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 Tout commence par un service

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MessageSujet: Tout commence par un service   Dim 6 Fév 2011 - 23:41

L'inconvénient quand on est masqué, c'est qu'on ne peut plus se balader en plein jour, et que cet instrument de clandestinité devient un véritable phare d'attention si on le gère mal. Voilà pourquoi, quand on doit frayer dans le monde des hommes de façon plus tactile, il faut savoir renoncer à la clandestinité du masque. Heureusement, la clandestinité n'est pas l'anonymat, et les humains sont capables de vivre entre eux en s'ignorant, et quasiment tous les gens qu'ils croisent sont anonymes. Les relations entre anonymat et clandestinité sont visiblement complexes, as-t-on vraiment le temps de développer le propos?

Ce qu'il fallait retenir, c'est que l'Agent du Diable descendait la rue principale à visage découvert, sans son masque, sans ses armes et sans être reconnu. Ce monstre que tous craignaient de croiser, que certains voulaient attraper... évoluaient au milieu de tous sans être reconnu. Il en sourit largement et fit claquer un peu sa semelle.

Me voici le terrible, le magnifique, le grand Agent du Diable, monstre parmi les monstres, surgi de vos terreurs enfuies et de la fange de votre ville, et vous ne me voyez paaaaas! Tralalalala!

Voilà ce que disait l'Agent du Diable et qui justifiait son euphorie. Il en dansait quasiment dans la rue: des rumeurs de plus en plus grosses circulaient sur son apparence, chaque semaine son poids et sa taille doublait et lorsque le monstre se baladait dans la rue, il n'en était pas un pour le reconnaître. Amusant vraiment, très amusant. On ne s'arrêtait même pas sur son visage il devait être inoffensif à leur yeux. Doublement réjouissant.

Cela dit, même incognito, sa charge restait sa charge, aussi devait il se concentrer un minimum pour que le Maître soit satisfait. Même corrompu on pouvait avoir une conscience professionnelle. Elle commencerait dès le seuil de l'auberge qu'il franchit sans faire d'éclat. L'atmosphère était assez morose, les gens discutaient bas le nez sur la table et ne faisaient pas franchement attention à ceux qui entraient. L'aubergiste seul se préoccupa de lui, mais l'Agent fit résonner un peu sa bourse en montrant l'escalier d'un sourire ravi. L'aubergiste comprit. Enfin, il comprit le prétexte, car la véritable raison, il est évident qu'il n'aurait pas apprécié.

L'Agent du Diable monta les escaliers deux par deux, sans pause ni reprendre son souffle puis une fois à l'étage, s'arrêta, et sortit un masque des profondeurs de son manteau. Il le mit soigneusement sur son visage et vérifia qu'il tenait. Satisfait, le visage de nouveau retiré des regards, il alla à pas lents jusqu'à la chambre qu'il visait. De son index replié, il frappa à la porte:

« J'aurais besoin de vos services jeune homme. »

Et il se prépara à forcer la porte si jamais le jeune Francis prétendait la lui fermer au nez.
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Mar 15 Fév 2011 - 3:24

Dans la quiétude de sa chambre qu'il occupait en permanence, le jeune courtisan fut bien surpris d'entendre frapper à sa porte. Il fut encore plus surpris d'entendre une voix masculine annoncer à travers le bois épais de la porte la demande de ses services. Ce jour-là était congé pour Francis. Ses client le savaient. Aussi, était-il peu commun qu'un nouveau client se présenta à sa porte, volontaire et sans gêne aucune de se présenter comme tel. Mais bon... peut-être cet homme l'avait-il remarqué et qu'il avait l'audace de ne pas dissimuler ses tendances. Francis irait simplement ouvrir pour signifier à cet inconnu qu'il était impossible de le prendre aujourd'hui, mais qu'ils pourraient prendre rendez-vous plus tard. Mais si le nouveau client se montrait de tempérament généreux, Francis pourrait consentir à chambouler un peu son horaire, moyennant quelques piécettes additionnelles au tarif habituel.

La voix était grave et rauque, mais elle renfermait une grande estime de soi... Presque à faire peur. En même temps, elle avait quelque chose d'attirant. Même si Francis avait eu l'intention de ne pas ouvrir, la curiosité de savoir à qui appartenait cette voix peu singulière était trop forte. Le jeune homme se dirigea vers la porte, convaincu de trouver, de l'autre côté, un homme de belle allure, confiant en son charme, sans doute séduisant. Un voyageur de passage peut-être, cela pourrait expliquer pourquoi il n'avait aucune honte de quérir aussi ouvertement les service d'un courtisan. Mais rien ne pouvait préparer Francis à la personne à qui appartenait la voix derrière la porte. Comme tout Forbach, il avait entendu parler de l'Agent du Diable et de ses meurtres. Si le jeune homme aimait bien colporter des rumeurs issues de son imagination fertile, il se préoccupait autant de l'Agent du Diable que d'une vieille légende pour faire peur aux enfants.


Tout en ouvrant la porte, ne portant pas vraiment attention au visiteur:

«Écoutez, en principe, je ne reçois personne aujourd'hui, mais si vous avancez quelques pièces de plus....»

Francis stoppa net sa phrase quand il vit enfin son interlocuteur. Un masque dissimulait son visage. Au début, le jeune homme pensa que c'était sa façon de cacher ses agissements chez les prostitués, mais bien vite, il ne pu qu'être inquiet. N'importe qui dissimulant son visage montrait qu'il avait quelque chose à cacher. Mais Francis ne perdit pas pour autant sa vivacité d'esprit en faveur de la stupéfaction.

