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 Pour un peu de raison, les dames s'entrechoquent

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MessageSujet: Pour un peu de raison, les dames s'entrechoquent    Mar 19 Oct 2010 - 21:32

*Fin octobre 1643*

Lorsque Louisa, avait déclaré devant l’Inspecteur, que cette période était la plus lourde de toute l’année elle n’avait pas menti. Comme tous les ans octobre était le théâtre de formidables mouvements de tissu à Forbach. Cette foire, que Viviane est elle, avaient instaurées à l’aube de la paix, existait encore et évoluait toujours. Il fallait donc que la dame renonce à Rosbruck le temps que cet événement renfloue les caisses du Fil Blanc.
Pour des raisons purement pratiques donc, la maison des Maulne, était réinvestie. Et c’était un peu comme retrouver ses premiers mois de jeune femme. Quand elle lui écrivait – à lui Romain- une lettre, chaque les matins et le rêvait presque toutes les nuits. Seulement à présent, les enfants étaient assez grands, sinon pour imposer au moins pour donner leurs envies. Dimitri Zimmerman avait donc obtenu de rester avec sa mère durant ces folles semaines.
Cette nouveauté impliquait quelques aménagements. Le garçonnet l’accompagnait sous le vent jusqu’à la boutique et se faisait chouchouter par toutes les jeunes employées. Elles étaient six à présent à faire tourner le commerce. L’achalande avait prit de telles proportions que toutes ces paires de mains s’activaient avec dynamisme. Réputation était fête et l’anciennement mademoiselle Lou entendait bien la conserver.


Ce matin un peu chaud annonçait maintenant une période un peu plus calme. Il ne restait plus qu’à débarrasser la scène des derniers mannequins. La fête était finie. C’était avec une certaine légèreté que toute l’équipe s’activait. Car en plus du repos c’est l’heure de la paye qui allait enfin sonner.
Le fils de la baronne aidait au menues taches. Ces petits doigts blancs, pliaient délicatement les écharpes, ou bien replaçait les gants dans leurs boites. Pendant que Louisa expliquait aux hommes, comment défaire les tréteaux, qui avaient soutenus le plateau principal de l’exposition. A gesticuler depuis l’aube elle avait un peu chaud et avait quitté son manteau. L’énergie qui l’habitait était en partie due au plaisir de retrouver le manoir en fin d’après midi. Un souffle de vie qu’elle s’évertuait à partager dans la bonne humeur. Une main sur l’épaule du chef de déménageur dans un geste d’encouragement un peu familier peut être. De cette tranquille égalité que son époux et elle distillaient en permanence.


Avant que la fin du marché n’arrive la dame attrapa une bource et alla faire achat. Il était de coutume, après tous ces efforts, d’offrir un bon repas à toute la troupe. Elle espérait d’ailleurs que Viviane put les rejoindre à temps pour partager ce bon moment. Le petit garçon à ses côtés elle partit en mission vers les étales.
Sa robe était bien blanche, mais agrémentée de quelques touches grises perles. Des motifs floraux aux inspirations de l’este. Tandis que Dimitri marchait gaiment, en lui tendant la main, les yeux arrondis par la gourmandise. Il avait les prunelles des Silvanov et cela lui allait bien. Dans son habit sombre il irradiait d’une sérénité enfantine. De quoi faire oublier tous les petits tracas. On ne pourrait pas vraiment lui reprocher alors d’attirer sa mère vers l’amont de ces raisins noirs dont il raffolait.
Dans ce mouvement imprévisible et brusque la commerçante sentit son corps rencontrer un obstacle. Elle se retourna instinctivement pour tomber nez à nez avec une jeune femme. Retrouvant sa liberté Louisa observa sa pauvre victime avec un sourire désolé. Dans un russe lent et ferme elle demanda au jeune furibond de ne pas s’éloigner. Qu’à cela ne tienne. Il négociait d’or et déjà le prix d’un kilos de fruits divins.


