 - 22:03

Enfin… Enfin elle sembla retrouver la raison. Lorsque ses larmes commencèrent à couler, Romain ne savait pas encore qu’il avait réussi à convaincre la jeune femme de revenir sur sa position, il ne savait pas qu’il venait de la ramener à la réalité, à la raison. Tandis qu’elle se laissait aller contre lui, il l’accueillit à bras ouvert, l’enlaçant tendrement. Il comprit bien assez tôt que son besoin de pleurer était viscéral, qu’elle ne faisait qu’évacuer toute la peine qu’elle retenait en elle depuis bien trop longtemps maintenant. Il ne dit rien, ne fit rien d’autres que la garder contre lui, la soutenir de sa présence, l’aider en étant simplement là. L’orage dehors était déjà passé, ne restait qu’une pluie battante, qui comme un écho aux pleurs de la douce Louisa, battait contre les fenêtres de la maison des Maulnes. Romain ne put dire combien de temps cela dura, peut-être plusieurs minutes, peut-être plus. Il s’était contenté de rester là pour elle, jusqu’à ce que le besoin de pleurer ne se fasse plus aussi grand, jusqu’à ce que sa respiration se calme et que les pleurs tarissent. La voir pleurer était un moment très difficile, et bien qu’il savait qu’il était nécessaire, Romain ne pouvait se jurer de ne jamais la faire pleurer à nouveau. Louisa méritait d’être heureuse et il ferait tout pour qu’elle ne verse jamais une larme de plus, pour que toujours resplendisse son sourire, tel le soleil d’été qui caresse de ses rayons le dormeur au petit jour pour le réveiller en douceur.

Lorsqu’enfin elle sembla se calmer, elle semblait à bout de forces, vidée de son énergie comme de toutes ses larmes. Mais le murmure qui s’échappa de ses lèvres et vint se loger dans les oreilles de Romain prit un sens important pour le jeune homme. Elle était enfin libérée de son passé. Cela avait été douloureux, difficile, mais elle avait compris. Elle avait pleuré et maintenant elle était en paix. Enfin du moins l’espérait-il. En réponse à sa supplique, il la serra davantage dans ses bras, d’une étreinte passionnelle. Ce geste valait tous les mots du monde. Jamais il ne la quitterait, et encore moins dans un moment pareil. Louisa Maulne venait de lui demander de rester, de lui demander d’être là. Lorsque l’on connaissait la jeune femme et son indépendance, on savait qu’une telle demande représentait. Romain serait toujours là pour elle, quoiqu’il arrive. Seule la mort pourrait rompre cet engagement silencieux qu’il avait prit pour elle, et l’espace d’un instant il se surprit à rêver que même la mort n’y parviendrait pas totalement.

D’autres mots s’échappèrent des lèvres de la jeune femme et Romain ne put s’empêcher de sourire tendrement. Sans bouger, sans rompre l’étreinte, il répondit doucement, tout doucement, comme pour ne pas briser cet instant :


« - Alors, nous réussirons à deux. Toi et moi. »

Il n’y avait rien de plus à ajouter. Tout ce qu’elle avait pu dire ou faire n’avait plus d’importance. Chacun avait le droit à des moments d’égarements, et après ce que Louisa venait d’endurer, c’était plus que pardonnable. Romain ne se formalisait pas davantage car il savait que Louisa regrettait déjà ce qu’elle avait pu dire de méchant à son égard, inutile donc de remuer le couteau dans la plaie. Dans un geste tendre, il prit la jeune femme dans ses bras et l’emmena en silence dans la chambre, qu’il avait déjà entrevu une fois. Arrivé près du lit, il dégagea les draps d’une main puis y redéposa la jeune femme tendrement. Il enleva ses chaussures et remonta les draps sur elle. Il scruta ensuite la pièce et aperçut l’objet de ses convoitises. Traversant la pièce, il attrapa une chaise par son dossier et la plaça aux côtés du lit de la jeune Maulne. S’installant dessus, il posa un regard bienveillant sur elle.

« - Il faut que tu te reposes, ne t’en fais pas, je veillerai sur Cordeline et toi. »

Il lui fit ce petit sourire qu’il ne réservait qu’à elle.
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Dim 24 Oct 2010 - 14:00

Dans cette tornade de larmes Lou avait eu peur de le perdre. Une peur folle. Peur de l’abandon qu’elle aurait mérité. Parce qu’à vingt-quatre ans, elle avait connu tous les deuils possibles, les trahisons et les déceptions, d’une vie. Marquée par le fer de la mort. Mûre de part ces expériences humaines. Mais mûre trop vite et donc fragile. Plus fragile que ce bébé qui était entrain de prendre vie dans sa chaire.
Alors quant ses bras avaient raffermi l’étreinte, cela l’avait rassurée. Il était son rempart contre le malheur. Si elle ne l’avait pas rencontré, c’est à l’asile, qu’elle aurait terminé sa vie peut être. Emmurée dans sa tristesse. Il était écrit quelque part qu’un homme ferait son bonheur et qu’elle ferait le bonheur de celui-ci. Qu’importes tous les sortilèges de l’univers fasse à cette prédiction. Elle serait une femme forte pour lui.


Lui et elle.


Sur cette promesse éternelle Louisa pouvait laisser Morphée l’enlever. Le son des flammes, dans l’âtre, devenait un chant hypnotique. Les battements du cœur contre lequel elle reposait un tambour apaisant. Sa respiration devint plus douce. La langueur nocturne gagnait ses muscles, un à un. Elle songea que son Romain devait avoir froid encore depuis cette douche écossaise.
Mais il la portait déjà vers la chambre. Ce geste tendre appela le souvenir de la seule autre fois où ils s’étaient retrouvés ainsi. Pour célébrer un anniversaire, pour renforcer leur relation, pour être unis. Combien la demoiselle avait aimé, être aimée, par lui. Dans un demi-sommeil l’idée d’une nuit de noce réussie à la faire sourire. Oui. Un jour elle sera la femme de cet homme là.


Le contact du matelas incita son esprit à se relâcher un peu plus. Elle sentit qu’un ange préparait son repos. A cette heure rien ne lui paraissait plus doux que ces gestes là. L’amour et la reconnaisse venaient s’entremêler dans ce cocon protecteur que Romain lui tissait. Ce soir il était le fileur et il l’était à la perfection. Instinctivement la silhouette de la jeune fille se tourna dans sa direction.
Aux portes du sommeil elle entendit le son étouffé de la chaise. Les pattes aux coussins molletonnées sur les tapis. Le petit félin venait déjà se nicher aux pieds de sa maîtresse. Il avait l’air détendu et observait l’homme avec assurance. Ce qu’il vit en lui sembla lui convenir puisse que sa tête se posa en position de repos. Dormir. Oui. Il fallait dormir. La pluie se faisait berceuse aquatique. Cependant Louisa résistait encore un peu. Comme une enfant un peu têtue. Elle regardait ce visage auréolé par la lune.
Un sourire à la fois coupable et amoureux répondit à la déclaration du jeune homme. L’écho de toute cette discussion s’éloignait. Il ne restait plus que lui et son amour. Tout ce don elle avait réellement besoin pour… vivre. En posant une main au plus proche de lui, au-dessus des draps, un peu de russe s’extirpa de ses lèvres. Une affirmation où se discernait un océan de fierté.


