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 Parce qu'on s'amuse d'un rien...

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MessageSujet: Parce qu'on s'amuse d'un rien...   Mar 2 Nov 2010 - 23:48

Elisabeth avait décidé de descendre en ville prendre un peu l’air. Cela lui faisait parfois du bien de se mêler à la foule, toute cette agitation la rendait vivante et elle appréciait cette sensation. Pour autant, elle ne négligeait pas sa sécurité, ayant toujours avec elle deux gardes du Château en escorte. Lorenzo lui avait consenti quelques privilèges, comme celui de pouvoir encore utiliser la garde du Château comme au temps où Adrien était encore là. De toutes façon, elle ne mobilisait pas non plus une armée, tout au plus deux, quatre hommes au maximum.

Elle marchait d’un pas lent, prenant le temps d’observer les passants qu’elle croisait. Quel genre de vie menaient-ils, qu’avait été leur vie ? Autant de questions auxquelles son imagination répondait. Naturellement elle saluait discrètement lorsqu’elle croisait une connaissance, mais ne voulait surtout pas s’attarder en bavardages inutiles et sans intérêts, aussi ne s’attardait-elle pas et passait-elle son chemin.

Son esprit était également enclin à vagabonder à imaginer le mariage d’Alexandrine, il serait temps à son âge, Elisabeth était déjà mariée et mère. Pourtant, elle n’avait pas souhaité que sa fille suive le même chemin qu’elle à savoir que son enfant ai un mariage arrangé. Pour Léonce, Elisabeth n’avait pas pu intervenir, mais s’était assuré que la jeune femme qu’on lui avait promis était quelqu’un de convenable. De toute façon, c’était lui qui avait le choix d’accepter ce mariage ! Pour en revenir à Alexandrine, elle l’imagina dans une superbe robe blanche parsemée de perles et de dentelle descendant l’allée de l’église au bras de… son père. Cette image fit perler une larme au coin de son œil. Heureusement pour elle son capuchon était rabattu sur son visage de sorte que personne ne put voir cet incident.

Encore un hasard de la vie, une discussion non loin elle attira son attention. Deux hommes en pleine conversation, quoi de plus banal ? C’était une question pertinente, depuis le temps qu’Elisabeth était à Forbach, elle avait développé son habileté à voir lorsque quelque chose n’allait pas ou sortait de l’ordinaire. Il n’y avait rien de précis, juste une impression qu’elle avait alors qu’elle scrutait la scène. Les autres passants allaient à leur occupation, ne prêtant pas la moindre attention aux deux hommes.

Elisabeth pour sa part connaissait un des hommes, c’était un bourgeois ventripotent qu’elle croisait souvent aux matines. Elisabeth était aux yeux de tous – ou presque – une fervente croyante, il n’y avait que lors de l’anniversaire de la mort de son mari qu’on ne la voyait pas aux messes. Elle jouait le jeu du mieux qu’elle le pouvait …
Elle avait trouvé ce qui n’allait pas, de prime abord, les deux hommes faisaient penser qu’ils discutaient d’affaire. Mais le jeune homme ne semblait pas être de ceux avec qui on ferait des affaires, mais après tout peut-être se trompait-elle ?

La curiosité, mêlée à une légère envie de s’amuser au détriment du bourgeois, la fit s’approcher. Ses gardes obéissant à un léger signal de sa part restèrent en arrière, observant à distance ce qui se passait. Elle salua l’homme qu’elle connaissait et attendit qu’on la présente. Ce qui se passa l’amusa, l’homme fut tellement gêné qu’il en perdit la parole, presque horrifier de voir Elisabeth alors qu’il parlait au jeune homme. Il lança un dernier "J’examinerais votre proposition de près et vous recontacterais" à son interlocuteur et salua la Vicomtesse d’un signe de tête. Ensuite il partit en baissant la tête et rasant les murs.

Elisabeth le regardât faire tout en s’adressant au jeune rester à ses côtés.
"Et bien, vous devez être quelqu’un de fort peu fréquentable pour que notre ami soit tellement effrayé qu’on puisse le voir en votre compagnie !"
Naturellement elle avait parlé en avec une ironie non voilée lorsqu’elle avait prononcé le mot "ami" ! Au ton qu’elle avait pris, on devinait aisément que cette situation cocasse l’avait beaucoup amusée.

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MessageSujet: Re: Parce qu'on s'amuse d'un rien...   Mer 3 Nov 2010 - 3:08

La plupart des passants se trouvant sur la Grande Rue y était pour le plaisir, se promener, saluer des connaissance, goûter à l'effervescence de la vie active de Forbach, car, bien entendu, tout n'y était pas triste. Certaines personnes se rendaient au marché en passant par cette rue passante. Francis l'aimait bien, on y trouvait toujours quelque chose d'intéressant, mais la plupart du temps il s'y rendait pour le travail. La rue était toujours bondée de monde, Francis pouvait y faire de bonnes prises sans trop attirer l'attention. C'était exactement ce que le jeune était en train de faire à ce moment. Adossé à un mur au détour d'une rue transversale tout juste à côté de l'atelier d'un cordonnier, il observait le peuple en envoyant des regards racoleurs aux passants qui pouvaient sembler de bons clients. De temps à autres, il envoyait des oeillades à des jeunes filles de bonne famille, il s'amusait de les voir rougir en accélérant le pas. Il était arrivé, rarement disons-le, que la jeune fille en apparence de naissance noble ou bourgeoise ne se montre pas aussi farouche... Certaines avaient même déjà de l'expérience. Chose qui aurait pu troubler leurs pauvres parents. Francis s'amusait rien que d'y penser. Comme il se tapait assez souvent des hommes peu aguichants, les rares fois où il avait eu des jeunes filles d'à peu près son âge, il en avait profité aussi et avait fait une fleur à ces demoiselles en omettant de facturer. Mais seulement une fois... S'il leur était arrivé de revenir vers lui, il n'avait pas manqué de leur faire sortir l'argent. Outrées, la plupart d'entre elles s'en allaient, n'ayant même pas imaginé qu'elles avaient eu affaire à un courtisan la première fois. Francis avait du coeur, mais il ne faisait pas la charité pour des jeunes femmes en manque de sensations fortes. Cela valait aussi pour les beaux jeunes hommes.

