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 Le temps ne passe pas

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MessageSujet: Le temps ne passe pas   Ven 4 Déc 2009 - 4:06

Cela faisait déjà plusieurs semaines. Les verdures de l'été avaient déjà laissé tranquillement place aux couleurs d'automne, qui, elles, s'étaient fanées rapidement sous les premiers flocons de neige. C'était déjà décembre. Cela faisait plusieurs semaines que Joan avait rapporté le grimoire de lumière, plusieurs semaines qu'elle était sortie de prison et encore plus longtemps que Gabrielle l'avait quittée, mais son souvenir était encore frais. Ces périodes peuvent sembler longues, mais pour les changements qu'ils avaient orchestré dans la vie de Joan, il s'agissait plutôt d'un temps très court. Après tout, elle était passée de jeune femme innocente et libre, sorcière d'Olrun et gouvernante chez les d'Hasbauer vivant au château de Frauenberg à fugitive, sorcière du Lys, voleuse, qui en avait appris plus ces derniers mois que dans toute une vie. alors, cela faisait peut-être plusieurs semaines ou plusieurs mois, mais les événements passés ne seraient pas près d'être oubliés. Joan Witham vivait une sérénité ambiguë.

Elle vivait maintenant en permanence dans les sous-sols du château de Frauenberg. C'était une étrange sensation de songer qu'elle vivait sous les pas de Louis Institoris. Mais c'était le cas pour toutes les sorcières du Lys qui fréquentaient l'endroit. Louis Institoris, Joan ne savait quoi en penser. Il avait toujours été effrayant, ce type de personne qu'on souhaite éviter le plus possible. Celui-là même était à la recherche de la sorcière qui avait tenté de l'assassiner. Pour lui, elle avait le visage de Joan. Si au moins il savait que c'est dans l'au-delà qu'il devait chercher. Gabrielle était revenue pour le punir, pourtant, Louis n'avait jamais rien su de son retour. Il vivait encore et était complètement ignorant de la haine dont il avait fait l'objet ces derniers mois. En y repensant dans cet optique, Joan haïssait Louis Institoris. Elle avait souffert alors que c'est lui qui aurait dû payer. Certains diront que Joan aurait dû en vouloir à Gabrielle, mais au bout du compte, celle-ci était déjà morte et avait souffert mille vies avant de trépasser, rien ne servait de dépenser de l'énergie à la détester.

On avait annoncé à Joan qu'elle pouvait remonter à la surface et vivre une vie normale, elle avait été blanchie... C'était une très bonne nouvelle, mais quelques langues lui avaient appris que l'inquisiteur Gabriel Touchedieu, celui qu'elle avait croisé lors de son évasion, était prêt à tout pour prouver à la face du monde que Joan Witham était une sorcière. Cette dernière ne manquait de rien là où elle était, il lui avait été facile de se procurer les substances nécéssaires pour colorer ses cheveux. Avant de retrouver le monde extérieur, elle préférait se rendre le moins visible possible aux yeux de ce chasseur. Du roux flamboyant, elle passait à un brun foncé presque noir. Sans couleur, c'est ce qu'elle devait être.

La transformation était complétée, cela avait été long, mais Joan arborait maintenant une chevelure foncée, ce qui faisait ressortir sa peau blanche de lait. Elle était devant son miroir, dans sa chambre. Ses cheveux tombaient sur ses épaules, elle tentait de les apprivoiser dans cette couleur. Le roux était à la base une couleur dangereuse, mais Joan avait appris à l'aimer. Les cheveux obscurcis, la jeune femme semblait toute différente.