-« Mon ange gardien. »


Les paupières rendirent les armes. En appuyant sa joue contre l’oreiller la belle soupira. Un soupire de soulagement. Un soupire de détente.


Dernière édition par Louisa Zimmerman le Dim 24 Oct 2010 - 15:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Dim 24 Oct 2010 - 15:04

Tout serait oublié, la nuit portait conseil, et surtout elle effaçait tout ce qui n’avait pas besoin d’être conservé. Les disputes étaient inhérentes à la vie de couple, et rares étaient les couples qui allaient bien sans se disputer. Celle-ci n’était que la première d’une longue liste, à ne pas en douter, et leur force serait des les affronter et de les régler à deux. Il espérait toutefois, en bordant la jeune femme, qu’elle avait compris cette loi universelle de la vie à deux. Bien que cela ne fasse plus vraiment l’ombre d’un doute, il savait toutefois qu’il devrait lui rappeler qu’ils étaient deux et devaient faire face de front aux problèmes qui viendraient se mettre en travers de leur route. Car jamais il ne l’abandonnerait. Il tiendrait sa main tant qu’elle désirera tenir la sienne et il n’y aurait d’autres femmes qu’elle, à jamais. Ca il l’avait su dès qu’elle lui avait écrit, il l’avait compris au fur et à mesure de leur correspondance naissante. Car il ne se passait pas un jour sans qu’il attende sa réponse, qu’il ne se passait pas une minute avant qu’il ne prenne la plume pour lui écrire après avoir lu cette réponse si attendue. La passion était née presque toute seule, même si à l’écriture, Romain était fébrile davantage à chaque fois. Il tempérait ses écrits, tempérait sa passion. Ils prenaient le temps de se connaître, d’apprendre à s’aimer, et c’était pour le mieux. Car jamais Romain n’oublierait cette nuit du premier mai, non pas pour sa tragédie, mais bel et bien pour son bonheur.

Assis sur la chaise, il regardait cette femme, têtue, indépendante et volontaire, qui avait su conquérir son cœur, commencer à trouver le sommeil. Elle semblait à nouveau sereine, aux portes de Morphée, et bien moins farouche qu’elle ne l’était quelques heures plus tôt. Elle était si belle… Il interrompit sa contemplation lorsque la petite Cordeline rentra dans la pièce pour s’installer aux pieds de sa maitresse sur le lit. Ils échangèrent tous les deux un regard pendant quelques instants et la chatte s’endormit paisiblement. Oui, ce soir Romain veillerait passionnément sur sa belle, et sur la petite Cordeline aussi. Bien qu’il n’y avait pas vraiment de quoi veiller, mais il savait que Louisa avait besoin de lui et il ne comptait pas rentrer. Elle s’endormirait avec son image près d’elle et se réveillerait avec cette même image. Elle avait dorénavant besoin d’une stabilité relative, et cela passait par le moindre petit détail. Lorsque la main de la jeune femme sembla chercher son amant, il posa sa main sur la sienne et lui adressa le plus amoureux des sourires.

Elle finit par s’endormir sur trois mots en russe dont Romain avait pu saisir le sens grâce à quelques cours qu’elle lui avait donné. Car bien entendu, les premiers mots qu’il avait appris, étaient des mots d’amour, les plus importants pour le moment, pour eux deux. Lorsqu’il fut sur qu’elle était endormie profondément, il enleva la main de la sienne et la posa délicatement sous les couvertures et se reposa sur sa chaise dans un petit bruit sourd qui ne sembla pas déranger Cordeline, même si ses petites oreilles semblèrent le percevoir. Alors que la nuit passait doucement, il se contenter de contempler le sommeil de Louisa. Il aurait pu surement passer des heures et des heures à la contempler ainsi, sans rien faire, sans rien dire, sans rien penser. Mais lui aussi était fatigué, la journée avait été somme toute rude, et voilà longtemps maintenant qu’il était debout. Ainsi Morphée finit par toquer à sa porte et l’emmener avec elle. C’est ainsi qu’il s’endormit donc, assis sur la chaise, la tête en arrière, l’esprit et le souffle tranquille. Il n’y avait plus rien à craindre, l’orage était passé et demain viendrait le soleil, il n’y avait pas à en douter…

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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Mar 26 Oct 2010 - 16:39

Ce fut un trou noir qui entoura la conscience de la jeune fille. Un sommeil de plomb épargné par la mémoire. Les heures défilèrent sans ne plus avoir aucune prise sur eux deux. Louisa était aussi immobile qu’une princesse envoutée. Pas de rêve houleux et dramatique, pour la faire pleurer, les yeux fermés. Ni de doux songe, dans lequel un beau blond au sourire ravageur, la ferait danser. Rien que ce grand silence qu’elle avait perdu depuis toutes ces semaines.
Son corps tout entier put enfin se nourrir d’inaction. Se repaitre de repos. Ce n’était ni de la paresse, ni une fuite, c’était un besoin physique. Dans la chaleur de ce lit elle se ressourçait. Romain avait enclenché un processus de guérison, que tout son être était déterminé à poursuivre. Heureux, l’instinct de survie pour une demoiselle anéantie. Sans lui Lou aurait finit par imiter sa mère peut être. Désormais ce chemin lui était barré. Le recours suicidaire chassé dans la douleur et le soulagement. Elle vivrait donc.


Le monde ne s’était pas arrêté de tourner. Les Enfers n’avaient pas été ouverts par sa volonté égoïste. Une aube de plus pour l’an 1629. Le ciel avait été vide de tout nuage pendant la nuit. Il éclatait au-dessus de Forbach dans un bleu vif digne des peintres de toscane. Et malgré les rideaux le soleil se fit sentir dans la chambre de jeune fille. La chatte la première ouvrit ses beaux yeux. En ouvrant sa gueule pour bailler elle étira son corps avec la grâce de sa race.
Un mouvement léger qui suffit à réveiller l’endormie. Louisa se rendait lentement vers l’état de conscience. Passant une à une les strates d'un esprit épuré. Quand ses paupières se soulevèrent le tableau mit une seconde à peine à venir. Les raies de lumière éclairaient la pièce. Et cette silhouette assise. Il était resté avec elle. Un sourire amoureux et reconnaissant salua cet acte. Il avait tenu promesse.
L’amour poussa la demoiselle á émergé. Tandis que Cordeline sautait sur le parquet de bois. Sans denier miauler elle sortie par la porte restée entrouverte. Soit. Les pieds nus frôlèrent le sol frais. Mademoiselle Lou regardait son ange affalé et paisible. Il aurait le cou souffrant de l'avoir ainsi penché. Dans un mouvement silencieux elle caressa tranquillement son bras. Il y avait à quelques centimètres un grand lit qui n’attendait que lui.