-« Toutes mes excuses madame. Mon fils oubli le reste du monde quand il a faim.
J’espère ne pas vous avoir blessée ? »



Madame Zimmerman parlait d’un ton vif et honnête tout en souriant à cette jolie inconnue. A avoir l’esprit partout elle en devenait maladroite. Ses yeux trahissaient un intérêt spontané. Ce visage lui disait vaguement quelque chose.
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MessageSujet: Re: Pour un peu de raison, les dames s'entrechoquent    Lun 1 Nov 2010 - 20:45

[HRP : désolé pour le temps d'attente !]

Une journée comme les autres, remplies de banalités, de gens, de paroles, de rayons de soleil incertains et souvent timides. Un quotidien qui devenait éreintant, fatiguant, dont Marina se lassait sans pouvoir lutter contre. La seule chose qui embellissait ses journées, les baignant d'une lumière pure était sa fille, Noéline.
Et en ce jour de fin d'année, la petite fille fêtait ses quatre ans.
Déjà quatre années de petit bonheur à deux...
Marina s'était levé plus tôt qu'en tant ordinaire pour pouvoir finir le cadeau qu'elle réservait à sa fille ; un pendentif représentant un chat, fait de quartz rose, entouré d'un cercle en nacre, le tout accroché à une jolie petite chaine en argent. Noéline adorait les chats... Et ce pendentif était bénéfique pour elle grâce aux pouvoirs des pierres, de plus, le collier irait parfaitement avec la petite robe en laine et lin bleu perse que la jeune bourgeoise avait précédemment acheté pour cette occasion. Il avait était difficile de faire le collier car Noéline était une jeune fille très attentive pour son âge et elle adorait regarder sa douce maman polir les pierres, les taillées, les assemblées... Marina avait donc confectionné le collier pendant plusieurs nuit, après que la fillette est trouvé sa place dans les bras protecteurs de Morphée.
Tout en ajoutant les petites touches finales dont le collier avait besoin, Marina laissait ses pensées défilé, ainsi, elle était revenue au moment de la naissance de Noéline.
Elle était seule, chez elle, lorsque le travail commença. Par magie, par instinct, ou tout simplement par hasard, une de ses sœurs d'Olrun était venue lui apporter quelques biscuits et termina donc comme sache-femme. La douleur n'avait pas été trop dur à supporter, et lorsque la jeune femme découvrit sa petite fille, plus rien d'autre ne conta pour elle que ces petits yeux rond et bleu. Noéline, prénom de la mère qu'elle n'avait jamais connue mais qu'elle admirait temps.

A son réveil, la petite fille découvrit un petit déjeuner royale : des croissants, du pain encore chaud, de la confiture de fraise, de prune, et d'orange, le tout accompagné de thé, ou de lait que la jeune fille pouvait aromatiser avec du cacao que Marina avait acheté pour l'occasion, même si cela avait été un peu cher pour le budget de la petite bijoutière.
Ce que préférait la jeune maman, c'était la lueur de bonheur innocent qui ne s'éteignait jamais dans les yeux de sa fille. Une fois de plus, cette lueur resplendissait dans les yeux de Noéline lorsqu'elle découvrit ses cadeaux, cadeaux qu'elle s'empressa d'enfiler.
La journée était calme, et plutôt chaude pour le mois. Marina décida de faire une balade.


- Une balade au marché te plairais Noéline ?

La petite fille hocha de la tête avec engouement avant de courir vers l'entrée afin d'enfiler son manteau.
La place du marché était occupée par plus de monde qu'au quotidien. C'était une balade plaisante, et Marina aimait se promener avec sa fille, sa petite main douce dans la sienne.


- Maman, je peux avoir une clémentine sil te plait ? Avait demandé la petite fille en tirant sur les jupons rouges de sa mère.

Marina lui sourit et ensemble elle s'avancèrent vers le comptoir où toute sorte de fruit étaient présenté, laissant un vaste et libre choix aux clients.
Marina prit quelques clémentines, des pommes, et alors qu'elle dirigeait sa main vers du beau raisin noir, une femme vint la percuter. C'était un accident, c'était évident. Mais Marina apprécia les excuses de la femme.


- N'ayez crainte Madame, je connais bien cette situation. Il n'y a aucun mal.