Dernière édition par Joan Witham le Sam 12 Déc 2009 - 2:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le temps ne passe pas   Ven 11 Déc 2009 - 3:13

    Le temps eut passée, notre protagoniste est devenu plus mâture, plus sage, toute fois le chemin de son éducation ne fait que débuter. L’aguerrie qui a prit ce dernier sous son aile est certes fortement exigeante envers son apprenti… mais c’est ainsi que notre cher Nicholas souhaite être éduquer. Il ne peut apprendre et ce développer dans la douceur et la soie… ses doigts ont dû souffrir afin qu’il maîtrise le violoncelle… son être entier doit connaître la douleur afin de devenir un meilleur sorcier. Ce n’est qu’une fois le corps dépourvu de toute énergie qu’il cesse de résister et ce n’est qu’à ce moment là que l’esprit s’ouvre entièrement. Comme vous pouvez donc vous en doutez à présent… son séjour en compagnie de la noble Nóirin ne fut pas de tout repos et l’état actuel de ce très cher Nicholas n’est point exactement celui dans lequel il fut avant de débuter la longue session. Son charme physique fut un peu réduit par le manque de contacte avec le monde extérieur… ainsi que le manque de sommeille paisible.

    Nulle ne semble être meilleure qu’elle pour faire revenir dans les rêves de notre jeune violoncelliste les fantômes du passés. L’esprit encore un peu embrouillé, celui-ci ce mit à errer de façon quasi fantomatique dans les couloirs du château. Quelques unes de ses sœurs furent légèrement surprises de retrouver ce dernier dans un tel état… puis moins lorsqu’elles entendirent les murmures que dame Nóirin est son aguerrie. D’une beauté des plus grandioses, cette étrange malice qu’elle possède forme un certain contraste avec tout ce qu’on pourrait s’attendre d’une si jolie dame. Oh ne le prenez pas de façon négatif… cette fameuse « malice », n’est rien de nécessairement mauvais, bien au contraire ce fut fort bénéfique ! Enfin… mieux vaut pour lui qu’il ne reste pas là, l’air perdu en train d’errer comme un idiot !

    Retrouvant ses quartiers, celui-ci s’étendit sur son lit fixant videment le plafond, incapable malgré la fatigue de se laisser embrasser par les bras de Morphée. Laissant alors sa tête tomber un peu sur le côté avec que ses sombres prunelles puissent à présent contempler le mur, ce très cher Nicholas déposa son regard sur la caisse renfermant son précieux instrument. L’instrument qui a fait en sorte que les fantômes de son passé se sont jadis évaporé à travers le temps et l’espace… l’instrument dont ses doigts n’ont point pu caresser depuis nombreuses lunes. Malgré son manque d’énergie… notre protagoniste trouva tout de même la force de se lever afin d’aller caresser les cordes du violoncelle du bout des doigts. L’archet ne caressant point les cordes, il joua une note avec le bout des doigts… puis éventuellement les longues lamentations du violoncelle hantèrent à nouveau le château. L’émotion du moment ? L’épuisement, le vide… ou plutôt la quête du vide et de la paix…

    Longues lamentations des cordes vibrantes… la complainte de Nicholas via la musique. Peut-être qu’ainsi pourra t-il trouver un sommeille paisible… peut-être que les fantômes vont aller danser au lieu de l’embêter. Qui sait… peut-être que Morphée viendra le réconforter… malheureusement… à la fin des premières lamentations… Morphée n’était point au dessus de l’épaule de ce cher Nicholas et le fantôme de son paternel le regardait toujours aussi malicieusement avec dégoût. Soupirant… trop épuiser pour que la colère puisse prendre le dessus… il se remit à jouer tentant d’ignorer l’être horrible qui ce dresse devant ses yeux. Cette silhouette fantomatique ne le quittera donc plus ?

    - Foutez-moi la paix Aaa...

    Aaa… et non père… ni même le prénom complet… simplement Aaa… la première lettre étendu en un son plus long. Jamais il ne donnera un titre honorifique à cet homme et plus jamais son nom sortira des lèvres de ce très cher Nicholas. Pourquoi est-il toujours là ? Pourquoi l’homme dont le nom ne doit point être mentionné ce trouve toujours devant ses yeux ?