-« Romain, Romain, viens sur le lit, tu vas avoir un torticolis ainsi. Je vais nous faire du lait chaud et des tartines. »


Et plus encore parce qu’elle avait une faim de loup. Avec le mal dissipé l’appétit resurgissait. La négligence alimentaire réclamait alors son du. Cette faim la rendait heureuse. C’était le goût de la vie. Il fallait lui redonner chaire, protéger ses os féminins, et ce fœtus qui devait grandir.
Dans sa robe chiffonnée, les cheveux noirs désordonnés, le sourire lumineux la jolie couturière retrouvait sa jeunesse. Cette jeunesse qui se moquait de l`heure, des convenances et des responsabilités qui l`attendait. Ce matin avait des airs de dimanche décontracté. Elle l`embrassa avec cette espèce de gourmandise des premières rencontres. Sa main de nouveau chaude le tira doucement jusqu’au lit. Son regard pétillait. La mine ensaquée de son amant l’attendrissait. Alors avec toute la spontanéité des amoureuses elle le repoussa délicatement contre le matelas et s’allongea de nouveau en se collant contre lui.


-« Mais un petit câlin c'est bien aussi. Ça fait longtemps que je ne t’ai pas embêté comme ça au réveil..."


Bien trop longtemps oui. Avec lui Louisa n’aspirait qu’à cette simplicité qu’elle avait tant et plus éloignée. Elle oubliait le reste. Son corps capitulait avec joie. Tout pouvait attendre à présent. les comptes, le chat, l’avenir.
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Mar 26 Oct 2010 - 19:27

La nuit avait été tranquille. Une nuit relativement neutre, avec quelques rêves de-ci, de-là, mais rien de véritablement marquant. De simples balades oniriques sans un réel sens, si les rêves pouvaient avoir un quelconque sens. Louisa avait fait une brève apparition dans le plus érotique d’entre eux, mais cela n’avait décidément rien de bien important. Il devait admettre que depuis cette soirée du premier mai, il était bien rare que ce genre de rêve ne vienne pas le hanter de temps en temps, enfin, si l’on pouvait réellement utiliser le verbe « hanter ». De tout à chacun, il restait un homme enfin de compte, tout simplement.

Au petit matin, les rayons du soleil n’eurent aucun effet sur notre baron. Endormi bien après sa belle et d’un naturel dormeur, il avait quelques heures encore avant de se réveiller « naturellement ». Bien entendu, c’était sans compter la jeune femme, qui elle, avait entendu l’appel du petit jour qui se levait sur Forbach. Lorsque la main de cette dernière effleura son bras, il bougea légèrement, une réaction instinctive rien de plus, mais les quelques mots susurrés et qui l’appelaient eurent pour effet de le sortir un petit peu de sa torpeur. Romain n’était pas du genre à apprécier les réveils forcés, mais il aurait pu subir le pire des châtiments de la main de Louisa sans broncher. Elle avait ce pouvoir sur lui et il ne s’en formalisait pas. Ses paupières s’entrouvrirent lourdement et très étroitement. Le soleil, bien que ténu dans cette pièce, agressait ses yeux. D’une voix embrumée, il grogna doucement, résigné :


« - D’accord, d’accord… Je viens… »

Ressemblant un peu à vieil ours grincheux que l’on venait de réveiller en pleine hibernation, le jeune baron, complètement embrumé, se laissa guider par celle qui avait retrouvé la joie de vivre. Toutefois, son cerveau n’était pas en mesure de raisonner de si bon matin. Il était encore trop tôt pour Romain le veilleur, pourquoi fallait-il que le jour se lève de si bon matin ? Suivant la petite Louisa les yeux fermés, il se laissa tirer vers le lit. Le contact avec le matelas lui fit pousser un petit soupir. Prêt à replonger dans les brumes oniriques, il se laissa malmener amoureusement par Louisa qui l’allongea. L’instant d’après, elle se lovait contre lui. Une chaleur, qu’il avait bien connu lors de cette fameuse nuit, l’envahit à nouveau et le réveilla un peu plus. Il passa alors ses bras autour d’elle, mais n’ouvrit pas davantage les yeux. L’envie de dormir était trop forte, encore, mais un sourire ravi s’afficha sur son visage. Il aimait la savoir dans ses bras, un endroit où elle ne risquait rien, un endroit où elle ne pouvait pas être davantage proche de lui.

« - N’auras-tu donc pas pitié de moi ? »

Murmura-t-il, la tête encore posée sur l’oreiller, ses paroles à moitié étouffé par ce dernier. Il savait qu’elle n’abandonnerait pas, pas tant qu’il serait réveillé, pas tant qu’elle aurait obtenu ce qu’elle désirait. Le pire dans tout cela, c’est qu’il le désirait aussi, il le savait, mais pour l’instant le sommeil était bien trop fort. Bientôt elle le vaincrait et il finirait par se réveiller, mais pour l’heure il devait admettre que l’appel du lit se faisait fort convaincant et qu’il avait du mal à résister pour ne pas sombrer totalement à nouveau.
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Mer 27 Oct 2010 - 1:08

Ce côté grincheux chez lui amusait la fileuse. Elle qui était toujours alerte et pleine de projets. C’était une certaine complémentarité entre eux. Même si les événements ne leur avaient pas encore permit d’apprendre le quotidien. De connaître les habitudes de leur moitié. Les nuits, autant que les matins, l’un avec l’autre, s’étaient dispersés. Il faut dire qu’en plus d’avoir une vie bien remplie, mademoiselle Maulne n’avait pas encore quitté le foyer familial. Elle n’avait que vingt-quatre ans et n’était pas fiancée. Ça place était donc au foyer. Enfin… jusqu’à présent. Le départ de Nastasia annonçait une nouvelle ère.
Lou savait que pour l’instant il lui fallait y aller doucement. Romain n’était certes pas du matin. Elle ne voulait ni le presser ni le malmener. Au contraire, sa paresse, lui donnait l’occasion de faire de même. La délectable saveur de l’oisiveté. Celle-ci était très rare dans la vie de cette jeune fille. Parce que chez elle on se levait tôt chaque matin. On préparait le petit déjeuner. Puis la journée commençait et ne s’arrêtait plus. Ce conditionnement agissait sur elle sans qu’elle ne se débatte.
Le point de vu différait lorsqu’on se trouvait aux côtés de son amant. Le bras protecteur l’avait fait sourire. Au lieu de répondre par la négative malicieuse, une main alla caresser ses cheveux avec envie. Mais Louisa ne faisait rien d’autre. Elle écoutait la respiration posée et endormie qui la détendait. La seule présence de Romain lui suffisait. Il lui avait résisté et c’était pour le mieux.