Ce fut une coïncidence totale que de trouver ce cher Monsieur Faivre qui allait entrer dans la cordonnerie. Il était seul, c'était le moment idéal. Lui n'avait pas vu Francis. Ce dernier se glissa subtilement derrière lui et lui pris le bras juste avant qu'il n'entre dans l'établissement.


«Vous m'avez manqué mon ami!» s'exclama le jeune.

Francis pu déjà voir les gouttes de sueur apparaître sur son trop large front. Monsieur Faivre, vous le devinez, avait déjà eu à faire avec Francis. Il était un gros bourgeois mal marié, fervent catholique... Enfin, si on excluait son goût pour les jeunes hommes. Mais il avait un autre vice, il aimait bien le jeu, autre chose que ses relations seraient choqués d'apprendre. Du coup, il perdait son argent et son héritage à un rythme effarent. Très intéressant ce qu'on peut apprendre sur un oreiller. Cela peut être utile, particulièrement quand un client omettait de payer comme c'était le cas présentement. Comme Monsieur Faivre était un client régulier, Francis l'avait laissé partir la dernière fois, non sans contrariété, lui faisant promettre de payer dans la semaine. Or cela faisait trois semaines. Ne jamais faire confiance aux joueurs... Francis avait décidé de le harceler jusqu'à ce qu'il paie, menaçant de dévoiler tout ce qu'il savait s'il ne le faisait pas. Tout ce qui restait à cet homme était son nom et un semblant de réputation, si Francis parlait, il ne lui resterait plus rien.

«Mon jeune ami... je suis très occupé vous savez...»

«Mais moi aussi. Les affaires, toujours les affaires... D'ailleurs, parlant de cela, les affaires ne vont pas très bien ces temps-ci. Je livre une bonne marchandise et on oubli de me payer...»

«Je... je ne peux pas, j'ai...»

«Joué? Ce n'est pas mal d'aimer le jeu Monsieur Faivre, encore faut-il être un bon joueur... et un bon payeur. C'est comme on dit : les bons comptes font les bons amis, les mauvais comptes... bref, vous avez compris. Je ne crois pas que votre réputation pourrait supporter une rumeur selon laquelle vous aimez prendre des jeunes garçons... de force.»

«Mais c'est faux, je n'ai jamais...»

«Qui saura? La rumeur a toujours plus de poids que la parole de n'importe qui.»

Mais comme Monsieur Faivre allait sortir quelques billets de sa poche, une femme que Francis ne connaissait les interrompit. Elle connaissait le gros bourgeois, comme beaucoup de gens. Elle le salua et resta là, attendant qu'on lui réponde. Monsieur Faivre articula une excuse qui semblait des plus fausses et s'enfuit. Francis ouvrit la bouche, outré et surpris de cette fuite en douce. Il y était presque arrivé et tout avait été gâché par cette femme qui lui était inconnue. Elle semblait provenir d'un milieu noble, sans doute Adal la connaissait-il. Elle comptait sans doute ses quarante ans, mais elle était plutôt belle. Peu importait son apparence, aujourd'hui, il ne faisait pas plaisir à Francis de la regarder. Il allait très certainement répondre à sa remarque qui n'amusait qu'elle, mais voyant derrière elle, deux gardes qui l'accompagnaient, il décida de ne pas y aller trop fort. Il n'avait pas besoin d'être accusé d'agression sur une noble dame. Bien sûr, il ne l'aurait jamais frappée, mais il était trop bien placé pour savoir qu'on pouvait faire des montagnes avec rien.

«Vous n'avez pas pensé que c'était peut-être en votre compagnie qu'il avait peur d'être vu. Nous discutions paisiblement et votre arrivée a eu sur lui l'effet de la lumière sur une bande de cafards.»

Cette réponse se voulait aussi ironique que la remarque qu'on lui avait servi.
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MessageSujet: Re: Parce qu'on s'amuse d'un rien...   Dim 14 Nov 2010 - 23:46

Elle esquissa un sourire à la réponse du jeune homme. Même si cela pouvait sembler paradoxale car ne l’avait-il pas insultée après tout ? Pourtant il était tellement rare de voir une telle répartie et ce, alors même que le garçon aurait dû trembler d’avoir prononcé ces mots devant une dame de haut rang.

Elisabeth ne lui en tenait pas grief, pour elle, ce n’était pas faire justice que de punir les gens pour ce qu’ils disaient. Cela, elle le tenait probablement de son statut de sorcière. Dans un espoir vain, elle aurait sans doute aimé pouvoir transmettre ses connaissances au grand jour sans craindre de représailles. Pour autant, il n’était pas question d’elle à cet instant.

"Remarque pertinente jeune homme. En un sens vous avez probablement raison, c’est moi qu’il a fui ainsi. Pour autant, il est nettement plus courtois lorsque nous nous saluons aux matines ou aux vêpres."

Elle avait fait exprès de souligner le fait qu’elle ne le connaissait qu’au travers de ces courts instants de recueillement. Après tout, ce n’était pas non plus comme si cet homme avait été un de ses amis ou un confrère sorcier ! Et pour bon nombre de fidèles, elle comprise d’ailleurs, tout cela n’était que mascarade et faux-semblant.

"La courtoisie la plus élémentaire aurait exigé que je me présente avant tout chose, je suis navrée de cette impolitesse que je vais immédiatement réparer ; je suis la Vicomtesse Elisabeth D’Hasbauer."

En effet, une conversation ne pouvait réellement porter ce nom que si les interlocuteurs s’étaient présentés, cela relevait de la plus élémentaire des politesses. Et qu’importe à qui elle s’adressait, elle veillait toujours à avoir une certaine étiquette, sans pour autant prendre les gens de haut.