«Le masque, c'est un pour un fantasme. Désolé, moi, je ne me déguise jamais, même contre de l'argent.»
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Jeu 10 Mar 2011 - 16:06

« Fantasme ? Comme c’est étrange que vous en parliez, c’en est quasiment un en fait. Mais pas… enfin peu importe je vous expliquerai après »

Il ferma la porte derrière lui et avisa la table qui était relativement proche de celle-ci, lui permettant d’intervenir en cas de tentative de fuite. Il écarta alors brutalement son manteau et dévoila ce qui pesait si lourd dans la doublure du vêtement : un sabre long comme une jambe, dont la qualité du fil ne laissait aucun doute sur la dangerosité de la lame. Avec un air un peu théâtral, il dégaina l’arme lentement dans un chuintement feutré et l’embrassa avec affection.

« Azrael ayant attrapé un méchant rhume dans les brumes de Forbach, il m’a chargé de le remplacer dans ses tâches courantes. J’entends bien atteindre les même niveaux de fatalité que mon Maître, même si je ne suis qu’un simple humain et donc faillible. »

Il tira son mouchoir et fit semblant de lire quelque chose de dessus.

« Vous êtes le… 56e sur ma liste. Vous êtes condamnés à mort pour… naissance. C’est bien cela. Hihihi que c’est drôle ! Le plus grand crime de l’homme, c’est de naître, enfer que j’aime cette idée ! »

Le sabre lourd raclait le plancher de sa pointe, mais ne semblait pas encore prêt à bondir et l’Agent du Diable le tenait assez lâchement. Le masque ne permettait pas franchement de lire le visage, mais vu l’inclinaison de la tête, l’Agent du Diable se posait des questions et souhaitait encore discutailler un peu.

Car après tout, tuer tout de suite, c’était vulgaire, commun et singulièrement lassant. Tuer avec style, fanfare et panache, ca c’était la vraie vie.

« Vous avez dû voir défiler un bel échantillon de lie humaine, quelle que soit votre activité. Comme messager ou comme éphèbe, n’avez-vous pas remarqué à quel point les gens sont corrompus ? Ne pensez vous pas qu’il est juste de se passer d’eux ? »

Une idée vint éclore sous le masque. La pointe du sabre toucha le sol, s’infiltrant dans une rainure du plancher, comme Excalibur dans son roc, en plus facile à enlever.

« Ne pensez vous pas qu’il vaut la peine d’être de mon côté ? »

Quelle inspiration avait donné cette idée tordue? Pas moyen de le savoir, mais l'Agent du Diable était un homme d'idées tordues sans origine explicables rationnellement.
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Mar 15 Mar 2011 - 5:32

À peine Francis eut-il parlé, l'homme masqué s'infiltra dans la chambre sans invitation, ni hésitation aucune. Le jeune homme recula d'un pas. Visiblement, cet homme était plus fort que lui. De tout temps le courtisan s'était défendu par son verbe rapide et recherché, mais il se savait bien trop frêle pour se défendre physiquement. Si son physique était d'une forme longiligne agréable à regarder, il n'était nullement utile dans la bagarre.

Que voulait donc cet homme? Les intentions pouvaient sembler claires, mais il y avait mille et une nuance dans les esprits méchants et tordus. Un déviant sexuel peut-être?! Un prêtre aurait trouvé cette pensée, de la part d'un prostitué, bien ironique. Pour ce genre de personne, le simple fait d'aimer l'acte était une déviance en soi. Mais quand Francis le faisait, c'était parce qu'il le voulait, on ne le forçait pas à la pointe d'un couteau... Et pourtant... c'était bien de cette façon que c'était arrivé la première fois. Il faut dire qu'il était un peu jeune pour se rendre compte que c'était mal, surtout quand l'asseyant assure que ça ne l'est pas. Francis se souvient avoir eut mal, s'être senti souillé. Mais avant que l'homme ne le laisse, tremblant derrière la grange, il avait jeté quelques pièces par terre en disant :«Ne pleure pas comme une fille, tu n'étais pas si mal que ça.». Un épisode qui aurait en traumatiser d'autres, mais Francis avait ramassé les pièces et avait quitté la ferme. Il connaissait maintenant un moyen de survivre et d'obtenir des faveurs sans même débourser une seule pièce.

Ce bref retour dans le passé ne dura qu'une seconde avant que le jeune ne reporte son attention sur l'invité malvenu. Il avait sorti de son manteau un sabre acéré dont le raclement sur le sol n'avait rien de rassurant. L'homme le traînait volontairement et nonchalamment sur le plancher de bois. Ce bruit faisait grincer des dents. Ce pendant, il déblatérait d'étranges paroles à propos de sa tâche confiée par un obscur démon. Le coeur de Francis battait la chamade. Une goutte de sueur coula le long de sa colonne vertébrale quand l'étranger fit mine de lire un arrêt de mort. Son arrêt de mort. Cet homme était un meurtrier. Un assassin, si selon ses dire, il prétendait recevoir ses ordres d'un maître. Il n'était intéressé par rien d'autre en la personne de Francis que par sa mort.

Pourquoi?