C’est l’estomac qui fit des siennes. Entrain d’entrée dans un demi-sommeil la belle ria. Son ventre plat criait famine. Avec un petit soupire amusée elle se libéra tout en douceur. Cordeline qui approchait avec l’intention de sauter sur le lit fût saisie au passage. En la câlinant elle murmurait des avertissements. Il ne faut pas déranger un bel ours en plein repos. Non. Non. Non. Il y avait toujours une paire de sabots dans le couloir qu’elle chaussa avec agilité. La porte de sa chambre repoussée pour préserver le dormeur du bruit à venir.
Mademoiselle Maulne tira le plus grand des rideaux du salon. Le soleil entra et prit ses quartiers dans la pièce à vivre. Il y avait un désordre accumulé ici. La poussière vola pour aller dessiner les voies de passages des fées grises. La propriétaire se rendait compte de la confusion dans laquelle elle vivait depuis le mois de mai. Un coup d’œil vers son bureau provoqua une petite grimace. Cependant un miaulement la détourna de ce sujet de contrariété.
Avec une complicité féminine Lou la porta avec elle jusqu’à la cuisine. Et là chacune fit sa vie de son côté. L’une buvant du lait, l’autre le versant dans une casserole. Une fois la cuisson en route la demoiselle se rendit à l’arrière de la maison. Ses parents y avaient créé un potager. Il ne permettait pas l’autosuffisance, mais offrait de jolis agréments gustatifs et floraux. Elle piochât de quoi parfumer un thé. Les framboises étaient belles, les abricots encore jeunes et les cerises déjà sucrées. La quête terminée elle alourdissait le creux de sa robe et c’est ravie qu’elle retourna à l’intérieur.
Il lui restait encore du pain de la veille. Un peu de beurre et de la compote. Le tout lui permit de préparer un plateau digne d’un géant après privation. Bien sur son souci de la présentation transforma ce petit déjeuner en nature morte élaborée. Qu’importe cela l’amusait.


Les bras chargés la demoiselle se rendit dans ses appartements. Tout doucement, elle entra, en évitant de se faire remarquer. L’odeur du pain beurré et du lait créait un parfum délicieux. Les victuailles furent installées sur son bureau. Puis malicieuse Louisa alla retrouver son beau prince. D’un baiser sur la joue elle lui indiqua sa présence.


-« Si tu ne viens pas défendre ta part je vais tout dévorer. »


Elle se leva peut être un peu trop vite. La tête lui tourna et sa silhouette se posa sur le lit. Étrange…
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Mer 27 Oct 2010 - 14:15

Oui, le baron de Rosbruck n’était pas ce que l’on pouvait appeler un matinal. Travaillant généralement jusqu’aux dernières heures de la nuit, Romain passait souvent une bonne partie de la matinée à dormir, trouvant plus facile de veiller tard que de se lever tôt. Un mode de vie particulier, chacun faisant ses choix. Il savait que Louisa n’épousait pas ce fait. Il savait qu’elle se levait tôt, ils en avaient déjà parlé, mais ce genre de détail n’était pas important. Lui-même s’était déjà levé tôt, avec elle, et elle avait déjà paressé dans le lit, le matin, avec lui. Ce ne serait ni la première, ni la dernière fois pour l’un et pour l’autre. Qui plus est, cette nuit, il s’était endormi bien après sa belle, et même s’il aurait voulu se réveiller, c’était impossible pour le moment, tout simplement parce qu’il n’avait pas dormi suffisamment pour pouvoir décemment se réveiller en pleine forme. Ainsi, il donnait l’air d’un ours grincheux, c’était un de ses défauts matinaux, et il devait admettre qu’il préférait un défaut pareil à autre chose de plus vaniteux ou désagréable pour les autres. Et puis paresser, même si c’était l’un des péchés capitaux était si bon… Surtout lorsqu’on pouvait le faire en si charmante compagnie… Car même si l’ivresse de la paresse en elle-même était déjà bien agréable, elle l’était encore plus lorsque la dénommée Louisa était lovée contre lui, en fait, elle en était même incomparable.

Lorsque la main qui caressait ses cheveux s’échappa, il poussa un petit grognement étouffé. Il ne voulait pas qu’elle parte, mais il ne pouvait pas la retenir. Trop embrumé, déjà presque replongé dans son sommeil, il n’avait pas le contrôle sur ses gestes et elle était déjà loin lorsqu’il lui sembla possible de faire quelque chose. La pièce était rapidement redevenue silencieuse et sans le savoir il venait de replonger dans un état de semi-inconscience. Partiellement endormi, il achevait la nuit qu’il n’avait pas encore pu terminer, totalement inconscient de ce qui se préparait un peu plus bas dans la maison. Non, il était bien là, dans ce lit, et même s’il manquait son principal occupant, il restait son parfum qui le berçait inlassablement.

Quelques minutes plus tard, bien que notre cher Baron n’ait pas trop la notion du temps dans son état, une délicieuse odeur vint chatouiller ses narines. Immanquablement, cela le tira davantage vers la réalité, et son estomac gargouilla lui aussi quelque chose d’incompréhensible mais qui ne pouvait dire qu’une seule chose… La faim aussi tiraillait l’ours grincheux et s’il y avait bien une chose pour lequel on pouvait le réveiller, c’était bien un bon gros pot de miel. Bien entendu, cela ne pouvait signifier qu’une chose, une vile tentatrice était revenue chargée de quoi réveiller son ours favori. Il esquissa un sourire à demi caché par l’oreiller lorsqu’elle l’embrassa sur la joue et ouvrit doucement les yeux alors qu’elle lui faisait comprendre qu’il n’aurait rien s’il ne se levait pas. Au prix d’un effort presque surhumain, il se tourna sur le dos et ouvrit les yeux pour la regarder. Elle était rayonnante…


« - Tu profites de ma faiblesse, tu devrais avoir honte ! Prends garde seulement, ma vengeance sera terrible. »

Prononcés d’une voie encore un peu fatiguée, ces menaces n’avaient aucune crédibilité. Mais il était certain que Romain prendrait sa revanche d’une manière ou d’une autre, une vengeance qu’accepterait surement sans ciller sa petite Louisa. Cependant, même encore à moitié endormi, la faiblesse de cette dernière ne lui manqua pas. Cela sembla lui donner un petit coup de fouet, il se releva sur ses coudes et se pencha vers elle.

« - Quelque chose ne va pas ? Il y a un problème ? »

Même encore fatigué, c’était l’inquiétude qui primait dans son esprit. Ce qui était normal après tout, elle était tout ce qui lui restait…
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Jeu 28 Oct 2010 - 0:55

Louisa savait que son compagnon était fatigué. Il avait des petits cernes sous les yeux. Il travaillait beaucoup. C’est vrai. Il avait lui aussi une entreprise à faire tourner. Il avait encore plus de responsabilités qu’elle. Pourtant ils étaient jeunes, si jeunes, tous les deux. L’affreux comportement de la demoiselle n’avait assurément pas aidé au repos. Depuis l’enterrement Lou lui en faisait voir. C’est –un peu- la culpabilité qui donnait envie à celle-ci de leur faire un petit déjeuner. Le petit quelque chose, qui assainirait les bases. L’intention amoureuse pour oublier la tempête. Sa volonté de se faire pardonner avec amour.
Quand il se retourna elle l’encouragea d’un petit sourire. Promis. Après il dormirait toute la journée s’il le désirait. Mais pour l’instant Lou voulait dévorer. Elle n’était pas la cuisinière la plus talentueuse du village. Sa mère lui avait apprit quelques recettes. Le plus souvent elle avait écouté les directives en picorant dans les plats, en distrayant sa mère. De quoi lui donner quelques lacunes aujourd’hui. Cependant il n’est jamais trop tard pour apprendre. Romain lui donnait envie d’apprendre. Elle prendrait le temps de s’exercer.
La menace du bourru l’attira. Un petit clin d’œil assura la vengeance. Elle était même curieuse de découvrir sa réponse.