Elle avait d’ailleurs veillez à se présenter sans insister sur son titre, cela avait coulé naturellement sans aucune accentuation qui aurait pu laisser penser qu’elle veuille s’imposer grâce à sa noblesse face au garçon – elle réservait cela aux pédants et aux prétentieux qu’elle prenait un malin plaisir à remettre à leur place.

"Il est vrai que mes paroles n’étaient guère flatteuses à votre égard et je m’en excuse. Toutefois cela m’ait venu suite à la gêne soudaine de Monsieur Faivre lorsque je vous ai interrompu dans votre discussion d’« affaires""

Bien qu’ayant utilisé un ton neutre, elle n’avait pu s’empêcher de sous-entendre que ces affaires faites en pleine rue dans la discrétion ne devait sans doute pas être tout à fait honorables. Elle pensait que le jeune homme avait compris, après tout il devait avoir l’esprit vif au vu de la remarque quelque peu cinglante qu’il lui avait servi, non ?

Elle attendit ensuite que le jeune homme lui rende la politesse en lui donnant son nom, le fait qu’il puisse ne pas le faire et simplement tourner les talons pour partir ne lui vint même pas à l’esprit. Sans doute faisait-elle preuve d’un peu de naïveté de croire que tout le monde avait reçu une éducation correcte et connaissait, si ce n’était l’étiquette, au moins le minimum de politesse requise par la bienséance.

Dans son dos un pas lourd se fit entendre, elle se retourna, voyant qu’un des deux gardes s’avançait, elle le stoppa d’un geste prompt et lui fit signe de reprendre sa place un peu plus loin. Le deuxième n’avait pas bougé, son regard était devenu fuyant, Elisabeth fit le constat de ce comportement étrange mais ne s’arrêta pas à ce détail pensant simplement qu’elle se faisait des idées suite au comportement presque suspect de sa connaissance et que le garde surveillait probablement les alentours. Son attention se reporta donc sur le garçon…

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MessageSujet: Re: Parce qu'on s'amuse d'un rien...   Mar 16 Nov 2010 - 5:02

Tiens donc, une vicomtesse, rien de moins... *Les nobles gens ont de bien étranges façons de s'amuser* pensa Francis. Mais devant sa remarque acerbe, elle ne tourna pas les talons. Il n'avait pas réussi à la choquer. Elle n'avait même pas fait signe à ses gardes d'intervenir en quoi que ce soit. Cela aurait été bien hypocrite étant donné que c'était elle qui avait débuté les «hostilités». Ce n'était pas particulièrement la remarque qu'elle avait fait sur le caractère peu fréquentable du jeune homme qui l'avait poussé à se montrer désobligeant, mais plutôt le fait qu'elle venait de lui faire perdre un paiement qu'il attendait depuis longtemps. En vérité, Francis ne se souciait plus des insultes envers lui, ce n'était pas la première fois qu'on le qualifiais de «peu fréquentable», et surtout, ce n'était pas le pire qu'on pouvait dire sur lui. Mais le jeune homme se garda d'en parler, il n'avait pas encore décidé s'il balancerait l'histoire de Monsieur Faivre en pâture aux ragots. Il préférait mille fois être payé. Étant donné que son client s'était montré plutôt ouvert quelques minutes auparavant, il avait décidé de lui laisser une autre chance finalement, sans doute la dernière.

Ainsi, plutôt que de s'en aller outrée, la femme avait plutôt décidé de continuer la conversation et semblait s'intéresser au jeune homme. On le devine parfaitement puisqu'elle se présenta. Chose qu'on fait uniquement lorsque l'on souhaite la même chose de son interlocuteur. La Vicomtesse d'Hasbauer semblait bien mise, bien élevée, noble de coeur, pas seulement de nom, bref, absolument pas le genre à faire appel à un courtisan. Ceci attisa la curiosité de Francis. Que voulait-elle? Était-ce son habitude de nouer conversation avec de parfaits inconnus qu'elle qualifiait elle-même de «peu fréquentable»? Francis aimait s'amuser, il entra donc dans le jeu, acceptant de se présenter et de poursuivre cette conversation pour le moins improbable. De plus, comme déjà mentionné, la femme était plutôt belle. Francis aimait bien les femmes plus vieilles que lui. Elles dégageaient de l'assurance et de la confiance en elles qui les rendaient irrésistibles. Oui, il aimait les jeune filles aussi, leur fraîcheur et leur inexpérience pouvaient être attendrissantes, mais ce qui pouvait paraître comme de l'assurance était souvent de l'arrogance. À l'inverse, chez les hommes, ils préférait les jeunes... Les hommes vieillissaient moins bien que les femmes à ses yeux. Peut-être qu'en vieillissant, il aurait un penchant plus marqué pour les femmes. Qui sait? Il ne savait même pas à cet instant s'il avait une chance de vieillir.


«Ma foi il est bien rare pour moi de tenir conversation avec une personne de votre rang. Serais-je gêné de me présenter simplement comme Francis, sans nom, ni titre? À la réflexion... pas du tout.»

Il gratifia sa réplique d'un sourire légèrement arrogant.

«Ainsi vous connaissez Monsieur Faivre à force de fréquenter l'église... Il faudrait que je m'y mette aussi, je ferais sans doute d'aussi belles rencontres que lui... Mme d'Hasbauer...»

Sur ces mots, il poussa l'audace un peu plus loin prenant délicatement la main droite de la vicomtesse pour lui faire un baise-main, sans jamais la quitter des yeux. Il aimait ce petit jeu. Jusqu'où pouvait-il aller avant de récolter une réaction négative?

La vicomtesse s'excusa de ses propos, mais elle revint sur les «affaires» dont il était question entre Monsieur Faivre et lui. Elle était curieuse.


«Ah oui, les affaires... Je me suis fait une entaille peu reluisante à la jambe qui semble s'infecter. Monsieur Faivre est médecin, je souhaitais obtenir une consultation à rabais comme j'ai peu d'argent... mais je crois que c'est à oublier maintenant.»

Mais elle ne saurait pas tout de suite.