    S e redressant, faisant face à l’ennemie… Nicholas agressa le spectre de son archet… sans l’atteindre bien entendu. Laissant l’instrument s’appuyer contre le mur… Nicholas balança encore sont archet afin de se frayer un chemin pour quitter la pièce… geste fort inutile. Étrangement l’air égarer en ce lieu qu’il connait normalement du bout des doigts… notre protagoniste recherche son aguerrie afin qu’elle puisse l’aider à ce débarrasser de lui. Déambulant… trébuchant presque lorsqu’il descendu les escaliers, sans le mur pour s’appuyer ce dernier ne pourrait sans doute point ce tenir debout.

    - Nóirin…

    Murmura t-il… désespéré de la retrouver. N’est-il pas pitoyable ? Toquant à la première porte qu’il pu trouver, ne pouvant ce rappeler l’endroit exacte où la dame et lui furent. D’ailleurs… il est fort probable que cette dernière ne soit point dans les sous-sols du château… mais qu’en sait-il lui ? Tout ce qu’il désire c’est un peu de réconfort… ce même sentiment de réconfort qu’il avait lorsqu’il fut il y a de cela plusieurs lunes en compagnie de cette dame à la crinière de feu. Celle dont il possède toujours la broderie que ses mains habiles ont fabriquée pour notre jeune homme. La douce Joan… si seulement c’était elle qui se trouvait devant lui et non… cet être fantomatique !

    Ô Joan pardonne Nicholas de ne pas avoir été te visiter ! Le pauvre fou n’aurais su quoi te dire ! Point poète… les mots ne sont pas sa spécialité comme tu le sais sans doute déjà… et les confidences le sont encore moins…

    Nicholas, jeune fou… pourquoi toque tu à cette porte alors que tu ignore qui est de l’autre côté ? Tu crois que c’est Nóirin, l’aguerrie qui a fait revenir à la surface les fantômes de ton passé… tu veux lui crier à l’aide ! Tu crois dur comme fer qu’elle est là… tu pourrais croire que n’importe qui est elle vu ton état des plus pitoyable… pauvre Nicholas. À fuir le temps tu va t’épuiser et il finira par te rattraper…

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MessageSujet: Re: Le temps ne passe pas   Ven 26 Fév 2010 - 4:57

Ces cheveux devant son miroir... S'y habituerait-elle jamais?! Mais même si elle était disculpée de toute accusation de meurtre, le vieil et impie chasseur de sorcière l'avait dans sa mire... C'était pour cela les cheveux noirs.

Elle était toujours là en train de les brosser, espérant qu'ils lui apparaîtraient normaux en une fraction de seconde, qu'elle n'aurait plus l'impression de trahir l'héritage de son père. C'est que ce qu'elle était en train de faire lorsque l'on frappa à sa porte.

Il lui arrivait d'imaginer ce qu'elle serait devenue si elle avait dit non à la proposition d'Alicia... Aurait-elle été disculpée de toute façon? Aurait-elle été brûlée ou oubliée dans sa cellule, on l'aurait alors retrouvée sans vie à moitié mangée par la vermine? Une chose est certaine, quoi qu'elle aurait pu faire, cela n'aurait pas empêché les inquisiteurs de faire irruption chez la pauvre Abigail à moitié folle. Rien n'aurait pu la sauver. Si elle était sortie de sa cachette pour lui venir en aide, cela n'aurait été qu'une vaine tentative, car les inquisiteurs étaient trop nombreux et ils auraient eu deux proies plutôt qu'une seule. Voilà à quoi elle songeait quand on frappa à la porte.

Joans avait beau passer et repasser l'histoire dans sa tête, avec tous les si et les peut-être du monde des possibles, mais rien n'aurait changé à la situation actuelle de Abigail. Peu importe les choix qui s'offraient à elle dans sa tête, il n'aurait pu arriver que deux possibilités : elle, morte, ou elle, vivante avec des remords. Aucune situation n'était parfaite. Aucune situation ne valait la peine de revenir en arrière... Pour certains, cela peut être une consolation, mais Joan ne pouvait se résoudre à l'idée que la réalité actuelle était celle qui devait être que jamais rien ne changerait à cette finalité inaliénable. Voilà sur quoi elle culpabilisait quand on frappa à la porte.