Marina sourit à la femme, c'était-elle déjà vu ?... Un souvenir incertain parcourait les pensées de Marina tandis qu'elle donnait à sa fille la clémentine qu'elle quémandait depuis quelques minutes déjà. La petite fille prit le fruit et s'éloigna quelque peu de sa mère, sans partir trop loin après les recommandations de Marina.

- Veuillez pardonner mon audace Madame, mais... J'ai l'impression de vous avoir déjà vu. Êtes-vous une cliente de ma bijouterie ?

C'était la solution la plus probable mais qui sait... Peut-être était-ce elle, la cliente, et non pas l'inverse...
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MessageSujet: Re: Pour un peu de raison, les dames s'entrechoquent    Sam 13 Nov 2010 - 1:10

[HRP : De même ^^" J'espère que ça te conviendra. ]


-« Je suis rassurée. Madame ? »


Cette bousculade n’ayant pas fait de blessée Louisa l’oublia immédiatement et se concentra sur cette rencontre. Cette jeune dame devait être un peu plus jeune qu’elle. Elle avait une voix charmante et un phrasé posé. A n’en pas douter une personne éduquée et bien élevée. Bien sur le regard de fileuse s’attarda sur les vêtements. Beaucoup racontaient que le regard était le reflet de l’âme. Il n’était pas le seul. On pouvait apprendre beaucoup de chose sur le caractère d’un individu à sa seule façon de nouer ses cordons.
Elle voyait du coin de l’œil Dimitri lui montrer en silence sa victoire commerciale. Ce jeune garçon avait un goût inné du marchandage. C’était à force de charme et de parole velouté qu’il arrivait –toujours- à ses fins. Fort heureusement il n’usait de ce talent que pour être surprenant en générosité. Sa mère lui accorda un petit sourire avant de revenir à son inconnue. Ce sourit bien mit, poli, où l’avait-elle déjà rencontré ? Ici à Forbach…


Du haut de ces neuf années dégingandées il s’intéressait à la petite fille qui accompagnait la dame. Il l’observait prendre le fruit des mains de sa mère et le regarder à la dérobé, en commençant à dépeupler. Il savourait distraitement sa prise tout en participant à ce jeu de regards curieux. Il n’était pas souvent confronté à plus jeune que lui. Il y avait dans son univers un père, une mère, une sœur ainée, une vielle tante et quelques camarades d’études. Il n’avait encore jamais rencontré ses lointains cousins de Russie. Puisque la vie ne lui avait pas offert de cadet il ne pouvait que fantasmer sur l’existence des plus petits.
C’est donc avec plus d’instinct qu’autre chose que Dimitri avança vers l’enfant. Avec un sourire digne de géniteur il lui présenta la grappe noire. Comme il partageait souvent les gourmandises avec sa sœur après le diner. Ce petit être lui rappelait la description de ces esprits magiques qui peuplaient ses lectures. Les deux beaux yeux bleus avaient quelque chose d’envoutant tant ils paraissaient pures.


A quelques pas de là Lou cherchait toujours un souvenir. Une bijouterie… Elle connaissait le bijoutier de Rosbruck. C’est chez lui que Romain avait fait faire commande de leurs alliances respectives. Cet anneau qui ne la quittait pas depuis maintenant douze ans. La plus part du temps ses bijoux venaient de cadeaux de son époux dont elle ignorait la provenance. Ceci dit… c’était pour les dix ans d’Anna qu’elle avait parcouru toute la ville… Cela remontait à quatre ans ! Les deux commerçantes ce seraient souvenues l’une de l’autre après tout ce temps ?
Son regard dériva vers la petite princesse à la robe bleue. Ce bleu, lui aussi, lui rappelait quelque chose. L’une des filles de l’atelier lui avait demandé conseil pour couper un col pour robe d’enfant. A voir l’ouvrage Lou reconnaissait le savoir faire de Marjolaine. C’était donc tout à fait possible.