«Mais je ne voudrais pas vous ennuyer avec mes problèmes. Dites-moi plutôt ce que fais une femme de votre condition, qui plus est, aussi belle, au milieu du peuple?»
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MessageSujet: Re: Parce qu'on s'amuse d'un rien...   Mer 17 Nov 2010 - 1:17

Son interlocuteur se présenta à son tour poussant même la politesse jusqu’à lui faire un baisemain, fort mal exécuté au demeurant. Ce jeune homme lui plaisait, naturellement pas dans le sens d’un courtisant, son cœur appartenait à un autre, mais plutôt parce qu’il était franc – dans un certain sens, puisque visiblement il avait le sens des limites - et qu’il n’avait visiblement aucune honte à être juste lui comme l’avait montré sa présentation.

Elle fut tout de même un peu déçue de sa réponse concernant les affaires qui se tramaient entre lui et M. Faivre. Pour sa réponse son ton se fit plus sec, prenant même une teinte légèrement outré.

"M. Francis, je vis entourée d’illusions alors je vous prierais à l’avenir de m’épargner vos mensonges !"

Elisabeth n’avait que faire que le jeune homme soit contrarié par ses propos, il était tout à fait clair pour la Vicomtesse que la jambe du jeune homme n’avait rien. Elle avait une longue expérience du mensonge et le pratiquait, elle-même, assidument. Depuis toute jeune entrainée par sa mère, elle avait appris à percevoir ceux des autres, ainsi que leur faux-semblant. Elle n’était certainement pas venue en ces lieux pour retrouver la même ambiance de fourbe qu’au Château !

Malgré tout, elle ne pouvait fournir aucune preuve du mensonge de Francis, si ce n’est demandé à ses gardes de dévoiler les jambes du jeune garçon, ce qu’elle ne ferait assurément pas ! Il n’y avait en effet aucune chance qu’elle se livre à cette mascarade en pleine rue. Pour cette raison, elle avait baissé le ton de sa voix en prononçant ces paroles. Pour être discrète, puisqu’elle ne pouvait l’accusé publiquement !

Elle sourit à la flatterie de Francis, même si elle ne s’y laissait pas prendre. La Vicomtesse le trouva tout de même terriblement indiscret de poser une telle question. Mais ne s’était-elle pas mêler, en intervenant de la sorte, d’une chose qui ne la regardait en rien entre ces deux hommes ? On pouvait donc affirmer que c’était elle l’instigatrice de cette situation. De son point de vue, elle n’avait donc pas à éluder la question, chose qu’elle n’aurait de toute façon pas faite tant il était simple d’y répondre.

"Mais dites-moi donc, pourquoi je ne devrais point être ici, est-ce que je ne fais pas également partie du peuple ?"

Elle avait bien compris que Francis faisait référence à leur différence et que rares étaient les nobles gens à s’aventurer par ici, ils y envoyaient plutôt leur serviteur. En jouant ainsi sur les mots, la Vicomtesse faisait preuve d’une mauvaise foi volontaire, même elle n’aurait pu le nier. D’ailleurs le petit sourire espiègle qu’elle affichait le prouvait bien.

Pour autant, faisant écho à la franchise du jeune homme, comme marque de respect envers lui, elle ajouta quelques mots d'explication.

"Pour répondre véritablement à votre question, j’aiguise mes facultés d’observation. C’est l’endroit rêver pour cela, ne trouvez-vous pas ?"

C’était une question rhétorique, mais libre à Francis de donner son avis sur la question si l’envie lui en prenait naturellement. Il était vrai que ces gens tous si différents les uns des autres faisaient de cette rue son terrain d’entraînement favori pour ce genre de chose. Il fallait bien qu’Elisabeth sorte quelque fois du Château en dehors des assemblées de son clan.
Elle ne disait naturellement pas tout, mais ce serait mal venu de confier à un étranger que ces sorties étaient des bouffées d’oxygène pour ne pas étouffé entre les murs sinistres du Château. Ils lui étaient apparus ainsi peu de temps après l’enterrement de son mari et que le seul astre qui illuminait un tant soit peu sa vie était à présent sa fille.

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MessageSujet: Re: Parce qu'on s'amuse d'un rien...   Jeu 18 Nov 2010 - 1:35

Francis avait trouvé une interlocutrice digne de ses réparties vives. Ou plutôt était-ce elle qui l’avait trouvé. Elle était de la haute, mais pas facile à impressionner. Francis aimait bien se jouer des gens, les envoûter, leur laissant croire qu’ils avaient l’avantage, chose, évidemment plus facile à faire avec un esprit plus faibles. Ce n’était visiblement pas le cas de la vicomtesse. Soit. Elle serait un défi… Mais il n’arrivait pas à imaginer de gagnant ou de perdant dans ce petit jeu de pouvoir verbal.

Évidemment, la fable concernant la blessure était des plus fausses, mais Francis avait beau faire chanter les clients difficiles, quand il avait décidé qu’il ne mettait pas ses menaces à exécution, il ne le faisait pas. Il n’allait pas vendre un potentiel payeur, en retard certes, mais payeur tout de même si Monsieur Faivre restait dans le même esprit généreux qu’il avait démontré avant la venue de la dame, donc, Francis n’allait pas vendre un client sous prétexte de donner à une bourgeoise en mal de racontars quelque chose à se mettre sous la dent. Il était visible qu’elle attendait quelque chose de plus croustillant… Mais elle pouvait à sa guise inventer une situation si celle qu’on lui offrait ne lui plaisait pas. Francis le faisait sans arrêt. La vicomtesse fit état de son mécontentement à se faire raconter des mensonges. Bien sûr, parfois la vérité est plus difficile à camoufler. Mais Francis n’en avait que faire. Elle n’avait pas posé de question, mais elle s’était visiblement montrée curieuse. La réponse qu’on a servit à un curieux est la seule dont il doit se contenter. Mais le jeune homme pensa que si Madame d’Hasbauer était aussi vive d’esprit qu’elle ne paraissait, elle aurait tôt fait de comprendre qu’elles étaient réellement les affaires de Francis.


«Éh bien puisque vous semblez prétendre connaître la vérité, éclairez-moi de votre lanterne.»