Pour être né. Décidément cela ne changeait pas. Même un étranger lui reprochait sa naissance. Francis se serait lui-même donné la mort s'il n'avait pas cet esprit de contradiction qui le forçait à tout de même apprécié d'être vivant. Le jeune homme tentait de cacher sa peur. Dissimuler les apparences étaient sa spécialité, mais il ne s'était jamais retrouver dans une situation où sa vie était à ce point en danger. Un seul geste de l'inconnu et il ne serait déjà plus de ce monde. Combattant la nervosité dans sa voix, Francis s'exprima enfin :


«Condamné à mort pour être né. Quelle originalité. Mon père a eut la même idée quand il a sut que ma mère était une catin.»

L'homme continua avec ses phrases à rallonge. Il donnait à Francis, l'image d'un comédien raté, déversant sa rage sur le monde avec bien trop de théâtralité. Mais on ne se moque pas de celui qui tient le couteau.

«Je ne me passerais jamais des gens aussi corrompus puissent-ils être. Autrement, comment gagnerais-je ma vie?»

L'étranger cessa soudain de traîner son arme sur le plancher. Il inséra la lame entre deux lattes de bois. Ce qu'il dit alors au jeune homme, le laissa pantois.

«Je ne vous comprends pas.»
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Ven 29 Avr 2011 - 16:26

Que cet instant était magnifique, celui où les personnes comprenaient qu’il était dangereux, où il commençait à vouloir prouver qu’ils étaient courageux en lui faisant face au lieu de saisir leur seul chance de survie : la fuite ! Qu’importe, la traque aussi était amusante, comme si ces êtres si fragiles pouvaient se soustraire à ses yeux. Cette pensée lui arracha un sourire qui n’avait naturellement rien de rassurant, dommage que ce masque le camoufle.

Finalement, les répliques du jeune homme étaient un peu décevantes. Il s’était pourtant exprimer clairement, alors quoi ? Il n’avait peut-être pas l’esprit nécessaire pour comprendre, et l’Agent du Diable en fut contrarié.

"Et bien peut-être que toi aussi tu fais partie ces individus qui n’ont pas le droit de vivre là où je me trouve ! Serais-tu prêt à prendre leur défense au péril de ta vie ?"

Est-ce qu’il ne venait pas de le menacer de mort ? Probablement, mais aller savoir combien de temps il allait encore rester là immobile son sabre à la main légèrement enfoncé dans le plancher avant de trouver que celui-ci serait mieux entre les côtes du jeune homme qui lui faisait face.

"Ne rêves-tu pas d’une autre vie, ne portes-tu pas une once d’espoir en toi ?"

C’était naturellement volontairement hypocrite de sa part de dire une telle chose, puisque lorsqu’on lui faisait face, il n’y plus d’espoir de vie… Mais allez savoir ce qui pouvait bien y passer par la tête !

"Toi tu vaux mieux que tout ces gens n’est-ce pas. A moins que ne recherche le pouvoir, comme celui que tu exerces sur eux de par la connaissance de leurs secrets. Et moi, me connais-tu ?"

Sa voix s’était faite douce et sa main libre descendait et remontait le long du sabre, frôlant la lame acérée sans la craindre. Alors qu’en était-il de ce jeune angelot, qui malgré son métier continuait de vouloir porter des œillères sur ce qui se passait dans cette chambre ? Sur ce qui se passait à l’extérieur, aussi…

"Mais plus on est d’homme, plus il y a de sang, non ?"

Il n’y avait pas eu de transition entre ses deux phrases qui portaient pourtant sur des sujets différents. Seul face au cheminement de ses pensées, l’Agent du Diable aimait déstabiliser, c’était certain, emmenant son auditoire du moment dans un spectacle fascinant… pour lui.

Son Maître serait tellement fier de lui ! Un nouveau sourire apparu sous le masque, il n’était pas patient et cet immobilisme lui pesait.
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Sam 30 Avr 2011 - 6:59

Francis avait peur. Bien entendu, qui n'aurait pas eut peur?! Même à rester là à discuter avec ce criminel clairement dérangé, il la frayeur lui tenaillait les entrailles. Fuir?! Mais où? Comment? La seule issue se trouvait derrière l'étranger au sabre. Sauter par la fenêtre impliquait une mort aussi certaine qu'en se ruant vers la porte. La question était de savoir qu'est-ce qui fait le plus mal? Avoir la tête fracassée sur le sol ou une lame entre les côtes? Difficile question... Le cou rompu par une corde attachée au cheval galopant était-il encore une option? Malgré sa peur, le jeune homme comprenait bien que l'assassin demandait une information, ou des informations. De qui, de quoi? Il ne le disait pas et cela commençait à exaspérer le courtisan.

L'homme devant lui ne se sous-estimais clairement pas. Sans voir son visage, juste par le ton de sa voix, son intonation, ses manières et les mots qu'il employait, on pouvait constater qu'il se considérait extrêmement intelligent au milieu de cette plèbe inculte que représente le reste du monde. Un psychopathe, égocentrique et sans doute narcissique. Francis avait toujours été direct, il détestait qu'on tourne autour du pot.


«Dites plutôt sur qui vous voulez des informations.»

Francis avait très envie de dire n'importe quoi et de rester en vie. Ce meurtrier, aussi intelligent soit-il, était quand même mal renseigné par son «Maître» qui ne semblait pas savoir que le jeune homme était un menteur invétéré. Malgré cela, il était curieux de savoir quel type de renseignements recherchait le tueur. Il se disait investi d'une mission, qui semblait à vue de nez être tuer.... pour tuer. Il semblait inspiré par le diable ou quelque chose du genre, ainsi que pourrait-il tirer des informations de Francis? Des noms de ses clients, des pécheurs... mais il cela aurait sans doute davantage intéressé un tueur se sentant investi d'une mission divine, pas un meurtrier démoniaque non?! Contre qui se battait cet homme? Contre le monde entier? Il n'avait qu'à tuer le monde entier sans poser de questions dans ce cas.