-« Je crois bien que nous avons été cliente l’une de l’autre. Ma fille a un poigné un bracelet en or décoré de minuscules rubis. Peut être l’ais-je trouvé chez vous.
Qu’en à la robe de votre fille, elle provient du Fil Blanc, n’est-ce pas ?
Eh bien voyez-vous comme nous savons toutes les deux gâter nos filles ! Comment s’appelle ce petit ange qui vous accompagne ? »



Avec son aisance habituelle la baronne faisait connaissance. Elle avait toujours aimé ce joué de l’imprévu. Si cette jeune mère avait été mise sur son chemin, alors autant en prendre son parti. Sans vraiment s’éloigner, Lou régla rapidement sa note, ainsi que celle de la jeune bourgeoise. C’était là sa façon à elle de se faire pardonner la violence de leur rencontre. Il n’y avait pas à tergiverser. La générosité de Louisa était sans mesure depuis que son commerce faisait des bénéfices à tout va. La conquête de la France lui offrait une sécurité financière qu’elle entendait bien partager avec autrui.


-« La vie à Forbach ne vous est pas trop difficile ? J’ai lus cette lettre en place publique et j’en ai eu des frissons. »
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MessageSujet: Re: Pour un peu de raison, les dames s'entrechoquent    Mer 24 Nov 2010 - 2:05

Le Fil blanc ! Mais bien sur, tout lui revenait maintenant ! Elle avait effectivement commandé la joli petite robe bleu de Noéline là-bas. Et, en cherchant encore un petit peu plus, elle se souvint également avoir vu cette jeune femme dans la boutique, Marina avait même du raccourcir la chaine du bracelet car il était trop grand pour le poignet de la jeune fille et elle ne pouvait le porter.
Le hasard faisait bien les choses comme disait le proverbe, mais peut-être n'était ce pas un hasard... Du moins Marina avait cessé de croire au hasard, et ceux depuis une bonne dizaine d'années...


_ Oui, nos filles ont de le chance ! De gentille maman leur faisant de jolis cadeaux. Elle s'appelle Noéline, et aujourd'hui est un jour spécial, c'est son anniversaire, elle a quatre ans. Elle grandi très - trop - vite. Et vous, votre petit Apollon ?

Les deux femmes continuaient de converser tout en s'occupant de leurs achats. Lorsque la dame payait la note de Marina, celle-ci tenta de la rembourser, mais elle semblait fermer à toutes discussions à ce propos. La bijoutière se contenta donc de la remercier pour ce généreux geste.


Au loin, Noéline profitait de sa clémentine, la dégustant lentement, laissant le jus acide glissé le long de sa gorge. C'était un goût qu'elle appréciait et qui la faisait sourire. Lorsqu'elle se tourna, un garçon, plus grand qu'elle, lui proposait du raisin d'un noir bleuté qui attirait l'attention de Noéline. Étant trop timide pour parler à un inconnu, elle lui souris et en goutta un grain avec appétit. Par réflexe, elle tendit la moitié de sa clémentine vers le garçon.


La vie à Forbach... Pendant un temps, Marina aurait certainement répondu que ce n'était pas une vie de vivre ici. Trop de morts, trop de souffrances, trop de souvenirs... Il y avait tellement de vieux fantômes ici...Pourtant, elle n'aurait changé de ville pour rien au monde, même si le danger de l'inquisition c'était amplifié !


_ Et bien... C'est parfois compliqué, mais, lorsque l'on est encré quelque part, difficile d'en sortir n'est ce pas ? J'ai trop de souvenirs ici pour partir. Parfois, j'ai du mal à joindre les deux bouts, mais, le simple regard de Noéline sur moi me pousse à faire davantage, me motive. Sans elle, je ne serais rien...

La lettre... Marina ne voyait pas de qu'elle lettre parlait la femme, mais il fallait dire que la bourgeoise n'était pas sorti depuis un petit moment... Elle avait eut beaucoup de travail et très peu de temps pour elle, ou même pour Noéline.