Ah non, elle n’aurait pas la vérité. Du moins, pas de la bouche de Francis. Libre à elle d’en venir à ses propres conclusions. Mais comme un bon menteur, que dire, un menteur professionnel sait le faire, il faut éviter d’insister et plutôt laisser croire à son interlocuteur qu’il se trompe et que s’il n’y croit pas, cela ne regarde que lui. Certes, cette personne ne repartira pas forcément avec des doutes, mais cela permet d’avoir le dernier mot dans la plupart des cas… Tout cela, sans s’être contredit ni avoir changé sa version.

Ayant complimenté la dame à travers une question, Francis pu remarquer que cette femme n’était pas totalement de glace. Un sourire, non sournois, non arrogant, non moqueur, s’était dessiné sur sa bouche. On dira ce qu’on voudra, une flatterie était toujours de mise pour charmer une dame ou une demoiselle. Le jeune homme n’aurait pas osé prétendre que la vicomtesse était sous le charme, mais n’importe qui aurait pu admettre que cela faisait tomber des barrières. La réponse de la dame à sa question concernant sa présence sur la grande rue était intéressante.


«Soit. Vous n’avez que trop raison. Mais les personnes de votre condition semblent parfois l’oublier, ainsi, nous alimentons leur illusion.»

Puis elle expliqua qu’elle aimait se promener sur la rue pour le plaisir d’observer. Intéressant. Francis pourrait presque en dire autant de sa propre présence sur la place en jour… Pas exactement pour les mêmes raisons, mais la pêche aux clients nécessitait une certaine observation.

«Un passe-temps comme un autre.»

Le jeune homme avait dit cela sans arrogance aucune. Il se recula d’un pas. Toujours conscient de sa beauté, sa gestuelle montrait clairement qu’il donnait une vue globale à la belle dame.

«Alors, vous aimez ce que vous voyez?»

Il fit une brève pause.

«J’aime aussi observer les gens. D’ailleurs, c’est un très bel anneau de mariage que vous portez à votre doigt. Votre mari ne vous accompagne jamais lors de vos sorties d’observations?»

Évidemment, Francis ignorait tout de la famille d'Hasbauer et donc, que de Monsieur d'Hasbauer, il ne restait que des souvenirs. Comme il ne connaissait pas ce détail, l'intention du courtisan n'était pas de peiner son interlocutrice, mais plutôt de la gêner de cette conversation incongrue, puisqu'il supposait qu'il y avait bien un époux quelque part.
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MessageSujet: Re: Parce qu'on s'amuse d'un rien...   Mer 1 Déc 2010 - 23:42

«Alors, vous aimez ce que vous voyez?»

Elle prit un instant avant de répondre, cela n’avait rien à voir avec une quelconque hésitation de sa part, juste elle comprenait le double sens que la question pouvait avoir, mais elle ne souhaitait pas s’engager dans une voie qui pourrait porter à confusion pour le jeune homme. Elle doutait que cela soit volontaire de la part d Francis, elle n’avait d’ailleurs senti aucune proposition sous-jacente à la question…mais le fait était tout de même qu’on pouvait comprendre ce qu’on voulait ! Elle commença à choisir ses mots avec délicatesse pour ne pas heurter son interlocuteur… décidément, depuis le début elle le ménageait un peu trop, non ? Il était adulte après tout, alors il pouvait entendre la vérité !

"Et bien, je dois vous avouer que ce que je vois, comme vous dites, n’ai pas grand-intérêt à mes yeux et ne tient pas la comparaison par rapport à celui que je prends comme référence."


Même si cela faisait maintenant plus de quinze ans qu’il était parti, elle gardait encore son image, en mémoire, comme s’il était à ses côtés… d’ailleurs il était à ses côtés ! Elle s’en était convaincu depuis bien longtemps. Et Francis ‘avait rien à voir avec son amour ! Quand bien même il lui aurait ressemblé, personne au monde ne pourrait jamais remplacer son époux dans son cœur.

Et puis vint l’autre question, Elisabeth eut l’impression qu’il essayait de la déstabiliser, mais au finale elle se dit que c’était probablement juste une fausse idée qu’elle s’était faite juste parce que le sujet de la conversation arrivait sur Adrien.

La Vicomtesse baissa les yeux, contemplant d’un regard amoureux l’anneau doré qu’elle portait au doigt et le tourna lentement comme pour observer les reflets de son alliance. En réalité, ce qu’elle voyait c’était l’inscription qu’il y avait à l’intérieur, connu seulement par quelques personnes.

Elle reporta son attention sur le jeune homme, devait-elle lui dire que son amour n’était plus ? Peut-être juste une remarque suffirait.

"Et bien, cela est sans doute dû à votre jeune âge, mais si aviez réellement été observateur, n’auriez-vous remarqué que je suis de noir vêtue ? Il serait donc naturel de pense que j’ai perdu quelqu’un de cher, et malgré tout, vous posez tout de même cette question au risque de me causer du chagrin ?"

La question était rhétorique, Elisabeth n’avait nul envie de pleurer sur l’épaule du jeune homme ! Juste lui faire remarquer qu’il avait manqué de savoir vivre. Mais bien plus que de la peine cette conversation l’agaçait, comment ce jeune pouvait-il prétendre qu’il ne connaissait rien de la famille d’Hasbauer ?

"Je dois vous avouer que cela me contrarie que vous ne connaissiez pas mon mari, le Vicomte Adrien d’Hasbauer, cousin de feu le Comte de Forbach."

Tout comme lorsqu’elle s’était présentée, ces paroles sans doute bien formelle, n’avaient pour but que de poser le contexte pour la suite de l’histoire.

"A la mort de celui, il a pris les rênes du Comté et gérer le domaine en attendant la décision de plus Haute Instances. Lorsque celles-ci ont enfin nommées quelqu’un d’autre à la tête du Comté, l’Oracle a mis la ville à feu et à sang, il a alors donné sa vie pour mettre fin à celle du démon et ainsi sauver notre très chère enfant."

