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 Car il y a des apparences trompeuses...

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Enquêteur Royal
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MessageSujet: Car il y a des apparences trompeuses...   Lun 4 Avr 2011 - 0:25

Owen avait été surpris de la rencontre qu’il avait faite en pleine rue alors qu’il déambulait dans Forbach, les méninges en pleine action. Une femme l’avait abordé, lui expliquant qu’elle le cherchait depuis plusieurs heures. Elle voulait l’entretenir de faits importants pour son enquête, des faits qui concernaient l’Agent du Diable qu’elle affirmait avoir rencontré plus tôt. Elle lui avait donné rendez-vous dans l’auberge de la ville peu après le début de l’après-midi du jour suivant leur rencontre « fortuite ». Owen était arrivé en avance, prenant son repas dans l’auberge. Il avait prit place à une table à l’écart, loin des regards indiscrets, du brouhaha ambiant et surtout des oreilles indiscrètes. En franchissant la porte de l'auberge, Cassandra savait exactement ce qu'elle allait dire, et pourquoi. Peut-être que l'homme était son dernier espoir. Elle osait espérer que non, mais il fallait qu'elle lui confie tout ce qu'elle savait. Après tout, c'était son métier que de trouver l'introuvable, non ? Elle le salua poliment et s'installa face à lui.