Qui cela pouvait-il être? Malgré le temps passé dans les sous-sols, Joan n'avait que peu de connaissances parmi les sorcières du Lys, qui étaient pourtant ses soeurs à présent. C'était si étrange de parler d'elles ainsi. Elle ne les avait jamais détesté contrairement à certaines sorcières d'Olrun, elles étaient toutes sorcières après tout... Ce que Joan regrettait le plus était le fait que ses soeurs d'Olrun ne seraient plus jamais ses soeurs... Elle, elle les aimerait toujours autant, mais elle n'était pas certaine de leurs sentiments envers elle. Comprendraient-elle qu'elle avait choisi de vivre?!...

Toutes ces pensées en les quelques instants que cela eut pris pour une personne de frapper à sa porte. C'est étonnant comme les pensées fusent de toutes parts et s'entremêlent, pourtant, elles sont toujours aussi clairs. Malgré tout, quand vient le temps de les exprimer, tout devient si trouble...

Sur ce Joan ouvrit la porte.

Bien sûr. Pourquoi n'y avait pas pensé, Nicholas de Saintcroix, sorcier du Lys lui aussi. Son visage l'apaisa de toutes ses inquiétudes. Elle portait encore sa brosse à cheveux dans sa main, les cheveux libres, noirs. Lui à qui elle n'avait jamais montré sa chevelure rousse, il la voyait maintenant noire. Mais son apaisement disparu bientôt lorsqu'elle remarqua l'air inquiet et étrange de Nicholas, qui semblait chercher quelque chose qu'il ne trouvait pas.


«Nicholas, vous ne vous sentez pas bien?»
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MessageSujet: Re: Le temps ne passe pas   Mer 3 Mar 2010 - 4:39

    Ce fou de Nicholas dont l’esprit et le corps ne semblent aucunement être capable de travailler en harmonie en ce jour. Voilà qu’il s’est sauvé du fantôme qui le hantait, cherchant à se réfugier dans les profondeurs du château. Une forteresse de pierre certes, mais celle-ci ne peut empêcher les spectres de tourmenter le violoncelliste. Toquer à la porte dans l’espoir d’obtenir une réponse, de l’aide, dans l’espoir de trouver un refuge loin de tout ce qui peut le blesser – dame Nóirin saura le protéger non ? Elle dont la grâce et la puissance peuvent autant charmer que chasser mort et vivant. Toque et toque à la porte, attendant dans l’ombre du désespoir une réponse, le spectre d’un visage familier que saura le rassurer.

    Le gémissement des pentures, la porte qui s’ouvre devant ses yeux, Nicholas observe le tout ce produire devant ses yeux le regard vide. Épuisé autant physiquement que mentalement, il voit devant ses prunelles qu’une silhouette dont le visage lui parait pratiquement sans traits distinctif. Une silhouette d’une femme, la dame, son aguerrie ? Non, la forme est différente… a-t-il toqué à la mauvaise porte ? Qui est donc cette femme ? Chevelure sombre, courbes féminines, une de ses sœurs qu’il n’arrive pas à identifier peut-être. Chose certaine, il ne s’agit pas de dame Nóirin ! Elle doit sans doute le prendre pour un fou, lui qui a toqué avant tant de désespoir à cette porte, lui dont le visage dépourvu de santé se montre devant cette dame. Il doit lui paraître comme étant un simple fou délirant, ne sachant aucunement ce qu’il fait. Non il n’est pas ivre, simplement épuisé au point de ne plus être capable de penser correctement.