Ce fût un nouveau vertige qui l’avait retenue prés de lui. Depuis quelques jours ils se perpétuaient tout au long de la journée. La voix préoccupée de Romain la rendit confuse. Ce n’est pas de cette façon qu’elle aurait voulue le sortir de sa torpeur. Une moue contrariée répondit à sa question. Non ce n’était rien. La jeune fille n’avait pas prit soin d’elle ces derniers temps. C’était probablement un peu de fatigue. Probablement.


-« Un petit vertige. Ça va passer. Ne t’inquiète pas. »


Il fallait seulement remplir ce ventre vide et tout irait mieux. Une longue inspiration l’aida à se concentrer. Pour être certaine d’avoir reprit le pouvoir sur son équilibre elle fixa un point sur le mur d’en face. Sa vision était un tout petit peu brouillée. Ce n’était pas pratique tout cela. Lou n’était guère patiente avec elle-même et encore moins avec sa santé. Ses doigts tapotaient le matelas en rythme.
Au bout de trois minutes peut être elle fit une nouvelle tentative. Ses sens avaient reprit les rênes. Bien ! Avec un air victorieux la belle se dirigea donc vers le plateau. Mais elle dû s’arrêta à deux pas. L’odeur tout d’un coup la révulsait. Une impression désagréable s’installait dans son corps. En fronçant les sourcils elle reconnue le symptôme. Ceci-dit Louisa ne voyait pas comment son régime alimentaire -du moment- pouvait provoquer une intoxication. C’était trop bête vraiment ! Elle s’était fait une fête de ce repas !


La mine boudeuse elle retourna s’assoir sur le lit. Le mal de cœur venait s’ajouter bien entendu. Dans ces cas là que faire ? Excepter attendre… La gourmande attendit donc. Ses doigts massaient lentement son ventre avec l’espoir inutile d’aider son organisme à aller plus vite. Son organisme. Il était un peu dérouter d’ailleurs. Touts ces malheurs l’avaient affaibli. Il fallait bien l’admettre mademoiselle avait une mauvaise hygiène de vie. Mais tout de même l’empêcher d’assouvir sa faim était assez cruel. D’ordinaire c’était durant son cycle qu’elle était patraque.
Son… cycle…
Cette pensée en amena une autre. Une pensée, folle hypothèse qui chassa sa bonne humeur. Sa mémoire lui faisait-elle défaut ? A quand remontaient ces menstruations ? Elle était certaine de ne rien avoir eu le mois dernier. Cela arrivait quelque fois. Mais, en mai… Une main se porta lentement à ses lèvres. Non. Elle n’avait pas eu à préparer les tisanes et autres remèdes mensuels. Deux mois ce n’était plus vraiment du hasard, n’est-ce pas ? Ses doigts tâtèrent son ventre avec timidité. Sa voix était redevenue celle de la petite fille d’y il a dix ans.


-« Romain… »


Son soupçon déposait un vent de panique sur son esprit. Comment devait-elle amener le sujet, sans passer pour une folle à lier ? Cette spéculation n’avait peut être pas de réellement fondement. Cependant la graine qui venait de germer méritait au moins d’être partager. Il allait surement la rassurer en riant. Les yeux grands ouverts et le pouls désordonné elle bredouilla quelques mots :


-« Romain, je crois que, enfin, Romain…
J’ai deux mois de… deux mois sans rien.»

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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Jeu 28 Oct 2010 - 12:45

Il se vengerait, c’était certain. Peu importe quand, ni comment, mais la vengeance serait terrible, et incroyablement délectable, pour lui, comme pour elle, il n’y avait pas à en douter. D’ailleurs, il imaginait déjà quelques possibilités envisageables, des scénarios possibles et accrocheurs, bref, tout ce qu’il pourrait mettre en œuvre pour lui faire, si peu, regretter d’avoir forcé un pauvre baron ensommeillé à se lever pour faire bonne figure. Certes, il aurait pu rester couché, se rendormir, replonger dans les bras de Morphée pour se reposer, mais il ne voulait pas laisser Louisa seule. Même si la tempête d’hier était désormais passée, il restait peut-être quelques reliquats, des fragments indélébiles, car son passé était partie intégrante d’elle-même, et il devait veiller à ce qu’elle aille pour le mieux, que le passé ne ressurgisse pas, qu’elle décide enfin de revivre, de reprendre goût à la vie, avec lui si possible. Il lui avait fait une promesse, celle d’être toujours là pour elle, et même si elle le repoussait ouvertement, ce serait toujours le cas. Nous étions loin de ce cas de figure, mais la promesse ne souffrait aucun manquement, pour le plus grand plaisir, même s’il ne le montrait pas en cet instant, du Baron.

Toutefois tout vola en éclat dans son esprit lorsqu’il se rendit compte que la jeune femme n’allait pas bien. Même pas encore tout à fait réveillé, il fallait être un idiot parmi les idiots pour ne pas se rendre compte qu’elle n’allait pas bien. Oui cela l’inquiétait, oui cela le préoccupait. Il tenait énormément à elle, et, dans ce monde, la vie tenait à si peu de choses… Alors oui cela l’avait réveillé, parce que voilà l’effet de l’adrénaline, entre autres. Adieu sommeil languissant, adieu fatigue engourdissante. Tous ses sens étaient désormais affutés comme après une longue nuit de sommeil, son cœur battait à nouveau plus rapidement, mais ce n’était pas qu’à cause de l’amour qu’il voulait à Louisa. Non, il y avait également ce sentiment de peur, celle de l’inconnu, celle de l’indéfini. On ne sait pas trop ce qui se passe, mais on sait que ça ne va pas, et rien que cela suffit à commencer à faire émerger quelques frayeurs, quelques hypothèses terribles qui finissent par susciter l’imagination qui, lorsqu’il s’agit de trouver des scénarios catastrophe, est tout d’un coup beaucoup plus fertile.