_ Je ne suis pas sorti depuis un petit moment, que raconte cette lettre pour vous effrayez autant ?
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MessageSujet: Re: Pour un peu de raison, les dames s'entrechoquent    Dim 5 Déc 2010 - 1:31

-« Quatre ans, que voilà un bel âge. En disant cela ses beaux yeux onyx glissaient vers la petite fille. C’était le tout début de l’indépendance. Les premiers « non », les premières petites aventures, tout ce qui permettait d’appréhender de monde et ses petits dangers. « Oui. Plus le temps passe et plus ils grandissent vite. » C’était bien vrai. A peine quittaient-ils le sein maternelle que leur croissance s’accéléraient jusqu’à déposé un peu de nostalgie dans le cœur de leur parents. L’innocence de la petite Noéline ramenait à la surface quelques images pleines d’innocence. Avec un sourire où se rencontraient amour et fierté Louisa présenta son fils. « Il s’appelle Dimitri. »


Entendant son prénom celui-ci avait tourné la tête. Tombant sur l’air ravi de sa mère il comprit et eut un sourire. Il y avait entre eux un langage des signes qui leur était propre. Une complicité qui rassurait le cadet des Zimmerman. Si sa sœur avait été une merveilleuse surprise, lui était le cadeau attendu. Trouver sa place dans une famille n’est guère chose aisé. Encore plus quand on est aussi timide que ce jeune enfant.
La générosité de la petite fée bleue produisit un air émerveillé. Avec Anna il fallait toujours raisonner, argumenter, et convaincre. Voyant que les deux adultes avançaient le long des tables il indiqua patiemment le chemin à la fillette. Et tout en marchant à ses côtés il accepta un unique quartier de clémentine. Il était bien trop conscience du trésor que pouvait représenter le fruit préféré.


La gérante sélectionnait les ingrédients du déjeuner. Des pommes vertes et des abricots feraient office de dessert. Puis elle étudia les fromages tout en écoutant la jeune femme. Tout ce qu’elle lui disait était juste à ses yeux. Lou avait renoncé à quitter définitivement la ville pour les mêmes raisons. Si Romain n’avait pas été l’homme qu’il est, sa situation aurait été pratiquement la même, que celle de son interlocutrice.
D’ailleurs l’allusion aux difficultés financières amena l’une des premières questions, que l’on se posait en voyant une mère seule. Où était le père de la petite fille ? Celui de Dimitri était dans la commune à quelques kilomètres. Et toujours son épouse imaginait comment pouvait vivre les autres couples.
La déclaration d’amour de la jeune femme pour sa progéniture attira d’avantage la sympathie de son ainée. Combien c’était vrai.


-« Ils nous donne une raison de vivre. D’être des personnes de bien. »


En disant cela la baronne songea à ses propres parents. Les gestes imprévisibles d’une mère aimante. Les embrassades forcées d’un père affectueux. Tout cela lui avait paru ennuyant, gênant, lorsqu’elle était adolescente. Et aujourd’hui que ne donnerait-elle pas pour en avoir un peu ?

Un air étonné se peignit sur ses traits métissés. Quittant pour un instant les commissions elle se concentra entièrement sur la jolie bourgeoise. L’isolement avait dû être complet pour ne pas entendre la rumeur de la ville. Les crimes se perpétuaient et secouaient toute la population depuis plusieurs semaines.
Bien sûre Lou ne révélerait rien sur le loup blanc. Cependant il n’était pas sage d’être ignorante d’une pareille menace. Surtout pas lorsqu’on avait une vie à chérir et à protéger. Alors la dame chercha les mots pour exposer la situation sans alarmer inutilement.


-« Il s’agit d’une sorte d’avertissement envers toute la population. Un homme, se faisant appeler lui-même « L’agent du diable », menace chaque habitant de mort. Il y a eu déjà des morts inexpliquées. Il existe bel et bien et il nous interdit tout secours sous peine de nouveaux drames. »
Voilà qui n’était pas vraiment encourageant. Louisa chercha une façon de rassurer la bijoutière sans pour autant se trahir.
-« Mais vous savez comme moi que cette ville ne se laisse jamais maltraiter sans répliquer. »
Point besoin de rappeler les épisodes désastreux qui ponctuaient l'histoire de cette petite bourgade. Forbach avait du caractère. Certaines particularités ethnique qui lui donnait une réputation digne des contes fantastiques. Autour d’elles l’activité battait son plein. Tout semblait parfaitement normal. Il n’y avait aucune trace du Malin. Cependant la prudence était mère de sureté. C’est sans aucun doute ce qui poussa madame Zimmerman à vérifier par un regard en arrière l’emplacement des deux petits.
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MessageSujet: Re: Pour un peu de raison, les dames s'entrechoquent    Ven 4 Fév 2011 - 19:41