    Cette voix qui a mentionné son nom, cette voix qui lui a demandé s’il n’allait pas bien, cette voix lui est si familière. Une mélodie, une poésie à ses oreilles pour laquelle il a tant languit. Cette douceur… Joan ? Cette femme, est-ce Joan ? Sa Joan à lui, celle pour qui sont cœur bat sans cesse depuis le jour où leur routes ce sont croisés ? Mais cette silhouette… elle ne correspond pas à Joan, cette crinière si sombre, ce n’est pas la crinière de feu. Il n’avait certes jamais vu sa crinière, mais certains traits de son visage révélait le tout… d’ailleurs… si elle possède les traits de son père, elle est rousse.

    -Joan ?

    Murmura-t-il, sans être réellement sûr qu’il s’agit d’elle. Enfin, peut importe le cas, il ne peut pas passer pour étant plus fou ! Si notre protagoniste a tord, alors cette dame devant ses yeux va simplement le corriger dans son délire. Le délire lui donne l’espoir que devant lui, sa douce est là. Pourquoi le serait-elle ? Ici dans l’antre du Lys ! Elle qui, certes sorcière, appartient à Olrun. Il est vrai qu’il n’est point au courant des plus récents développements du monde extérieur... ignorant ce qui c’est passé avec Joan depuis leur rencontre. À genoux devant elle, le regard limpide, il délire, tendant la main espérant qu’il ne s’agisse pas d’une illusion, d’un mauvais tour des fantômes. Ses doigts caressant le tissu, Nicholas su qu’il s’agissait d’un être réel… mais toujours dans son délire les traits du visage ce formait avec difficulté devant ses yeux. Flou, sans précision, il ne pouvait dire avec ses yeux de qui il s’agissait – mais ses oreilles, elles, lui donnait espoir de voir Joan.
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MessageSujet: Re: Le temps ne passe pas   Mer 3 Mar 2010 - 5:46

Oui, c'était bien lui, mais le regard vide, perdu. Ses cheveux sombres épars lui tombait presque devant les yeux. Il ne sembla pas la reconnaître au départ, comme s'il était perdu dans un rêve sans fin, un rêve qui se poursuit au-delà du sommeil. Il fini tout de même pas articuler un mot, son prénom, Joan, mais dans une expression interrogative comme s'il avait une quelconque raison de douter de ses sens. La jeune femme aurait voulu lui répondre prestement «Oui! C'est moi!», mais elle était trop surprise par ce Nicholas qui se tenait devant elle et qui tombait à genou comme s'il avait trouvé une rédemption ou alors la fin du trajet sans le moindre espoir de trouver ce qu'il cherchait. Cette seconde parue éternelle, comme si le temps ne passait pas, mais ne faisait que se répéter dans une incessante boucle... Nicholas tombant à genou encore et encore, effleurant le bas de sa robe du bout des doigts. Il la regardait, mais son regard était celui d'un aveugle, incapable de s'accrocher à un détail, les yeux figés dans une longue fixation qui voulait pourtant dire quelque chose.

Oui, Nicholas désirait certainement dire quelque chose, mais malgré l'absence apparente de blessure, il semblait avoir été atteint de façon presque mortelle. Une blessure invisible. Une blessure de l'âme. Non, le monde n'avait pas cessé de tourner alors que Joan avait perdu le contrôle d'elle-même, elle le voyait présentement. Nicholas avait continuer de vivre malgré tout, comme tout le monde. Il lui sembla à ce moment qu'elle était la seule à stagner depuis des mois dans la même position, dans les mêmes idées, sans pouvoir évoluer. C'était un peu ce que la possession pas Gabrielle de Mortelune lui avait laissé : des mois de sa vie perdus, et alors, il était difficile de comprendre comment redémarrer ensuite. Mais voilà, Nicholas lui faisait comprendre son égoïsme momentané sans même n'avoir dit un mot. Elle devait s'occuper de quelqu'un d'autre qu'elle même.

Ainsi, Joan s'accroupi au même niveau que Nicholas, remplaçant le pan de sa robe dans ses doigts par une main accueillante. De l'autre, elle lui caressa tendrement le visage, plongeant un regard tout en douceur dans ses yeux livides. Elle sourit. Elle reprit ce qu'elle avait voulu lui dire quelques secondes plus tôt, mais ce fut d'une voix calme et sereine, presque en chuchotant :


«Oui. C'est moi.»