Francis parlerait, c'était certain, il n'était pas encore prêt à mourir pour d'autres.
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Lun 2 Mai 2011 - 18:44

Oui, il avait vraiment peur… L’agent du Diable jubilait, il aurait pu demander n’importe quoi sur n’importe qui. Et il allait le faire, ou pas. Il était pourtant déçu que le jeune homme n’ait pas vu plus clairement dans son jeu. Bof, tant pis, ce serait pour une prochaine fois, avec une prochaine victime. Ou peut-être pour tout à l’heure en plat de résistance ou en dessert !

Alors sur qui pouvait-il demander des informations ? Il avait naturellement des choses qu’il rêvait de savoir, mas il doutait que le jeune homme ait les réponses.

"Que je réfléchisse, sur qui pourrais-je bien t’interroger ?"

La voix de l’homme au masque avait bel et bien le ton de l’interrogation, mais c’était naturellement un jeu d’acteur sublimé par l’ironie de la situation. Après tout lui ne savait rien des gens qu’il croisait et il s’en fichait, rien n’avait d’importance à ses yeux que sa tâche qui le mènerait à être le sauveur de ce monde ! Enfin, ça c’était ce qu’il croyait…

Le mouvement fut vif et la lame prit l’aspect d’un éclair le temps du geste de l’assassin. Il toucha sa cible, au bras, une légère entaille, plaie très superficielle. Il avait eu une folle envie de l’enfoncer doucement entre les côtes du jeune homme… comme il devait être tendre ! Mais, il se devait d’être patient, du moins en avait-il décidé ainsi aujourd’hui.

"Dépêche toi de me dire ce que tu sais !"

Sa voix était cette fois emprunt de colère. Pourtant il n’attendait pas de renseignements de la part du jeune homme, mais il était curieux de ce que le damoiseau allait dire sous la pression. Après tout peut-être même avouerait-il un crime ayant un tant soit peu d’intérêt. Le sabre avait repris sa place, la pointe à la façon « Excalibur », que cette idée lui plaisait aujourd’hui. S’il n’y avait eu ce mince filet de sang zébrant le métal, on aurait dit que la lame n’avait pas bouger de sa place, ou presque.

Les yeux braqués sur l’innocente victime en face de lui… même si celui-ci n’était pas innocent ! Il essayait d’absorber son âme, après tout, lorsqu’on fixait une personne, cela la mettait tôt ou tard mal à l’aise… c’était d’ailleurs plutôt tôt que tard, en général, surtout dans ce genre de situation.


"Alors, je peux donc te demander des renseignements sur qui je veux ? Très bien que peux-tu me dire sur …"

Il se mit à réfléchir, il y avait bien une personne dont il rêvait de savoir les secrets… mais oserait-il ? Bien sur que oui !

"Le Petit Chaperon Rouge ?"


Que lui avait-il prit de demander ce que Francis savait sur ce personnage d’histoire pour enfant ? Il était le seul à le savoir. Qu’est-ce que le garçon pouvait répondre pour contenter l’assassin, c’était probablement ce que ce demandait sa victime et c’était également ce que lui-même était en train de se demander ! Le vieil adage ne disait-il pas que les grands esprits se rencontraient, cela devait être vrai en cet instant.
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Mer 4 Mai 2011 - 4:15

Francis s'attendait à ce que l'homme masqué nomme un nom précis. Mais évidemment, que lui avait-il pris de penser cela alors qu'il assistait à une pièce de théâtre improvisée depuis près de 30 minutes. L'inconnu continuait de parler, parler, parler... Tout cela parce qu'il était dangereusement armé d'un gros sabre. Il avait clairement quelque chose à compenser. Malgré la gravité de la situation, le jeune homme ne pu s'empêcher de sourire intérieurement à cette pensée. Il n'aurait jamais osé le montrer par contre... On n'embête pas celui qui porte le couteau! Aussi gros soit-il.

Mais soudain, le criminel, parce qu'il en était un assurément, sembla se réveiller, et dans un éclair, il fendit l'air de son sabre. La coupure sur le bras de Francis ne se manifesta que quelques secondes après que l'inconnu, eut replacé son arme à son endroit initial. Ce fut d'abord un picotement qui se transforma bientôt en une douleur brûlante. Le courtisan empoigna son bras pour retenir le sang qui coulait habituellement abondamment de ce genre de blessure superficielle. L'homme avait exigé de connaître ce que Francis savait alors qu'il ne lui avait pas posé la moindre question. Psychopathe et sans doute schizophrène... Atteint d'étonnantes sautes d'humeur. Un homme dangereux est un homme dangereux.


«Posez une question avec votre bouche et pas avec votre lame, peut-être alors pourrais-je vous répondre!»

Francis avait répondu avec aplomb. Étonnement, cet affront l'avait mis en colère plutôt que lui faire peur davantage. D'après la profession du jeune homme, certaines personnes croyaient à tort que celui-ci était bête. C'était ce que semblait penser l'homme au couteau. Mais ce n'était pas le cas. Francis savait très bien qu'il aurait dû avoir peur, mais on dirait qu'à un point critique, toute émotion, quelle qu'elle soit finit par retomber brusquement. On ne peut pas vivre une situation de stress intense très longtemps. Le corps ne le supporterait pas. Et par instinct de survie, il se détend... Pourtant, la peur est elle-même déclenchée par instinct de survie... C'est là que ça devient dangereux.