Il était vrai qu’elle aurait préféré que le sacrifice de son mari reste dans toutes les mémoires et traverse le temps. Mais peut-être le jeune homme n’était-il pas d’ici ? A vrai dire, cela n’avait guère d’importance. Elle avait relaté les faits omettant volontairement tout jugement de valeur. Même si cette histoire restait douloureuse pour elle, elle n’en montrait rien, parlant calmement, sans rien montrer des réels sentiments qui l’animaient en cet instant.

Il lui aurait été facile de retourner la question à Francis et de lui poser à son tour des questions personnelles, peut-être que cela viendrait, mais à ce moment, elle souhaitait juste voir la réaction de son interlocuteur.

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MessageSujet: Re: Parce qu'on s'amuse d'un rien...   Sam 1 Jan 2011 - 7:30

La jolie Vicomtesse d’Hasbauer ne semblait pas vouloir s’amuser. Aussi, il apparut très vite au jeune Francis que cette femme de classe ne ferait jamais de cliente potentielle. Cela ne l’empêchait toutefois pas de savoir se montrer entreprenante et légèrement désagréable. Après tout, c’était elle la première qui s’était immiscée dans la bulle que représentait la vie privée de Francis, comme il en est de même pour chaque individu. Alors que le jeune homme tentait de faire de l’humour, dont le goût peut être discutable, mais de l’humour quand même, cette femme ne savait répondre que par des piques. Et il était hors de question pour elle d’admettre ne serait-ce que par le regard que son interlocuteur puisse, à défaut de l’être, au moins paraître charmant. À moins que la belle dame se refusait d’éprouver quoi que ce soit du genre pour un garçon faisant moins de moitié de son âge. Ainsi, se fit-elle très claire : Francis n’avait, à ses yeux, aucun intérêt vis-à-vis de celui qu’elle avait connu. Le tout servi dans un vocabulaire impeccable, de quoi filer un complexe d’infériorité à n’importe qui. Mais avec son passé, le jeune courtisan s’était construit une carapace étanche même aux propos peu amicaux d’une lady.

«Les femmes d’expériences sont toujours exigeantes.» se contenta de répondre Francis

Bien sûr, la Vicomtesse était vêtue de noir… Mais comment savoir qu’il s’agissait de son époux? Et puis du noir, plusieurs en portaient sans nécessairement être en deuil. Après avoir reproché au jeune homme ne de pas avoir su décoder toutes les subtilités de son apparence, Madame d’Hasbauer se montra contrariée que Francis ne connaisse pas sa richissime et importante famille. Son défunt mari aurait donc été à la tête du Comté pour un moment, en plus d’être un héros face à un certain démon… Cette histoire était familière aux oreilles de Francis, on lui en avait parlé, mais toujours vaguement. Non seulement vivait-il à Forbach depuis seulement deux ans, mais de plus, si ses calculs étaient justes selon ce qu’il avait pu récolter de l’événement en question, cela s’était produit environs au même moment où il naissait dans une contrée un peu plus à l’ouest. Fallait-il avoir étudié l’histoire de cette ville pour y vivre?

Quoi qu’il en soit, Francis n’avait pas envie d’argumenter sur cette question. Mais sans vouloir faire l’effort de plaire à Élizabeth d’Hasbauer, le jeune homme se souvint tout de même où il avait entendu ce nom de famille. Non, ce n’était pas dans une conversation faisant circuler quelques rumeurs sur les aristocrates de Forbach, mais plutôt dans une conversation tout ce qu’il y a de plus intime avec son meilleur ami Adal Loewenstein. D’Hasbauer était le nom de famille de la belle qui faisait battre son cœur. Alexandrine d’Hasbauer… Comment Francis n’avait-il pu le remarquer plus tôt?!


«Vous avez raison, j’ai sans doute manqué à mon devoir en ne m’informant que très peu sur les dirigeants de Forbach, mais n’ayez crainte, votre nom de famille ne m’est pas totalement inconnu. En fait, on m’a surtout parlé de votre fille Alexandrine, que j’ai d’ailleurs pu entrevoir quelques fois. Une aussi jolie fille passe rarement inaperçue.»
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MessageSujet: Re: Parce qu'on s'amuse d'un rien...   Jeu 13 Jan 2011 - 18:18

La réponse était non, personne n’avait vraisemblablement besoin de connaître l’histoire d’une ville pour s’y installer… à l’exception peut-être de quelqu’un qui voudrait se faire une place et qui, de par ce fait, devrait pouvoir suivre toute conversation mener par des autochtones. Il était évident que Francis n’était pas de ces personnes cherchant le pouvoir où à s’en rapprocher, du moins c’était l’impression qu’Elisabeth avait à cet instant.

Elle sourit lorsque le jeune homme prononça le nom de sa fille. La Vicomtesse savait que Alexandrine n’avait que très peu de fréquentation en dehors du Château et aucunes en dehors du Clan. Suivant cette logique, la conclusion s’imposait d’elle-même : sa fille ne connaissait pas Francis.

Pour autant, elle reprit la conversation avant qu’un silence gênant ne s’installe, surtout derrière l’évocation de sa fille.

"Il est certain que c’est une bien meilleure façon d’avoir connaissance de notre famille, d’en évoquer l’un de ses membres bien vivant, plutôt que par un homme qui bien qu’il fut exemplaire, a rejoint l’autre monde alors même que vous n'étiez encore qu'un petit enfant."

Elisabeth avait voulu être polie, car en vérité, sa première idée avait été que le jeune homme n’était pas né à cette époque. Mais elle avait un doute, même s’il paraissait savoir se débrouiller convenablement seul, sa physionomie était celle d’un garçon.

"Il est vrai que ma fille passe rarement inaperçue, c’était un joli compliment."