Ensuite Joan se releva doucement, entraînent Nicholas avec elle.

«Vous ne semblez pas bien Nicholas, vous devez vous reposer.»

Elle le conduisit vers le lit, où il pourrait s'allonger. Quant à elle, elle s'assit sur la chaise à côté du bureau.
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MessageSujet: Re: Le temps ne passe pas   Mar 16 Mar 2010 - 1:47

    Il ne peut plus se fier à sa vision, ses propres sens le berne, manipulant son esprit comme un marionnettiste joue avec sa marionnette – faisant de Nicholas un simple fou. Pitoyable, le sentiment d’être paralyser – incapable d’être lucide – il déteste cette sensation plus que tout et encore plus lorsque ses oreilles lui chantent la voix de Joan. Cette ombre, cette silhouette qu’il peut à peine distinguer, est-ce véritablement Joan ? Est-ce qu’on lui joue encore des tours, est-ce que les fantômes s’amusent une fois de plus à le tourmenter – misérable esprit en lambeaux. Elle murmure la confirmation, c’est elle, oui c’est elle, Joan, Joan Witham – sa rousse, sa femme à la crinière enflammée ! Mais alors comment expliquer pourquoi cette silhouette est si sombre ? Qu’est-il arrivé à la chaleur ? Oh elle est toujours présente malgré toute cette obscurité – cette flamme est bien caché derrière les rideaux plus sombre que la nuit ! Le touché, la voix, c’est bel et bien elle – tout comme à leur rencontrer voilà que Nicholas est une fois de plus dans un état pitoyable.

    Il possède de la difficulté à croire en Dieu, mais si ce dernier existe alors il a sans doute mit Joan sur son chemin afin de sauver son âme du trépas vers la démence. Les yeux clos, notre protagoniste ce mit à sourire – se sentant enfin bien. Peut-être que son aguerrie n’est pas présente, mais Joan l’est et c’est tout ce qui compte. Dans un état semi-comatique celui-ci ce mit à imaginer en son esprit les traits du visage de sa douce – traits qu’il arrive qu’à voir en rêve. Il sourit, car il est avec elle pour vrai cette fois-ci : il s’ait que lorsqu’il ouvrira les yeux, lorsqu’il retrouvera la vision – ce sera elle devant ses yeux. Les fantômes sont bien loin cette fois, ils ne peuvent lui mentir à nouveau, le faire rêver et transformer le tout en enfer. Il doit se reposer, il peut enfin se reposer.

    Léger sourire aux lèvres, il murmure doucement « Joan… ». Son nom, puis un silence – il est évident qu’il va mieux, du moins il se sent intérieurement plus vivant que jamais. Son cœur chante à nouveau. Étendu sur le lit, enfin protéger des spectres, des monstres du passé et du présent qui n’ont jamais cessé de le tourmenté depuis nombreuses lunes – Nicholas écoute attentivement les bruits qui l’entour. La respiration de Joan, sa propre respiration qu’il tente de synchroniser, mettre à tempo. Les gémissements du château avaient cessé d’exister, d’être entendu – il reprit alors doucement :

    -J’ai joué pour vous Joan… m’avez-vous entendu ?

    Sont violoncelle à tant chanter pour elle – hantant les couloires du château de Forbach – laissant les gémissements, les lamentations des cordes s’échapper par chaque fissure. L’écho de ses mélodies a si longtemps hanté les murs de pierre – mais il est conscient qu’en dehors des murs personne ne peut l’entendre. Détachant ses paupières, il ouvrit les yeux afin d’observer le visage devenant un peu plus claire – léger sourire aux lèvres.

    -Mais où sont passé les flammes ?