Ainsi, la main toujours sur sa blessure, Francis ne pu empêcher de laisser paraître son exaspération quand l'inconnu lui demanda ce qu'il savait du Petit Chaperon Rouge.


«Vous voulez l'histoire du Petit Chaperon Rouge?!»

Francis dit cette phrase sur un ton d'acceptation de défi *Vous voulez l'histoire du Petit Chaperon Rouge, je vais vous donner le petit chaperon rouge*.

«Il était une fois une putain qui avait eut une bâtarde en tant que fille. Pour la faire fuir de la maison et ainsi effacer la honte vivante, la mère trop lâche pour accomplir le travail elle-même inventa une grand-mère vivant à l'autre bout de la forêt infestée de loups. Et surtout, pour être certaine qu'ils ne manqueraient pas la fillette, elle prit soin de la vêtir d'une capeline rouge vif. Dans la forêt, le chaperon rencontra le loup. Grand, dégoulinant de sueur, le souffle court, le regard pervers... Il proposa à la fillette de lui montrer le chemin jusqu'à la maison de cette grand-mère imaginaire. Au bout de la forêt, il y avait bel et bien une cabane, mais aucune grand-mère. Et c'est là que le loup «dévora» la fillette...»

Cette version de l'histoire n'avait pas été trop difficile à trouver, c'était plus ou moins l'histoire de Francis.

Le récit terminé, le jeune homme regardait sans ciller, l'assassin dans les yeux. Entre ses doigts, le sang commençait à sécher
.
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Lun 9 Mai 2011 - 15:11

Quel dommage qu’il doive porter ce masque, le sourire qui se dessina sur son visage au récit de Francis aurait pu faire son effet. Mais il devait opérer dans l’anonymat, c’était sans doute le fardeau qu’il avait à porter pour que son œuvre soit une réussite. Soit ! Puisqu’il le fallait, il ne faillirait pas !

"J’en aurais presque les larmes au yeux ! Pauvre fillette… ou plutôt pauvre Francis ! N’est-ce pas, parce que cette histoire, c’est un peu la tienne, non ? Qui a été ton premier loup, Mon Petit ? Un homme bien bâti ou une femme avide de luxure, peut-être."

Le ton était ironique et la curiosité malsaine ce qui tendait à montrer que cette mascarade commençait à l’agacer et sa victime semblait ne plus avoir peur. C’était sans doute de là que venait le léger ton d’impatience dans sa voix, très bien, puisque la peur n’était plus, il devrait se contenter de la douleur !

Mais dans son esprit, son idée première continuait de faire son chemin, celle que Francis n’avait comprise tout à l’heure. Peut-être devrait-il lui expliciter la chose ? Ou pas, il verrait ce que le jeune homme avait dans le ventre au sens figuré et peut-être même au sens propre !

Il se mit à siffler une petite comptine populaire, l’histoire qu’on lui avait comptée était plaisante, même si le compteur était médiocre. Il enleva son Graal du triste plancher qui le retenait. Ses premiers gestes furent lents, puis il fondit sur Francis pour lui assener un coup dans l’estomac, profitant de lui avoir coupé le souffle, il transperça la cuisse de ce dernier. Naturellement, il y avait toujours le risque d’un hurlement, mais il avait déjà testé cette pratique… notamment sur les enfants, cela évitait des piaillements inutiles et parfois insupportables à ses oreilles délicates.

"Vous vous pensez intelligent ? Mais vous n’avez pourtant pas saisie l’opportunité que je vous ai laissé. Allons Francis, ce sang et cette douleur ne vous rappelle rien ? Un petit effort, dites moi, n’ayez pas … peur."

Il avait fait quelque pas en arrière reprenant sa place entre la victime et la porte, seule issue viable, si tant est que le jeune homme puisse l’atteindre. Sa lame était à présent tâché de sang, cette couleur écarlate aux si merveilleuses nuances.

Il avait susurré le dernier mot qui signifiait que Francis devait le craindre, pour bien souligner le fait qu’il n’y avait aucune chance de survie possible. Pourtant l’homme était stupide ! Car il gardait espoir et ce même dans les situation qui ne laissait qu’une seule et unique fin possible : la mort. Malgré cela l’homme est aussi imprévisible, c’est pour cela qu’il veillait à ne pas être trop près de sa victime, si celle-ci, dans un geste désespéré, essayait de se jeter sur lui pour le désarmer. Naturellement, il aurait le dessus et la vie s’échapperait de son infortuné adversaire, mais le jeu prendrait fin bien trop vite et l’amusement avec.

"Allons, allons, Petit Garçon. C’est la fin de l’innocence, n’est-ce pas ? Ne penses-tu pas que le sang est tout ce qui peut laver l'injure de ceux que tu as aimé, ceux que tu détestes chaque jour un peu plus. Réfléchi, tu as beau t’y complaire, ou du moins le penser, tu espère une autre vie, n’est-ce pas ?"