- Je vous remercie de m'accorder du temps.
« - Je vous en prie. Puis-je vous offrir quelque chose à boire ? »
- C'est très aimable de votre part. Je prendrai un verre de vin, merci.
Owen se leva, alla au bar chercher le verre de vin ainsi qu’un verre d’eau qu’il apporta à la table, posant la boisson de Cassandra, il se réinstalla en face d’elle.
« - Bien, je pense que nous n’allons pas tourner autour du pot plus longtemps. Vous disiez avoir des informations importantes à me communiquer, je vous écoute. »
- Merci. Je suis la mère de Narcissa de Saint-Loup, que vous avez rencontrée et interrogée il y a peu. Je ne pense pas qu'il soit utile de revenir sur cette première agression du dénommé Agent du Diable. La raison qui me pousse à venir vous parler, c'est qu'il y a eu une deuxième confrontation, alors qu'il n'y aurait pas du en avoir. Je m'explique : j'ai tiré sur cet Agent du Diable lors de notre première confrontation, et pour être franche, je pensais l'avoir tué. Une balle dans la poitrine, c'est supposé être mortel. Or, quelques jours plus tard, il se tenait frais et fringuant devant moi, comme si rien n'était arrivé. Maintenant vient la suite... soit vous me prenez pour une folle et je me retirerai, soit vous acceptez ma version de ce que j'estime être la vérité. Croyez-vous aux forces surnaturelles, monsieur ? À la sorcellerie, aux puissances démoniaques et au Malin ?
« - Non, je ne crois pas à ce genre de chose, Madame de Saint-Loup, néanmoins, loin de moi l’idée de vous croire folle. Je suis ici avant tout pour écouter ce que vous avez à me dire sans juger vos paroles. Aussi, je vous invite à continuer votre récit. »
- Soit. Je suis persuadée que cet Agent du Diable dispose de ressources surnaturelles. Qu'il soit lui-même sorcier ou non, je l'ignore, mais c'est la seule explication que je vois pour expliquer le rétablissement aussi prompt d'un homme aux portes de la mort. Personnellement, je pense qu'il s'agit d'un démon, du même acabit que celui que j'ai vu à Forbach il y a de cela plus de quinze ans. Et cela change la donne. Avec l'Inquisition, nous cherchions un homme, et je pense que là réside l'erreur. Ce n'est pas un homme que nous cherchons, c'est autre chose.
« - Vous franchissez rapidement le pas de la sorcellerie ou des pouvoirs maléfiques pour justifier des choses qui pourraient être tout bonnement logiques. Êtes-vous certaine de l’avoir touché en pleine poitrine ? Pourriez-vous le jurer ? Êtes-vous certain que la balle n’a pas été arrêtée par un vêtement épais et résistant ? »
- J'ai tiré sur lui quasiment à bout portant. Sa poitrine, j'en suis certaine. Le tissu épais, en revanche, je n'en ai aucune idée. Et si je franchis rapidement le seuil de la sorcellerie ou des pouvoirs démoniaques, c'est parce que j'ai déjà eu la preuve de leur existence par le passé, spécialement à Forbach...
« - Je ne juge pas votre jugement, chacun à le droit à son point de vue, mais peut-être serait-il bon de tenter d’abord d’essayer d’expliquer de manière rationnelle ce qu’il s’est passé. Votre arme est-elle puissante ? Qu’entendez-vous précisément par « quasiment à bout portant » ? Comment s’est-il enfui ? En visant en pleine poitrine, l’homme aurait du mourir rapidement non ? »
- Je dirais trois mètres maximum. De fait, il était près de la fenêtre, et son corps y a basculé juste après l'impact. À la balle, il faut donc ajouter une chute de plusieurs étages, combien de mètres exactement, je n'en sais rien, mais plusieurs, c'est certain.
« - En clair, si je résume cela de manière correcte, vous avez de fortes suspicions mais aucune preuves étayant le fait que vous l’avez effectivement tué ou même blessé mortellement. C’est cela ? »
- Oui. Notez tout de même qu'il paraît anormal qu'un homme ressorte indemne de tout cela.
« - Je vous l’accorde, toutefois, cela reste probable. J’ai vu bien des choses, Madame de Saint-Loup, peut-être plus inexplicable que cela et pourtant elles étaient parfaitement logiques si l’on prenait la peine d’y regarder de plus près. Que s’est-il passé lors de votre rencontre avec cet homme ? »
- La seconde ?
« - Celle qui vous concerne personnellement oui. »
- Il m'a... interpelée dans le Marché Alimentaire. Il m'a dit qu'il me ferait payer de l'avoir tué. Il a dit que la mort ne voulait pas de lui. Loin de moi l'idée de prendre ses paroles pour argent comptant, mais... ce genre de haine ne s'invente pas. S'il n'est pas mort, il a au moins énormément souffert de sa blessure. Il m'a dit que sa prochaine victime serait Viviane, ma sœur, ou Narcissa, ma fille, et que c'était à moi de choisir. Je ne voulais pas lui offrir sur un plateau le nom de la personne la plus importante à mes yeux, et en voulant détourner son attention, je lui ai dit de les tuer toutes les deux et de me laisser en vie. C'est ce qui m'a permis de partir la vie sauve. Toutefois, il m'a donné deux fioles de poison et deux semaines pour les tuer moi-même. Au-delà du délais, il nous tuera toutes les trois.
« - Oui, à ce que j’ai pu comprendre c’est un procédé classique chez lui. La question du choix est un thème récurrent. Je suppose qu’il a joué sur votre certitude de l’avoir tué ? »
Effectivement. Toutefois, cette question me taraude. Savoir s'il était réellement mort ou non change la nature de ses capacités - vous ne m'ôterez pas l'idée qu'il possède des pouvoirs, ou qu'il a au moins un complice qui en a. Pourtant, je préfèrerais que vous trouviez une explication rationnelle à tout cela, croyez-moi.
« - Les explications ne manquent pas. La balle peut très bien n’avoir pas pénétrée totalement dans les chairs et il aurait ainsi pu l’extraire et soigner sa blessure par exemple. Ou alors la balle a traversé la chair mais n’a touché aucun organe vital, ce serait assez chanceux mais très possible croyez-moi. Les coups par balles ne tuent pas systématiquement. »
- Ils ne tuent pas mais ils affaiblissent considérablement. Or, il se tenait droit devant moi et m'a maîtrisée lorsque j'ai tenté d'appeler à l'aide sans aucune difficulté. Je sais que je ne suis pas une personne en mesure de lui résiste physiquement, mais tout de même... il était vigoureux comme un homme au sommet de sa forme.
« - Combien de jours se sont écoulées entre ces deux rencontres ? »
- Quatre jours.
« - Si la blessure n’était pas si importante que vous le croyez, c’est tout à fait envisageable. Vous savez, cet homme joue sur les effets de scène. Rien que son nom est déjà source de peur. Il est très peu probable, même si je n’écarte pas entièrement cette possibilité, qu’il soit effectivement mandaté par le diable. Il y a d’autres solutions envisageables, beaucoup plus cartésiennes. »
- Je ne résiste pas à la tentation de vous demander lesquelles...
« - Pour être totalement franc avec vous, l’agent du Diable n’est pas l’unique criminel de Forbach, et bien plus encore, c’est surement le moins dangereux de ces hommes. Je ne peux pas vous en révéler beaucoup plus, mais croyez-moi, je suis assez certain de ce que j’avance. Quant à votre assassin aux pouvoirs surnaturels, je suis convaincu qu’il existe une solution rationnelle qui sera bien évidente une fois que l’on aura mis le doigt dessus. C’est toujours pareil, on a beau l’avoir sous le nez, la solution est toujours plus évidente une fois mise à jour. »
D'autre assassins ? La Veuve retint un soupir de lassitude.
- J'espère que vous mettrez le doigt dessus dans les deux semaines. Si je peux vous être d'une quelconque utilité, faites le moi savoir. Avez-vous d'autres questions ?
« - Je ne peux rien vous garantir, hormis que je fais tout pour que cette affaire soit réglée au plus vite. Concernant mes questions, si vous n’avez pas d’autres détails en tête qui me permettrait d’identifier l’Agent du Diable, je n’ai pas de question non. Peut-être avez-vous des informations à me donner concernant Laura de Montfort, mais rien ne m’a relié à vous en ce qui la concernait, donc j’en doute. »
- Je ne connaissais pas Laura de Montfort. Un dernier détail anecdotique me vient à l'esprit, toutefois... L'Agent du Diable sent le fennec, tout aussi ridicule que cela paraisse. J'ai également vu son visage non masqué, parce qu'il voulait me prouver que c'était lui, la seconde fois. Je pense que je serais capable de le reconnaître, mais c'est tout. Je n'ai aucune idée de son identité.
« - Bien, c’est déjà pas mal. Vous serez alors surement mise à contribution par moi-même ou l’Inquisition pour une identification si cela s’avère nécessaire. Quant à l’odeur… Qui sait, n’importe quel détail peut avoir son importance. En tout cas, je vous remercie pour ces précisions, elles se révèleront surement utiles à un moment ou à un autre. »
- Dans ce cas, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bonne chance. Espérons que votre côté cartésien l'emportera et que nous avons rêvé de chimères... Pour sa part, la Veuve n'y croyait pas un instant. Mais l'espoir demeurait, au fond d'elle-même.

L’Enquêteur la salua et se leva avant de prendre direction de la sortie, laissant Cassandra seule à la table à l’auberge. Il avait des choses à faire, certaines d’entre-elles précipiteraient la fin de la terreur qui jugulait Forbach.

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