Alors certes, elle lui avait dit que c’était rien. Un petit vertige qui finirait par passer. Après tout, c’était logique. Il savait que ces derniers jours avaient été difficiles pour elle, et à en juger par le bruit de son estomac qu’il avait entendu tout à l’heure, c’était peut-être la faim qui avait provoqué cela. Le temps que le vertige s’estompe, elle prendrait à manger et tout irait pour le mieux, n’est-ce pas ? Oui, c’était évident. Pourquoi s’inquiéter, ce n’était finalement rien. Elle se leva finalement, pour se diriger vers le bureau. Voilà, tout irait bien, ce n’était rien… Pourtant elle s’arrêta, visiblement quelque chose n’allait pas, et aussitôt l’imagination du baron reprit de la vigueur…


« - Qu’est-ce qui ne va pas Louisa ? Tu es sûre que tout va bien ? »

Il n’eut pas de réponse. Sa belle semblait être plongée dans une réflexion intense. Cherchait-elle à comprendre ce qui lui arrivait ? Surement. Mais être dans l’expectative était extrêmement désagréable pour Romain. Alors qu’elle s’était rassise sur le bord du lit, il s’était redressé sur le lit. Assis en tailleur, il regardait la jeune femme avec un air d’amoureux inquiet. Son esprit était fusillé de questions… Soudain, elle l’appela. Mais dans sa voix, il y avait quelque chose de bizarre… Il s’approcha d’elle quand elle bredouilla autre chose. Elle semblait presque paniquée, mais Romain ne semblait pas tout à fait comprendre.

« - Deux mois sans quoi ? Qu’est-ce qui ne va pas Louisa ? »

Il s’était assis sur le bord du lit, lui aussi, passant son bras autour de la jeune femme, dans une tentative de réconfort.
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Ven 29 Oct 2010 - 23:47


-« Je ne sais pas vraiment… je me sens… mal fichue. »


Ce diagnostique avait été dit sur un ton déçu. Voilà qu’elle allait gâcher leur petit déjeuner au lit. Ses pensées allaient vers madame Maulne, si loin à présent. Nastasia lui aurait dit quoi faire, quoi prendre, quoi éviter, dans la minute. Elle aurait soigné sa fille avec un petit sourire en se moquant de sa sensiblerie. Tout cela tenait au conditionnel. Laisser une jeune fille, livrée à elle-même, entrainait ce genre de conséquences malencontreuses.
Qui pourrait lui servir de repère aujourd’hui ? La bonne Clothilde peut être. Elle devait déjà être au Fil Blanc à cette heure. Romain accepterait sans doute de s’y rendre pour demander conseil aux femmes. Ou bien sa tante. Cette belle dame qui vivait dans un beau manoir à quelques rues. Quoi qu’il en soit Lou voulait que cela passe. Elle avait le cœur au bord des lèvres. Alors qu’un radieux soleil chauffait la maison. De quoi refuser d’être alitée toute la journée !


Mais plus Louisa réfléchissait et plus ses conclusions l’inquiétait. Plongée en elle-même elle se souvenait de quelques paroles de Mélanie. Mélanie qui avait attendue ses jumelles avec tant d’impatience. Chaque petit changement féminin prenait des proportions inimaginables à cette époque. La grossesse de sa belle-sœur les avait rapprochées. Il n’y a rien de plus beau qu’une naissance. Il n’y a rien de plus généreux que la vie qui vient chambouler les être. Ainsi il était presque impossible pour mademoiselle Lou de faire l’autruche.
Les dates cordonnaient. Les réactions aussi. Mon Dieu. Le bras de son baron lui évita de sombrer. Elle était… Louisa attendait… C’était fou, si fou.
Il ne comprenait pas, le pauvre garçon. De faite il ne pouvait pas deviner ces choses là. C’étaient des secrets de femmes. Il fallait le lui dire clairement. Quatre petits mots pour bouleverser leur vie, leur futur, leur univers. Ne pas y aller par quatre chemins. Lâcher cette bombe humaine et retenir sa respiration. Ses doigts s’accrochèrent à sa main libre. Au cas où il… voudrait fuir ?


-« Sans règles. Je n’ai pas saignée. Romain.
Romain, je crois que notre première nuit m’a mise… enfin, je crois bien que je suis enceinte Romain. Enceinte de toi. J’attends ton bébé… notre… bébé. »


Sa prise sur lui se renforça. Qu’il ne panique pas surtout, ou elle serait perdue. Ils n’avaient jamais parlé d’enfant tout les deux. Ou bien comme un projet lointain et désiré. Mais ils ne s’étaient jamais avancés à parler d’enfant à deux, d’enfant ensemble. Ils étaient encore jeunes. Ils venaient de vivres d’affreux moments. Ils étaient amoureux oui. Etait-ce suffisant ? Suffisant pour avoir un enfant avec elle, avec lui. Pour se lier à jamais par une autre vie.
Le silence lui semblait atroce. Avoir dit ces mots à haute voix leur donnait encore plus de poids. Sa main sur son ventre était pleine de précaution. Déjà dans son esprit le fantasme naissait. Un bébé… En elle la résolution était faite. Si c’était vrai, alors cela le resterait. Louisa garderait cet enfant quelque soit la suite. Cette décision l’apaisa quelque peu. Oui. Quoi qu’il en coûte, ce petit être était le résultat d’un amour sincère. Sa voix l’effleura tendrement.


-« Je sais que ce n’était pas prévu. »


Mais… il lui était impossible d’envisager une nouvelle destruction. Elle ne voulait pas. Lou se l’était toujours dit. Créer un être n’était pas un accident anodin. On ne pouvait pas jouer avec la nature. Son pouce caressait lentement la peau de la main de son amant. Un geste canalisateur de nervosité et signe discret de présence. L’idée de porter quelque chose de lui, en elle, lui donnait envie de sourire. Oui. Mademoiselle Maulne aimait à ce point là. Son regard se plongea dans le sien. Elle était jeune, amoureuse, endeuillée et complètement paniquée, les plus belles preuves d’une vie. ce fût donc avec une conviction sans ombre qu’elle lui annonça son choix.


-« Je le garde. »


Le bonheur serait complet si ce jeune homme acceptait de vivre tout cela à ses côtés. La petite féline se fit alors remarquer. En plein bouleversement elle s'installa assise face à eux et les observa d'un air tranquille.
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Lun 1 Nov 2010 - 0:33

« - Mal fichue ? Mais qu’est-ce que tu racontes ? »

Quelque chose n’allait clairement pas, c’était évident, mais cela restait un parfait mystère pour Romain. Il ne comprenait décidément plus rien. La jeune femme s’exprimait de manière incongrue et désaccordée, et même sa logique ne parvenait pas à faire de liens entre tout ce qu’elle disait. En l’espace de quelques secondes, le sommeil l’avait définitivement quitté, l’inquiétude prenant l’ensemble de toute la place disponible. L’adrénaline faisait son petit effet, mais cela n’empêchait pas Romain de se faire du mourant pour la jeune Louisa. Il ne l’avait jamais vu dans cet état là et alors qu’il avait peiné pour lui redonner le goût de vivre, la voilà qui semblait retomber dans quelque chose d’autre. Il espérait seulement qu’elle finirait par l’aiguiller, l’aider à comprendre ce qu’elle avait, car il ne saurait l’aider s’il ne savait pas exactement quoi combattre… Il était bien plus facile de traiter un « mal » lorsque l’on connaissait ses effets, et peut-être, ses origines.