Alexandrine était un esprit libre, comme aimait à le dire certain, aussi parfois la remarquait-on plus à cause son comportement – inconvenant du goût de certains aux esprits étriqués – que pour sa beauté.
Elle ressemblait à son père, surtout ses yeux… c’était parfois pénible pour Elisabeth de soutenir le regard de sa fille tant elle avait l’impression de plonger dans le regard de feu son mari. Pour autant, elle ne se perdait plus dans ses pensées, elle veillait bien à ne plus se perdre dans les affres du passé, jamais. La dame savait que si elle se laissait prendre à ce piège, elle n’arriverait pas à en sortir une deuxième fois. Elle laissa cette mélancolie, cette tristesse apparaître dans son regard, laissant entrevoir un passé douloureux qui refaisait surface.

Cette frêle émotion ne resta pas longtemps affiché sur son visage, elle ne voulait pas que son interlocuteur la plaigne ou ai de la compassion, voir pire de la pitié pour elle. Et puis, le jeune homme qui li faisait face devait avoir lui aussi connu des épreuves… naturellement bien différentes de celles qu’avaient traverser Elisabeth et aucunement comparable.

La Vicomtesse avait déjà écouté les problèmes de certains de ces gens, mais tout cela lui semblait tellement loin de sa vie. Et pourtant, ces gens étaient proches d’elle… Comment deux mondes aussi différents pouvaient-ils exister dans un même endroit ? C’était une jolie question, mais elle reprendrait cette réflexion à un autre moment, car elle doutait que cela fasse un bon sujet de conversation avec Francis.

"Et quels sont les autres personnes que vous avez déjà aperçu ou que vous connaissez et que j’aurais croisez également ?"


C’était encore et toujours de la curiosité, mais elle ne lui demandait son carnet d’adresse, elle espérait qu’il avait compris qu’elle ne souhaitait pas plus de précision quand à la relation de Francis avec les gens qu’il allait citer.

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MessageSujet: Re: Parce qu'on s'amuse d'un rien...   Mar 18 Jan 2011 - 23:41

En mentionnant le nom d'Alexandrine, et surtout sa remarquable beauté, Francis était sincère, mais il savait également que cela ferait un peu baisser la garde de la noble dame. Aucune mère normale ne pouvait rester insensible devant des compliments faits à sa progéniture. Et Elizabeth D'Hasbauer semblait plus que fière de sa famille, de son défunt époux, et par conséquent de sa fille. Mais de cette famille, Francis ne pouvait en dire plus. Tout ce qu'il savait sur certaines personnes de haut rang de Forbach, il l'avait appris principalement de Adal, son meilleur ami. Et aussi de quelques clients à la langue parfois trop pendue, mais ils faisaient habituellement attention à ce qu'ils disaient. Mais concernant Alexandrine, il ne l'avait vue que de loin, pouvant constater sa beauté, et il n'en avait appris que trop peu de son ami qui ne la connaissait, d'ailleurs, pas beaucoup, en proie à cette timidité due à un amour plus que sincère. En effet, le jeune noble la voyait dans tout ce qu'il faisait, à l'entendre parler de sa belle, on ne pouvait douter de ses sentiments. Bien entendu, le peintre romantique était plus jeune que la jeune femme, mais Francis ne trouvait pas que cela était une bonne raison d'avoir peur de lui parler. Après tout, ils étaient tous deux de sang noble, provenant de deux familles fortunées et importantes de Forbach. Évidemment, le courtisan ne connaissait pas tous les détails de ce qui séparait les deux jeunes gens. Il ignorait tout de ces deux clans de sorciers. Comme tout le monde, il était au fait de ces soit-disant sorciers et sorcières, mais malgré la forte amitié qui unissait Francis et Adal, ce dernier hésitait toujours à lui révéler sa vraie nature.

Quand la Vicomtesse lui demanda qui étaient les autres personnes que Francis connaissait et qu'elle pouvait connaître également, le jeune homme hésita. Devait-il être franc et lui déclarer que jouant tous deux le jeu de pas savoir ce qu'il faisait réellement dans la vie, tout en le sachant pertinemment, cette question était plus qu'indiscrète. Mais ç'aurait été se trahir et admettre ce premier mensonge concernant M.Faivre. Francis préféra jouer la carte de l'innocence. Après tout, si le sens de l'observation de Mme D'Hasbauer était si aiguisé, elle n'avait pas pris de temps à comprendre le métier de Francis, où bien, elle ne mettrait pas trop de temps à le faire.


«Je crains que je ne sois pas exactement le genre de fréquentation que recherche les gens de votre rang. Mais j'ai tout de même un ami que vous êtes susceptible de connaître. Un peintre de talent : Adal Loewenstein»

La mention de cette relation ne trahissait rien du tout. Beaucoup de gens auraient facilement pu déclarer les avoir vus prendre un verre ensemble à l'Auberge ou marchant tranquillement dans la rue. Les gens pouvaient bien penser ce qu'ils voulaient sur cette amitié, jamais les deux jeunes hommes n'avaient fait quoi que ce soit pour donner l'illusion qu'autre chose que de l'amitié les unissait. Et c'était la vérité. Évidemment, comme il n'est plus besoin de spécifier qu'entre hommes et femmes, Francis ne faisait pas de différence, il lui était déjà passé dans l'esprit qu'il y ai pu y avoir autre chose entre lui et Adal. Malheureusement, le coeur du noble était déjà pris et Francis n'avait que trop de respect pour son seul vrai ami. Ce qui ne l'empêchait pas de ponctuer leurs conversations de quelques plaisanteries salaces quand ils n'étaient que tous les deux. Francis se savaient beau et séduisant. C'était tout ce qu'il avait, alors il jouait le jeux. Mais cela, Mme D'Hasbauer s'en était sûrement déjà rendue compte.

«C'est d'ailleurs lui qui m'a parlé de votre fille.»
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MessageSujet: Re: Parce qu'on s'amuse d'un rien...   Jeu 10 Fév 2011 - 13:05

L’un des fils d’Alicia parlait de sa fille ? Devait-elle s’en inquiéter ? Probablement que non, mais elle était la mère d’Alexandrine et elle ne pouvait s’en empêcher. Ses pensées l’entraînèrent à envisager que Francis soit membre du Lys Noir… mais ne lui aurait-il pas plutôt d’Amaël plutôt que d’Adal ? L’ombre d’une inquiétude passa furtivement dans son regard.