Que voulait-il à la fin ? Finalement, les blessures corporelles ne suffisent pas, il fallait se le tenir pour dit ! Qui a-t-il de plus magnifique que de redonner l’espoir à un homme qui n’en a plus aucun ? Mais peut-être que le jeune homme pourrait rester en vie… s’il savait lui dire ce que l’assassin voulait entendre.
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Mer 11 Mai 2011 - 5:15

Il n'y avait rien comme la franchise. Francis appréciait les personnes franches et directes. Il l'était lui-même, même si ses paroles n'étaient pas toujours la vérité. Son interlocuteur en l'occurrence ne possédait pas cette qualité. Maîtriser sa langue et enrichir ses discours de métaphores et de locutions ironiques étaient certes preuve d'un grand talent, mais il fallait savoir s'arrêter. Mais nous ne le dirons jamais assez, son meilleur argument restait son arme. Une chose que Francis avait remarqué, c'est que cet homme détestait ne pas avoir le dernier mot. Tout comme Francis. Aussi oubliait-il qu'un de ces mots pourrait définitivement être le dernier s'il continuait de s'obstiner.

«Mon premier loup... Si vous saviez à quel point vous seriez déçu... Mais vous savez à force, on oublie les visages. Oui, même ceux-là. Mais ça alors, vous savez vraiment tout de moi. Et si on parlait de vous pour une fois...»

Mais le jeune homme n'eut pas le temps de terminer que l'étranger bondissait sur lui comme un tigre enragé, lui assénant un coup de poing puissant dans l'estomac. La douleur lui coupa le souffle. Il avait si mal qu'il ne senti presque pas la lame pénétrer dans sa cuisse. Mais il senti le sang chaud couler le long de sa jambe. Francis tomba à genoux. Cette fois, il avait vraiment eu peur que ce ne fut la fin.

L'inconnu reprenant son rôle de dominant s'adressa à lui, lui demandant de se rappeler quelque chose, mais quoi, Francis l'ignorait. De plus, il avait du mal à entendre, cette douleur l'aveuglait et l'assourdissait. Si l'assassin avait le sens de la mise en scène, il ne choisissait pas les meilleurs moments pour poser ses questions. Et quand il était en état de lui répondre, l'interlocuteur s'enquérait du petit chaperon rouge. Il faudrait savoir au bout d'un moment.

Finalement, la pièce cessa de tourner et les sons devinrent plus clairs. Il put enfin entendre ce que lui disait son tortionnaire. Le message était clair. Laver les injures par le sang des coupables. De prostitué à meurtrier. Francis avait toujours su que vendre son corps ne pourrait durer pour toujours, mais jamais il n'avait songé à prendre la vie de qui que ce soit. Non, pas même de son géniteur qui avait pourtant tenter de le tuer. Francis préférait continuer à vivre sans souffrir de nulle culpabilité ou ressentiment par rapport au passé. Ainsi, chacun de ses clients étaient du passé avant même que ce ne soit terminé. Qu'aurait-il donc à venger dans ce cas?

Mais en écoutant bien ce que l'homme lui disait, il comprit qu'il ne le connaissait pas si bien que cela finalement. Innocence. Aimer. Avait-il vraiment prononcé ces mots? Il y avait longtemps que Francis n'étaient plus innocent. Et aimer, jamais il n'avait su ce que c'était.. Et l'étranger était-il lui-même assez naïf pour croire encore que les prostitués, hommes ou femmes, s'entichaient de leurs clients?! On ne peut l'en blâmer, après tout, ces gens étaient payés pour faire semblant de l'être. Et si c'était lui qui s'était amouraché d'une prostituée?! Cela expliquerait bien sa frustration.

Mais Francis était un menteur. Et il mentait particulièrement bien. Le souffle court, il s'exprima enfin.


«Et si je considérais votre proposition, pourrait-on alors parler sans craindre qu'une lame ne me transperce le corps?!»
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Ven 20 Mai 2011 - 10:17

Francis était-il perdu ? Il l’espérait bien ! D’un autre coté, cela signifiait que le jeune homme n’était pas comme lui… Mais aucuns regrets, c’était mieux qu’il soit seul, qui pouvait accomplir les ordres de son Maître sinon lui ? Personne ne lui serait plus dévoué, jamais ! Et l’œuvre qu’il devait accomplir était tellement … Ses pensées ne l’avait-il pas déjà mener à ce raisonnement ? Oui il s’en souvenait très clairement ! Aussi valait-il mieux qu’il reporte toute sa concentration sur la situation présente.

Il avait senti l’incompréhension du jeune homme et lorsqu’il avait parlé d’aimer c’était naturellement au sens propre, à l’acte qu’il pensait. Il savait que les gens comme Francis ne s’attachait pas sans se brûler les ailes… ou du moins il l’avait entendu dire.

Finalement le temps semblait suspendu car le silence s’était installé. L’Assassin n’avait pas quitté Francis des yeux, mais il n’avait pas pour autant répondu à sa question. Il réfléchi encore un peu pour laisser penser que ce moment d’apaisement était le calme avant la tempête. Et quelle tempête ! Et puis non, il n’avait pas envie de s’énervé, finalement.

"Et bien, … non. Tu crois vraiment que tu peux « considérer » cette offre ?"

Il eut un petit rire qui ressembla plus à un hoquet étranglé qu’autre chose. Finalement sa proie allait-il se montrer un tant soit peu téméraire et lui tenir tête ? Il espérait bien que non, il n’avait pas envie de punir aujourd’hui, il préférait soumettre. Naturellement, cela finirait tout de même par une œuvre de chair et de sang. Il en allait ainsi dans l’ordre naturel des choses.

"Mais peut-être pourrais-tu me dire ce que tu es prêt à sacrifier pour ta vie ? De l’argent ? Des animaux ? Une partie de toi ? Un Ami ?"