Pourtant, malgré ses tentatives de lui faire dire ce qui n’allait pas, Romain ne comprenait décidément rien à rien. Quel pouvait être ce fameux mal qui la rongeait, et cette histoire des deux mois… La tête en ébullition, il se demandait combien de temps il lui faudrait pour obtenir la vérité. Mais il ne voulait pas la brusquer, car si une chose était évidente, c’est qu’elle semblait complètement retournée. Et, à vrai dire, il se demandait s’il désirait vraiment entendre cette nouvelle… Car avec l’absence de cause, l’imagination devenait retorse et imaginait des scénarios plus farfelus les uns que les autres. Que faire si la jeune femme lui annonçait quelque chose contre lequel il serait totalement impuissant ? Que faire si elle lui annonçait qu’il finirait par la perdre, trop tôt, beaucoup trop tôt ? Il secoua doucement sa tête, comment pouvait-il songer à de pareilles inepties ? N’était-il pas l’optimiste ? Comment pouvait-il penser aussi négativement ? Reprends-toi Romain ! Allons, ce n’est rien de grave, c’est certain…

Voilà, écoute là, c’est juste une histoire de règles qui ne sont pas venues depuis deux mois, elle ne va pas mourir, elle est juste encei… Que vient-elle de dire ? Son regard, criant de surprise vint croiser le sien. Enceinte ? Venait-elle de dire, « enceinte », de parler de « bébé », de leur bébé ? Il sentit sa main serrée par celle de la jeune femme. Complètement immobile, Romain restait béat de stupeur. Qu’est-ce que c’était que ce charabia ? Comment pouvaient-ils … Le 1er Mai… Déjà ? Pourtant… Mais… Incroyable… Non il devait avoir mal entendu, c’était la seule explication. Pourtant les paroles de la jeune femme avaient été claires, et la suite ne pouvait que le confirmer. « Pas prévu » ? Et comment… Tout tourbillonnait dans la tête du Baron, et pourtant son corps restait parfaitement immobile. Pendant un instant, on pourrait presque penser qu’il ne respirait plus. Les mots raisonnaient sans cesse dans son esprit, encore et encore… « Enceinte »… de lui ! Lorsqu’elle rajouta qu’elle le gardait, il réagit enfin, se leva d’un bond et la regarda droit dans les yeux.


« - Non mais ça va pas ?! J’espère bien que tu vas le garder ! Un enfant ?! Tu es sûre ?! Mais c’est merveilleux !! »

De l’inaction, il était passé à l’exultation. Un sourire s’était dessiné jusqu’à ses oreilles, et, sans crier gare, il la prit dans ses bras et tourna avec elle, encore et encore.

« - Oh Louisa… Un enfant ?! C’est l’imprévu le plus magnifique que l’on puisse rêver ! Parce qu’il n’y avait qu’avec toi que j’imaginais, dans mes rêves les plus fous, fonder une famille. »
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Sam 13 Nov 2010 - 13:48

Elle venait de le statufier sur place. Le bon baron devenait un modèle d’Apollon. En d’autres circonstances Louisa aurait put saisir une feuille et un fusain et le croquer. En d’autres circonstances elle aurait profité de cette immobilité parfaite pour l’immortaliser. Car c’était une activité qu’elle aimait sincèrement. Son talent s’aiguisant avec les années. Même si, depuis la mort de son frère, elle avait refusé d’esquisser des visages masculins. Mais, comme pour tout le reste, Romain était son renouveau, sa deuxième vie. Un jour elle le dessinerait.
Pour l’instant la demoiselle attendait le cœur battant à la chamade. Elle n’osait pas vraiment tourner sa tête. Il fallait qu’il lui fasse un signe. N’importe quel signe. Comme rien ne venait Lou crut qu’elle devait se défendre de cet accident. Il est vrai qu’elle aurait dû prévenir les conséquences d’une nuit d’amour. On lui avait apprit très tôt comment faire cela. Il suffisait de quelques plantes infusées. Elle avait oublié. Dans son esprit un schéma affreux. Si Romain refusait cette nouvelle… Une jeune couturière isolée pourrait-elle élever un enfant ? Le statu de fille-mère ne lui faisait pas réellement peur. Mais l’idée de ne pas tenir ce rôle avec force.
Cet enfant l’obligeait déjà à revivre.


Il s’était redressé avec une vigueur presque brusque. La première phrase lui fit très peur. Son visage se décomposa un peu plus en l’imaginant quitte cette chambre. Le tend d’une ultime seconde. Puis la vague de soulagement faillit la rendre inconsciente. Le jeune Zimmerman voulait de ce bébé. Plus encore il irradiait d’une joie insoupçonnée. Cette nouvelle le rendait donc heureux. La nervosité de sa compagne se dilua en l’observant. Cordeline regardait tout cela avec amusement. C’est que dans son monde la gestation est une chose si naturelle.


-« J’irai voir une sage femme… je… »


Inutile de parler mademoiselle Lou. L’amant parlait pour eux d’eux. Ses paroles la soulageait plus que tout le reste. Romain était heureux alors elle pouvait l’être aussi. Il avait promis un jour d’être là pour elle. A présent il serait là pour eux. La vie est bien étrange parfois. Il y a quelques heures cette jeune femme songeait à mourir. Ce matin elle vivait le moment le plus fou de son existence.
Même en plein bonheur les symptômes persistaient. A tourner ainsi, ses repères se perdirent un peu plus. Le monde tournait un peu trop vite. Alors elle le serrait un peu plus fort pour ne pas tomber. Il devenait le port de ses sens. Il ressemblait à un beau fou. Lou ne voulait pas le brusquer. Cependant son cœur n’allait pas tenir bien longtemps. Ce fut d’une toute petite voix que la jeune fille réclama la terre ferme.


Restée contre lui le temps de reprendre son souffle. Sa main posée sur son cœur à lui. Une main de nouveau chaude de tendresse. Bientôt il aurait une réponse définitive. Les complaire dans un fantasme n’était pas le genre de la commerçante. Si jamais il se révélait qu’elle était seulement malade… eh bien soit ! Ils auraient peut être des enfants plus tard. Pour le moment Louisa voulait croire en cette hypothèse.
Rendue timide par leur entrain elle demanda.