Même si elle se tenait à l’écart de toutes ces histoires, il était de notoriété publique que la Meneuse n’avait de considération et d’amour que pour son aîné. Par conséquent les membres de son clan qui voulaient lui plaire faisaient de même. Parfois, elle en serait presque venue à avoir pitié de ce pauvre garçon, espérant qu’il tienne plus de son père que de sa mère. Naturellement, on ne pouvait plus aller dans ce sens lorsqu’on savait les efforts que celui-ci faisait pour attirer l’attention de celle qui l’avait mis au monde.

Elle aurait voulu poser cette question qui lui brûlait les lèvres, à savoir, qu’est-ce que le jeune Loewenstein avait bien pu dire sur sa fille. Il restait la possibilité de le soudoyer, elle envisagea une somme assez conséquente, mais son interlocuteur saurait alors que cette information avait de la valeur pour elle… ce qui pourrait s’avérer dangereux si elle avait bien cerné qui était Francis.

"Ah oui ? Et bien je dois dire que je ne fréquente pas la famille de la Comtesse."

Et c’était peu dire ! Elisabeth les considérait tous comme des ennemis, d’Alicia à ses dignes héritiers qu’étaient ses fils, en passant par son mari qu’elle considérait comme responsable de la mort de son mari. D’ailleurs, si au début de sa phrase elle avait feint la surprise, elle avait mis du dédain dans son ton en prononçant les derniers mots.

"Adal peint ? Je ne pense pas avoir jamais eu l'occasion de voir une de ses oeuvres."

Sûrement lui en avait-on déjà parlé, mais sa mémoire ne retenait que les choses qui pouvaient servir et le fait que le cadet d’Alicia peignait n’en faisait assurément pas parti !

"Tout comme vous en ce qui concerne ma fille, je ne connais le jeune Loewenstein que de vue, l’ayant tout au plus croisé lors de quelques mondanités. De ce que j’en sais, ma fille n’a pas non plus la chance de le connaître."

Son ton s’était atténué lorsqu’elle avait du user de politesse pour parler du fait de connaître Adal.

Ses pensées allèrent vers sa fille, où était Alexandrine à cet instant ? Il n’y avait que deux possibilité pour sa mère : au château en sécurité ou bien en promenade dans les bois…

*Il ne faut pas que je m’inquiète, elle connaît la forêt mieux que personne et c’est une fille intelligente.*

Et à aucun moment, ne lui vint à l’esprit que Adal et Alexandrine ait pu se connaître sans qu’elle n’en sache rien ! Elle avait une telle confiance en sa fille et puis celle-ci ne pourrait jamais faire une telle chose ! Ce serait trahir les siens et tout ce pour quoi son père avait vécu… et était mort !

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MessageSujet: Re: Parce qu'on s'amuse d'un rien...   Mar 15 Mar 2011 - 6:01

Francis avait réussit à surprendre la vicomtesse en mentionnant d'où il connaissait l'existence de sa fille Alexandrine. Il fut d'ailleurs lui-même un peu étonné de constater la stupeur d'Élizabeth D'Hasbauer. lui qui croyait que dans ce château, toutes les familles nobles se côtoyaient allègrement, connaissant les secrets de tous et chacun.

D'ailleurs, par rapport à cela, Francis se demanda s'il avait bien fait d'évoquer ce fait. Ni lui, ni Adal n'avaient honte de leur amitié, ce que craignait le jeune homme fut qu'il en eut trop dit concernant Alexandrine. Il n'avait pratiquement rien dévoilé. Mais la vicomtesse avait d'abord semblé si étonnée d'apprendre que Adal connaissait (c'est un grand mot) Alexandrine, que peut-être était-ce quelque chose d'impensable pour elle. Heureusement, le courtisan n'avait rien dit concernant les sentiments de son ami, jamais il ne les trahirait.


«Ah oui, vous savez, il l'a admiré de loin, comme moi. Adal connait les subtilités de vos nobles familles, je crois qu'à l'occasion, il essayait de m'enseigner les arbres généalogiques de l'aristocratie de Forbach, mais tout cela est bien trop compliqué, les branches s'entremêlent autant que les racines...»

Déblatérer pour changer de sujet était toujours une bonne idée.

«Mais alors vous ignoriez les talents de mon ami! Je ne vous en blâme pas, le bougre est bien trop modeste de son talent. Je ne cesse de lui dire qu'il devrait vendre ses services, les gens de bonne naissance et de bonne fortune aiment toujours se voir immortaliser plus grand que nature. Et je dois vous avouer que ce n'est pas le dernier talent de Adal. Il lui arrive parfois de partir seul pour se borner à peindre des paysages, mais qu'y a-t-il d'intéressant là-dedans quand de jolies donzelles paieraient volontiers pour un portrait. Tout le monde aime les artistes. Même ceux qui les détestent, ils adorent les détester.»

Dans son discours, Francis jeta un oeil à la vicomtesse, croyant détecter une once d'inquiétude dans ses yeux. Ce qu'il avait dit à propos d'Adal et d'Alexandrine la préoccupait-elle vraiment. Francis s'en voudrait à jamais si d'une quelconque façon il avait fait du tort à son ami... En parlant trop. Ce que cette langue pouvait faire comme mal. Parfois Francis se disait qu'on ferait bien de lui couper, mais qu'encore là, sa langue de vipère continuerait de mêler la vérité au mensonge de faire du tort aux gens. Francis poursuivit dans l'optique de changer les idées de Mme D'Hasbauer.

«Il m'a déjà demandé d'être son modèle vous savez. Moi. Plutôt que d'aller quérir l'argent de ceux qui ont les moyens de payer, il demande à moi. Soi-disant que c'est pour l'art et pas pour la fortune, il refuse de vendre son talent. Ah oui, modeste de son talent, c'est ce que je vous ai dit. Je vous dit aussi que c'est tout un gaspillage... Je lui ai dit aussi, je peux tout lui dire, on est comme des frères. Mais il n'y a rien à faire, le bougre est têtu comme un bourricot.»
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