    Il faisait référence à la crinière de celle-ci. Il ne l’a jamais réellement perçus, mais les traits faciaux lui avait dévoilé la vérité – il savait qu’elle fut jadis une rousse enflammée, mais aujourd’hui ce qu’il voit devant ses yeux est une femme dont la crinière est aussi sombre que la nuit. Où sont donc les flammes ? Faisant glisser sa main contre le lit, vers elle, vers sa main – il fit glisser ses doigts entre les yeux l’observant à présent dans le silence.
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MessageSujet: Re: Le temps ne passe pas   Mar 16 Mar 2010 - 5:18

Dès qu'il fut étendu, Joan remarqua que Nicholas se portait nettement mieux. Elle ne savait ce qu'il lui arrivait, il lui semblait atteint de fièvre, ou alors sortant d'un songe cauchemardesque. Il était aussi vulnérable que ce jour où elle l'avait trouvé dans la neige. Encore aujourd'hui, la jeune femme ignorait ce qu'il lui avait pris. Peut-être cela lui prenait-il souvent, peut-être souffrait-il d'une affection particulière... Malgré la curiosité de Joan, cela ne la regardait pas, chacun avait ses secrets, rien n'obligeait à les divulguer... Elle le savait maintenant. Elle qui n'avait jamais eu à cacher quoi que ce soit de son passé, certes un peu dramatique, mais en rien honteux, avait trahi son clan. Pour sauver sa vie.

Mais elle regardait à présent ce visage apaisé et elle ne songeait plus aux circonstances qui l'avait amenée à devenir Joan Witham, sorcière du Lys Noir. Elle était simplement heureuse de revoir ce visage qu'elle avait aimé dès le premier regard et qui l'avait aimée aussi. S'il était une chose en ce monde de laquelle elle ne pouvait douter, c'était ce sentiment commun qui unissait ces deux personnes. Rien ne pouvait y changer, et rien ne pourrait se placer entre eux deux. Gabrielle de Mortelune n'avait pas réussi, l'Inquisition n'avait pas réussi, et même la rivalité entre les clans avait été trompée. Tout avait été mis en oeuvre pour qu'aujourd'hui, Joan Witham se trouve assise près de cet homme. En ce moment, les sorcière du clan d'Olrun pouvaient penser ce qu'elles voulaient, dire tout ce qui leur passerait par la tête, cracher par terre trois fois en lui souhaitant malheur, Joan savait qu'elle avait fait le bon choix. Ne serait-ce que pour se retrouver en cet endroit avec son être aimé qui tendait maintenant les doigts pour se glisser entre les siens.

Un sourire sur le visage, il savait maintenant avec certitude avec qui il se trouvait, et Joan fut soulagée de le voir s'égayer de ce fait. Toujours dans une voix perdue dans des songes qui le tourmentaient même éveillé, Nicholas souhaitait parler. Son discours était bref, mais il se voulait rassurant pour Joan. Le violoncelle. Oui, bien sûr. L'avait-elle entendu? Chaque jour de son emprisonnement, elle avait cru devenir folle de l'entendre, et elle souvint s'être dit que si cela était la folie, alors on pouvait bien l'enfermer toute sa vie, la folie était la plus divine des bénédictions. Joan sourit à ce propos, elle souhait tant lui dire, elle avait écrit une lettre pour lui, ne pensant guère qu'un jour elle aurait l'occasion ou le courage de la lui remettre. Puis il ouvrit les yeux, il les posa sur elle. Son regard ne perdit rien de son charme, mais elle vit bien que quelque chose clochait. Oui, elle avait teint ses cheveux, les flammes avaient disparues. La brasier était éteint. Un vrai brasier aurait été plus difficile à supporter.


Portant la main à ses cheveux, un léger sourire aux lèvres:

«C'est comme les vôtres maintenant...»

Joan ne voulait plus lâcher sa main, mais elle se résolu à faire pour se lever et aller ouvrir le secrétaire. La lettre y était. Le moment était idéal.