[HRP: J'ai terriblement honte pour ce temps d'attente =/]


Marina écoutait attentivement son interlocutrice. Ses paroles était d'or, et pour la bijoutière qui était resté enfermé chez elle pour travailler et s'occuper de sa fille depuis un petit bout de temps, avoir des nouvelles et pouvoir se remettre à jour sur les évènements était essentiel.
L'agent du diable ? Comme c'était étrange... On ne pouvait lui coller une étiquette et dire qu'il était du côté de l'inquisition. Non, pas avec un nom pareil...
Marina ressentit tout de même une boule à l'estomac. Cette peur qui l'avait hanté pendant plusieurs années auparavant... La peur d'être observé, d'être piégé. Mais maintenant que Noéline était là, et que Marina n'était plus seule, la peur était plus grande encore. Savoir qu'on pourrait lui arracher sa fille, ou même lui faire du mal lui était intolérable.


- Oui... Il n'existe pas une ville plus résistante que Forbach...
Dit-elle en regardant dans le vide, en direction de sa fille.

Marina se remémorait silencieusement les précédents épisode, la mort d'Adrien, le retour d'Alexandrine, le désespoir d'Elisabeth... Tant de chose qui emplissait un cœur de larmes, et pourtant, tout était toujours debout, tout tenait.


- Mais cette ville deviendrait totalement terne si les démons ne s'y intéressait plus, n'est il pas ? Reprit-elle sur un ton léger. Depuis quand cette notice est-elle en place ? Sait-on depuis quand cet..."Agent du Diable" est-il en ville ? A t-on plus d'indices à son égard ? Un autoportrait ? Ou de simple informations sur lui ?

Marina était sortit de son nuage de réflexion et toutes ses questions sortaient d'elles même et venaient s'échouer.
C'était une habitude chez elle, chercher à connaitre le plus possible sa peur pour pouvoir ensuite se rassurer et certainement savoir comment se défendre...
Marina attendit la réponse de son interlocutrice. Si elle n'en savait pas grand chose, peut-être que ces sœurs, elles, en saurait davantage... Une petite visite s'imposerait donc...
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MessageSujet: Re: Pour un peu de raison, les dames s'entrechoquent    Mer 16 Fév 2011 - 0:18

Elle ne savait rien de cette jeune femme. L’intensité de son regard seule pouvait indiquer le double sens de sa réponse. Leur génération avait souffert. Les sacrifiés disaient les anciens. Chacun avait subis les maléfices à sa façon. Personne n’avait été épargné. Forbach apposait sa marque sur toutes les âmes. Celle-ci pouvait être invisible et douce ou bien rouge et douloureuse. C’était aussi peut être, pour cela, qu’on ne la quittait jamais vraiment. Sa mère avait réussi. Parce qu’une force plus forte encore l’avait appelée ailleurs. Celle de ses racines. Elle était sauvée. Mais …
L’Eglise avait éveillé une force ancestrale. Pareille à ces dragons crées pour protéger les trésors. Celle-ci ne s’apaiserait pas tant que le sang coulerait dans ses rues. On ne pouvait pas voler impunément une terre magique. Beaucoup trop d’individu avait voulu lui faire du mal. Louisa se souvenait de chaque pernicieuse vengeance faite par les clans dissimulés. Elle n’aimait pas les sorcières. Cependant elle ne pouvait nier leur rôle de gardiennes. Elle attendait même secrètement que le fou du diable rencontre enfin ses sœurs noires. Pourquoi restaient-elles dans l’ombre aujourd’hui ? Pour l’heure seul cet inspecteur tentait quelque chose. C’était bien étrange. Un peu pour elle-même la dame murmura son étonnement. Après tout ce n’était pas un secret ici.