-« Serais-tu d’accord pour que je passe un peu plus de temps au manoir ?
J’ai un peu peur de faire des bêtises toute seule. »



Mieux vaut tard que jamais mademoiselle Lou. Mieux vaut tard que jamais…
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Lun 15 Nov 2010 - 17:22

C’était probablement la plus belle nouvelle de tous les temps. Bien sur ils n’avaient pas parlé d’enfants, jamais. C’était encore trop loin tout cela. Certes, ils s’aimaient et Romain avait déjà songé à l’idée de la demander en mariage, mais avec les évènements qui s’étaient produits, tout cela avait été repoussé à un avenir plus lointain. Qui plus est, Romain était un grand timide et demander Louisa en mariage n’était pas une mince affaire pour lui. Alors bien sur cet enfant était un grand chambardement, un bouleversement cataclysmique presque total de l’ordre des choses, mais le baron s’en fichait éperdument. Qu’importe qu’il faille, de manière orthodoxe, d’abord se marier avant de concevoir… La vie n’avait rien de prévisible, et savoir que Louisa était enceinte était la plus belle chose qu’elle ne lui ait jamais donnée, après sa rencontre avec elle. Alors oui, il était d’abord resté bouche-bée, après tout qui aurait pu le concevoir ? Ils n’avaient sautés le pas que cette nuit-là, sans réellement le vouloir, cédant juste à l’appel enivrant de la passion et du désir. Elle était restée chez lui cette nuit-là et cette petite décision avait modifié grandement le futur… Car elle n’était pas allée au Champ de Muguets et, en plus de survivre à une mort certaine, elle devenait, par cette décision, le berceau d’une nouvelle vie à venir.

La joie indicible qui parcourait son être était indescriptible. Alors qu’il serrait la jeune femme contre lui et tournait, tournait et tournait encore, il ne se rendait pas compte qu’elle commençait à perdre pied. Lorsqu’elle lui demanda doucement de la reposer, il s’exécuta, encore tout excité, s’excusant de s’être emporté comme un petit enfant à l’annonce d’une merveilleuse nouvelle. Le souffle haletant, il reprenait son souffle également au contact de Louisa. Il sentait sa main chaude et douce posée contre lui. Il lui était difficile de se calmer, songeant à toutes les choses que cela impliquait que d’avoir un enfant… Serait-il seulement un bon père ? La question était universelle pour tous les futurs pères, mais Romain n’y échappait pas… La petite voix de Louisa le sortit de ses réflexions diverses. Si elle pouvait passer plus de temps au manoir ? Il ne rêvait que de cela, même plus… Oh si elle acceptait d’y vivre avec lui… Pour toujours. Mais même en cet instant il était difficile pour lui de lui demander cela… Un jour viendrait, où il prendrait son courage à deux mains. Il posa son regard sur le sien, bienveillant et amoureux.


« - Si je suis d’accord ? Bien sûr que je suis d’accord. Et crois-moi, je ne serai pas le seul enchanté par cette décision. »

Il la serra un peu plus contre lui. Oh qu’il l’aimait… Elle était tout pour lui, elle devait surement le savoir. Après tout ne venait-il pas de faire la statue devant chez elle pour la forcer à ouvrir ? Elle était son fruit défendu, celui qu’on goûte par curiosité, par envie, par désir, et dont on ne peut plus se passer tellement la sensation qu’il nous procure est unique et enivrante ; telle que rien ne peut la remplacer. Sans prévenir, il l’embrassa plus tendrement que toutes les autres fois encore. Un baiser qui sembla durer une éternité.

« - On fera le nécessaire pour que tu dormes ce soir au manoir. David sera ravi de t’accompagner à Forbach pour te déposer au Fil Blanc. Comme ça je pourrai veiller sur toi, comme je te l’ai promis. »
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MessageSujet: Re: Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]   Ven 19 Nov 2010 - 1:16

Elle le regardait ce grand garçon exulter de joie. C’était si bon de voir tant de bonheur. Il n’y a plus de place pour la morosité avec un être comme Romain. Son entrain éveillait chez la jeune fille une flamme. Une flamme nouvelle et si belle. Forbach s’habillait de blanc pour ce doux matin d’été. Oui tout semblait neuf. Possible. Voila le mot, tout paraissait possible, à présent. Cette nouvelle épurait tout sur son passage. Une voie s’ouvrait pour un couple, jeune et fou, entrain de s’engager.
Imaginant Miranda et David dans le manoir là bas. Au cout de ces quelques mois ils s’étaient souvent croisés. Lorsque, ne tenant plus d’être enfermée avec sa mère, mademoiselle Maulne venait trouver refuge à Rosbruck. Cette demeure qu’il avait acquit avec son titre et habité à sa façon. Elle aimait cet endroit. Tout était confortable et paisible sous la coupole des deux serviteurs. Elle n’avait plus à rien faire d’autre que « l’invité ». Et même si elle ne supportait l’inaction, que le temps d’un après midi, celui-ci lui laissait toujours un savoureux goût de miel. C’était une bonne idée. Miranda avait-elle des enfants ? Elles étaient presque du même âge toute les deux.


-« Je pourrai m’occuper des garde-robes. »


Avoir un rôle quel qu’il soit dans cette autre maison. Oisiveté la rendrait malheureuse il le savait. Louisa ne pouvait pas priver l’entreprise de son dirigeant trop longtemps, elle le savait. Alors cette nouvelle ère demandait de l’organisation.
Réflexion interrompu par ce baiser impromptu. Après le salé des larmes, cette bouche était une saveur délectable. Depuis quand ne s’étaient-ils plus permit ce genre de geste ? Ou plutôt, combien de temps les avait-elle refusés ? Ces pulsions de vie et de chaire qu’elle aimait tant, en temps normal ! Fort heureusement monsieur Zimmerman était le plus tendre des hommes. Que la providence soit remercié pour l’avoir assit à ses côtés ce soir là. Et cette hôte formidable qui avait acceptée de lui procurer l’adresse du baron.
Lui qui à cet instant encore anticipait chacune de ses demandes, de ses questions. Il la connaissait donc si bien ? En effet, même avec un bébé dans le ventre Lou irait faire son travail. Même avec leur enfant elle garderait les deux pieds dans la vie active. Ceci dit il avait raison. Pour aujourd’hui ce serait lui et elle. Une journée rien que pour eux.


-« Tu es un ange. Avoue. »


Plaisantait-elle ? Pas tout à fait. Si des créatures de malheurs étaient bien sur terre, pourquoi leurs adversaires resteraient au ciel ? C’est elle qui l’embrassa cette fois. Avec cet amour pétillant et intarissable. De quoi chasser un vertige pour un autre. Son corps empli de vie se réchauffant. A songer à tout cela l’écho de leur nuit ramenait quelques frissons.
La chatte vint se glisser entre eux avec une certaine malice. Sa maîtresse baissa les yeux et ria de bon cœur. Bien sûr Cordeline serait de cette aventure. Lou la prit dans ses bras et lui caressa doucement le dos. Petite chipie que cette femelle gardienne de la famille. En l’observant ronronner la belle se prit à sourire d’un air tranquille. Nastasia l’avait quittée mais c’était peut être aussi pour la libérer. Que son deuil puisse être facilité. Peut être… Pour le moment Lou ne pouvait penser à autre chose qu’à ce petit être à venir.


-« Je lui ferais tout ce qu’il faut. Ce sera le bébé le plus élégant du pays ! Je chercherais les berceuses. »


Ca y est Louisa rêvait.
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Jeunesse éprouvée n'en reste pas moins entêtée [Romain]

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