Tendant le bout de papier soigneusement plié en trois:


«Je l'ai écrite pour vous.»
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MessageSujet: Re: Le temps ne passe pas   Mar 23 Mar 2010 - 22:28

    Silencieux et retrouvant peu à peu la réalité, Nicholas celle qu’autrefois il ne pouvait que rejoindre dans les rêves. Devant ses sombres prunelles, voilà que les flammes de sa crinière s’était assombrit, devenant comme sa propre crinière. « C’est comme les vôtres maintenant… » Lui a-t-elle dit. En apparence certes, mais il ne s’agit là que d’un masque cachant derrière les teintes sombres les vigoureuses flammes naturels de Joan. Enfin, qui est-il pour juger les gens qui portent un masque ? Toute sa vie notre cher violoncelliste eut porté un masque, le nom De Saintcroix est la preuve même ! Cependant, le sujet du mensonge et de la vérité est fort puéril pour lui en ce moment puisqu’il est fortement heureux d’avoir enfin retrouvé sa douce. Seul le moment présent est important, le passé doit demeurer le passé et le futur doit demeurer existant que dans l’imaginaire.

    L’observant, prenant la lettre qui lui fut tendu, le musicien l’ouvrit cherchant à bien lire l’écriture de celle-ci. Ses prunelles s’efforçant de bien lire la plume de Joan – pas qu’elle ne sait point bien écrire, mais c’est plutôt du à l’état pitoyable de Nicholas – le musicien débuta sa lecture. Ce dernier ce questionna sur le pourquoi n’a-t-elle pas envoyé la lettre ? Pourquoi notre musicien a-t-il uniquement l’occasion de lire le tout en ce moment ? Certes, il est vrai qu’il y a de cela quelques lunes, l’accès au monde extérieur lui était interdit, cependant cela n’est point l’unique raison pour laquelle cette lettre ne c’est jamais rendu à lui avant aujourd’hui. Plus celui-ci avançait dans sa lecture, plus il en apprenait sur les événements du passé. Fronçant légèrement les sourcils, relisant certains passages afin de s’assurer d’avoir bien comprit, celui-ci demeura en silence même après la lecture complétée.

    Pourquoi ne fut-il pas averti par ses sœurs ? Certes il est vrai qu’aucune n’est au courant de sa relation avec Joan. Sans doute son aguerrie l’a entendu gémir le nom en rêve, mais cela ne dépasse aucunement ce stade. Terminant sa lecture, déposant le tout sur ses cuisses, il observa Joan longuement. Elle, une criminelle ? Cette idée lui semble folle et impossible – une manipulation, un marionnettiste c’est amusé avec elle – sa douce ne peut être une criminelle. Enfin et même si c’était le cas, notre protagoniste est autant coupable de crimes, il est coupable de sa mort, de la mort de A. Le musicien demeura en silence, puis il fini par prendre la parole, murmurant quelques mots.

    -Joan… si seulement j’avais su… si seulement… j’aurais mis mon nom en jeu pour vous sortir de là…

    Une pause, un bref silence, puis il continua sous le même ton.

    -Cela importe peu à présent… l’important est le présent… n’est-ce pas?

    « N’est-ce pas? », incertain de lui-même, il questionna Joan ainsi sur l’importance du présent. Trop conscient que le passé ne peut être changé, il doit apprendre à vivre aujourd’hui avec elle. Reprenant la main de Joan doucement, caressant celle-ci avec son pouce, celui-ci l’observa avant de se redresser un peu.

    -J’ignore tant de chose sur vous, sur moi… mais ce que je n’ignore pas sont mes sentiments à votre égard…

    Une confession de la part de Nicholas ? Chose qui est généralement très rare, il ne possède point l’habitude d’avouer ainsi ses sentiments et ses songes. Toute fois, craignant que comme un rêve, elle s’éloigne encore une fois la nuit passée, celui-ci préfère prendre la parole et déclarer ce que son cœur lui dicte. Certes, il ne le fait aucunement de la façon la plus directe, il n’est point non plus un grand poète et ne peut rendre ses paroles en fleures, mais le message est relativement clair…. Il ne veut point la perdre.
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