L’assassin avait lourdement insisté sur le dernier mot, il savait que le victime prétendait ne pas en avoir, mais c’était un mensonge ! Il aurait pensé que le jeune homme aurait plus de cran et résisterait mieux la douleur, peut-être même espérait-il qu’il aurait fait un tant soit peu preuve de courage. De toute façon, il avait maintenant en tête ce qu’il allait faire, le sang qui coulait de la cuisse du jeune homme l’avait inspiré.

La victime pouvait-elle percevoir ce parfum subtil distillé dans l’air par son sang ? Il y avait de ses victimes qui avait été terrifiées par lui, d’autre avait voulu se montrer courageuses mais au finale seule la chance avait compté pour les rares qui en avaient réchappé. Cela le mit en colère, ils n’auraient pas du survivre ! Il atténuait son échec en se disant qu’il était bon que certains témoignent de ses œuvres… de toute façon ce n’était qu’une question de temps. Mais aujourd’hui cette idée n’arrivait pas à atténué sa colère et c’était l’innocent jeune homme qui allait en pâtir, à moins qu’il ne lui donne une réponse qui l’amadouerait.

Sa main resserra son étreinte sur la garde de son arme, près à frapper, finalement au diable la réponse !
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Dim 22 Mai 2011 - 6:19

Non... Non! Après tout ça c'était non! Mais que voulait-il à la fin? Rien, il ne voulait rien, un fou ne sait pas ce qu'il veut. Ou bien il veut tout tout de suite ou alors il change d'idée et comme Francis ne lui avait donné ce qu'il voulait quand il le voulait, et bien voilà... Réaction d'enfant gâté. Désormais, il devenait inutile de parlementer, il fallait agir. Mourir simplement ou mourir en essayant de se sauver... Avec un peu de chance, s'en sortir vivant.

Francis était toujours à genou, une main au sol pour le soutenir et une autre tentant de retenir le sang qui coulait de sa jambe. Loin d'être résigné, toutes ses pensées n'étaient tournées que vers une seule idée : comment se sortir de ce piège à rat. La seule issue possible se trouvait derrière son asseyant. La porte se trouvait là. C'était si simple de pousser une porte. Il ne suffit que d'un détail pour rendre cette tâche presque inaccessible.

Il était clair que l'inconnu refusait de parlementer, pour lui, c'est oui ou non, blanc ou noir, pas de compromis. Francis en avait assez. Mais quand l'homme lui demanda ce qu'il était prêt à sacrifier contre sa vie, le jeune homme n'en pu plus. Sacrifier... trahir plutôt. Clairement, l'homme avait observé Francis depuis quelques temps, du moins, assez pour savoir qu'il avait un ami. Un seul ami. Si Francis avait eut à sacrifier quelqu'un, il s'aurait agit de Adal. Mais l'unique fait de penser qu'il pouvait arriver du mal à Adal le rendait malade. L'ultimatum de l'inconnu consistait à éliminer un être cher à Francis contre sa propre vie. Mais à quoi bon continuer de vivre si Adal mourait surtout par sa faute. Jamais Francis ne se serait permis cette pensée en d'autres circonstances, mais la gravité de la situation l'amenait à penser qu'il aimait Adal d'un amour plus qu'amical. Cette révélation soudaine confirma ce qu'il avait cogité jusqu'à ce moment décisif : s'enfuir ou mourir en essayant. Mais ne pas capituler.

Francis leva les yeux vers le tueur, il le fixa avec arrogance.


«Allez au diable.»

Et il attendit. Il attendit le moment.
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Mer 25 Mai 2011 - 11:40

Son regard se fit perçant. Son sourire invisible sous son masque, on le devinait au ton amusé de sa voix.

" « Va au diable » ? C’est donc tout ce que tu as trouvé ? Toi qui as un excellent sens de la réparti à l’accoutumer, te voilà réduit à des banalité d’usages !"

L’Assassin se délectait de cette situation, Francis était incapable de réfléchir, peut-être à cause de la douleur, peut-être à cause de la peur, qu’est-ce qu’il s’en fichait ! L’important c’était que sa victime était à sa merci, pour autant il n’était pas satisfait, car il voyait bien que Francis n’était pas encore anéanti, et cela aurait été le petit plus qui aurait fait de cet instant un moment réel jouissif. Son sabre vola dans les airs, creusant au passage deux entailles sur le dos du jeune homme. Il attendit un court instant avant de saisir Francis par la gorge pour le relever ; un seul geste de la part du poisson dans le filet et son sabre idéalement placé le priverait de son outil de travail !

Ses doigt se refermèrent sur le gorge tendre – c’était presque trop facile – jusqu’à soulever très légèrement Francis du sol. Et puis il le relâcha le laissant retomber lourdement sur le plancher. C’était parfait, le rendu était magnifique ! Les deux entailles suivant les lignes des omoplates de la victime et en le relevant le sang avait coulé sur peau délicate du jeune homme, tâchant la chemise à la façon de deux ailes repliées. Il était très fier de lui, c’était exactement ce qu’il voulait.

La pointe de son sabre frôlait les joues du jeune homme, alors qu’il reprenait la parole.

"Ce que je voudrais c’est que tu te soumettes, allons Francis, ne fais-tu toujours plaisirs à tes clients. Et moi, je te donnerais bien plus que les autres, mon tout beau, je t’offrirais la délivrance de cette vie qui n’aurait jamais du commencer !"