-« Je me demande d’ailleurs où sont ses guerrières… »


Pouvait-elle imaginer qu’elle discutait avec l’une d’entre elle ? Ces femmes vivaient à ses côtés -depuis des années- dans le plus parfait anonymat. Jusqu’à la tante de son époux qui gardait ses enfants et leur faisait office de grand-mère depuis leur naissance. C’était inconcevable ! Louisa préférait songer à des êtres -un peu merveilleux- vivant dans la forêt adjacente. Elle avait quelques fois ces espoirs romanesques. Ces penchants pour le beau et le féérique qu’elle repoussait parfois sans convictions. Volant croire que ce qui faisait tant rêver son fils existait bien quelque part. Dimitri… Anna et même la petit Narcissa avaient droit à ça.
L’ironie de la bijoutière était fine et délicieuse pour Lou. C’était tout à fait le genre de chose qu’elle pouvait dire. Et c’était terriblement pertinent. Que serait cette bourgade sans ces atrocités ? Une ville invisible et sans intérêt dans le grand royaume de France ! Jamais une reine n’y aurait envoyé son serviteur. Une ville où la famille Maulne aurait vécu dans la banalité la plus complète. C’était un chemin de réflexion bien périlleux pour madame la couturière.
Grâce soit faite à la curiosité féminine !


-« Je ne saurais les dates exactes. Je dirais quelques jours seulement. Elle a dû être accrochée pendant la nuit.
Qui peut savoir ! Son premier meurtre remonte à des semaines. Peut être était-il là bien avant. Depuis toujours même si c’est un habitant.
Rien. Si ce n’est la preuve de sa folie. Il reste… invisible et frappe par surprise.
Malheureusement il n’y a aucun témoin assez précis. La rumeur dit que c’est une ombre. Une ombre diabolique. Je suis navrée de ne pouvoir vous éclairer. Moi-même j’aimerai en savoir plus. Mais les autorités sont hermétiques au dialogue. Non restons dans l’ignorance par leur volonté. Est-ce pour nous protéger… je ne sais pas trop. »



La baronne avançait vers une table pour demander un pain. C’était le dernier élément de son menu. Le boulanger lui souriait poliment reconnaissant là une cliente qui avait assez de sou pour lui offrir un bon diner. Louisa souriait et montrait sa commande par des gestes que son art rendait délicat. Elle avait toujours aimé aller au four à pain petite fille. La magie de la cuisson, l‘odeur, la mie. Tout prêtait à la gourmandise. En voyant l’air alléchant des brioches elle en demanda également une. D’un regard elle demanda à sa compagne de course si quelque chose la tentait. Les petits plaisirs devaient toujours êtres écouté. Une vie. Seulement une vie à vivre.
Le jeune garçon avait vu les achats. Sachant pertinemment que l’heure n’arrêterait pas la bonne humeur de sa mère. Alors avec un adorable sourire de diablotin il accepta la viennoiserie. Sans que rien n’eu besoin d’être dit il la coupa en deux. Une jolie preuve de son éducation en construction. Ina approuva du chef satisfaite. Ses yeux vivaces suivaient les petits pas de la fillette avec envie. Le vieux désir de maternité revenait si facilement la hanter. Brioche partagée fût distribuée pour un encas imprévu entres jeunes.
Face à un tableau si charmant madame Zimmerman céda à l’envie. Avec douceur elle lança l’idée sans se départir d’un sourire aimable.


-« Que diriez-vous de venir boire un chocolat avec votre fille un après midi ? Mes enfants sont un peu grands mais ils sauront faire plaisir à Noéline. J’aimerai que nous gardions contact toutes les deux. Qu’en dites-vous ?
Je croise trop rarement des collègues de créations ! »



Son attitude démontrait que sa jovialité n'imposerait rien à la jeune femme. Titre où non Lou était une femme qui pouvait être d'une simplicité exemplaire. C’était une scène qui se passait souvent avec cette dame. Et souvent c’était une très bonne chose.
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MessageSujet: Re: Pour un peu de raison, les dames s'entrechoquent    

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Pour un peu de raison, les dames s'entrechoquent

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