Alors ? Que pouvait-il répondre à ça, la boucle était bouclée, on en était revenu au point de départ ! C’était exquis cette sensation de toute puissance face à quelque chose de tellement insignifiant qu’un homme, enfin cela aurait été la même chose avec une femme ou un enfant. Un frisson lui parcouru l’échine, signe qu’il était vraiment né pour tuer. Pour lui le temps était comme suspendu, ou peut-être ralenti, cela dépendait des moments, mais c’était une sensation formidable. Est-ce que sa victime ressentait la même chose ? Cela n’avait réellement aucune importance pour lui ! Il était seul au monde, seul à la manière d’un chef d’orchestre, sur son trône orchestrant son œuvre avec brio.

Le sang avait continué de couler sur les flancs du jeune homme, laissant, tout comme celui qui venait de sa cuisse, des marques colorées au sol. Lorsque tout serait fini, il ferait en sorte que cela soit également des dessins… peut-être toujours des ailes.

"Et dire que tu croyais que tu n’étais pas innocent. Mais tu n’appartiens pas à ce monde de ténèbres Francis. Pourquoi te mens-tu, parce que tu en as tellement pris l’habitude que même à toi tu caches la vérité."

Mais oui, il allait réussir, il allait le mettre à genou mentalement aussi. Personne ne pouvait être en mesure de résister éternellement.

"Tu trouves ça facile, tu manques sans doute de courage pour affronter la vrai vie. Tu étais trop fragile pour rester parmi nous !"

A cet instant Francis était déjà empalé sur le sabre, transpercer au niveau du milieu de sa colonne vertébrale. Mais pour que sa vision se réalise, l’Assassin se décala un peu, juste un peu, levant son sabre en fraction de seconde et le laissant retomber.
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MessageSujet: Re: Tout commence par un service   Jeu 26 Mai 2011 - 5:39

Aller au diable... Francis n'avait pas cherché à rabattre le caquet de qui que ce soit par cette réplique peu recherchée, mais il en avait marre, l'inconnu parlait et parlait, toujours maître de la situation, tout cela devait changer. Et puisque essayer de parlementer ne fonctionnait pas, la seule solution restante était de faire émerger en lui la seule émotion qui semblait pouvoir faire dérider son visage (bien que caché sous un masque), la colère. Francis avait décidé de le mettre en colère, cette situation finirait bien d'une façon ou d'une autre et l'inconnu saurait ce que le jeune homme pensait de ses palabres. C'était un risque important à prendre, mais une fois la phrase dite, on ne pouvait plus revenir en arrière. La réaction de la part du meurtrier ne se fit pas attendre. La sabre se déplaça dans l'air avec une précision stupéfiante. Francis n'eut pas le temps de réagir.

Pas encore.

La lame entailla son dos deux fois à l'emplacement des omoplates. Il senti aussitôt, la douleur, oui, mais surtout le sang qui collait sa chemise à sa peau. Profitant de l'effet de surprise, le meurtrier se pencha et pris Francis à la gorge, il le força lentement à se lever, et même une fois debout, l'inconnu le souleva légèrement de terre comme pour lui faire comprendre qu'il était maintenant à sa merci.

Le sang continuait de couler... Dans son dos, sur ses jambes... Francis commençait à suffoquer. Cherchant l'air qui ne venait pas, il empoigna les bras de sont tortionnaire, mais cet homme était un homme. Malgré tout ce que Francis savait, faisait et voulait laisser croire, il n'était encore qu'un enfant pour bien des gens. Il lui arrivait même lui même d'oublier son âge et ce moment précis le lui rappelait brutalement : il n'était pas fort comme un homme. Le meurtrier prenait son temps. Francis ne pouvait croire qu'après avoir fait tout ce cirque avec son sabre, il avait finalement décidé de l'étrangler. Cela ne faisait pas de sens. Malgré cela, les yeux de Francis commençaient à se révulser. C'est à ce moment-là qu'il retomba brutalement par terre.

L'inconnu parla à nouveau, mais le jeune homme était trop occupé à reprendre son souffle. Il n'entendit rien, parce qu'il ne voulait rien entendre. Il en avait assez de cet individu et de ses paroles qu'il croyait d'évangile. Il pouvait bien raconter ce qu'il voulait, le courtisan n'en avait cure. Il se trouvait à quatre pattes, le souffle lui revenant, mais la douleur toujours présente comme un feu dans sa gorge.

Tout semblait terminé pour lui. Il n'avait pas la force, il se sentait aussi impuissant que lorsqu'il tentait en vain de dégager son cou de la corde qui le traînait derrière un cheval... Cette cicatrice à son cou était le souvenir de cette faiblesse. Francis caressa la cicatrice de sa main gauche. Il avait failli ce jour-là, il aurait pu mourir si son frère qui conduisait le cheval ne l'avait pas cru déjà mort. À cet instant même, le meurtrier se faisait la même idée. Il voyait Francis déjà mort. C'est à ce moment précis qu'il leva les yeux. Le tueur était derrière lui, mais la lueur de la lampe projetait au mur une ombre, celle du tueur et de son sabre placé à la verticale pointant le centre de sa colonne vertébrale.

C'était le moment.

D'où était venu ce soudain réflexe, même Francis ne pourrait le dire. L'instinct de survie sans doute. il roula sur le côté exactement au moment le tueur lâchait la lame qui alla se planter dans le sol. Des éclairs traversaient l'esprit de Francis. En une fraction de seconde, il renonça à l'idée de se jeter sur le sabre, convaincu que c'est ce que ferait le tueur et qu'il l'aurait de toutes façons. Francis empoigna plutôt la lampe qui se trouvait sur la table de chevet et la lança sur le tueur, profitant de ce moment pour se précipiter vers la porte, qu'il parvint enfin à ouvrir.

La porte vers la liberté.

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